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 Shoot to thrill - Partie 1 [Terminé]

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Remington Pillsbury

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MessageSujet: Re: Shoot to thrill - Partie 1 [Terminé]   Dim 15 Avr - 10:53

Il ne fallait peut être pas se laisser emporter. Nous étions dans un lieu public comme elle me le fit remarquer. Pour moi, cela ressemblait davantage à un lieu privé que l'on ouvrait au public en le mettant payant, mais je n'avais pas le désir de faire cette remarque qui aurait été inutile et surtout superflue. Je n'aurais fait que broder une conversation qui n'avait pas besoin de l'être puisque mon but était d'éveiller le désir en elle et de lui laisser le choix, de continuer à faire des bêtises dans ce coin sombre, ou d'arrêter, de rester bien sage et d'attendre patiemment de rentrer à la maison pour laisser libre cours à nos envies. Sans doute avait-elle raison, j'étais un vrai pervers, pire qu'elle. Était-ce ma faute si elle me faisait autant d'effet, que mon corps ne pouvait résister à l'appel du sien ? Était-ce ma faute si je l'avais dans la peau ? Certainement, mais je n'allais pas me blâmer d'être animé par ce que je ressentais. Je ne pouvais pas me blâmer non plus d'être heureux et de réclamer sa présence. Et c'était toute entière quand je parlais de sa présence, pas seulement de son corps. Elle parlait beaucoup, elle était animée par un grain de folie, elle me contrariait souvent, j'avais parfois l'impression que tout nous opposait. Mais toute sa personnalité m'attirait autant que son corps. C'était inconnu, grisant, mais également inquiétant.

Je ne la dominais pas autant qu'on pouvait le croire, bien au contraire. La preuve en était qu'elle oublia mon épaule douloureuse et m'attira violemment contre elle. Je lâchais une plainte sourde face à son manque de douceur. J'oubliais très vite de grogner quand ses lèvres se posèrent sur les miennes. Excellent remède contre la douleur qu'elle m'administrait là, mais poison extrême pour mon corps et mon esprit. Elle savait y faire, elle savait comment faire monter progressivement le désir en moi. Si je ne l'arrêtais pas, je ne serai bientôt plus qu'une marionnette qui se laissait guider par ses lèvres et par ses mains posées sur moi. La question était de savoir si je désirais réellement l'arrêter ou si je lui offrais les commandes. J'optais pour la seconde option. Je n'avais guère le choix de toute façon, mon cœur ne battait plus de son rythme si lent et régulier qui le caractérisait habituellement. Il avait accéléré, se laissant griser par ses baisers, par ses mains qui m'attiraient contre elle alors qu'elle s'allongeait sur la caisse. Ma main droite prit appui dessus pour me maintenir en équilibre alors qu'elle ne me lâchait pas.

Bientôt le point de non retour serait atteint. Nos corps n'allaient faire plus qu'un, oubliant le lieu dans lequel on se trouvait, oubliant qu'on pouvait être surpris à tout moment, ce qui nous plongerait dans une situation embarrassante et nous attirerait peut être des ennuis. J'embrassais son visage, descendant le long de son cou quand ses mains se posèrent sous mon tee-shirt. Un frisson me parcourut. Mes lèvres s'arrêtèrent contre sa peau, laissant échapper cette fois une plainte sourde de plaisir et non de douleur. J'avais envie d'elle, je ne pouvais le nier. Et c'était la même chose pour elle. Je l'aidais alors à m'ôter ma veste, puis cette écharpe qui me gênait dans mes mouvements, et enfin mon tee shirt. Il ne faisait pas froid dans la pièce, même si ça avait été le cas, mon corps était trop embrasé pour le remarquer. Mes mains se posèrent sur ses hanches. Je la redressais pour l'attirer contre moi. Elle m'embrassa avant de s'éloigner, me laissant frustré.

Puis Sonny se rallongea, ne m'attirant pas avec elle. Pause ? Le temps d'observer l'autre, de lire la lueur de désir qui brûlait au fond de ses prunelles ? C'était ce qui brillait dans son regard mais il y avait également autre chose que je n'expliquais pas. Et je n'aimais pas ça. Je sentis sa jambe qui se desserrait alors qu'elle l'avait passé autour de mes hanches. Son pied vint alors se plaquer contre mon torse, me gardant à distance. Ma main droite vint se glisser sous son pantalon, sur sa cheville. Baff. Certes, ce n'était pas une claque que je venais de me prendre en réalité mais la portée de ses paroles avait le même effet. Je l'avais trop frustrée...

Ma tête se pencha légèrement sur la droite, je semblais réfléchir à la question. Et puis mon état ? Mon épaule allait très bien. Et cette dernière phrase. Elle me rappelait vaguement quelque chose. Non en réalité, je me souvenais d'où elle me revenait. Seconde fois qu'elle m'attaquait sur le sujet, en déclarant que je ne serais pas à la hauteur. Je n'émis aucune résistance quand sa jambe se déplia pour me faire reculer. Ma main resta juste posée sur sa cheville. Je l'observais avec son air de défi dans le regard. Est-ce que j'allais répondre à cette provocation ouverte. Ce n'était pas certain, elle me frustrait à me repousser ainsi. Mais bon...

« C'est la seconde fois que tu t'attaques à ma virilité... »

Malgré la pénombre, mes prunelles restaient fixées sur les siennes. La première fois qu'elle m'avait sorti cette phrase, je n'avais pas répliqué en paroles. Je m'étais contenté de lui démontrer le contraire un peu plus tard, soulignant son erreur. Même en manque de sommeil, j'avais été à la hauteur. Depuis notre rencontre, mon taux de sommeil remontait légèrement. Et ce n'était pas cette stupide blessure à l'épaule qui pourrait me mettre à mal. Elle savait que je pouvais endurer bien pire avant que j'accepte de plier et que j'avoue mes faiblesses. Je lâchais alors sa cheville, et m'éloignais encore un peu plus, laissant ainsi retomber sa jambe.

