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 La vérité n'est jamais simple [Terminé]

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Ross F. McGregor

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MessageSujet: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Mar 8 Mai - 22:32

26 octobre 2010 matin

Depuis le carnage du Blue Lake, Ross n’avait eu de cesse de s’inquiéter pour son fils. Malgré leur discussion lors de sa sortie de Genome, Wyatt était toujours dans un état psychologique inquiétant. Il ne souriait plus, mangeait peu et ne parlait pas beaucoup. Pas avec son père en tout cas ! Difficile d’aider quelqu’un qui évite la confrontation, qui fait tout pour ne pas aborder les problèmes. Certes, le jeune homme ne faisait plus trop la tête à son père, mais c’était loin de ressembler à leur relation d’antan. Quelque chose était définitivement cassée entre eux. Ross était certain que Wyatt lui en voulait encore beaucoup. C’était normal. Comment oublier les mensonges et les non-dits en si peu de temps. Ceux-ci avaient duré trop longtemps. Sans doute faudrait-il autant d’années pour réussir à passer outre. Ross en prenait son parti et se montrait patient.

Cela faisait presque deux mois que le carnage avait eu lieu et Wyatt ne montrait aucun signe d’amélioration. L’écossais s’était mis à penser que le jeune homme était au bord du suicide. A chaque fois qu’il quittait la maison, s’il ne rentrait pas, le père ne fermait pas l’œil de la nuit. Ne voulant pas se montrer envahissant, Ross ne disait rien. Lorsqu’il le croisait le lendemain, soulagé de le voir vivant, il lui demandait simplement comme s’était passé sa soirée. La réponse était sensiblement la même : Ca s’est bien passé. Ce n’était pas l’envie qui lui manquait de s’enquérir de précisions, mais il préférait éviter car il était certain qu’il se ferait envoyer sur les roses. Si le jeune homme se sentait trop acculé, il risquait encore de quitter la maison sans se retourner. Ross ne le redoutait que trop, donc il prenait son mal en patience.

Cela étant, il existait une autre chose importante dans la vie de Ross dont il devait parler à Wyatt. Maintenant que son amie lui avait confirmé son intention de garder leur enfant, il devait l’annoncer à son fils. Il lui avait promis de ne plus rien lui cacher et il comptait s’y tenir. Ross ne savait pas trop comment aborder la question. Encore une fois, il avait peur de le faire fuir. Pourtant, à plusieurs reprises Wyatt avait demandé à son père pourquoi il ne se trouvait pas une femme pour fonder une famille. A plusieurs reprises aussi, il avait émis le souhait d’avoir un petit frère ou une petite sœur. Facile à dire mais pas évident pour l’écossais qui tenait à sa vie de célibataire. Faire un enfant seul s’avérait impossible pour un homme. A défaut de trouver la femme de sa vie, il devait d’abord trouver une femme consentante. Quelle femme accepterait de se faire engrosser et de refiler le bébé à son géniteur ? Certes, il existait aux Etats-Unis des réseaux louant des ventres aux couples stériles. Jamais il n’y aurait recours. D’une part parce que son désir d’avoir un deuxième enfant n’était pas vital et d’autre part parce qu’il se voyait mal s’occuper seul d’un nourrisson. De plus, cette façon de faire était contre ses principes. Trop d’enfants sur la planète souffraient de ne pas avoir de parents, alors autant en adopter un.

La veille, en croisant son fils, Ross lui avait dit qu’il aimerait lui parler. Wyatt lui avait répondu qu’il verrait le lendemain. L’écossais avait du insister pour qu’il ne se dérobe pas encore une fois. Il devait le mettre au courant d’une chose très importante, lui rappelant ses engagements pris le jour de la révélation. Ne plus lui mentir. Au-delà de sa curiosité naturelle, l’adolescent ne put résister. Rendez-vous était pris pour le lendemain matin après le petit déjeuner. Durant la nuit, Ross dormit peu. Tournant et retournant dans sa tête la façon dont il allait s’y prendre pour annoncer la nouvelle à son fiston. Se demandant comment il allait la prendre. Même s’il savait que ça ne servait à rien, il ne put s’empêcher d’imaginer plusieurs scénarii. Sans doute n’avait-il pas imaginé celui qui se produirait. Il ne restait plus qu’à croiser les doigts pour que ça se passe le moins mal possible.

Après être passé par la salle de bains et par la cuisine, Ross s’était installé dans le salon. Il attendait que son fils se réveille. Pour faire passer le temps, il avait pris un bouquin sur lequel il avait bien des difficultés à se concentrer. Le temps paraissait long…. Enfin, il entendit des pas dans l’escalier. Wyatt était habillé et s’était dirigé dans la cuisine pour prendre son petit déjeuner. Après lui avoir lancé un "Bonjour fiston" Ross le laissa tranquille. Il attendait le moment où il viendrait le rejoindre. Il espérait qu’il n’avait pas oublié leur petit rendez-vous. De toutes les façons, si le jeune homme l’avait oublié, Ross le lui rappellerait. L’écossais n’avait pas l’intention de remettre cette discussion à plus tard.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Mer 9 Mai - 18:14

Ce soir là, j'avais prévu de sortir. Nous étions en plein milieu de semaine mais peu importait. Depuis quelques temps, je ne respectais plus vraiment les dates. Je prenais chaque jour qui venait en me disant qu'il fallait continuer à respirer. Il fallait également continuer à avancer ou du moins faire semblant pour ne pas inquiéter sa famille. Et ma famille proche se résumait en mon père avec qui je vivais. Je m'étais recroquevillé dans une coquille dans laquelle je refusais de le faire entrer. Pour les apparences, j'acceptais de parler mais quand il s'agissait d'aborder des sujets un peu plus en profondeur, il n'y avait plus personne. Je me mettais automatiquement aux abonnés absents, reportant les discussions à plus tard, et sachant parfaitement qu'elles n'auraient jamais lieu. Je ne relançais jamais le sujet, et il ne le faisait pas non plus. Par crainte de me braquer sans doute et sur ce point il n'avait pas tort. Avant, j'étais un garçon ouvert, qui n'hésitait pas à parler de certaines choses avec mon géniteur. Mais c'était avant.

Aujourd'hui, je fuyais toute discussion comme si la peste était à mes trousses. Et si je m'arrêtais pour en parler, elle fondrait sur moi et m'envahirait, me dévorant à l'extérieur, puis à l'intérieur. Cela faisait un mois que je savais que Capucine était malade. Ross aurait pu être une oreille attentive aux émotions qui me submergeaient, à l'inquiétude qui me rongeait. Je n'avais jamais abordé le sujet sur la maladie de ma petite amie. Peur ? Peut-être en effet. Et appréhension également. Je ne voulais pas qu'il me mette face à certaines responsabilités auxquelles je devais faire face et pour lesquelles j'avais déjà l'impression de faire face. Je ne voulais pas lire de pitié dans ses prunelles, disant que j'étais trop jeune pour porter un tel fardeau. Je souhaitais encore moins entendre qu'il me dise que même si elle venait à mourir, j'aurais toute ma vie pour aimer quelqu'un d'autre. Alors, quand nous nous étions croisés le soir et qu'il avait dit qu'il aimerait me parler, j'avais fui. Je verrais le lendemain si j'avais le temps pour cette discussion. Bien évidemment que je l'avais, mais cela ne voulait pas dire que j'avais envie de le prendre. Je m'apprêtais à sortir. La discussion était close à mon sens. Pas pour lui. Pour la première fois depuis mon retour à la maison, il se montra insistant, me rappelant même qu'il s'était engagé à ne plus me mentir sur les choses importantes. Qu'avait-il de si important à me dire qui ne pouvait attendre ? Ma curiosité était éveillée et pourtant... Je murmurais un « demain matin... » avant de me sauver. Je fuyais malgré ma curiosité. Je n'étais pas prêt à faire face à une discussion importante. Il me fallait du temps, au moins cette nuit.

J'avais pris la fuite une fois de plus, empruntant au passage la voiture de mon père. J'avais la mienne mais elle était beaucoup plus vieille, beaucoup moins puissante, et donc beaucoup moins rapide. Je roulais ainsi un moment à travers Los Angeles, sans savoir réellement où j'allais. A un carrefour, j'étais arrêté à un feu rouge. Mon regard était fixé sur la route mais il était à moitié dans le vide. Ce fut un coup de klaxon d'une voiture derrière qui me fit revenir à la réalité, m'indiquant ainsi que le feu était passé au vert. Je repris ma route ne sachant pas où j'allais. Et je quittais ainsi le coeur de Los Angeles. Sans savoir comment, au bout d'une heure, je me retrouvais au Blue Lake. Je coupais le moteur à proximité du lac mais ne descendant pas de la voiture. Mes mains étaient crispées sur le volant alors que je regardais l'étendue d'eau qui se trouvait à quelques mètres devant moi, éclairée par la lune qui se reflétait sur sa surface. Je ne sus pas combien de temps je restais ainsi. Je voulais repartir en courant mais ma main était incapable de se détacher du volant pour remettre le moteur en route. Et même si j'étais arrivé, est-ce que je n'aurais pas eu l'idée saugrenue d'appuyer sur l'accélérateur pour aller jeter la voiture dans le lac ?

Plein d'images défilaient dans ma tête. Le visage de ma mère me souriant au bord du lac près duquel nous vivions en Lousiane. Le ponton sur lequel j'aimais m'allonger enfant pour admirer les étoiles et écouter les bruits alentours. De nouvelles images arrivaient encore, sans que je puisse les contrôler. La mort de ma mère. Cette image du lac rempli de sang alors que ça ne s'était jamais produit. Quelques années plus tard. Encore des images de lac, et cette fois c'était celui-ci. Une partie de pêche en compagnie de Ross même si je n'avais rien attrapé ce jour là. Je doutais même fortement qu'il y avait des poissons dans ce lac. Une autre vision et ce fut un feu allumé en pleine nuit un soir que nous étions venus campés. Des marshmallows grillés au bout d'un morceau de bois. Des rires. Puis tout disparut brusquement. Les images étaient beaucoup plus récentes. Ross et moi encore au bord du lac. Mon père, son pouvoir. Un coup de poing. Encore plus récemment, cette vision d'Holster. Des coups de feu qui retentissaient. Puis tout fut sombre. Mes doigts étaient crispés plus que jamais sur le volant. Il y avait tant de moments de joie au bord de ce lac, mais également des peines. Le visage de Capucine s'interposa entre la vue du lac et mon regard. Est-ce que j'allais aussi la perdre au bord de celui-ci ?

Je lâchais prise. Je pensais à cette chose importante que Ross voulait me dire et que j'avais reporté au lendemain. Je n'aurais pas du, cela ne faisait que naître une foule de questions dans mon esprit. Et je n'étais plus apte à m'en poser. Je ne pouvais plus supporter de faire plein de suppositions car elles étaient toutes plus négatives les unes que les autres. Encore un malheur et une mauvaise nouvelle qu'il m'annoncerait ? Je me figeais. Et à cet instant le bouchon sauta. Mes doigts desserrèrent le volant. Et une larme coula le long de ma joue. Ma vue se brouilla mais peu m'importait. Je tenais bon depuis un mois. Cela faisait exactement un mois que j'avais appris le cancer de ma petite amie. Et la pression se relâchait enfin. Elle savait que j'avais peur de la perdre mais je ne m'étais jamais laissé à des émotions, tels que les pleurs pour rester fort devant elle. Ce soir là, devant ce lac qui avait vu tant de moments de ma vue, je partageais une fois de plus mes émotions avec lui.

Je ne me rendis pas compte du temps qui passait. Quand je repris conscience de la réalité, la petite horloge de la voiture indiquait quasiment une heure du matin. Il était grand temps de rentrer. Je m'étais suffisamment laissé aller pour cette nuit. Alors je repris le chemin de la maison en me disant que je n'aurais pas à expliquer le lieu où j'étais et qu'à l'éternelle question pour savoir si ma soirée s'était bien passée, je répondrais que tout allait bien. Sans davantage d'explication. Quand je rentrais enfin, il était quasiment deux heures du matin. Ross devait déjà dormir, de toute façon, il était vraiment rare que je le croise à cette heure tardive. Je gagnais ma chambre en me disant que je n'arriverais pas à dormir. Je pensais à présent trop à cette discussion qu'il voulait que l'on est. Et pourtant, ce ne fut pas le cas. Je devais être trop épuisé, et quand je m'allongeais sur le lit, Morphée m'emmena rapidement avec lui.

Je me réveillais quelques heures plus tard, la tête un peu en vrac. Et avec un léger mal de tête. Je m'étais trop laissé aller la veille. Tant pis. Je pris la direction de la douche pour me réveiller. Puis la cuisine. Quand, dans le couloir, j'entendis mon père qui me saluait, je sursautais presque, sans m'arrêter toutefois. Je n'étais pas encore prêt à parler, je gagnais un peu de temps, prétextant le petit déjeuner dont je pouvais très bien me passer. J'ouvris un placard pour en sortir un verre. Puis le réfrigérateur pour récupérer le jus d'orange. Le verre dans une main et la brique de jus de fruits dans l'autre, je n'eus pas le coeur de manger. C'était surtout que mon estomac n'était pas en état d'accepter quelque chose car il était noué par cette chose importante que Ross avait à me dire. Alors, je me dirigeais dans le salon. Je posais le verre et le jus de fruits sur la table, m'installant sur une chaise et évitant soigneusement les fauteuils pour ne pas être trop prêt de mon père. Je me servis un verre que je sirotais, prenant mon temps pour le boire. Qui devait parler en premier, lui ou moi. Sachant que c'était lui qui avait une chose importante à me dire, l'honneur lui revenait non ? Et pourtant...

« Ta soirée s'est bien passée.... ? »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Sam 12 Mai - 23:06

Wyatt n’avait pas répondu au salut de Ross. Ce n’était pas dans ses habitudes de ne pas respecter les règles premières de la bienséance. Cela ne présageait rien de bon. Tentait-il de se défiler ? Ce ne serait pas la première fois. Etait-il simplement fatigué de s’être levé plus tôt que prévu ? C’était possible. Le jeune homme était rentré tard, il n’avait pas son compte de sommeil. Dans un état psychologique fragile, le manque de repos n’arrangeait rien, surtout pas le caractère. Pour effacer les traces d’une nuit trop courte, Wyatt s’était douché et habillé. C’était peut-être une façon de faire comprendre à son père qu’il devait sortir et remettre la discussion à plus tard. Si c’était dans ses intentions, l’écossais l’en dissuaderait. Il était fermement décidé à parler à son fils aujourd’hui et pas un autre jour. L’écossais ne fit aucune remarque. Ce n’était pas le moment de rappeler les règles de politesse ; c’était inutile, le jeune homme les connaissait parfaitement.

Ross laissa son fils prendre son petit déjeuner. Celui-ci se résumait à un simple verre de jus d’orange. Encore un repas dont Wyatt se privait ! En psychologie, la privation pouvait être assimilée à une torture. Une privation n’était jamais agréable à vivre ; pourtant beaucoup d’êtres humains la supportaient. Ils la toléraient. Faute de moyens matériels, intellectuels, physiques ou psychologiques, ils s’en accommodaient. Une privation volontaire servait aussi d’échappatoire afin d’obtenir une satisfaction plus grande dès lors qu’elle cessait ; elle amenait également à se dépasser afin d’atteindre un objectif fixé au préalable. Par contre, lorsqu’un être humain se privait d’une chose vitale, plus ou moins inconsciemment, c’était souvent pour se punir ou se détruire. Cette privation était une méthode de torture psychologique aboutissant à une régression mentale voire un chaos existentiel insupportable.

Ces petites réflexions augmentaient les inquiétudes de Ross. Il se faisait du souci pour Wyatt. S’il continuait de ne pas s’alimenter correctement, il tomberait malade. Pourquoi n’arrivait-il pas à surmonter sa culpabilité ? Croyait-il qu’en ne donnant pas à son corps ce dont il avait besoin, celui-ci finirait par le laisser tranquille jusqu’à ne plus penser ? Vaincre ses tourments ainsi était impossible. Pour surmonter les épreuves infligées par la vie, il fallait être fort comme un roc, physiquement et mentalement. Un adolescent aussi équilibré fut-il avait besoin d’aide pour s’en sortir. Mais quand il refusait le soutien de ses proches, comment faire ? L’emploi de la force n’était pas une solution et ne garantissait aucunement la réussite. La question du jeune homme sortit l’homme de ses pensées.

- Euh.. oui si on peut dire. Et toi ?

En lui retournant la question, Ross pensait ne pas obtenir de réponse. Mais qui sait ? Dans tout conflit comme dans tout passage à vide, il existait, de temps à autres, des petits moments d’accalmie. Tenter de les capter ou de les susciter ne coûtait rien. Peut-être qu’aujourd’hui le jeune homme était décidé à prononcer plus qu’une petite phrase évasive ou passe-partout ? S’il ne l’était pas, Ross s’efforcerait de ne pas insister. Rien ne garantissait cependant qu’il n’emploie pas quelques subterfuges pour essayer de remettre le sujet sur le tapis. Tout déprendrait de la tournure de leur discussion. Pour l’instant, il devait se concentrer sur l’ordre du jour.

- Je ne vais pas tourner autour du pot, mais j’avoue que je ne sais pas trop par où commencer pour t'annoncer la nouvelle… Commença-t-il.
Pause, inspiration, expiration, lancement :
- Tu vas avoir un petit frère ou une petite sœur. Je vais être de nouveau père.

Ross était partagé entre deux sentiments, la satisfaction d’annoncer l’heureux événement et l’appréhension de la réaction de Wyatt. Comment allait-il prendre cette nouvelle à laquelle il ne s’attendait pas. Personne ne s’y attendait d’ailleurs. Les futurs parent avaient été les premiers surpris. Il serait donc logique que l’adolescent le soit et qu’il ait du mal à l’encaisser. Un temps d’adaptation pour la digérer était envisageable. Il ne restait qu’à souhaiter que cette annonce ne le fasse pas fuir. Les réactions des adolescents étaient souvent déroutantes pour les parents. Sachant cela, Ross s’attendait à tout. Souhaitant réagir au mieux, le plus rapidement possible, il ne quittait pas son fils des yeux. Il guettait la moindre oscillation de sourcil qui lui permettrait d’anticiper. Son regard n’était pas inquisiteur mais terriblement attentif et doublé d’une tendresse infinie. C’était à se demander si Ross aimerait son deuxième enfant autant que premier.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Dim 13 Mai - 7:19

Pourquoi il avait fallu que j'ouvre la bouche pour demander comment la soirée de mon père s'était passée. J'aurais du me douter que derrière sa réponse, il m'interrogerait également sur la mienne. Et ce fut ce qui se produisit. Ignorer sa question. Ou y répondre évasivement. Ou peut-être lui dire vaguement le lieu où je m'étais rendu, ce qui lui ferait poser une tonne de questions. Pourquoi me faire du mal en retournant sur les lieux de mon crime, est-ce que je voulais exorciser mes démons. En digne psychologue qu'il était parfois, il ne manquerait pas de s'interroger intérieurement sur mes motivations même si les questions pour les connaître lui brûleraient les lèvres et qu'elles ne sortiraient sans doute pas.

« ça a été. »

Comme d'habitude. Je fis le choix de taire mon passage au bord du lac. De ne pas parler non plus de mes nerfs qui avaient craqué et de ma crise de larmes incontrôlée. Du nombre d'heures que j'étais resté, assis sur mon siège sans bouger, sans même penser, n'ayant la tête à rien. Car tout avait été vide à ce moment là. Durant quelques heures, j'avais enfin trouvé le bouton arrêt de mon cerveau. Il fonctionnait simplement. Pleurer pour ne plus penser. Mais je n'étais pas du genre à pleurer tous les jours non plus, alors avant de le remettre sur pause, il s'écoulerait sans doute quelques temps. Je finissais mon verre de jus d'orange. Puis je m'en resservis un autre. Je n'en proposais pas un à Ross, ça aurait été le détourner de cette fameuse chose importante qu'il avait à me dire. Les secondes passaient et j'attendais qu'il se lance. Je reposais la brique de jus de fruits sur la table et m'apprêtais à prendre mon verre quand enfin ça vint.

Commencer par le début, ça ne serait pas mal, non ? C'était ce que je pensais même si je m'abstenais de faire la réflexion. Je fuyais le regard de mon père, redoutant d'entendre cette terrible nouvelle. Les grands parents ? Non, ça ne pouvait pas être ça, s'il leur était arrivé quelque chose, il n'aurait pas attendu pour me l'annoncer. Du moins je l'espérais. Alors qu'était-ce donc ? Je trépignais d'impatience en même temps que je ne voulais pas savoir. Il marqua une pause et je crois bien que ma respiration s'arrêta à ce moment là, faisant le moins de bruit possible pour ne pas qu'il s'arrête dans sa lancée.

Un quoi ? La nouvelle venait de tomber. Me laissant abasourdi. Est-ce que j'avais mal entendu ? Je le croyais mais quand mon regard croisa le sien je sus qu'il ne me mentait pas. J'allais avoir un petit frère ou une petite sœur... Durant des années j'en avais réclamé un. Et jamais ça ne s'était produit. Si bien qu'au fil du temps, je m'étais fait une raison. Je resterai enfant unique, sans frère ni sœur à former en bêtises. Et à présent il m'annonçait qu'il allait être de nouveau père ? Cette nouvelle aurait du me remplir de joie, pourtant quelque chose bloquait à l'intérieur. Je ne pouvais pas me lever de ma chaise, me précipiter vers mon père, le prendre dans mes bras et le féliciter.

« ... »

Réaction très claire de ma part, une bouche qui s'ouvre et se referme sans avoir prononcé le moindre son ! En réalité, j'avais tellement de choses à sortir qu'il n'y en avait aucune qui prenait le dessus sur les autres pour le faire et passer en premier.

« Tu comptes faire quoi, lui mentir toute sa vie sur ses origines comme tu l'as fait pour moi pour ne pas faire face à tes responsabilités ? »

Cruel. Mais j'avais besoin de savoir si ce gamin serait logé à la même enseigne que moi ou s'il aurait davantage de chances pour connaître ses origines dès le départ. De toute façon, s'il avait l'intention de lui mentir, il était hors de question qu'il compte sur moi pour le couvrir. Il pouvait toujours rêver.

« J'aimerais savoir une chose aussi. Cela fait plus d'un mois que je suis de retour et je n'ai pas souvenir d'avoir croisé une femme à tes côtés. Ce bébé sort d'où ? Une erreur d'une soirée trop arrosée encore une fois ? Peut être une envie de ton mari et de toi de vous rajeunir. Mais dans ce cas là, lequel de vous deux joue à la mère et le porte ? »

Et dire que six mois en arrière, j'aurais sauté au plafond en apprenant cette nouvelle. Alors que là, elle était amère. Comment pouvait-il m'annoncer une telle chose alors qu'il était marié à un homme, et qu'il ne m'avait jamais présenté de femme qui faisait partie de sa vie dernièrement. Il avait encore fait une connerie. Comme pour moi. Ça devait être un bébé non désiré à tous les coups et déjà je le plaignais. Pauvre petit frère ou petite sœur....
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Dim 13 Mai - 20:54

Comme de coutume, depuis son retour à la maison, Wyatt ne raconta rien de sa soirée. Ross ne crut pas ce qu’il dit. Les traits tirés du visage et la petite flamme éteinte dans les prunelles de son fils indiquaient qu’il n’avait pas passé une bonne soirée. Auparavant, il ne détaillait pas ses aventures mais lorsqu’il répondait, ses yeux pétillaient. Pas là. Depuis le carnage du Blue Lake, les expressions positives avaient abandonné le regard du jeune homme. A chaque fois qu’il le croisait, même s’il n’en montrait rien, Ross était mortifié. Pour ne plus que son fils souffre, s’il pouvait retirer le poids de ses épaules, quitte à s’écrouler, il n’hésiterait pas une seconde. Seulement, ça ne marchait jamais comme ça.

Ross aurait aimé savoir où il s’était rendu, ce qu’il avait fait et surtout s’il avait rencontré ses amis. Les relations sociales étaient nécessaires à sa santé mentale. Les liens familiaux restaient importants mais il était normal qu’ils passent au second plan. Chez les adolescents, les amis prenaient une place prépondérante. Certes, les fréquentations pouvaient avoir une influence aussi bien négative que positive mais le psychologue faisait confiance au jeune homme. Il était certain que lorsqu’il se trompait dans ses choix, il y remédiait en faisant le tri. Avec ses amis au moins, il pouvait parler, se défouler et faire des bêtises. Ross se surprenait en souhaitant que son fils refasse des bêtises. Se montrer insouciant en prenant la vie à la légère était une façon de ne pas affronter la réalité. C’était également une façon de mettre ses problèmes entre parenthèses. Cela ne résolvait rien mais permettait de respirer pour ne pas se noyer. Comme tout homme, Wyatt avait immanquablement besoin de faire des pauses s’il voulait continuer à se battre et à avancer sur le chemin de la vie.

Malgré ses questionnements, l’écossais n’insista pas. Ce n’était pas l’heure de jouer les inquisiteurs mais d’annoncer sa paternité. Annonce devant laquelle le jeune homme resta un instant bouche bée, ne sachant que dire ou ayant trop de choses à dire. Une foule de questions devaient se bousculer dans son esprit. Evidemment, les suppositions faites, quant à la réaction de son fils, tombèrent à l’eau excepté le rappel aux mensonges. Ross en aurait mis sa main au feu. Wyatt n’avait toujours pas digéré ce que son père lui avait fait subir. En remettant le sujet sur le tapis, peut-être tentait-il d’exorciser ses blessures et sa rage. En tout cas, il voulait encore lui faire payer ses erreurs. Erreurs que le psychologue n’avait pas l’intention de reproduire. Il avait compris sa douleur !

- Bien sûr que non !
Affirma-t-il énergiquement.

L’hypothèse que le futur enfant fut une idée de Dunney et de Ross ne manqua pas de surprendre l’écossais. Wyatt savait que ce mariage était une vaste connerie. Comment pouvait-il supposer une telle chose ? Se moquait-il de lui ? Peut-être ou peut-être pas. En plus de la question de savoir qui portait l’enfant, cette idée était ridicule. Son fils l’avait habitué à mieux en matière de vannes. Il aurait pu trouver autre chose. Sans doute que son état psychologie l’affaiblissait aussi de ce côté là.

- S’il te plait, épargne-moi tes sarcasmes. Tu sais très bien que ce mariage n’est qu’un bout de papier et qu’il n’y a jamais rien eu entre lui et moi. Je n’ai jamais été homo et je ne le serai jamais ! Bref…

Inutile d’argumenter plus longuement. D’autres points importants devaient être abordés, notamment la relation entre la française et l’écossais. Ross redoutait d’aborder cette partie. Non pas qu’il avait honte mais il n’avait pas pour habitude de déballer sa vie personnelle. Il savait qu’il allait devoir ouvrir la porte de son jardin secret auquel il tenait tant, pour y laisser entrer son fils. S’il ne le faisait pas, Wyatt ne comprendrait pas ; pire, il se sentirait encore une fois trahi. Il était hors de question qu’il souffre encore une fois des non-dits de son père. Plus jamais ! Il le lui avait promis et il tiendrait sa promesse, coûte que coûte.

- Comment veux-tu avoir vu une femme à mes côtés ? Avec la reprise des cours, nos escapades et affaires personnelles, on ne s’est pas trop croisé depuis ton retour. Note que ce n’est pas un reproche, c’est une simple constatation.

Précision nécessaire afin que le jeune homme ne le prenne pas mal. Le fils et le père, en plus de leurs occupations personnelles, avaient été pris dans le tourbillon de la rentrée universitaire. Par ailleurs, Ross n’avait pas pour habitude de ramener ses conquêtes dans la maison familiale. A l’Ucla, s’il avait fréquenté un des professeurs, pour préserver sa vie privée, il aurait évité de se montrer en public.

- Ce bébé, c’est mon amie Anne qui le porte. Dit-il en enchaînant aussitôt pour ne pas être interrompu par son fils qui ne serait sans doute pas avare de critiques.
- Surtout, ne me dis pas que j’ai reproduis ce qui s’est passé avec ta mère. Ca n’a rien à voir. Même si je n’étais pas tout à fait dans mon état normal, je n’étais pas bourré.