« Si je me souviens bien, ce même jour j'avais cédé en reconnaissant que tu me faisait vivre une véritable torture... C'est également ça que tu attends de moi maintenant ? Que je cède ? »

Je me penchais pour récupérer mon tee-shirt qui trainait au sol. Je ne le remis pas aussitôt. Mon regard se retourna vers elle. Encore une fois, je l'observais durant quelques secondes en silence. C'était un défi qu'on se lançait même si on ne l'avait pas formulé ouvertement. Et têtes de mule que nous étions, chacun était capable de rester camper sur ses positions, quitte à nous gâcher le restant de la soirée. Mais non, c'était hors de question ça, je m'étais promis de ne pas assombrir la soirée davantage que je ne l'avais déjà fait. Je mis alors mon tee-shirt sur mon épaule. Puis mes mains se posèrent sur ses jambes, et d'autorité, je les écartais pour me glisser entre elle. Une fois que ce fut fait, je pris appui sur la caisse, mes doigts l'agrippant de chaque côté de sa tête. Puis je me penchais vers elle jusqu'à ce que nos têtes se retrouvent à quelques centimètres l'une de l'autre. Mon regard plongea dans le sien.

« Ok je cède en premier et je vais te dire ce que je pense... Là tu viens de me frustrer comme pas possible. Mais c'est de bonne guerre vu que j'ai joué au pervers avec toi. J'ai même été plus pervers que tu ne l'es je l'admets. Tu retournes les armes contre moi et tu as tout à fait raison. Je saurais bien me tenir si tu ne me laisses pas le choix. Mais ça ne changera rien au fait que j'ai terriblement envie de toi maintenant. Et ça ne changera pas non plus le fond de ma pensée, je ne vais pas me blâmer de te désirer autant que je tiens à toi Sonny Malone... »

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MessageSujet: Re: Shoot to thrill - Partie 1 [Terminé]   Dim 15 Avr - 13:41

Sentir ses mains sur son corps, sentir qu’il s’agitait, que son souffle perdait sa douce régularité, cela l’amusait au plus haut point. Elle aussi pouvait le rendre fou, elle le savait. Il l’avait cherché et elle était encore capable de répliquer. Et tout était de sa faute après tout. C’était lui qui lui avait appris ce coup de traître et de sadique. Il n’aurait qu’à s’en prendre à lui même. Il était un bon professeur et elle apprenait vite. Et pour être totalement honnête, elle ne savait pas elle-même si elle pourrait résister longtemps à la tentation, même dans ce lieu tout ce qu’il y avait de plus anti-romantique, même si une partie d’elle était mal à l’aise à l’idée qu’on puisse les entendre et surtout les surprendre.

Elle sentit son corps viril qui la désirait autant que le sien et elle entendit son râle de plaisir. Après tout, ne l’avait-il pas déjà fait gémir deux fois rien que dans cette soirée ? Ce n’était qu’une revanche bien méritée. La main de Remington glissa sur sa cheville, sous son pantalon, alors qu’elle le maintenait à distance, luttant diablement entre sa raison froide et son corps embrasé. Mais elle ne plierait pas, elle pliait trop souvent à son goût, et elle était rancunière des baisers enflammés de son cours de tir.

Mais elle crut bien que son petit coup d’éclat allait lui coûter cher. Remington lâcha brusquement sa jambe et se détourna d’elle pour récupérer son tee-shirt. Il l’avait regardée dans les yeux, comme s’il cherchait si elle était sérieuse. L’avait-elle vexé en s’en prenant, comme il le disait, à sa virilité ?Alors qu’elle savait pertinemment ce dont il était capable. Hum, apparemment, il était mauvais joueur, quand c’était lui qui la faisait décoller avant de la frustrer, cela l’amusait, mais quand les rôles étaient inversés, il n’était pas d’accord ?

Il l’avait regardée dans les yeux… il avait lâché sa jambe après s’être reculé. Dans son ton émergeait une pointe d’accusation. Peut-être même de colère. Dans sa façon de parler, on avait l’impression d’une mise à mort et non d’une partie de jambes en l’air. Qu’il cède ? Etait-ce si terrible que ça d’admettre qu’il avait envie d’elle ? Et puis, si Sonny se souvenait bien de leur rencontre et de toutes les nuits qu’ils avaient passées ensemble après cela, il ne s’en était jamais plaint. Elle aussi avait déjà cédé sous ses caresses et elle ne râlait pas pour autant. Et elle ne le forçait pas, bon sang. Alors pourquoi ce verbe, « céder » ? Elle ne le violait pas, qu’elle sache, et il n’avait pas été malheureux, de « céder »…

Si elle parlait, elle allait envenimer les choses, elle le savait, alors elle se contenta de le regarder, de l’observer. Allait-il remettre son tee-shirt puis sa veste et les faire sortir de là ? Allaient-ils tous deux réussir à passer outre leur frustration de ce soir ou allaient-ils passer le reste de la soirée à se regarder en chien de faïence, se maudissant l’un l’autre de leur fichu caractère et d’avoir tout gâché ? Elle tremblait presque maintenant… elle avait envie de lui, de lui corps et esprit. Elle voulait ses mains, ses lèvres, sa peau, son souffle, ses râles. Elle ne voulait pas d’un coup de vent…

Les yeux bleus de Remington se posèrent sur elle et elle était incapable de deviner ce qui se tramait derrière. Rancune ? Désir ? Vengeance ? Et ses yeux à elle ? Que disaient-ils ? Certainement « ne pars pas ». Certainement « aime-moi ». Certainement « reviens ». Tout son corps le désirait, tout son esprit l’appelait, tout son cœur le réclamait. Mais elle ne pouvait pas prononcer le moindre mot. Tout ce qu’elle avait pu faire avait été de s’appuyer sur ses coudes pour se redresser un peu.

Puis le tee-shirt, au lieu de recouvrir son torse, atterrit sur son épaule et ses mains se posèrent sur ses jambes, qu’elle avait laissées sans force pendre dans le vide. Sans quitter son regard du sien, Remington lui écarta les jambes, sans management. Le sang de Sonny ne fit qu’un tour dans ses veines quand elle sentit sa force et sa détermination. Il se glissa entre ses jambes et se pencha vers elle, s’agrippant à la caisse. Ce retournement de situation et cette autorité soudaine soufflèrent la jeune fille qui trembla d’excitation, et chercha avec peine à retrouver sa respiration.