Voilà, même si c’était maladroit, c’était dit ! Ross n’était pas entré dans les détails volontairement. Il ne souhaitait pas raconter tout ce qui s’était passé ce jour là. Il était resté vague sur son état d’esprit du moment qui lui en avait fait oublier les règles de précaution. Son désespoir étant en relation directe avec l’état de santé de son fils alors dans le coma, il ne voulait pas qu’il endosse une charge quelconque. Le seul coupable, si coupable il y avait, c’était Ross. Il l’assumait entièrement et ne laisserait personne d’autre endosser cette responsabilité. L’écossais s’attendait à un flot de remarques et de questions. Il avait tenté de s’y préparer durant la nuit passée, sans grande conviction. Difficile de dire la vérité sans empiéter sur sa vie privée. Il était cependant prêt à le faire, pour son fils. Pour ne pas le décevoir encore une fois. Ne sachant pas ce qui pouvait le tracasser en premier lieu, il préférait lui laisser la parole. Il aviserait au fur et à mesure.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Mer 16 Mai - 14:41

Bien sûr que oui il ferait face à ses responsabilités. C'était tellement évident. Ça se voyait comme le nez au milieu d'une figure. Alors comment pouvais-je douter de ses propos alors qu'il m'affirmerait qu'il ne mentirait pas à cet enfant. Situation vécue, bien qu'il avait reconnu ses erreurs et promis de ne plus le faire, je n'arrivai pas à me résoudre à lui faire confiance. C'était une chose si fragile qui tenait à un fil. Il suffisait d'un rien pour le rompre, par contre il fallait des années pour que le lien se reconstruise et finisse par redevenir comme il était avant. Ou du moins à y ressembler car plus rien n'était jamais pareil. Je doutais fortement de mon père même si j'étais tenté de le croire. Son mariage aurait été si blanc qu'il le disait, il aurait été annulé depuis bien longtemps. Tandis que là, ça trainait sur la longueur, à croire que ça plaisait les deux parties d'être reliée à l'autre.
Et Ross se trompait s'il croyait que je lui en voulais à cause d'une hypothèse qu'il soit homosexuel. Ou alors il m'affirmait qu'il ne l'était pas et ne le serait jamais simplement pour se rassurer. Ce que je n'acceptais pas, c'était que j'avais l'impression que ce mariage était trop arrangé, qu'il y avait des intérêts en jeu. Et puis Holster quoi, il aurait pu trouver mieux que ce vieux dirigeant de Genetic qui ne sortait jamais de son bureau et que je soupçonnais de se livrer à de sombres plaisirs devant son ordinateur même s'il faisait mine de travailler. Avait-il réellement de travaillé comme il le laissait supposer ? J'en doutais, il pouvait se contenter d'être un petit actionnaire parmi tant d'autre, ou un simple dirigeant. Pourquoi se marier avec Ross ? Se rapproche de O'Hara ? C'était une mauvaise méthode, il n'y avait pas plus borné que mon père s'il décidait de ne pas les réunir. Alors pourquoi ? Et pourquoi, on ne me fournissait aucune explication sur ce mariage ! Je devais me contenter de subir, d'accepter ce qu'il se passait sans rien broncher ? Balivernes.

Ça me soulait qu'on m'exclus de certaines choses. D'abord mon père, puis Capucine. De nouveau mon père. Et moi au milieu qui devais m'acclimater des situations, prendre sur moi et apprendre surtout à faire la part des choses pour ne pas me vexer facilement. Bon ok, ces derniers temps, je me vexais assez aisément, mais c'était surtout intérieurement. Là, par exemple j'étais vexé de ne pas savoir que mon père avait une femme dans sa vie que je ne connaissais pas et qu'il ne m'avait pas présenter. Certes il n'avait pas tort en parlant de nos emplois du temps respectifs mais tout de même... Est-ce que ça l'empêchait de la ramener à la maison, de passer une soirée avec elle et de me la présenter entre deux de mes virées ? Apparemment oui. Ce n'était qu'une constatation qu'il faisait et qu'il tint à signaler mais je me renfrognais tout de même. C'était de sa faute cette distance, si je fuyais tous les soirs. J'avais des problèmes, j'avais même tenté de me suicider et il ne voyait rien. Ross ne voyait jamais rien, il fallait se faire une raison.

J'attendais qu'il m'en dise davantage sur la mère de l'enfant. Je ne desserrais plus les dents. Hors de question que je pose des questions, c'était à lui de se confier un peu. En fait, j'aurais préféré qu'il ne me dise rien. Car à l'annonce que c'était son amie qui portait l'enfant, j'eus un grand froncement de sourcils. Non bien sûr, pourquoi je lui dirais qu'il reproduisait les mêmes erreurs. Bien évidemment que ce n'était pas la même erreur. Il devait exister quelque chose de fort entre cette femme et lui n'est-ce pas ? Pas seulement des parties de jambes en l'air ! Qui avaient lieu alors qu'il n'était pas dans son état normal...

« Tu était quoi alors cette fois, drogué ? En manque désespéré de sexe ce qui t'a fait oublier de prendre les protections nécessaires et de base ? »

Non mais en excuse plus lamentable, mon père m'avait habitué à mieux qu'un simple je n'étais pas dans mon état normal. Cela me décevait presque. Enfin bref, vu son âge, je n'allais plus pouvoir le changer n'est-ce pas. Il était déjà trop tard pour lui et son cas était désespéré. Je poussais un profond soupir, détournant mon regard de mon paternel pour le fixer sur mon verre de jus de fruits. J'avais encore une foule de questions à lui poser et il n'échapperait pas à mon interrogatoire. Que sa vie privée aille au diable, j'allais être grand frère !

« T'en veux au moins de ce gosse ? Tu l'aimes ? Pas le bébé dont je parle là, mais de ton amie.. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Sam 19 Mai - 17:40

Ross aurait aimé ne pas avoir à donner de détails sur la conception de l’enfant. Cependant, il en avait trop dit ou pas assez, ce qui ne manqua pas d’attiser la curiosité de son fils. Si seulement ce fichu mariage n’avait pas eu lieu, il ne serait pas obligé de se justifier. S’il voulait que Wyatt comprenne un peu mieux la situation, il le fallait. Ce n’était pas dit qu’il admette l’attitude de son père mais il méritait quelques éclaircissements. Avant de répondre aux dernières questions, il revint sur le précédent sujet non sans réticences.

- Ok. Commençons par le commencement. Le soir où j’ai rencontré Holster, je ne savais pas qui il était. Il se faisait appeler Steve. On a discuté autour d’un verre, puis deux, trois… en gros on a trop bu. Habituellement, je tiens bien l’alcool, mais là je soupçonne fortement Holster d’avoir mis quelque chose dans mon verre pour me droguer. Après, c’est complètement parti en vrille. Je ne savais plus vraiment qui j’étais et Holster non plus. C’en était arrivé à un tel point que j’ai eu des hallucinations. La dernière chose dont je me souvienne, avant de me réveiller dans la même chambre que lui, c’était que Nicole était devant moi. Elle avait l’air tellement seule et désespérée que lorsqu’elle m’a demandé de l’épouser, je n’ai pas pu refuser. Je sais, ça à l’air complètement absurde… Mais c’est comme ça que ça s’est passé. Je te prie de croire que le réveil fut un vrai cauchemar. C’est à ce moment là que j’ai découvert que Steve n’était autre que Dunney Holster.


L’écossais était honteux de narrer cette mésaventure. Il s’était fait avoir comme un bleu. Ensuite, il n’était pas resté les bras croisés. Il tenta de faire annuler le mariage mais ce fut impossible. Il voulut divorcer, mais pour d’obscures raisons, Holster mit son véto. Dunney ayant des connaissances haut placées et les événements dramatiques qui suivirent cette période ne laissèrent pas le loisir à Ross de s’occuper de cette affaire. Il le regrettait amèrement mais n’avait pas pu faire autrement.

- J’ai bien essayé de faire annuler ce contrat, j’ai même failli tuer Holster. Mais bon, passons… Après j’ai laissé couler, j’avais d’autres choses plus importantes à m’occuper. Mais désormais, ça va être régler J’ai pris contact avec un avocat et j’ai appris que le divorce pouvait être prononcé sans le consentement de l’autre partie sous certaines conditions. J’espère bientôt être libéré de ce ridicule fardeau.

Après ces explications, l’écossais souffla. Il n’avait jamais raconté ce qui s’était réellement passé à qui que ce soit. En tant que psychologue, il savait que la parole est souvent libératoire ; pourtant il ne se l’appliquait pas à lui-même. Aujourd’hui, il en tenait compte. Il ne savait pas comment Wyatt allait réagir mais il se sentait plus léger. Tout n’était pas encore réglé mais il avait l’impression désormais tout irait plus vite. Cette histoire allait bientôt pouvoir être rangée dans les tiroirs du passé. L’avenir offrait de nouvelles opportunités ; elles n’étaient pas des plus simples mais bon, la vie était rarement un long fleuve tranquille.

- Avec mon amie, ça n’a rien à voir évidemment. J’étais complètement désespéré et je flippais à mort de te perdre. Anne s’est trouvée là, dans un état psychologique guère mieux que le mien sinon pire, et ça s’est fait sans penser à autre chose qu’à oublier la dure réalité. Et oui, c’est pas parce qu’on est adulte qu’on agit en tant que tel. Si je n’ai pas pensé à me protéger, de une c’est que ce n’était pas prévu, et de deux, nous pensions tous les deux qu’Anne était stérile. Enfin, si nous étions vraiment en état de penser à ce moment là…

Ross fit l’impasse sur le manque de sexe dont l’accusait son fils. Il était inutile de répondre à cette provocation. Tout comme il ne se mêlait pas de la vie sexuelle de son fils, celui-ci n’avait pas à savoir ce qu’il en était de celle de son père. Wyatt savait sans doute qu’il n’en dirait pas plus à ce sujet et d’autres questions le taraudaient. Comme il l’avait déjà dit à Anne, même si l’enfant n’était pas souhaité, il était trop tard pour y penser. S’il ne l’avait pas voulu, il n’aurait pas tout fait pour convaincre son amie de le garder. Ce point n’était pas un problème pour Ross. Il acceptait cet enfant. Il l’aimerait autant que s’il avait été désiré dès le début. Ce qui l’était par contre, c’était les sentiments portés à son amie. Pour l’aimer, il l’aimait, c’était certain ; en tant qu’amie, c’était même une amitié amoureuse. Celle-ci s’était-elle muée en amour avec un grand A, alors là ? Gros point d’interrogation. Comment faire part de ses doutes à Wyatt. A tous les coups, il allait encore considérer son père comme un incapable. Il n’aurait pas tort, mais bon, ce n’était jamais très agréable à entendre. Ross ne pouvait cependant pas ne rien dire et encore moins lui mentir. Il prit la décision d’exprimer simplement ce qu’il ressentait.
Advienne que pourra !

- Je peux te parler d’homme à homme n’est-ce pas ?


Oui il le pouvait. Wyatt n’avait qu’à pas lui poser une question difficile. A question difficile, réponse compliquée.

- Avec ce bébé qui va naître et auquel je tiens déjà, j’ai l’esprit un peu embrouillé. Je l’aime oui, mais quant à savoir si c’est de l’amour, là, vois-tu, j’en sais trop rien… Ca fait des années qu’on se connaît, on est lié par un lien d’amitié très fort, nous sommes très complices même si nous ne sommes pas toujours d’accord ; on a des points communs, notamment notre entêtement et notre besoin d’indépendance. Mais maintenant qu’elle n’a plus d’attache, je me demande si mes sentiments ne sont pas en train de changer. J’aurais tendance à dire oui, mais je me trompe peut-être. Après tout, je ne suis encore jamais vraiment tombé amoureux. J’ai l’impression que c’est pas pour moi. Si ça se trouve je suis un handicapé de l’amour et je ne mérite pas d’être aimé. Et puis, elle est toujours amoureuse de son mari… Alors si je l’aime et que c’est pas réciproque, ça ne sert à rien. Autant continuer à être amis, tu ne crois pas ?

Ross demandant conseil à Wyatt. C’était surprenant ? Pas tant que ça finalement. Ce n’était pas la première fois qu’il sollicitait son avis. Le jeune homme, malgré son jeune âge, se montrait parfois plus mature que l’écossais. Il faisait entrevoir des possibilités auxquelles son père ne songeait pas. Peut-être qu’aujourd’hui il en serait de même ? Ce pourrait être bénéfique pour l’écossais complètement paumé dans ce dédale de sentiments méconnus.


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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Sam 19 Mai - 21:38

Je m'étais laissé emporter dans mes propos. Si je ne parlais pas de ma vie sexuelle à mon père, ce n'était pas dans mon intention de connaître la sienne en retour. Bien au contraire. Je faisais de la majorité des enfants qui n'arrivaient pas à imaginer que leurs parents puissent avoir une vie sexuelle. Et là dernière fois que j'avais imaginé ça, j'en avais fait une grimace de dégoût. J'étais avec Maxime, j'avais imaginé mon père et Holster dans le même lit et c'était une image que je tentais d'oublier depuis. J'avais d'ailleurs réussi à le faire avant de me la remettre moi-même dans la tête avec une simple phrase. Qui ne concernait pas Holster mais la conception de l'enfant. Mais trop tard, le mal était fait et je grimaçais légèrement, chassant cette image de ma tête.

Mon père contribua à m'y aider, enfin presque. Non enfin pas du tout quand il se crut obligé de revenir en arrière pour me relater le commencement. Comment il avait rencontré Holster, les verres qui avaient été bus. L'image de ma mère qui lui était passée devant les yeux. Non mais attendez, arrêt sur image là. Il avait épousé Holster en croyant que c'était ma mère ? Cette révélation m'étonnait et cela devait se lire sur mon visage malgré ma mauvaise humeur passagère. Je n'aurais jamais pensé ça de lui. Car comme je le comprenais, il aurait été capable d'épouser maman. Est-ce que ça se serait produit si elle était restée en vie ? Est-ce que j'aurais eu la chance d'avoir mes deux parents réunis sous le même toit et non comme le peu que j'avais connu, avec Ross vivant à quelques centaines de mètres de chez nous. Je ne savais pas, je voulais pas me faire de faux espoirs vu que c'était du passé. J'aurais aimé le savoir mais je n'osais pas ouvrir la bouche pour interrompre mon père et lui poser franchement la question. Alors je le laissais continuer son histoire, ou plutôt son cauchemar.

Je n'interrompis même pas mon silence quand il marqua une pause, ne voulant pas le couper sur sa lancée. C'était si rare qu'il me parle autant, surtout de sa vie privée et de cette chose embarrassante qui avait contribué à pourrir notre relation. Il caressait l'espoir d'en voir bientôt le bout et j'espérais vraiment que ça serait le cas. Que cet avocat qu'il avait rencontré serait à même de l'aider à annuler ce contrat de mariage. Et si Holster opposait de la résistance une nouvelle fois, je crois bien que j'étais capable de mettre de côté les promesses que j'avais faites à Capucine, à savoir de remettre les pieds à Genetic. J'étais prêt à y retourner, juste pour rencontrer Holster. C'était stupide, gamin de ma part, je me lancerai vers l'inconnu, étant le petit poisson qui se ferait manger par le gros. Mais tant pis, j'aurais la conscience tranquille de le faire.

« J'espère aussi... »

Ce furent les seuls mots que je prononçais en réaction à tout ce qu'il venait de me dire sur son mariage. Je n'avais rien d'autre à dire de toute façon. Si je lui faisais part de mes intentions, il tenterait de m'en dissuader, alors autant les taire. Et passer à autre chose, comme à cette conception qui allait me donner d'ici quelques mois un petit frère ou une petite sœur. Il reprit la parole pour m'expliquer dans quel état d'esprit il était quand il avait dérapé cette fois. A cause de moi bien évidemment. J'aurais du me sentir coupable mais je n'arrivais pas à l'être. Car il avait voulu s'évader durant un instant. Y était-il réellement arrivé, sans doute, mais je ne voulais pas le savoir. De toute façon, je connaissais le résultat puisqu'elle était enceinte. Pourtant malgré la stérilité de cette femme, j'en voulais légèrement à mon père de n'avoir pas fait attention. Car sérieusement si je lui annonçais, ou si je lui avais annoncé deux ou trois ans auparavant que j'allais être papa, ne l'aurait-il pas mal pris ? De toute façon c'était une chose qui ne se produirait pas de sitôt, qu'il soit grand père, car je n'avais pas moi même l'intention d'être père pour le moment, pas avant plusieurs années. Et je faisais bien attention de ne pas reproduire l'erreur de mes parents. C'était à moi qu'elle servait de leçon plutôt qu'à eux, le comble !

Devant ce flux de paroles, j'étais bien silencieux. Chose rare car normalement les situations avancées. De nous deux, c'était moi le plus bavard. Et quand il me demanda s'il pouvait me parler d'homme à homme, je me demandais cette fois ce qu'il allait me sortir qui m'empêcherait encore de parler. Il me parla de ce bébé qu'il aimait déjà. Je ne sais pas si c'était le choc de la nouvelle, ou plutôt de savoir l'état d'esprit des parents quand il avait été conçu mais j'avais du mal à l'imaginer pour le moment ce bébé. Car au fond, il n'était pas désiré. Et si on venait à m'annoncer qu'il y aurait une interruption de grossesse ou une adoption, ça ne m'étonnerait même pas. Je faisais peut être un blocage pour ne pas m'attacher à lui au cas où je ne pourrais jamais jouer mon rôle de grand frère. Alors j'écoutais mon père attentivement, oubliant le bébé et me concentrant sur ce qu'il m'avouait à propos des sentiments qui le liaient à cette femme. Et il n'était pas dans la mouise... Constatation simple faite à la fin de son discours.

« je pensais ma vie compliquée mais la tienne est pire... »

Oui, j'étais d'un grand secours avec cette phrase, je sais !

« Si j'arrive à être amoureux, tu peux l'être aussi. On a les mêmes gênes donc y'a pas de raison que tu sois un handicapé. De toute façon, il faut que tu te trouves une femme, tu crois vraiment que je vais te supporter jusqu'à la fin de ta vie en veillant sur toi quand tu deviendras sénile, gâteux et super chiant ? »

Léger sourire de ma part car je ne pensais pas vraiment mes propos. Un père restait un père. Et Ross n'échappait pas à cette règle.

« Si tu veux mon avis, je crois que tu ne sauras jamais si tu l'aimes vraiment ou non. A cause de ce bébé. Je dis pas qu'il faut le tuer ou l'abandonner, non. Mais rien ne prouve que tu ne te sens pas obligé de changer tes sentiments intérieurement à cause de lui. S'il n'était pas là, tu arriverais mieux à cerner si c'est de l'amitié ou de l'amour. Tandis que là... C'est comme si tu te sens obligé... Ouais je sais, je t'aide pas. Mais en même temps j'ai que dix huit ans, j'ai qu'un seul grand amour et je suis pas prêt d'avoir un gosse ! »

Jamais je ne serais psychologue, c'était écrit...

« Mais comme tu dis... Autant continuer à être amis si vous ne vous aimez pas. Le bébé n'en souffrira pas, y'a des milliers de parents séparés. Et moi j'ai bien survécu en étant élevé par un seul parent... Enfin j'espère juste qu'elle ne t'empêchera pas de le voir autant que tu veux, et que je pourrais faire pareil.... »
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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Dim 20 Mai - 20:11

Désormais, Wyatt était dans la confidence concernant le mariage du partisan de Genome avec l’ancien dirigeant de Genetic. Il était le seul à connaître l’état d’esprit dans lequel Ross se trouvait ce soir là. L’écossais remarqua l’étonnement du jeune homme en apprenant que son père n’avait pas résisté à la demande en mariage de sa mère. Il ne devait pas trop comprendre comment il avait cédé. Nicole et Ross étaient les meilleurs amis du monde et leur relation était sans ambigüité. Il n’avait jamais été question d’amour entre eux, et encore moins d’une union, uniquement une très belle amitié. Mais quand un ami est désespéré, la moindre des choses était de répondre à ses exigences afin qu’il remonte la pente plus facilement. C’était ce qui avait décidé Ross à abandonner son célibat. Le bien-être de son amie en valait la peine. Seulement, dans son délire, il n’avait pas épousé Nicole Callahan mais Dunney Holster. Quant à savoir ce qu'il aurait fait si cette situation s’était réellement présentée avant qu’elle ne quitte le monde des vivants, impossible de le dire. De toutes les façons, la mère de Wyatt n’aurait jamais demandé une telle chose à son ami. Elle tenait à son célibat autant que Ross tenait au sien. Ce sujet appartenant définitivement au passé, il était inutile d’y réfléchir plus longuement.

Le contrat de mariage impliquait des contraintes. Certes, Ross ne les avait jamais respectées mais ce document était quand même une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Holster n’étant pas un ange, il pouvait s’en servir à des fins peu recommandables qui pourriraient l’existence du psychologue. Déjà, il avait contribué à la rupture entre le père et le fils, et ce dernier avait rejoint les rangs de l’organisation ennemie. S’il perdurait, qu’allait-il lui tomber sur le coin du nez ? Une météorite en la personne d’un tueur à gages chargé d’éliminer l’écossais pour récupérer ses biens ? Ou encore, pour éliminer Wyatt qui était devenu, par ce contrat, un héritier d’Holster ? Ross devait mettre fin à cette mauvaise farce avant qu’il ne soit trop tard. Il le voulait et avait entrepris les démarches nécessaires. Même si ça devait lui coûter un bras, il ne reculerait pas.

Devant ces explications et celles relatives à Anne, Wyatt resta silencieux. C’était étonnant mais ce n’était pas plus mal. Le fait de ne pas être interrompu permit à Ross de narrer ses aventures sans détour. Il fit en sorte d’être concis pour éviter d’aborder sa sexualité qui ne regardait pas son fils sans pour autant dissimuler la vérité. Connaissant désormais toute l’histoire, le jeune homme avait de quoi reprocher un tas de choses à son père, mais il ne dit mot. Intérieurement, Ross lui en était reconnaissant.

L’écossais sentit une réticence lorsqu’il demanda à l’adolescent s’il pouvait lui parler d’homme à homme. Cette réaction ne le surprit pas. C’était la première fois qu’il s’adressait à lui de cette façon. Wyatt devenant adulte, il était temps de commencer à le considérer comme tel. Ce n’était pas évident de voir ses enfants grandir, alors autant commencer doucement. Les jeunes avaient souvent des idées, elles n’étaient peut-être pas toujours très appropriées mais elles n’étaient pas non plus complètement idiotes ; certaines méritaient d’être prises en considération, bien plus que des idées rétrogrades complètement up so late. Et des idées, son fils n’en manquait pas. Celle de se trouver une femme avant qu’il ne devienne sénile et super chiant le fit sourire. Il avait raison le bougre ! Il n’y avait pas plus insupportables que les vieux célibataires aigris.

- Je sais que tu veux te débarrasser de moi. Mais faut pas croire, j’ai pas envie non plus de t’imposer ma vieillesse qui ne ferait que gâcher ta vie. Tu as la tienne à vivre pleinement et la seule chose qui m’importe est de te savoir heureux. Tu ne pourrais pas l’être avec un gâteux sur le dos.

Si sa première phrase était dite en plaisantant, la suite était sincèrement réaliste et sans aucune amertume. Wyatt ferait sa vie, comme il avait fait la sienne, en mieux sûrement. Ross ne serait pas une charge pour lui. S’il devenait gâteux, il irait dans une maison médicalisée ; si cette solution n’était pas suffisante pour alléger le poids qu’il représenterait, il mettrait discrètement fin à ses jours. Son fils pleurerait mais il s’en remettrait car c’était dans l’ordre des choses.

La vie de l’écossais n’était pas simple. C’était indéniable. Ross acquiesça d’un signe de tête en grimaçant de dépit. Cependant, il ne désespérait pas de trouver un chemin moins tortueux avant de mourir. L’espoir fait vivre dit-on ! En tout cas, il s’y employait et, sans le savoir, son fils l’y aidait. Si Wyatt n’existait pas et sans leitmotiv, Ross ne serait pas aussi combatif. Là, il l’était mais cela ne l’empêchait pas d’être complètement paumé avec ses sentiments. Wyatt s’y perdait également. Il faisait l’amalgame entre Anne et l’enfant à venir. Certes, l’un n’allait pas sans l’autre, mais l’autre n’existait pas avant qu’elle ne tombe enceinte.

- Ah non ! Détrompe-toi. Le bébé n’y est pour rien. Si j’avais du choisir entre lui et Anne, je n’aurais pas hésité. Elle est ma meilleure amie. Je tiens à elle et c’est à elle que je pense en premier. Je ne me sens forcé de rien…

Ross et Anne avait vécu des moments formidables en France. Maintenant qu’elle était à Los Angeles, qu’elle n’avait plus d’attaches, plus de mari et des tourments à revendre, leurs rapports tendaient à se modifier sans le vouloir. L’adolescent ne donna aucune piste pour y voir plus clair. Rien d’étonnant finalement. Il était encore un peu jeune pour venir en aide à son père sur ce plan là. Contre toute attente, il aborda ses propres amours. Sur le moment Ross ne dit rien. Les amours d’adolescents, ça venait et ça allait, rien de plus normal à son âge. Mais lorsqu’il précisa que c’était le grand amour, l’écossais ne cacha pas sa surprise.

- Hey ! Si j’ai bien compris, t’es vraiment amoureux ? En voilà une bonne nouvelle ! Ca fait longtemps ?

Son fils n’avait pas une copine, il avait rencontré l'amour. Ross était heureux pour lui. Pourquoi n’avait-il pas remarqué de changement chez son fils ? En y songeant, c’était normal. Les événements du Blue Lake l’avaient traumatisé et avant ce drame, il n’habitait plus la maison familiale. Ross avait envie d’en savoir plus. Son problème personnel était passé au second plan. L’intérêt porté à son fils et sa curiosité le poussaient à se montrer gentiment inquisiteur.

- Allez raconte ! Vous vous êtes rencontrés comment ?


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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Lun 21 Mai - 17:55

Comment d'une discussion portant sur un futur bébé et des sentiments que mon père ressentait pour une femme, j'avais pu la laisser dériver et glisser jusqu'à ce qu'il saisisse l'occasion pour détourner la conversation et parler de moi ? Naïf, c'était l'adjectif qui me caractérisait le mieux à cet instant. J'aurais mieux fait de me taire, de tout garder ce que je ressentais au plus profond de moi. Sauf que c'était sorti naturellement car c'était si évident pour moi que j'aimais Capucine et qu'elle m'était destinée. Il m'avait fallu du temps pour m'en rendre compte mais à présent que c'était fait, je ne m'en détournerai plus. Au contraire, j'allais m'évertuer à faire vivre ce lien qui nous unissait pour qu'on ne sombre jamais dans une routine qui finirait par nous lasser. Enfin, si la maladie nous offrait la chance de vieillir aux côtés de l'autre. J'étais sans doute naïf de croire qu'à dix huit ans j'avais trouvé la bonne, mon âme soeur. Sans doute mon père penserait sans le dire que ce n'était que passager, que je m'emportais trop en ce qui concernait les sentiments. Je le renverrais gentiment dans son camp car en matière d'amour, il n'était pas très bien loti pour savoir le reconnaître s'il venait à toquer à sa porte.

«  Ça fera deux mois dans deux jours pour être exact. »

28 août. Du moins si je ne me plantais pas car si c'était le cas, il valait mieux que je parte en courant à une telle annonce, surtout si j'avais le malheur de la faire devant Capucine. J'abandonnais mon jus d'orange sur la table et je me levais pour aller m'installer sur un des fauteuils près de mon père. Il voulait tout savoir de ma relation alors qu'il avait déjà quelques détails. Il savait que j'avais rencontré Capucine au lycée. Il savait qu'elle avait été ma meilleure amie jusqu'à sa disparition. Tout comme il savait que j'avais passé beaucoup de temps à la chercher, durant plusieurs mois. Je ne savais pas quelle était son opinion d'elle. A chaque fois que je les avais vu ensemble, j'avais eu cette impression qu'ils ne s'appréciaient guère. Après la disparition de Cap', nous n'en avions pas parlé mais je supposais que l'opinion de Ross n'avait pas changé à son sujet, voir même qu'elle avait empiré. Il devait penser qu'elle m'avait jeté comme une vieille chaussette et quand il saurait que c'était elle, il ne dirait rien mais supposerait qu'elle le ferait de nouveau.

« C'est Capucine... »

Je ne souhaitais pas rentrer dans les détails de nos retrouvailles. Mon regard azur détaillait mon père, j'étais aux aguets, observant la moindre de ses réactions. Positive ou négative. Comment allait-il le prendre ? Allait-il vraiment être heureux pour moi ou s'inquiéter ? J'avais besoin de lui, de lui confier certaines choses pour qu'il m'aide à rester fort. Pourtant j'hésitais car si je déballais toute la vérité et prononçais le mot Genetic, même si nous étions d'accord pour ne plus mettre ce groupe entre nous, tout comme Genome, je craignais de le voir se raidir. Je finis par prendre mon courage à deux mains, prenant par la même occasion une grande inspiration et je me lançais. J'aviserai ensuite, tant pis.