Elle en était donc là, complètement allongée sur une vieille caisse, à l’arrière d’un décor de maison hantée, le souffle court, les mains sur les hanches nues d’un homme qui la rendait folle. Pourtant, il ne la touchait pas. Pourtant il semblait maintenant très calme. Maintenant, c’était son tour d’avoir le cœur qui battait n’importe comment, d’avoir des apnées parce que son désir l’étreignait. Et lui s’était penché sur elle si près que leurs visages n’étaient plus séparés que de quelques centimètres. Et son cœur s’accéléra et elle en oublia de respirer, et elle resserra ses doigts sur ses hanches, pour se raccrocher, pour ne pas perdre la tête. Ses yeux bleus, si bleus, si profonds étaient rivés dans les siens. Il l’hypnotisait. Est-ce qu’elle pouvait se noyer dans ses yeux ? Parce que c’était bien parti pour. Elle ne pouvait plus rien faire, elle ne pouvait pas détacher son regard du sien. Elle ne pensait plus, il n’y avait que ses yeux bleus qui envahissaient toute son âme et l’envoûtaient.

Leurs lèvres pouvaient presque se toucher. Si seulement elle osait se redresser un tout petit peu, elle pourrait les goûter, elle pourrait mettre place à son supplice. Leurs souffles se mêlaient presque lorsqu’il se décida à parler. Qu’est-ce qu’il disait ? Il fallait que son cerveau daigne se remettre en marche pour qu’elle entende ce qu’il avait à lui dire, mais son esprit et son corps étaient si obnubilés par ses yeux dans lesquels elle sombrait et par ses lèvres si proches des siennes qu’elle n’arrivait pas à émerger. Elle avait des neurones bon sang, elle n’était pas qu’un tas d’hormones en chaleur. Il avouait une défaite… enfin, ce que lui considérait comme une défaite, parce qu’elle ne voyait pas du tout les choses sous cet angle. Perdre ensemble ou gagner ensemble. Soit ils seraient frustrés tous les deux, soit ils atteindraient l’un comme l’autre des sommets de plaisir. Parce que la rancune ne tiendrait pas longtemps face aux assauts de leur jouissance mutuelle.

Mais de tout ce qu’il lui dit, l’aveu de perversité, la reconnaissance du fait qu’il avait joué avec elle et qu’elle avait eu raison de répliquer, tout ce qu’elle retint fut sa dernière phrase. Il avait envie d’elle autant qu’il tenait à elle. Et compte tenu du regard qu’il lui lançait et de ce qu’elle sentait contre elle, il devait vraiment tenir à elle. Il devait l’aimer autant qu’elle l’aimait. Des sentiments incontrôlables, beaucoup trop forts pour être contenus, trop intenses pour que la raison les supplante…

Ou alors il n’avait rien dit de tout cela et c’était encore elle qui partait toute seule dans un délire. Mais cet homme et ses yeux la faisaient délirer. Elle irait n’importe où avec lui. Elle irait jusqu’au bout avec lui, où que soit cet horizon et qu’importe ce qu’il signifiait.

« Fallait pas me faire ce coup-là dans le box. Un partout. »

Et ses mains quittèrent ses hanches et s’emparèrent de son visage avec violence et elle plaqua ses lèvres contre les siennes. Cette fois c’était fini, elle ne le laisserait plus lui filer entre les doigts. Elle l’embrassait avec passion et elle put presque voir son esprit et à sa raison se faire la malle et mourir là, dans ce coin glauque. Elle couvrait ses lèvres et son cou de baisers plus furieux les uns que les autres et ses mains se mirent à glisser, contre son torse, dans son dos. Elle empoigna ses fesses, elle savourait la moindre de ses caresses et se laissait électriser par ses lèvres. Chaque baiser lui faisait l’effet d’un électrochoc et provoquait des décharges dans son corps. Entre deux baisers à vous couper le souffle, elle ne put résister et ses doigts filèrent s’activer sur la boucle de ceinture de Remington. Elle n’en pouvait plus de cette barrière vestimentaire entre eux, il fallait que cela disparaisse. Enfin elle put s’attaquer au bouton de son jean. Ses vêtements la brûlaient alors sans avoir la force de se redresser, elle commença à ôter son propre maillot. Elle voulait ses mains sur ses hanches nues, ses doigts dégrafant son soutien gorge.

Plus rien n’avait d’importance. Ni le lieu où ils étaient, ni ce que pourraient penser les gens si cette petite escapade venait à être connue, ni le mal qu’ils avaient pu se faire. Cet homme lui avait tiré dessus en plein cœur et elle ne pourrait jamais rien contre lui. A bas les bonnes manières, à bas les bienséances. Ils étaient là, ensemble, heureux et vivants. Une rafale de balles dans son cœur, voilà ce qu’avait donné le cours de tir. Elle était grande, elle savait se défendre, mais pas contre lui et lui non plus. Douce lutte éternelle. Ils pouvaient – et cela Sonny s’en rendait compte à présent – se faire le mal le plus absolu l’un l’autre. Il pouvait la briser, mais elle aussi pouvait le frapper et le faire souffrir. Mais ils pouvaient aussi, s’ils le voulaient tous les deux, se rendre heureux, parce qu’aussi dingue et aussi illogique que ce soit, l’attirance entre eux était trop forte et incontrôlable. Une passion physique, mentale. Totale. D'un coup de feu à un tremblement de l'être.

« Je ne serai jamais perverse qu’avec toi, ça n'a de sens qu'avec toi. Je t’aime alors achève moi. »

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Remington Pillsbury

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MessageSujet: Re: Shoot to thrill - Partie 1 [Terminé]   Mar 17 Avr - 16:09

Rester concentré, garder la tête froide pour continuer à dire ce que je pensais et ne pas me focaliser sur ces mains posées sur mes hanches, qui m'agrippaient et qui, si elles se mettaient en mouvement pour parcourir ma peau, allaient me faire vaciller et oublier le fil de ce que je disais. J'avais repris le contrôle de ma respiration, de mon corps pourtant tout ceci n'était qu'un ramassis de façades que j'arrivais encore à ériger. De l'extérieur, je me contrôlais alors qu'à l'intérieur, ce n'était qu'un brasier qui prenait de plus en plus d'ampleur. Il consumait l'air qui m'entourait et à un moment où à un autre, il allait finir par me consumer moi-même. Je n'avais qu'un geste à faire, plier légèrement les bras pour descendre encore de quelques centimètres pour couvrir la maigre distance qui me séparait de ses lèvres. Mes yeux ne quittaient pas les siens. Je savais qu'une nouvelle fois, je devais encore mal exprimer ce que je ressentais. Je ne choisissais pas forcément les bons mots. Un jour je les trouverai. Peut-être. En attendant, je tentais de faire comprendre à Sonny à quel point elle comptait pour moi. Mon corps la réclamait, mon esprit également. Mon cœur, si maître de lui-même dans ses battements réguliers menaçait de rompre son rythme si serein très souvent quand elle était auprès de moi. Et encore davantage cette fois là.