« Je l'ai retrouvée lors d'une réunion de Genetic et... Non en fait laisse tomber, tu as assez de tes problèmes sans que je vienne rajouter les miens par dessus. »

Je bloquais. Je n'arrivais pas à dire à mon propre père que j'avais quitté Genetic en faisant la promesse à Capucine de ne plus y remettre les pieds. Je n'arrivais pas à lui dire non plus qu'elle était malade et que ma plus grande peur c'était de la perdre sans pouvoir rien y faire. J'étais complètement déboussolé pourtant il était le plus à même de pouvoir m'aider, à me comprendre car il me connaissait depuis toujours. Il était mon guide pour tellement de choses, je voulais qu'il le soit encore une fois. Mais de quel droit je pouvais en rajouter une couche alors qu'il avait déjà un bébé et une amie sur les bras. Il ne voulait pas m'imposer sa vieillesse, moi c'était mes problèmes. Je me laissais glisser dans le fond de mon fauteuil, repliant mes genoux devant moi. Je ne cherchais plus son regard. J'étais perdu dans mes pensées.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Jeu 24 Mai - 22:17

Si Ross avait parié, il aurait perdu. Il était persuadé que Wyatt ne répondrait pas ou peu à ses questions et relancerait le sujet initial. Et non ! Cela faisait deux mois qu’il était avec sa petite amie. Pour une surprise, c’en était une ! Le comportement du jeune homme ne laissait rien deviner. Sans doute voulait-il être certain de ses sentiments avant d’en parler. C’était finalement sorti tout seul, sans forcer. En abordant ses sentiments vis à vis d’Anne, Ross avait certainement ouvert la porte des confessions intimes. Quoi de plus naturel que de vouloir partager son bonheur avec ses proches ? Wyatt était amoureux, vraiment amoureux. Cela ne faisait aucun doute. Si ce n’était pas le cas, il n’aurait jamais dit avoir rencontré le grand amour.

- Content pour toi fiston. Dit-il sincèrement en souriant.

Le père était heureux pour son fils. C’était la meilleure chose qui pouvait lui arriver actuellement. En dépit des épreuves traversées, Wyatt retrouverait son sourire et sa joie de vivre tôt ou tard. Le plus tôt serait le mieux ! Peu importait qui était l’élue de son cœur. A partir du moment où elle faisait vibrer en lui ce sentiment merveilleux qu’était l’amour, Ross lui en était reconnaissant. C’était Capucine. Bizarrement, Ross n’était pas surpris de cette révélation. Pourquoi ? Peut-être parce qu’il était en train de vivre la même expérience que lui. Anne était la meilleure de Ross, Capucine celle de Wyatt. Les deux hommes étaient tombés amoureux de leur meilleure amie respective. Tel père, tel fils. Cette similitude le fit doucement sourire.

Au départ, Ross n’avait rien contre Capucine. Elle venait chez lui et elle squattait le canapé avec Wyatt devant des films d’adolescents sans que cela ne pose de problème. Elle était bien élevée, d’humeur joyeuse et intelligente. Un peu trop peut-être ! Ce dernier trait de caractère poussait sa curiosité. C’était une petite rusée, elle se doutait de quelque chose concernant Ross. Le soupçonnait-elle d’être un mutant, d’appartenir à un groupuscule ou de ne pas être seulement l’oncle de Wyatt, il ne savait pas trop. Dans le doute s’abstenir ! Aussi, préférait-il resté silencieux devant ses investigations. Méfiant, il redoutait surtout qu’elle sème le doute dans l’esprit de son fils. C’était en cela qu’il n’appréciait pas trop la jeune fille. Sinon, il n’avait rien contre elle. La complicité entre les deux jeunes gens faisait plaisir à voir. Si elle n’avait pas disparu sans prévenir, elle n’aurait pas perdu l’estime du psychologue. Wyatt était son meilleur ami, elle aurait dû l’avertir ! De voir son fils se mettre la rate au court-bouillon pour elle, et perdre un temps fou à la rechercher, avait mis l’écossais plus d’une fois en colère.

Désormais, tout cela n’avait plus lieu d’être. Capucine était de nouveau là, elle avait même donné un toit à Wyatt après qu’il ait claqué la porte de la propriété familiale. Rien que pour ça, Ross lui en était reconnaissant. Elle était à Genetic ! La belle affaire, Wyatt aussi. Il espérait seulement que Capucine avait fait le choix de rejoindre cette organisation par dépit, un peu comme son fils. Il ne restait plus qu’à espérer que le jeune couple ne continue pas à adhérer à Genetic. De toutes les façons, Ross faisait suffisamment confiance au jeune homme pour penser qu’il finirait par faire les bons choix.

- T’as raison, on avait dit qu’on ne parlerait plus de Genetic ou Genome. On s’en fout !

Comment ça il ne voulait pas ajouter des problèmes à ceux de l’écossais ? Le jeune homme venait de s’enfoncer dans son fauteuil comme un pauvre chien maltraité. C’était mauvais signe... L’amour ressenti par Wyatt pour Capucine était-il à sens unique ? Autant il était indispensable d’être deux en amitié, autant la réciprocité en amour n’était pas systématique. Avait-elle décidé de continuer avec Genetic malgré ce qu’elle savait de leurs sombres activités ? L’un des deux avait-il fait une connerie ? S’étaient-ils disputés ? Plusieurs possibilités qui expliqueraient que Wyatt ne soit pas retourné vivre chez Capucine après sa sortie de chez Genome. Cela expliquerait également la morosité dans laquelle le jeune homme était plongé depuis son retour. Enorme doute subitement, de la crainte même. Crainte qui poussa le psychologue vouloir en savoir plus.

- Par contre, toi je m’en fous pas. Je vois bien que quelque chose ne colle pas. Qu’y a-t-il Wyatt ? Que se passe-t-il ? Demanda-t-il posément.

Ross ne voulait pas montrer son inquiétude. Il s’était tout de même redressé de son fauteuil. Il s’était également avancé un peu pour s’interposer entre l’horizon et le regard perdu de son fils. Qu’il le souhaite ou pas, le jeune homme allait devoir en dire un peu plus. Son père ne le laisserait pas se défiler encore une fois.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Ven 25 Mai - 16:58

J'étais encore fragile pour de nombreuses choses. Il fallait d'un rien pour que mon esprit bascule et flanche. Je sentais que c'était ce qui était en train de se produire. La discussion entre mon père et moi avait dévié sur l'amour de ma vie. Si j'arrivais à dire que c'était Capucine, j'avais du mal à aller plus loin. Je ne voulais pas ennuyer mon géniteur avec ça. Pourtant il venait de dire à l'instant qu'il était heureux pour moi. C'était encourageant. Il était content malgré les réserves que j'avais toujours senties à l'attention de la jeune femme. Cela aurait du me suffire pour continuer à parler et à enchaîner sur ce qui n'allait pas. Cela voudrait dire aborder des sujets douloureux. J'étais déjà triste au fond de moi, je ne souhaitais pas que Ross le soit pour moi. Il était censé être heureux, le bonheur devait se lire sur son visage car il allait devenir une nouvelle fois père. Je n'avais pas à plomber l'ambiance avec mes problèmes personnels. Alors je m'étais tu et je m'étais recroquevillé sur mon siège.

Je savais que l'on pouvait passer outre une discussion sur Genome et Genetic. Nous étions d'accord pour ne plus en parler et pour ne plus laisser ces deux organisations s'interposer entre nous. C'était un des équilibres fragiles que nous avions fixé et je ne souhaitais pas qu'il vole en morceaux. Je commençais à peine à retrouver mon père depuis le mois de mai. C'était encore tendu pourtant malgré ses trahisons, ses mensonges et tout ce qu'il avait fait, je recommençais à avoir confiance en lui. La preuve en était que je continuais à vivre sous son toit alors que j'aurais pu faire des pieds et des mains pour vivre avec Capucine, ou prendre une chambre d'hôtel. Ou alors me tourner vers mes grand parents. Mais connaissant mon grand père, il n'aurait pas laissé la situation en l'état et il aurait tout fait pour que je me réconcilie avec Ross.

Il valait mieux donc ne plus rien dire et en rester là. Il finirait par comprendre, du moins j'espérais. Je m'aperçus très vite que ça ne serait pas le cas. Car s'il se foutait des groupes, il affirma que ce n'était pas la même chose pour moi. Il voulait savoir ce qui se passait. Depuis des semaines je sauvais les apparences du mieux que je pouvais. Je tentais de me comporter en homme mais il y avait tellement de poids sur mes épaules. J'avais envie de me décharger pourtant je refusais de lui faire porter mon fardeau. S'il ne voulait pas être un poids pour moi quand il serait plus âgé, je ne voulais pas non plus en être un dans le présent. Et c'était l'impression que j'avais à me laisser envahir par mes inquiétudes, mes craintes. J'étais un poids pour mon père.

Je sentis qu'il était déterminé à me faire cracher le morceau. Il l'avait déjà été pour que nous ayons cette conversation et qu'il m'annonce pour le bébé absolument ce matin là. A voir comment il se redressa pour venir brouiller le champ de vision que j'avais sur le jardin, je sus que sa détermination ne flancherait pas. Mon regard bleu croisa le sien. Je ne bougeais pas et l'observais en silence durant un instant. Et c'est dans un moment comme celui-ci qu'on espère de tout son cœur que le téléphone se mette à sonner ou que quelqu'un vienne sonner à la porte. Les secondes s'écoulaient mais rien ne venait. Aucun coupe de téléphone. Aucune sonnette. Seulement lui et moi. Mon silence, sa détermination. L'un de nous cèderait en premier. Je savais que ça serait moi.

Je détournais le regard pour ne plus avoir à supporter ses prunelles braquées sur moi. Mes yeux se fixèrent un instant sur un meuble. Puis ils dévièrent, revenant sur mon verre et la brique de jus d'orange. Peut être que si je me levais pour boire un coup, je trouverai une illumination subite qui m'aiderait à détourner son attention. Mais rien qu'en y pensant, j'avais l'impression de trembler, que si je me levais, mes jambes se déroberaient sous mon poids et que je m'écroulerais là, en plein milieu du salon. J'étais perdu et au pied du mur. Il ne me restait plus grand chose à faire que de faire un pas vers celui-ci pour tenter de le franchir. Je ne sais pas combien de temps s'écoula avant que je me décide. Mais je finis par le faire et ma voix brisa le silence de la pièce.

« J'ai craqué il y a un mois... Je n'en pouvais plus de cette pression face à ce que j'ai fait. Je me suis jeté du toit du lycée. Mais Capucine était là et m'a empêché de mourir en utilisant son pouvoir. J'ai perdu connaissance et à mon réveil j'ai cru que mon monde s'effondrait de nouveau. J'ai quitté Genetic. Je lui ai promis de ne plus y remettre les pieds. Il paraît que ma tête est mise à prix là bas à cause de ma trahison du Blue Lake. Je m'en fous qu'ils s'en prennent à moi... Mais je ne veux pas la perdre. Je.. Elle a un cancer et je sais pas quoi faire pour la sauver papa... »

Mon regard était dirigé vers Ross mais je ne le voyais pas. Ma vision était complètement perdue. Il se tenait devant moi mais je ne le percevais plus. La douleur m'aveuglait, m'empêchant de me raccrocher à ce pilier qui composait ma vie. Je ne pleurais même pas. Les larmes ne voulaient pas venir. Sans doute en avais-je trop versé la veille quand j'étais retourné au Blue Lake.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Sam 26 Mai - 22:23

Wyatt fixa son regard dans celui de Ross qui était tout ouïe. Le monde aurait pu s’écroulé à cet instant qu’il n’aurait pas bougé d’un pouce. Le père était entièrement dévoué à son fils. Celui-ci resta silencieux un long moment. Ce n’était pas bon signe. Ce qu’il avait à dire n’était sans doute pas facile. L’écossais ne connaissait que trop ce type de comportement. Il faisait exactement la même chose lorsqu’il était sur le point d’avouer des choses importantes. Ses patients adoptaient souvent cette attitude quand ils allaient aborder un événement grave ou douloureux. S’il s’était agi d’un de ses patients, il se serait levé pour laisser l’espace vital nécessaire à tout être pour se sentir en sécurité. Wyatt était son fils, cet espace n’était pas indispensable dans le cas présent. Au contraire, il avait ouvert une brèche pour permettre à son père d’y entrer. Il était évident qu’il avait besoin de son aura protectrice pour se lancer. Sans doute s’inscrirait-il en faux, arguant qu’il était un grand garçon et qu’il pouvait se débrouiller seul. Que nenni ! Ce serait uniquement une représentation de la fierté des McGregor dans toute sa splendeur. Ross ne bougea donc pas de sa place et attendit patiemment que le jeune homme se décide à ouvrir la bouche. Toutefois, afin de ne pas ajouter une pression supplémentaire à sa tête de mule adorée, il détourna les yeux quelques secondes.

Ces secondes furent interminables. N’y tenant plus, l’écossais reporta toute son attention sur son fils. Son regard était à la fois encourageant, insistant et empli d’un amour paternel sans faille. Même s’il craignait le pire, Ross était prêt à tout entendre. Enfin, Wyatt brisa le silence. Chaque mot prononcé par le jeune homme fut comme un coup de fouet sur une blessure béante. L’empathie du père était à son comble. Il ressentait toutes les souffrances endurées par son fils comme s’il les vivait lui-même. Au-delà de la douleur partagée, la culpabilité vint se greffer sur un sentiment d’incapacité. En sortant de Genome, Ross avait bien saisi que son fils n’allait pas bien ; cependant, il n’avait pas été en mesure de lui donner les clés pour aller mieux. Il avait tenté de se suicider. C’était un échec impossible à digérer. Il comprenait ce geste extrême mais il n’acceptait pas sa propre défaite. Les parents étaient censés protéger leurs enfants, le psychologue n’avait pas été fichu de le faire.