Ce n'était pas le lieu qui se prêtait à ces sensations qui me parcouraient. Il n'était pas romantique, un peu glauque. On pouvait nous surprendre à tout moment en nous virant en toute légitimité. C'était peut être ça en fait. Cet endroit me ressemblait un peu. Renfermé, sombre. Il était tout comme moi l'antithèse d'un vrai lieu romantique et de l'homme que je ne serai jamais, rentrant bien sagement du boulot après une journée de travail, offrant un bouquet de fleurs de temps en temps par pur romantisme à l'élue de son cœur. C'était sans doute à cause de tout ça qu'à cet instant, je me sentais à l'aise, que j'avais l'impression d'être dans mon élément. Un lieu sombre pour une personne sombre. Et elle qui continuait à me faire chavirer.

Elle avait entièrement raison. Je n'aurais pas attisé son désir dans le box pour finalement la laisser sur sa faim, elle ne serait pas en train de se venger. Nos corps ne seraient pas en train de vivre une véritable torture. Nous étions à égalité, la balle était revenue au centre. Il fallait que j'apprenne à me contrôler car elle répliquait de plus en plus. Ce n'était pas pour me déplaire, au contraire. Chaque coup qu'elle me rendait m'attirait un peu plus dans sa direction. C'était comme si elle me plantait une flèche en plein cœur et qu'au bout de la pointe il y avait un aimant qui me faisait avancer dans sa direction en même temps qu'elle retirait la pointe pour récupérer la flèche. Je suivais tel un mouton suivant le chef du troupeau, prêt à tomber dans un précipice avec lui sans même m'en rendre compte. J'étais foutu.

Et un frisson me parcourut quand ses mains quittèrent mes hanches pour m'agripper le visage et m'attirer vers elle. Notre baiser m'électrisa, me fit tomber dans le gouffre au bord duquel je me trouvais depuis un moment déjà. Je n'étais plus en état de penser, je ne le voulais plus de toute façon. Comme à chaque fois, ma raison s'envolait, mon esprit si vif partait faire un tour vers d'autres cieux, s'effaçant face à ce besoin que j'avais d'elle. De son corps, de ses baisers, de sentir nos cœurs qui s'accordaient dans un rythme si particulier que eux seuls connaissaient. Mes lèvres se posaient sur chaque parcelle de peau qu'elles rencontraient, les couvrant de baisers. Ma main gauche quitta le rebord de la caisse pour glisser sur son corps. Il y avait encore la barrière des vêtements, ce n'était qu'une question de temps avant qu'elle ne saute. Mes doigts empoignèrent un de ses seins. Ils titillèrent le téton à travers le mince tissu qui servait encore de barrière.

Nos yeux se croisèrent alors qu'elle commençait à ôter son maillot. Ne la quittant pas du regard, mes mains recouvrirent les siennes, l'arrêtant dans son geste. Je ne la repoussais pas, ce n'était pas du tout mon intention. De toute façon, je n'aurais pu le faire, mon cerveau n'était plus en état de penser, c'était mon corps et mon cœur qui avaient pris le relais. Je ne sais pas ce qui se passait, c'était comme si j'avais besoin de graver cet instant dans ma mémoire. Ce n'était pas à cause du lieu si particulier non, c'était autre chose et j'étais bien incapable de l'expliquer. Il fallait déjà que je le comprenne ce qui était loin d'être le cas pour l'instant. Mes doigts agrippèrent les siens. J'aurais pu sourire quand elle me déclara qu'elle ne serait perverse qu'avec moi. Ce n'était pas un sentiment de triomphe qui me parcourait. Ce n'était pas non plus une satisfaction personnelle de comprendre que je décuplais sa perversion. Il n'y avait aucun esprit de compétition. Pas de victoire. Ni de défaite. Ce n'était pas un jeu, et ça pour une fois, je le comprenais. La pression de mes doigts se resserrèrent sur les siens.

« Non... » Il était hors de question que je l'achève. « On gagne ensemble ou on perd ensemble. Alors on s'achève mutuellement ou pas... »

Je commençais à retenir la leçon. Il me fallait du temps, mais elle s'immisçait très lentement jusqu'à mon cerveau. Mes mains lâchèrent ensuite les siennes et je pris les bords de son maillot pour le lui ôter. Mes lèvres accompagnaient mon geste de baisers, glissant sur les parcelles de corps que je dévoilais. Je ne sus pas où atterrit son tee-shirt. Je ne sus pas non plus comment le mien glissa de mon épaule pour se retrouver au sol. Très vite, son soutien gorge prit la même direction, tombant sur le sol froid de la pièce. Puis ce fut le restant de nos vêtements. Chaque parcelle de corps dévoilée était recouverte de baisers. Nos doigts s'entremêlèrent, se serrant désespérément en accompagnant cette passion qui nous emportait. Nos corps ne firent bientôt plus qu'un. Nos souffles et nos murmures s'accordaient. Plus rien ne comptait hormis le ballet de nos corps qui suivait une mélodie. Et celle-ci montait crescendo, prenant de plus en plus d'ampleur, de force, de déchaînement. Jusqu'à ce qu'elle finisse par exploser et à cet instant il fut impossible de savoir quel réflexe nous parcourut, nous poussant à écraser nos bouches l'une contre pour nous empêcher de crier.

Je reposais à moitié sur mon avant bras droit et à moitié sur elle. Mon souffle effleurait doucement son cou, ma respiration tentait de se calmer pour reprendre un rythme plus lent. Durant quelques secondes, je ne bougeais plus, savourant simplement cet instant. Puis je bougeais mon bras gauche, grimaçant au passage. Mon épaule se rappelait à mon bon souvenir. Elle allait devoir encore attendre, tout comme les cachets. Ma main gauche effleura la hanche nue de Sonny. Je m'appuyais sur mon bras valide pour me redresser un peu, après avoir au préalablement déposé un baiser dans son cou. Mes yeux cherchèrent les siens. J'avais chaud, je me sentais poisseux. Une douche ou un bain ne serait pas de refus une fois que nous serions rentrés. Car il allait être temps de revenir sur terre, de se rhabiller et de quitter cet endroit si particulier et dans lequel on entendait au loin de la musique, des bruits, et des cris de peur. Mais avant encore quelques secondes, le temps que mon cœur reprenne son cours normal. Le temps que mes prunelles puissent se détacher des siennes. Le temps que je lui dise ce que je ressentais.

« Je t'aime. »

Cela s'exprimait par ces trois petits mots. Pourtant il y avait tellement davantage derrière cette phrase. Elle était la première à qui je la disais. L'unique. Il m'avait fallu vingt neuf ans pour arriver à la faire franchir le seuil de mes lèvres. Et je savais au fond de moi que je ne pourrais jamais la dire à une autre, que je n'aimerais aucune autre femme. Elle seule y avait droit, elle seule m'avait tiré en plein cœur. Elle seule pouvait m'abattre sans que je n'y oppose aucune résistance, sans que mon instinct de survie prenne le dessus. J'étais vraiment foutu.

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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Shoot to thrill - Partie 1 [Terminé]   Mar 17 Avr - 20:02

Plus rien ne comptait à cet instant. Que sa seule présence. Aussi dégoûtant que soit ce lieu, aussi froid et aussi sombre qu’il paraisse, il était lumineux parce qu’ils étaient à deux. Elle pouvait tout supporter parce qu’il était là. Avec elle. Le reste n’avait pas la moindre espèce d’importance. Elle le suivrait jusqu’au bout, et dans ce bout, il y aurait toujours une éclaircie. Remington aussi pouvait être glacial, sombre, mais il lui offrait une embellie, attendue depuis si longtemps…

Mais là, c’était tout son corps qui aimait cet homme, qui se nourrissait de chacune de ces caresses. Son esprit lui, se renforçait sous ses épreuves. Chacun son tour. Quand elle avait senti sa main sur son sein, elle n’y avait plus tenu et avait cherché à se débarrasser de son tee-shirt… sauf qu’il la stoppa. Nouveau jeu ? Non, non. Les jeux étaient finis. On aurait pu croire deux gamins, deux adolescents en proie à leurs hormones, deux insouciants qui ne pensaient qu’à s’amuser, mais les apparences étaient bien trompeuses. Elle sentit ses doigts se mêler aux siens. Et elle ouvrit la bouche. Pour lui dire une chose qui pouvait ressembler à une bêtise, mais qui n’en était en rien. Elle lui dit qu’elle l’aimait, qu’il faisait d’elle la femme qu’elle était, et à demi-mots qu’elle ne voudrait personne d’autre. Une pression s’exerça alors sur ses mains. Et cette phrase. Cette phrase de leur rencontre. Sauf que c’était la première fois qu’il la prononçait… et qu’il semblait la comprendre. Gagner ensemble ou perdre ensemble. Quel qu’en soit le prix. Et elle l’aimait. Elle était fin prête à en payer le prix.

Puis enfin la barrière de vêtement tomba sous les assauts répétés des baisers et des caresses. Electrochocs. Embrasements. Tendresses. Puis leurs corps se mêlèrent, s’épousèrent et se répondirent dans un langage connu d’eux seuls. Parfait accord. Harmonie naturelle. Des cœurs qui battaient trop vite mais ensemble. Des souffles qui caressaient les joues et les cous. Des mains qui ne se lâchaient pas. Des râles et des soupirs qui essayaient de se contenir. Des lèvres qui se mordaient pour éviter de crier et de mettre fin à ce moment parfait. Lentement, puis de plus en plus vite. Leur passion suivait son propre rythme. Incontrôlable. Entraînante. Dévorante. Jusqu’à son apothéose. Celle qui vous fait mourir de plaisir. Leurs bouches se plaquèrent à ce moment là, recueillant leur cri respectif qui n’avait à être entendu que par eux.

Sonny se retrouva sans force, gisant sur la caisse, avec Remington reposant en partie sur elle. Elle aimait ce contact, cette étreinte qui se poursuivait juste pour dire à l’autre « je suis là ». Elle était en sueur, essoufflée comme jamais. Elle ne pouvait plus bouger. Même son bras, enroulé autour des épaules de Remington, ne bougeait pas. Seule sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration saccadée. Il ne remuait pas non plus. Ce n’était pas pour rien que l’on appelait cette expérience « la petite mort ».

Puis elle le sentit qui revenait à la vie. Ce fut lui qui eut la force de remuer le premier. Mais il fit une grimace.

« Ton épaule… »

Oui, heureusement que le médecin lui avait préconisé du repos. Mais Sonny, aussi égoïste que ce soit, n’arrivait pas du coup à ne serait-ce que faire semblant de regretter leurs efforts de ce soir. Elle se ferait pardonner plus tard, en le massant et en le soignant avec une application à faire pâlir les infirmières les plus chevronnées. Par chance, il était fort et solide, et cela ne l’arrêta pas bien longtemps. Il caressa sa hanche et Sonny trembla encore sous ce contact. Quant à elle, elle ne put que laisser tomber ses bras de chaque côté de son corps. Livrée à lui et en totale confiance. Appréciant ce baiser déposé au creux de son cou. Et son regard se plongeant de nouveau dans le sien. Ce ne fut qu’alors que son souffle redevint régulier et que son cœur cessa de s’affoler. Elle se fichait de tout, elle pouvait mourir à cause de son regard, car elle pouvait le contempler au point d’en oublier de manger, boire, dormir ou même respirer. Puis elle les entendit.

Ces trois mots. Ces trois mots qui avaient déjà été dits, mais jamais de la sorte, jamais avec autant d’intensité, jamais avec autant de conscience. Jamais les yeux dans les yeux. La première fois qu’il les avait lâchés, ça avait presque été un accident. Et la conversation avait vite déviée. Ne pas s’appesantir. Ne pas laisser trop de part à leur faiblesse mutuelle. Mais là il ne flancha pas. Il prononça ces mots avec sincérité, en la regardant dans les yeux. En la laissant entrer.