Ross hésita à prendre la parole pour dire à son fils qu’il était désolé. Tellement désolé. Il n’en fit rien. Il était inutile de s’apitoyer sur son sort, ça ne modifierait pas le cours des événements passés. Par contre, il se leva et prit place aux côtés du jeune homme. Il le prit par les épaules et posa sa tête contre la sienne. Il souhaitait ainsi lui faire comprendre qu’il ne lui en voulait pas, qu’il n’était pas responsable. C’était le monde des adultes mutants qui l’était. Il n’osait pas penser ce qu’il en serait si Capucine n’était pas intervenue à temps. Elle avait réussi là où l’écossais avait échoué, deux fois en plus ! Grâce à elle, Wyatt était encore en vie et il avait quitté Genetic. Ce dernier point était futile par rapport au premier. Sacrée jeune fille ! Il la bénissait d’avoir été présente au moment crucial. D’un coup, elle remontait en flèche dans l’estime de Ross qui ne manquerait pas de lui prouver sa reconnaissance autant qu’il était possible de le faire.

La dernière phrase du jeune homme glaça le sang de son père. La rage et la tristesse le submergèrent en même temps. La vie était trop injuste ! Que Ross s’en prenne plein la tronche, il le méritait ; pas Wyatt ! Ce dernier n’avait pas à subir toutes ces d’épreuves. S’il était permis au psychologue de les endurer à sa place, il n’hésiterait pas une seconde. Ce n’était malheureusement pas possible. Serrant les poings, il prit sur lui. Ce n’était pas le moment de pester et de s’en prendre au monde entier. Son fils avait besoin de son soutien.

- La recherche fait sans cesse des progrès. Certains cancers ne sont plus une fatalité. On peut en guérir. Tu sais quel type de cancer elle a et quel protocole elle doit suivre ?… On va mettre toutes les chances de son côté. Je vais me renseigner pour qu’elle soit suivie par les meilleurs spécialistes. Les traitements sont encore très lourds, mais ça vaut le coup. Par contre, il ne faut pas qu’elle affronte ça toute seule. Mieux elle sera entourée et mieux elle arrivera à gérer. Faut pas oublier que la guérison est due, en grande partie, au mental. Si j’ai bien compris, vous vous aimez vraiment. Alors continue à l’aimer et à la soutenir. Il y aura des moments difficiles à supporter. Elle aura besoin de toi pour ne pas baisser les bras. Avec les examens, les traitements, les effets secondaires, elle risque d’être exécrable. Ca ne va pas être facile pour toi ! Si tu as du mal à la soutenir, je serais là pour t’aider, pour l’aider aussi, si elle le veut. Même si elle te dit qu’elle peut y arriver sans ton aide, ne l’écoute pas. Fais ta tête de mule !

Finir sur une note ironique était une façon de dédramatiser son petit discours. Cela n'enlevait rien à la gravité de la situation mais c'était toujours mieux que de pleurer. L’entêtement était nécessaire dans ce genre de situation. Wyatt saurait se montrer à la hauteur. S’il advenait des moments de faiblesse, il pourrait compter sur son père pour ne pas lâcher.

- D’ailleurs, Capucine se trouve où actuellement ? Elle a déjà commencé un traitement ou pas encore ?

Les questions étaient indiscrètes mais nécessaires pour savoir si la jeune fille était entourée et si elle pouvait compter sur d’autres personnes que Wyatt. Si ce n'était pas le cas et en fonction des réponses de son fils, Ross était disposé à inviter Capucine dans la maison familiale.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Lun 28 Mai - 5:07

Tout était sorti. Tout ce que je retenais depuis mon retour à la maison. Tentative de suicide, départ de Genetic, maladie de Capucine. Et puis moi qui encaissais et continuais à agir comme si de rien n'était pour n'inquiéter personne. Toutes ces sorties jusqu'à tard le soir, ces lendemains où je me contentais de dire que tout allait bien. Je me noyais progressivement dans ma propre détresse depuis plus d'un mois. Parfois cela faisait tellement mal que j'aurais aimé ne pas me réveiller de mon coma. Plus de réalité à affronter, il n'y avait qu'à continuer à respirer pour signifier que l'on était toujours là, perdu quelque part entre la vie et la mort. Mes proches auraient espéré que je me rattache à la vie. Et moi j'aurais aimé me rapprocher de la mort car je ne me sentais pas fort. Le coma en soi était un statut quo. Ce n'était pas la mort mais ce n'était pas la vie non plus.

La main de mon père était à présent posée sur mon épaule. Il m'avait attiré contre lui, nos têtes se touchaient. Je pouvais sentir la chaleur qui se transmettait à travers ces contacts sans que ça puisse réchauffer mon coeur. Il tentait de me réconforter à sa façon sans me brusquer, et cela n'avait aucun effet. Je ne pensais plus à ma tentative de suicide. Je ne pensais plus à rien hormis à Capucine à cet instant. La vie n'avait pas le droit de me la prendre. S'il existait quelqu'un au dessus de nos têtes, pourquoi s'acharnait-il ainsi sur moi et sur tous ceux que j'aimais. Je pensais déjà avoir bien encaissé depuis treize ans et la mort de ma mère. Et je devais à présent encaisser encore et encore. Il n'y avait pas de fin, seulement des éternels recommencements avec des situations différentes, auxquelles on n'avait pas appris à se préparer. Ça aurait été trop facile de reproduire les épreuves telles que les précédentes. J'aurais pu apprendre à encaisser. Là, c'était toujours une nouvelle qui surgissait. Vie de merde.

Je savais que je n'étais pas le plus malheureux sur cette terre. J'avais la chance tout de même d'avoir un père à mes côtés avec ses défauts. Je n'étais pas à plaindre non plus niveau matériel car je n'avais jamais manqué de rien, même quand j'avais claqué la porte de la maison familiale. Car Ross avait tout fait pour me faciliter la vie. J'avais de l'argent de côté qu'il me plaçait depuis des années. De ce côté, j'étais loin de la vie de merde. En amour, il en était de même. J'avais une petite amie qui m'aimait et à laquelle je tenais. Elle appartenait à Genetic mais en dehors de ça, elle était normale. J'aurais pu me retrouver avec une junkie, une hystérique, une fille complètement à côté de la plaque. J'aurais pu me retrouver comme certaines de mes connaissances avec quelqu'un qui était une véritable plaie.. Je n'étais pas à plaindre. Sur bien des choses, on pouvait dire que j'étais heureux. C'était tout le reste à côté qui me bouffait. Et la maladie de Capucine était le summum, elle remportait le grand prix. Si elle rongeait ma petite amie physiquement, elle me dévorait mentalement. J'imaginais souvent le pire et je m'apprêtais encore à le faire une fois.

Ross m'empêcha de me plonger dans mon désespoir en choisissant à ce moment là de prendre la parole. Il tenta de me rassurer sur les cancers et la recherche qui avait fait d'énormes progrès. C'était un argument que j'avais sorti à Capucine. Mais, je n'oubliais pas non plus que c'était ce même cancer qui avait emporté son père. Le mien m'offrit de se renseigner pour qu'elle soit soignée par les meilleurs spécialistes. Je savais que ce n'était pas des paroles en l'air. La pression se relâcha un peu de sur mes épaules. J'avais l'impression de décharger mon fardeau et de le remettre en partie sur les épaules de mon père. Les miennes s'affaissèrent un peu et je me laissais aller contre lui alors qu'il continuait à parler. Me demandant de continuer à être présent pour elle, de ne pas laisser tomber. Je l'avais déjà fait une fois en ce qui me concernait et en voulant en finir. Est-ce que j'étais capable de ne pas craquer sous la pression pour elle ? Même en faisant ma tête de mule, j'avais des doutes. Nous nous aimions mais par moment, j'avais l'impression qu'elle me laissait à l'écart. Il suffisait de jeter un oeil sur le plan financier. Elle ne voulait rien de moi pour payer ses soins. Je ne pouvais pas l'aider non plus pour son appartement, elle préférait se fatiguer à bosser. Et moi, j'étais là, à côté à subir, à faire des pieds et des mains pour qu'elle accepte que je paie ne serait-ce qu'un diner en amoureux ! La vie ne m'aidait pas, mais Capucine ne me facilitait pas non plus la tâche pour que je sois présent.

« C'est un lymphome hodgkinien...Le même cancer qui a tué son père... Ils lui ont posé un cathéter sur la poitrine. Et elle a commencé son traitement il y a un mois. Un mélange de chimiothérapie et de radiothérapie je crois... Sans compter les médicaments à côté. Je ne suis même pas capable de t'en dire davantage, elle évite soigneusement que j'aille avec elle à chaque fois. Rien que pour la pose du cathéter, elle m'a planté en beauté, me laissant dormir... »

Et je lui en avais voulu ce jour là même si ça m'était passé depuis. J'avais encaissé, pris sur moi dans mon coin, ça ne ressortirait pas. Car me planter pour un rendez-vous ce n'était qu'un détail, quelque chose de basique par rapport à tout le reste à côté.

« Elle ne veut même pas que je l'aide à payer ses soins. Elle a refusé de me laisser mourir mais à côté me rejette pour certaines choses sur sa maladie. Je suis censé faire quoi, ne pas broncher ? M'opposer à elle au risque qu'elle se braque et que ça casse entre nous ? Elle laisserait tomber si ça arrivait, elle n'a personne à part moi. Ça me saoule, j'ai l'impression d'être celui qu'on balade sur un fil invisible d'un bout à l'autre et quoique je tente de faire, ça n'a pas l'air de convenir. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Jeu 31 Mai - 21:49

Ross écouta son fils sans l’interrompre. Il avait mal pour lui. Ce n’était pas les mots qui étaient les plus douloureux mais la façon dont ils étaient prononcés. Un mélange d’incompréhension, de culpabilité, de colère, d’inutilité et de désespoir semblait habiter ton son être. L’écossais évitait soigneusement de ne pas être trop en empathie avec le jeune homme. Il était notable tout de même qu’il partageait sa souffrance. Il n’était pas pour autant triste. Le cancer dont était atteint Capucine se guérissait. Depuis une dizaine d’années, la recherche avait fait d’énormes progrès. L’âge de la jeune fille était également un atout. Elle avait toutes les chances de s’en sortir. Ross ne connaissait pas le pourcentage exact de guérison mais celui-ci devait frôler les quatre vingt pour cent. Il ne manquerait pas de se renseigner auprès de la division d’hématologie et d’oncologie du Professeur Phillip Koeffler, elle faisait partie du centre médical de Cedars-Sinaï de l’école de médecine de l’université de Californie à Los Angeles. Il se mettrait également en contact avec le conseil scientifique international qui regroupait d’éminents chercheurs. Il n’hésiterait pas non plus à se déplacer à l’autre bout du monde si c’était nécessaire. Il ferait n’importe quoi pour mettre toutes les chances du côté de Capucine et voir ainsi son fils retrouver le sourire.

Cette épreuve infligée au jeune couple serait difficile et longue à supporter. Il aurait besoin de soutien, Capucine la première. Elle en était encore au stade où elle n’avait pas besoin d’aide. Elle souhaitait sans doute laisser Wyatt en dehors de sa maladie. Pensant lui éviter des souffrances elle ne faisait que les accentuer. Son angoisse était doublée par l’ignorance dans laquelle il se trouvait. Et elle, en restant seule dans son coin, s’engouffrait doucement dans une impasse où elle finirait par s’écrouler si elle ne rebroussait pas chemin. Il fallait qu’une personne de son entourage ou un professionnel lui ouvre les yeux.

- Je comprends fiston. C’est pas facile à vivre pour toi mais ça l’est encore moins pour elle. Il faut que quelqu’un lui fasse comprendre que ce n’est pas en faisant le vide autour d’elle qu’elle se sentira mieux. Mais si elle se braque comme tu le dis, ce n’est pas à toi de le lui faire comprendre. Elle n’a pas une amie qui pourrait lui parler ? Son médecin pourrait le faire aussi ! Je veux bien aller la voir si tu es d’accord, même si je pense que je ne suis pas le mieux placer, ce serait mieux que rien.

Les réactions des gens à l’annonce d’une maladie grave étaient différentes ; elles dépendaient de plusieurs facteurs dont la personnalité, le vécu et la période traversée au moment où le diagnostic tombait. Il y avait une chose qui ne changeait pas, c’était la perte de l’illusion d’avoir toute la vie devant soi. C’était encore plus intense quand on était jeune. « Les hommes se savent mortels mais ils ont tendance à l’oublier. C’est seulement lorsqu’ils sont poussés dans les bras de la faucheuse que les angoisses de mort et de séparation refoulées, ressurgissent. » disait Freud.

Le temps d’adaptation psychique à la maladie, ne serait-ce que pour la nommer était variable. Sa révélation était du même ordre que l’annonce d’un décès. Comme le chagrin du deuil, l’intégration de cette mauvaise nouvelle impliquait plusieurs étapes d’adaptation. Après le choc, il y avait souvent un rejet de la réalité, puis la colère liée à un sentiment d’injustice et la dépression. D’après les dires de Wyatt, Capucine mélangeait toutes ces phases. Cette réaction était courante chez les personnes dotées d’un fort caractère. Ce même caractère était nécessaire pour s’en sortir mais il était traitre. Si personne ne guidait la jeune fille dans cette tempête, elle se noierait. Quoi qu’elle en pense, elle avait besoin d’une épaule sur qui compter et se reposer pour finir par accepter la réalité.

- Faut qu’elle mette sa fierté de côté et qu’elle accepte d’être aidée. Qui mieux que toi peut la soutenir dans cette épreuve ? Personne. Au bout d’un moment cette tête de mule ne pourra plus avancer, même si elle le veut. Ah ça, sur ce plan là, vous vous êtes bien trouvés tous les deux !

Elle sera obligée de renoncer à un certain nombre d’activités dont son travail. Elle devra garder l’espoir indispensable pour trouver l’énergie nécessaire pour se soigner mais également pour s’adapter aux changements corporels qu’entraîne la maladie. D’autres conséquences étaient à prendre en compte comme les conflits relationnels et l’isolement social. Il ne fallait pas se leurrer, les maladies graves comme les handicaps faisaient souvent peur. Les autres avaient tendance à tourner le dos pour ne pas être confrontés à ce qui pourrait leur arriver. Elle devra faire front à sa baisse d’estime d’elle-même suscitée par un sentiment d’inutilité et de dépendance. Elle devra trouver de nouvelles ressources pour vivre intensément chacun des moments de son existence. Pour tout cela, Capucine ne devait pas rester seule.