Elle sut. A cet instant précis elle eut la certitude que c’était vrai. Et cette vérité s’enracina profondément en elle. Si profondément qu’elle sut qu’elle ne cesserait jamais de l’aimer. Qu’importe ce qui arriverait. Qu’importe si un jour leur relation craquait sous le poids des épreuves qu’ils s’infligeaient mutuellement. Il détenait la moitié de son cœur, la moitié de son âme. Elle ne serait jamais elle sans lui.

Elle avait envie de lui dire tellement de choses. Qu’elle l’aimait, qu’il serait le seul qu’elle avait aimé ainsi et qu’elle aimerait jamais avec autant de force. Mais pour une fois rien ne sortait. Pour une fois, elle trouvait les mots trop faibles, inadéquats, presque mensongers. Parce que ce n’était pas que de l’amour, c’était au-delà. C’était sa vie, son être même qu’elle lui remettait entre les mains. Elle ne put rien dire. Pour une fois elle comprenait Remington sur ce point, parfois les gestes sont plus fort. Ils fonctionnaient à l’envers, elle et lui. L’exploit de l’un consistait à mettre des mots sur des sentiments, celui de l’autre de se taire et de les vivre. La main de Sonny alla chercher celle de Remington qui se baladait sur sa peau et s’y glissa. Elle se pencha vers lui, posa sa main droite sur sa joue et essaya de lui dire rien qu’avec ses yeux tout ce qu’elle ressentait. Puis elle l’embrassa. Doucement. Sagement, avant de coller son front au sien. Ils étaient liés. A jamais. D’une façon ou d’une autre.

« Dans le box je t’avais dit que tu devrais finir le travail… mais j’avais précisé à la maison. Il est temps de rentrer, non ? Une bonne douche et on se vautre dans le canapé… enfin, dès que j’aurai retrouvé des forces dans le bas du corps. »

Elle ponctua sa proposition d’un petit sourire. Elle ne voulait pas briser le moment. Il ne pourrait jamais l’être de toute façon. Mais il était passé. Le reste restait à écrire.

Remington l’aida à se redresser et tous deux se rhabillèrent l’un l’autre. S’aidant mutuellement à enfiler des tee-shirts, caressant le dos de l’autre au passage, refermant des boucles de ceintures en en profitant pour attirer l’autre pour un nouveau baiser. Si les effeuillages pouvaient être sensuels, un rhabillage à quatre mains l’était tout autant. Surtout lorsqu’il se faisait sous l’œil attentif et aimant de l’autre.

Quand ils furent de nouveau présentables, leurs mains se mêlèrent et ils quittèrent ce coin qui resterait leur coin. Ils traversèrent la maison hantée sans sursauter le moins du monde, sans même vraiment faire attention à ce qui se tramait autour d’eux. Sonny ne pouvait penser qu’à Remington. A sa main dans la sienne, à son cœur qui battait pour lui. Elle voulait faire partie de sa vie. A part entière. Elle l’aimait lui. Pas seulement son corps ou sa force ou sa détermination. Lui. Elle voulait aimer ce qu’il aimait, être forte pour lui, apprendre les choses qui le rendait heureux pour y contribuer. Elle voulait le comprendre, approcher son être, cet être caché qu’elle aimait sans le connaître. Elle avait déjà appris à maîtriser ses peurs les plus profondes, à laisser sa raison dominer ses pulsions. A rendre coup pour coup. Il lui avait donné des cours de dessin, même si elle n’était pas très douée, mais il avait partagé cette passion avec elle.

« Attends. Dis… tu m’apprendrais à jouer aux échecs ? Je sais que tu aimes et… j’ai envie d’essayer. »

Il réfléchissait toujours en prévoyant ses coups à l’avance. Sonny n’avait jamais rien compris à la subtilité des échecs, car elle était incapable de prévoir et d’anticiper. Mais elle voulait essayer. Parce qu’il aimait cela et que peut-être elle aussi parviendrait à y prendre quelque plaisir. Et au pire, elle en découvrirait davantage sur la façon de penser de l’homme qu’elle aimait. Ce qui lui permettrait de pimenter quelque peu leurs bras de fer en lui tenant dignement tête et en échafaudant mille stratégies… ou en désamorçant ses pièges.

Qu’il comprenne ou pas ses intentions et surtout la raison pour laquelle elle lui demandait si soudainement cela, alors qu’ils étaient encore dans la maison des horreurs n’avait pas d’importance. Même s’il lui disait non en fait. Elle était têtue, elle apprendrait sur internet s’il le fallait.

Quand ils furent enfin sortis, ils traversèrent la fête foraine sans plus faire attention à la foule ou au stand. Ils avaient eu leur moment de bonheur. Ils avaient adopté Teddy. Oh… leur ourson qui était bien trop jeune pour avoir vu ce qu’il avait vu ce soir. Pauvre petit… Bientôt, ils se retrouvèrent de nouveau sur le parking du club de tir. Sonny avait toujours les clés… elle les tendit même à Remington, parce qu’il lui avait prouvé que son épaule ne le handicapait pas plus que cela. Mais il les refusa. Mal à l’épaule ? Ou voulait-il qu’elle s’améliore ? Même si elle conduisait déjà très bien ! Et puis on s’en fichait. Elle prit place au volant et essaya de s’appliquer, notant au passage qu’il ne lui fit cette fois aucun commentaire. Elle fit du mieux qu’elle put pour passer les vitesses avec douceur, pour ne pas forcer sur l’embrayage… mais quelle idée d’avoir une voiture pareille. Bon, pour être honnête, elle mourait d’envie d’appuyer sur le champignon et de sentir le vent lui fouetter le visage et de hurler parce qu’elle serait grisée par la vitesse… mais si elle osait faire cela à sa voiture… mieux valait ne pas tenter le diable.

Mais malgré toutes ses bonnes résolution, elle pila. Personne autour, par chance. Quelque chose l’avait interpellée, quelque chose qui plairait à Rem s’il ne la tuait pas pour son freinage violent.

« Tu m’as dit que cela te rendait heureux… »

Et elle lui désigna ce qui l’avait attirée. Une vieille boutique toute moche. Un bazar. Ah non, à bien regarder l’enseigne, un prêteur sur gages. Mais ce qui comptait vraiment, c’était la guitare, bien en évidence dans la vitrine.

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MessageSujet: Re: Shoot to thrill - Partie 1 [Terminé]   Jeu 19 Avr - 16:51

Mon épaule allait bien. Du moins, elle avait connu pire. Il ne fallait pas qu'elle s'inquiète pour moi, il n'y avait aucune raison. Le médecin m'avait prescrit du repos, il m'avait demandé de rester tranquille durant quelques temps, évitant de faire le pitre en cuisine. J'avais acquiescé simplement pour ne pas le contrarier. Si je voulais m'activer, personne ne m'en empêcherait. Et si je souffrais ensuite, je ne m'en prendrais qu'à moi-même. Et là je souffrais, je l'admettais dans ma tête. Pourtant je ne regrettais rien. Car de nous être laissés emporter tel que nous l'avions fait nous avait créé un souvenir. Quelque chose qui resterait ancré dans nos mémoires, mais également dans nos corps et dans nos cœurs. J'avais mal mais l'instant était trop paisible alors la douleur s'envolait à chacune de mes respirations. Mon attention était focalisée sur elle, et rien d'autre.

Il me fallut quelques secondes pour les sortir, ces trois petits mots qui résumaient parfaitement ce que je ressentais. Ils englobaient tellement de choses à cet instant qu'il n'y avait pas besoin que je m'attarde davantage. Cela aurait été ridicule de toute façon. Plongé dans le romantisme ça ne me ressemblait pas. Dire ces mots non plus d'ailleurs, pourtant je venais de le faire pour la seconde fois. Et il n'y avait rien d'autre qui les accompagnait. Il n'y avait pas de détour, de changement de conversation. Je les avais juste dit car je les pensais et parce que je voulais qu'elle les comprenne. Peut être qu'elle comprit effectivement ce que je ressentais à cet instant, car elle ne répondit rien. Sa main chercha la mienne qui était posée sur son ventre, décrivant de lentes arabesques. Nos doigts s'entremêlèrent. Puis elle se pencha vers moi pour plonger son regard noisette dans le mien. Je me perdis un instant dans ses prunelles.

Ce que j'y lus me plut. Je sentais qu'elle arrivait à décrypter le message que je tentais de lui faire passer. Et qu'elle ressentait la même chose. Nous étions liés, nous le savions et ça personne pourrait nous le retirer. Même si on nous séparait, nous savions que nos cœurs réclameraient celui de l'autre, qu'il battrait toujours pour celui-ci quoiqu'il arrive. Cette constatation m'apporta un sentiment de sérénité pourtant elle n'était pas tranquille. Il y avait toujours cette ombre qui planait autour de moi, qui m'entourait et qui un jour ou l'autre briserait tout. Je ne pouvais lutter contre. Pour le moment, tout ce que je pouvais faire, c'était profiter de l'instant présent. Et c'est ce que je faisais. Je répondis à son baiser et mes yeux se fermèrent un bref instant quand nos fronts se collèrent l'un contre l'autre. Je les rouvris en souriant. A la maison ou ici, le lieu avait-il une réelle importance ?

« Tu avais précisé aussi que je devais te faire hurler comme jamais tu n'as crié. Donc, ce n'est que partie remise pour une autre fois. »

Je ponctuais ma phrase d'un baiser sur ses lèvres, plein de promesses. Elle avait raison, il était temps de rentrer à la maison. Cette demeure que l'on ne qualifiait pas de chez moi mais simplement de « à la maison ». Comme s'il était beaucoup trop tôt pour dire chez nous. Pourtant elle y avait sa place, elle déposait son empreinte dans chaque pièce qu'elle traversait. Un shampoing qui traînait dans la salle de bain. Un tee shirt dans le bac à linge sale. Ou encore sa touche personnelle quand elle jetait un œil à mes dernières planches. Elle n'avait pas besoin de me dire qu'elle les avait regardées, je le savais. Je connaissais l'organisation de ma table de travail, je savais quand quelque chose bougeait. Je n'étais pas maniaque, c'était juste encore une déformation professionnelle de mon cerveau qui repérait tout quand quelque chose n'était plus comme je l'avais laissé.

Je me redressais, l'entraînant dans mon sillage. Durant quelques secondes, je la gardais contre moi. Puis ma main lâcha la sienne. Je récupérais son soutien gorge pour le lui tendre. Mais je passais dans son dos pour l'agrafer, déposant au passage quelques baisers sur son épaule nue. Nous continuâmes ainsi à nous rhabiller, ponctuant nos gestes de baisers, de caresses qui ne nous entraîneraient pas de nouveau sur les pentes du plaisir. C'était simplement de l'attention, de la tendresse. Un moment de calme que nous partagions à deux, entre deux sourires et deux baisers. Puis une fois que ce fut fini, main dans la main, nous sortîmes de cette pièce qui avait abrité nos ébats. Je me penchais pour récupérer Teddy et le lui donner. Notre pauvre ourson avait fini à terre, sur le sol froid. Nous l'avions oublié durant un temps, mais il était temps aussi qu'il parte avec nous. Nous l'avions adopté après tout, il était sous notre responsabilité.

Les bruits étranges de la maison hantées emplirent de nouveau nos têtes. Je n'y fis pas attention. Je ne remarquais même pas quand un squelette sortit de l'ombre pour poser sa main osseuse sur mon épaule dans un cri. C'était censé faire peur mais mon esprit était à mille lieues d'avoir peur. Ni même de réagir pour choper ce bras et démonter le squelette par pur réflexe de combattant. J'étais plongé dans mes pensées sans savoir réellement à quoi je pensais en fait. Mon esprit vagabondait, sans savoir où il allait. Puis je l'entendis qui attira mon attention et là mon esprit revint à la réalité, se concentrant sur elle. Les échecs ? Avec sa patience légendaire ? Elle avait du mal à tenir en place, il fallait toujours qu'elle bouge. Et les échecs étaient un jeu qui demandait beaucoup de patience, et de concentration. Je savais qu'elle pouvait être patiente et qu'elle était capable de se concentrer. Mais sur plusieurs heures si la partie devait durer longtemps ? Est-ce qu'elle le faisait pour elle ou juste pour moi, car j'aimais ce jeu ?