- Ce qui est certain, c’est qu’elle va avoir besoin de toi. Tu vas aussi t’en prendre plein la figure, mais il ne faudra pas te braquer ; c’est une réaction normale. Elle risque de rejeter sur toi la responsabilité de son mal-être. Il ne faudra pas lui en tenir rigueur. Quand elle verra que, malgré tout, tu es toujours à ses côtés, elle finira par lâcher et se laissera faire.

Wyatt n’avait pas répondu à une question. Ross trouvait étrange, malgré ses explications, que le jeune homme ne soit pas auprès de Capucine. Même si cette dernière lui avait dit qu’elle n’avait pas besoin de lui, elle l’aimait. Alors comment se faisait-il que le jeune homme ne soit pas à ses côtés.

- Mais dis moi fiston, c’est bien chez elle que tu vivais quand t’es parti de la maison ! Comment ça se fait que tu n’y sois pas retourné après ta sortie de chez Genome ? C’est pas que tu me déranges, au contraire ! Je suis ravi que tu sois à la maison. Tiens d’ailleurs, en parlant de maison, je pense que je vais proposer à Anne de venir passer quelques jours ici. J’espère que ça ne te dérange pas ?

Cette idée germa dans l’esprit de Ross quand il constata que Wyatt et Capucine devraient être ensemble. Il fallait se tenir les coudes dans les moments difficiles. Wyatt et Capucine d’un côté, Anne et Ross de l’autre, Wyatt et Ross au milieu.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Dim 3 Juin - 8:04

Faire comprendre à Capucine qu'elle n'était pas seule et qu'elle était entourée. Je me demandais si on parlait bien de la même personne avec mon père. Ma petite amie avait bien des amis mais des personnes vraiment proches d'elle sur qui se reposer, je n'en étais pas certain. Il y avait bien cette tête de noeud d'Aaron. Peut être que lui pourrait lui faire entendre la raison, la pousser davantage à se battre. Mais s'il était aussi doué pour aider les gens qu'il s'occupait de Genome, il allait me la pousser au suicide. Et je serais dans l'obligation de le tuer derrière. Et puis, je ne savais pas si c'était raisonnable qu'elle le voit sachant qu'elle était à Genetic et lui dans l'autre camp. Obnubilé par sa croisade, O'Hara en oublierait peut être où se trouvaient les vraies valeurs de la vie. Quant à Ross. Il était psychologue, je comprenais son envie de m'aider et d'aider Capucine par la même occasion. Mais je ne voulais le forcer à rien. Alors à sa proposition d'aller la voir, je me contentais de hausser légèrement des épaules, signifiant que je n'étais pas contre mais que ça ne m'enthousiasmait pas non plus.

La discussion se poursuivit. Enfin ce fut surtout mon père qui parlait. Moi, je me contentais de l'écouter, approuvant ou désapprouvant silencieusement ses propos. Il réussit même à me faire esquisser l'ombre d'un sourire quand il déclara qu'on s'était bien trouvé avec Capucine car nous étions aussi têtus l'un que l'autre. Il fallait que je me montre fort, que j'accepte de m'en prendre plein la figure sans me braquer. Je savais que ça allait être toute une histoire d'y réussir. Il ne fallait pas oublier que j'étais le sale gosse qui n'hésitait pas à répliquer, à faire des conneries et qui s'était fait renvoyé de plusieurs lycées. Mais bon, face à Capucine, je pouvais tenter de faire cet effort et y parvenir.

La discussion prit soudaine une tournure un peu plus embarrassante. Pourquoi je ne vivais pas chez Capucine. Hum bonne question. Je pouvais l'éviter et me contenter de saisir l'occasion qu'il me tendait pour saisir la perche et parler de Anne qu'il voulait inviter quelques jours à la maison ? Je fis une petite moue, réfléchissant à ce que j'allais lui dire. Toute la vérité et rien que celle-ci ou seulement des passages qui pourraient le contenter. Au bout de quelques longues secondes, je me décidais enfin.

« Pourquoi pas pour Anne. Ça t'aidera peut être à y voir plus clair si vous vivez ensemble quelques jours. Tant qu'elle ne cherche pas à se prendre pour ma mère...»

Si on ne venait pas me prendre la tête ça irait. J'espérais juste qu'elle ne débarquerait pas comme si elle était en terrain conquis et qu'elle se comporterait en belle mère voulant asseoir son territoire. Si ça se produisait, ça se passerait très mal entre elle et moi. J'avais l'habitude de vivre avec un homme et une femme au milieu de nous. Je bloquais mon esprit pour l'empêcher de partir sinon il allait se faire tout un tas de films. Et vu dans l'état dans lequel j'étais actuellement, il n'y avait pas à douter que tous les scenarii seraient négatifs et se termineraient mal. Il valait mieux que je revienne aux questions initiales de Ross.

« J'ai juste voulu passer un peu de temps avec toi à ma sortie de chez Genome. Voir si on pouvait se retrouver « comme avant. » De toute façon, Capucine ne veut pas qu'on vive ensemble. Ça serait trop risqué pour moi à cause de Genetic qu'elle me dit. Elle me conseille même de trouver refuge auprès de toi et de Genome. Non mais tu me vois moi chez Genome ? Je ne sais même pas ce que je pourrais apporter à un tel groupe. Et puis Aaron je ne le supporte pas, c'est un crétin fini qui vous lance dans des croisades personnelles... Alors je ne sais pas quoi faire de ce côté là. Et puis les membres de Genome voilà quoi... Luna m'a trahi... Emy me semble louche ces derniers temps. Alors un gamin en plus parmi vous, ça t'aidera pas je crois... »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Lun 4 Juin - 23:17

Ces derniers temps, Wyatt avait souvent la tête ailleurs. C’était compréhensible. Cependant, Ross continuait de parler en espérant qu’il écoutait. Il ne donnait pas vraiment de conseils mais des pistes pour que son fils puisse les adapter à sa situation. Il lui expliquait également les réactions possibles d’une personne atteinte d’une grave maladie, ainsi que les effets des traitements. Sur ce dernier point, il n’y avait pas de doute, les effets secondaires étaient sensiblement les mêmes d’un patient à un autre. Ce n’était pas de gaieté de cœur que le psychologue exposait les faits mais il le fallait.

Wyatt devait savoir à quoi s’en tenir. Il s’était sans doute renseigner sur la maladie de sa petite amie mais s’il ne l’avait pas fait, il était désormais au courant. « Un homme averti en vaut deux » disait le proverbe. Ainsi Wyatt pouvait se préparer à vivre ce calvaire et à mieux gérer ses réactions. Il allait devoir faire abstraction de tout ce qu’il lui tenait à cœur pour concentrer son énergie sur son couple. Il allait devoir être fort pour surmonter cette épreuve et faire front à sa tête de mule de petite amie. La première chose qu’il devait faire était de convaincre Capucine de se laisser aider. Ce n’était pas une honte d’avoir besoin de soutien pour réussir dans son entreprise. Cela l’était encore moins lorsqu’il s’agissait de vaincre un cancer. Ce n’était pas un match de tennis où les jeux étaient comptés. Elle était sur un ring où elle devait mettre K.O. son adversaire. Pour cela, elle avait besoin d’un coach pour ne pas faire n’importe quoi après avoir été assénée de coups. Wyatt pouvait tenir ce rôle si elle le laissait faire. Il n’aurait peut-être pas toujours les épaules assez solides mais Ross serait là si nécessaire.

- Si elle n’est pas suivie par un psychologue, j’aimerais vraiment la rencontrer. Tu pourras lui en toucher deux mots s’il te plait ?

Ross réitéra sa proposition. Il souhaitait s’assurer que la jeune fille ne resterait pas sans réponses à ses questions. N’ayant plus de famille, elle aurait sans doute besoin d’un professionnel. Même si elles avaient des amis, il ne fallait pas trop compter dessus. Dans ces cas là, la plupart avait tendance à disparaître. C’était dans ces cas là également qu’on découvrait qui étaient ses vrais amis. Ils étaient malheureusement très peu nombreux. D’ailleurs, il n’était pas rare de constater que ceux sur qui on comptait se volatilisaient pendant que d’autres sortaient du lot alors qu’on ne les attendait pas.

Ross fut surpris que Wyatt reprenne la parole pour parler d’Anne et non de Capucine. Son père l’avait-il perturbé en étant trop direct à propos de ce que le jeune couple risquait d’endurer ? Peut-être ! Quoi qu’il en fût, il ne pouvait en être autrement. Ross n’avait jamais été de ces parents qui enjolivaient la réalité. Il exposait les faits comme ils étaient. Oh bien entendu, certaines choses étaient expliquées en arrondissant les angles, mais jamais il n’avait fait croire à son fils que la vie était un conte de fée. D’ailleurs, il ne l’aurait pas cru. Wyatt avait déjà subi beaucoup de coups durs pour être si naïf. Cela ne devait pas l’empêcher d’espérer car malgré tout, il existait des moments heureux à saisir quand ils se présentaient. Si ce n’était pas le cas, plus aucun humain ne vivrait sur la terre. Pour continuer d'endurer les mauvais moments, l’homme avait besoin de caresser l’espoir d’être heureux.

Heureux Ross pouvait l’être avec Anne si l’essai était concluant. Encore fallait-il qu’il sache où il en était sentimentalement parlant. Comme le suggérait son fils, c’était peut-être l’occasion d’y voir plus clair. Wyatt n’émettait aucune objection pour que son amie vienne passer quelques jours dans la maison familiale. Mine de rien, il lui retirait un poids. L’écossais n’aurait pas aimé contrarier le jeune homme. Il avait déjà assez de problèmes à gérer comme ça.

- T’inquiète, elle sait se faire discrète quand c’est nécessaire. Dit-il pour le rassurer.

Anne ne se prendrait jamais pour sa mère, c’était certain. Par contre, il était possible que Wyatt le vive comme tel. Aucune femme n’était venue vivre avec les deux hommes. Sa présence risquait de créer quelques tensions. Mais bon, les trois comparses devraient s’y habituer si chacun faisait un petit effort pour faciliter la cohabitation. Cette semaine serait un véritable test. Ross se félicitait d’avoir eu cette idée.

En revenant sur ce qui empêchait Capucine et Wyatt de vivre ensemble, le psychologue fut touché par les explications du jeune homme. Il ne fallait pas se leurrer, ce ne serait plus tout à fait comme avant. Mais le fait qu’il veuille renouer avec son père était la meilleure nouvelle du siècle. Son fils ne le rejetait plus. Il était prêt à lui pardonner ses mensonges et ses erreurs. A cet instant, Ross pensait que tout était de nouveau possible entre eux. Que tout pourrait être comme avant finalement. Une bouffée d’amour le submergea. S’il s’était laissé aller, il aurait pleuré de bonheur. Il avait tellement attendu cette décision. Cependant, l’heure n’était pas aux démonstrations de joie. Son fils était en pleine galère, il fallait en tenir compte. Il ne put cependant pas retenir un petit sourire qui en disait long sur ce qu’il ressentait.

- Capucine ne veut pas que vous viviez ensemble. Et toi ? Qu’est-ce que tu veux ? Tu as ton mot à dire aussi ! Prostesta-t-il gentiment.

Si Wyatt commençait à se laisser mener par le bout du nez, il n’était pas sorti de l’auberge. Pour qu’un couple perdure, il fallait trouver un juste équilibre. C’était pour cela qu’il y avait toujours quelques concessions à faire d’un côté comme de l’autre.

- Je ne sais pas pourquoi, enfin si je me doute, mais l’excuse de Genetic est une fausse excuse à mon avis. Depuis le Blue Lake, je crois que Genetic sait beaucoup de choses sur nous. Ca m’étonnerait que leurs hommes n’aient pas fait d’enquêtes pour savoir où logent ceux qui y étaient. Alors, chez Capucine ou ici, question sécurité, à mon avis c’est kif kif. Quant à Genome, d’après ce que tu me dis et tel que je te connais, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je ne voudrais pas qu’il t’arrive d’autres galères à cause ce groupement. Contrairement à toi j’aime beaucoup Aaron, mais je me demande si, quelque part, t’as pas un peu raison…

Depuis que sa sœur jumelle était morte, Aaron avait changé. Il avait soif de vengeance et ses décisions n’étaient pas toujours très appropriées à la situation. Il laissait toujours le choix aux membres de l’organisation mais les connaissant, très peu refusait de le suivre. Chacun pensait défendre leur cause au mieux. Avec Genetic en face, ce n’était pas évident. Ross s’employait souvent à canaliser le trop plein d’énergie du jeune homme mais ce n’était pas toujours évident. L’écossais pensait que son action n’était pas inutile. Lui aussi croyait en cette cause. Cependant, s’il devait quitter Genome pour ne pas perdre son fils, il n’hésiterait pas une seconde. Il ferait peut-être une connerie et ce ne serait pas de gaieté de cœur mais tant pis.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Jeu 7 Juin - 15:08

Je savais de qui je tirais mon entêtement. Mon père était pire que moi lorsqu'il s'y mettait. Et si je détournais la conversation pour parler d'Anne et non de Capucine, il n'hésita pas à en remettre une couche en ce qui concernait ma petite amie pour me proposer de la rencontrer. Non pas en tant que beau-père mais psychologue ? C'était ainsi qu'il me présentait la chose. Rendant les armes, je finis par murmurer un « je le ferai, oui » pour qu'il n'insiste plus à ce sujet. De toute manière, si Capucine n'était pas décidée à lui parler, elle ne le ferait pas. Si elle ne voulait pas le voir, elle ne le verrait pas non plus. Elle était aussi bornée voir davantage que moi. Et il faudrait davantage de patience à Ross avec elle qu'avec moi. Surtout qu'il me connaissait par coeur donc il pouvait toujours trouver une parade pour arriver à me faire baisser la garde. Mais elle.... Il se dirigerait à l'aveuglette, comme il avait l'habitude de le faire avec ses patients.

Ainsi, il parlerait à Capucine. Et de son côté, Anne se ferait discrète s'il s'avérait que sa présence devienne trop envahissante. Voilà, les choses étaient claires. Enfin pas tout à fait dans mon esprit. Car une femme allait envahir notre espace vital. Nous vivions qu'entre hommes depuis treize ans et là il allait falloir laisser entrer une personne du sexe opposé. En mai, nous l'avions bien fait pour Maxime, mais ce n'était pas la même chose à mes yeux. A cette époque, celle que je considérais désormais comme ma soeur était un parasite à mes yeux. Il fallait l'écraser, la saouler un maximum pour qu'elle s'en aille. Et à présent qu'elle n'était plus là, elle me manquait. Quant à Anne, j'allais devoir faire davantage attention. Elle était liée plus intimement à mon père, chose que Maxime n'était pas. Elle portait son enfant. Et si je me la mettais à dos brutalement, je prenais le risque de me voir priver de mon futur frère ou de ma future soeur. C'était compliqué tout ça. Il allait falloir devoir aviser en temps et en heures en ce qui concernait cette femme. Ça viendrait peut être tout seul de l'apprécier ou non. Pour le moment, nous en revenions à Capucine et Ross me faisait la remarque que j'avais aussi mon mot à dire, me demandant ce que je voulais.

« Je crois après réflexion qu'elle n'a pas tort. Je veux être avec elle mais pas qu'elle pense que je vis avec, car elle est malade et pour la surveiller tout le temps. Rester comme ça, c'est pas plus mal. Je ne l'étouffe pas, j'espère juste qu'elle m'appellera si vraiment ça ne va pas et qu'elle me laissera être là quand elle en aura vraiment besoin. Et puis, je ne peux pas me focaliser uniquement sur elle... Cap' me le reprocherait.. Et j'ai mes études qui comptent aussi pour moi. »

C'est que ça faisait bizarre de dire une telle phrase. Mes études comptaient pour moi. Depuis quand, je ne savais pas. J'avais peut être pris conscience que je si faisais encore l'andouille et qu'on me virait de l'université, je n'aurais plus de voie de rechange. Il n'y avait pas une foule d'universités dans lesquelles je pourrais m'inscrire comme les lycées auparavant. A chaque renvoi, mon père avait toujours réussi à retrouver un établissement derrière. Mais là... Je n'allais pas encore compter sur lui sur ce point. Il était peut être grand temps que je m'y mette sérieusement même si ça allait paraître louche et qu'on allait me soupçonner de manigancer quelque chose. Et je ne donnerai pas tort qu'on se méfie, au contraire, ça serait légitime.

Ce fut ensuite la conversation interdite, celle qu'on ne devait plus aborder. Genome et Genetic. Nous étions censés les mettre de côté pour que ça n'influe pas sur nos relations. Pourtant, là il le fallait. D'après Capucine, j'étais en danger si je restais chez Genetic et je devais trouver une protection auprès de mon père et de Genome. Et d'après lui, en gros je comprenais que je ne serais en sécurité nul part. Présenté ainsi, ça faisait légèrement peur. Quoique je fasse, il y aurait toujours des gens derrière moi ? Il fallait que je fuis au fin fond du pays, dans une montagne perdue du Montana pour qu'on me laisse tranquille ? Je refusais de partir. Et puis Ross venait toujours juste de me dire que j'avais peut être raison en ce qui concernait Aaron. Enfin quelque part, ce n'était pas peut être ou à moitié, mais j'avais une part de vérité tout de même.

« Alors pourquoi tu restes à Genome si tu commences à penser la même chose que moi en ce qui concerne Aaron ? »

Sans doute à cause de cette amitié qui le liait à cet hurluberlu. Chose que je pouvais comprendre. Mais Aaron savait-il qu'on était censé protéger ses amis et non les embarquer dans des galères qui dépassaient tout le monde et qui les mettaient en danger. Ça j'en doutais qu'il en soit conscient. Une idée germa dans mon esprit. Je doutais que Ross apprécie mais tant pis.

« Je sais que t'aimes pas le chantage et que je n'aime pas t'en faire... Mais soit tu me laisses entrer à Genome avec toi et on veillera l'un sur l'autre... Soit tu quittes Genome comme je quitte Genetic pour ne plus risquer ta vie. Ce n'est plus qu'à cause de moi, tu vas avoir un gamin à voir grandir. T'as pas le droit de risquer ta vie pour Aaron alors qu'il y aura le bébé à élever. Car s'il t'arrive quelque chose et que tu comptes sur moi pour aider Anne, elle n'est pas dans la mouise.. »
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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Dim 10 Juin - 0:09

A la bonne heure ! Wyatt parlerait de Ross à Capucine. L’écossais n’avait pas l’intention de s’immiscer dans la relation des deux tourtereaux. Il voulait simplement s’assurer que la petite amie de son fils avait tous les atouts en main pour combattre au mieux sa maladie. Si elle n’était pas suivie par un psychologue, il tenterait de la convaincre de l’être. Il n’avait pas l’intention de remplir ce rôle. Par contre, il lui donnerait les coordonnées de ses meilleurs collègues afin qu’elle puisse choisir. Cela dit, si Capucine émettait le souhait de voir Ross devenir son psychologue, il accepterait. Il était toujours délicat d’avoir des patients trop proches de la famille ; c’était fortement déconseillé d’ailleurs, mais Ross ne pourrait pas refuser. Cela lui permettrait de la soutenir et de comprendre plus facilement les réactions de son fils vis-à-vis de sa petite amie et de lui-même. Il était également envisageable de ne pas agir professionnellement mais humainement. La jeune fille n’ayant plus de famille, Ross pourrait être une figure parentale sur laquelle elle se reposerait le temps de s’en sortir. C’était souvent dans ces moments là que le soutien d’une famille n’était pas négligeable. Il ne fallait pas se leurrer, les professionnels de santé étaient formés pour soigner leurs patients mais ils ne remplaçaient jamais la famille. Les proches avaient un rôle à jouer dans l’histoire d’une maladie grave. Cette fonction était loin d’être évidente mais elle était souvent nécessaire pour ne pas voir le malade baisser les bras.

Capucine étant liée à Wyatt, elle était désormais liée à Ross. Ross n’appréciait pas particulièrement cette jeune fille, mais il n’était pas borné au point de ne pas revoir son jugement. Il ferait ce qu’il faut pour construire une relation vivable, ne serait que pour ne pas mettre son fils en porte-à-faux. Et qui sait, peut-être finiraient-ils par s’apprécier réellement ?

Wyatt pensait finalement que ce n’était pas plus mal de ne pas vivre avec Capucine. Peut-être ou peut-être pas ? L’épreuve traversée par le jeune couple était loin d’être facile à encaisser. En vivant ensemble, il était possible que les deux jeunes gens ne se supportent plus. Il n’était pas rare de voir des couples se séparer à cause d’une maladie. Non pas qu’ils ne s’aimaient plus mais parce qu’ils n’arrivaient plus à gérer les problèmes qui en découlaient. De toutes les façons, Ross n’étant pas directement concerné, il n’avait pas son mot à dire. Eux seuls pouvaient savoir ce qui était préférable pour rendre la situation supportable.

- Effectivement, tu as raison. Il ne serait pas bon que tout tourne autour de la maladie. Même si elle est présente, elle ne doit pas vous empêcher de vivre. Au contraire, il faut en profiter au maximum. D’ailleurs, on devrait toujours agir ainsi car personne ne sait de quoi demain est fait. En tout cas, content de voir que tu t’intéresses enfin à tes études.

Un léger sourire, à la fois étonné et amusé, se dessina sur les lèvres de l’écossais. Si le sujet de la discussion n’avait pas été aussi grave, il aurait ri. Il était surprenant d’entendre de telles paroles sortir de la bouche du jeune homme. Wyatt était intelligent mais il n’avait jamais été passionné par l’école. Le système scolaire n’était sans doute pas fait pour lui, tout comme les non-dits qu’il avait inconsciemment supportés. S’il avait su que Ross était son véritable père, Wyatt n’aurait certainement pas été aussi indiscipliné.
Maintenant que le jeune homme était au courant de l’engagement de son père envers Genome, même si le sujet avait été déclaré tabou, il était normal de l’aborder. Après tout, Ross n’avait pas eu le loisir d’expliquer les raisons qui l’avaient poussé à agir au sein de cette organisation. Cette dernière était loin de rivaliser avec Genetic mais ses valeurs correspondaient à celles de Ross. Il ne se serait jamais investi dans une cause à laquelle il ne croyait pas.

- Par rapport au début, certaines choses ont changé mais Aaron est toujours mon ami. Ses valeurs sont les mêmes sauf qu’il a tendance à se laisser emporter. Remarque, c’était déjà comme ça au début. Si je n’avais pas été là pour canaliser son énergie et celle de sa sœur, il aurait sans doute commis plus d’erreurs.

Cela pouvait être pris pour de la vantardise mais ce n’était pas le cas. C’était simplement l’âge et l’expérience de Ross qui avaient apporté un peu de pondération. Son métier lui avait permis également de soutenir les jeunes O’Hara après ce qu’ils avaient traversé afin qu’ils relativisent. Sur ce dernier point, il y avait encore du boulot. L’enlèvement de Shannon O’Hara avait balayé pas mal de bonnes résolutions. Ross ainsi que d’autres membres de Genome allaient devoir se mobiliser pour remettre un peu d’ordre s’ils ne voulaient pas que tout parte en vrille. Aussi, quand Wyatt parla de chantage, Ross ne se braqua pas. Il le prit plutôt comme un défi.

- Genome fonctionne comme une association. Ce sont les personnes qui font ce qu’elle est, avec leurs qualités et leurs défauts. Malgré tout, j’y crois encore. Je suis peut-être un idéaliste mais je sais aussi que c’est en unissant nos forces qu’on a le plus de chances de combattre ceux qui font n’importe quoi. En tout cas, Genome a permis et permettra encore de protéger des mutants qui ne savent pas où aller ou quoi faire. On sera toujours plus fort à plusieurs qu’à rester dans son coin.

Ross fut attendri par le fait que son fils voulait veiller sur lui. A cet instant précis, il eut le sentiment de l’avoir retrouvé. Enfin, ses espoirs se concrétisaient ! Rien au monde ne pouvait lui faire plus plaisir.

- Tu sais que j't’aime toi ! Dit-il en pinçant affectueusement la joue du jeune homme.
- Alors soit, si tu veux rejoindre Genome, il n’y a pas de problème. Peut-être qu’ainsi tu verras qu’Aaron n’est pas aussi mauvais que tu le penses. Saches aussi qu’il n’a jamais obligé une personne à faire une chose qu’elle ne voulait pas. Donc ne t’inquiète pas, je n’ai pas l’intention de compter sur toi pour t’occuper d’Anne. D’ailleurs, elle aussi fait partie de Genome.

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MessageSujet: Re: La vérité n'est jamais simple [Terminé]   Mar 12 Juin - 17:13

Je suppose que c'est une chose que je devais accepter, cette amitié qui liait mon père à cette tête de nœud d'Aaron O'Hara. Je n'avais pas toutes les cartes en main pour comprendre ce qui l'intéressait chez ce gars. Il avait peut-être un bon fond, pourtant le courant ne passait pas trop de mon côté. J'avais toujours fait des efforts dans le passé en présence de Capucine, après tout, il était son cousin – du moins un faux – qui l'avais recueillie chez lui quand elle n'avait plus personne. J'étais reconnaissant à Aaron pour ce geste mais jamais je ne l'exprimerai à voix haute. Que je supporte sa présence gravitant autour de ma petite amie et de mon père alors que je ne l'aimais pas trop, c'était déjà pas mal. Heureusement, mon père me faisait le plaisir de ne jamais le ramener à la maison, même pour boire un verre. Il n'aurait manqué plus que ça. Les deux discutant autour de la table du salon, un verre à la main et complotant contre Genetic. Image d'horreur. Non, Aaron n'envahirait jamais mon espace vital, je le sortirai moi-même s'il le fallait.

Il allait pourtant que j'apprenne à faire avec lui. Ross n'était pas prêt de renoncer à cette amitié. Et surtout, il semblait croire en Genome. Je me demandais si cette « association » comme il en parlait aurait pu aider maman une dizaine d'années auparavant. Si ce groupe avait existé, aurait-il pu empêcher la mort de ma mère ? C'était une question qui pouvait être posée mais qui ne méritait pas que l'on s'attarde dessus. On ne pouvait pas changer le passé et faire des suppositions, ça n'aurait pas d'autre but que de faire germer des pensées négatives dans mon cerveau qui en comptait déjà beaucoup trop ces derniers temps. Mon père ne m'avait pas encore donné sa réponse par rapport au léger chantage que je lui faisais. Mais rien qu'en l'observant, je pouvais la deviner même si je ne vis pas venir quand il me chopa la joue dans un geste affectueux.

« Eh... ! J'ai plus six ans p'pa ! »

Durant mon enfance, ce geste passait encore. Mais là, j'avais quand même dix huit ans. J'étais pas majeur mais tout de même ! Je me frottais la joue comme s'il avait déposé ses lèvres dessus. Grotesque. Presque comique. Risible. Et enfin sa réponse vint. Soit, j'allais donc rejoindre Genome. Il y avait son amie Anne en plus ? Géniale, ça allait faire une grande réunion de famille. Mais était-ce prudent qu'elle reste dans cette organisation en étant enceinte ? La question me vint subitement mais je décidais de ne pas la poser, attendant de voir cette fameuse Anne pour le faire. Elle faisait bien ce qu'elle voulait mais bon, il était question de mon frère ou de ma sœur. Si elle voulait risquer sa vie pourquoi pas, mais pas en étant enceinte. J'étais encore bien capable de la prendre sur mon épaule pour l'éloigner du front de combat s'il y en avait un. Sur ce plan là, j'étais aussi protecteur que mon père, elle devrait s'y faire. Nos caractères étaient différents et pourtant on se ressemblait sur de nombreux points. Je n'avais jamais fait le rapprochement jusque présent, trop en colère par tous ces mensonges mais c'était pourtant évident. J'étais bien un McGregor.

Et un McGregor en pleine forme, enfin réveillé et qui avait besoin de se dépenser car il était encore tôt dans la journée. « Tu viens avec moi ? Jogging ? » J'avais besoin de prendre l'air. Également de faire de nouveau une activité commune avec mon père. Juste pour nous retrouver. On avait l'habitude de jouer au tennis ensemble mais avec mon épaule, je craignais de me prendre une raclée monumentale car elle ne tiendrait pas la route. Tandis qu'un jogging... S'il était assez en forme physiquement pour concevoir un enfant, ce n'était tout de même pas ça qui allait l'épuiser, si ? Un sourire apparut au coin de mes lèvres en attendant la réponse de Ross. Nous nous retrouvions enfin, après cinq mois difficiles, aussi bien pour l'un que pour l'autre. Tout n'était pas fini loin de là, mais à deux McGregor, on ferait front.

FIN
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La vérité n'est jamais simple [Terminé]

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