« Si tu veux. Mais prépare toi à perdre des neurones car ça ne défoule pas comme le tir. Il faut être calculateur et très patient. »

Pourquoi ne pas lui apprendre après tout. Si ça se trouvait, elle allait m'étonner, me faisant découvrir une facette de sa personnalité que je ne connaissais pas. Peut être même qu'elle la découvrirait en même temps que moi, se rendant compte qu'elle était capable d'être plus posée et pas seulement une pile électrique, comme elle l'était les trois quarts du temps. Et même si elle ne comprenait rien à la logique des échecs, je savais déjà d'avance qu'elle m'opposerait de la résistance. Car être imprévisible, jouer un peu au pif sans savoir ce que cela va donner derrière, sans rien calculer, parfois ça posait davantage de problèmes qu'un jeu réfléchi, avec une anticipation de plusieurs coups. Et cela me stimulait déjà d'avance, j'étais prêt à m'adapter dans ma tête, pour revoir toutes les stratégies qu'elle me crèverait dans l'œuf, sans que j'ai eu le temps de les mettre en place, et m'obligeant à en trouver d'autres. Et c'est sur cette pensée que nous quittions la maison hantée, lui disant adieu sans nous retourner.

Un moment plus tard, nous avions traversé la fête foraine pour la quitter et enfin revenir au parking du stand de tir où nous attendait ma voiture. Arrivée devant celle-ci, elle sortit les clés et me les tendit. Je secouais négativement de la tête, me dirigeant du côté passager pour ouvrir la portière et m'installer. Je n'avais pas envie de m'expliquer sur la raison de ma décision sinon nous allions rentrer dans un débat sur sa conduite et mon épaule. Avant de m'installer, je sortis la boite de cachets et j'en pris deux avant de la mettre dans mon blouson. L'écharpe soulageait le poids de mon bras pour mon épaule. Pourtant la douleur était là et il était hors de question que je me plaigne. Alors j'attachais bien sagement ma ceinture. Je la laissais démarrer puis je fermais les yeux. Non pas pour ne pas voir la route car je craignais un accident mais juste pour me reposer un peu. Pour me focaliser sur cette douleur qui me striait jusque dans la main et qui ne voulait pas partir.

Il y eut une secousse. Je me sentis projeter vers l'avant. Une grande douleur me parcourut mais je me retins de lâcher un juron. La voiture venait de piler brusquement, et je ne m'y attendais pas. Je retins mon souffle un poignée de secondes le temps de me concentrer sur mon épaule et la douleur. Puis je me remis à respirer lentement, les dents serrées et la mâchoire crispée. Si c'était son but de me faire mal, elle avait réussi. Ma main droite ouvrit la boite à gants devant moi. Je n'eus pas le temps de prendre ce que je cherchais que je vis sa main se tendre pour me désigner quelque chose. Mes yeux bleu se tournèrent pour voir ce que c'était. Là, derrière une vitrine faiblement éclairée, il y avait une guitare. Elle avait retenu que j'avais dit que ça me rendait heureux. Et elle avait pilé pour ça ? Elle était tout bonnement incroyable. Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer.

« Tu n'es pas croyable... »

Pourtant, je n'arrivais pas à lui en vouloir. Je regardais un peu plus attentivement la vitrine. C'était un prêteur sur gage qui revendait différents objets, dont cette guitare. Peut être que son propriétaire n'avait jamais eu les moyens de revenir la chercher et à présent le prêteur désirait s'en débarrasser. Et cet objet ne demandait qu'à délivrer des accords de musique entre les mains d'un nouveau propriétaire. Moi ? Peut être, en fait je ne savais pas. Bien sûr que j'avais dit que jouer de la guitare me rendait heureux, tout comme le dessin, ça me détendait. Mais j'avais su m'en passer durant plus de dix ans. Alors un peu plus ou un peu moins, ça ne faisait pas de différence pour moi. Je n'avais pourtant pas le cœur de la contrarier. En fait non, j'avais trop mal pour la contrarier. Je rêvais d'une douche avec de l'eau bouillante sur mon épaule. Tant pis si ce n'était pas recommandé à cause du bandage mais ça me soulagerait un peu. Je sortis alors mon portefeuille de ma poche puis ma carte de crédit et je la lui tendis.

« Vas-y. Je n'ai pas le courage de bouger avec mon épaule. Et si tu trouves ton bonheur également, prends-le. En attendant je vais m'en griller une. »

Et après avoir posé la carte d'office sur sa cuisse, ma main retourna dans la boite à gants pour en sortir un paquet de cigarettes que je gardais toujours en cas de rupture. Je ne savais même plus depuis combien d'heures je n'avais pas fumé. Trop longtemps. Et si j'avais pu résister jusque là, j'avais vraiment besoin de m'en griller une à présent. Cela me soulagerait peut être de cette tension qui parcourait mon épaule et mon bras.

« Par contre, gare la voiture avant... »

Oui, parce que je la croyais encore capable dans son élan de la laisser là, en plein milieu de la route pour se précipiter vers cette caverne d'ali baba qui devait receler d'une multitude d'objets à la revente.

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MessageSujet: Re: Shoot to thrill - Partie 1 [Terminé]   Ven 20 Avr - 13:14

Ce n’est que partie remise… Hum, pleine de promesses décidément cette soirée. Sonny notait bien celle-ci dans un coin de sa mémoire, elle saurait la ressortir au moment opportun. Ainsi que sa promesse de lui apprendre les échecs. Griller des neurones ? Mouais, Sonny savait que ce n’était pas son fort. Rester assise à une table, sans bouger, dans le calme et le silence… ce n’était vraiment pas son truc. Enfin, cela lui arrivait parfois d’être calme. Quand elle avait un bon livre entre les mains, par exemple. Elle pouvait se noyer dans les mots et perdre toute notion du temps se elle se laissait embarquer dans des aventures plus fantastiques les une que les autres. Parfois, il lui arrivait aussi de se perdre dans ses propres pensées. Elle s’asseyait quelque part et ne bougeait plus. Le regard perdu dans le vide, pendant des heures. Comme si elle avait buggué. Comme une coquille vide. Et dans ces cas, c’était tout ou rien. Soit elle était perdue dans ses rêves de bonheur, soit elle était au plus mal. Il fallait la connaitre sur le bout des doigts pour le deviner. Les échecs… quelle étrange idée elle avait eu là. Mais qui sait, peut-être découvrirait-elle qu’elle était capable de stratégie et de ruse, même si elle marchait plutôt à l’instinct et aux coups de bluff. Son arrivée à LA : un pur coup de chance dû probablement à la lenteur des administrations. Son inscription à l’UCLA : une tentative désespérée, sans trop d’espoir. Et quand elle avait essayé d’appliquer les principes de L’Art de la guerre avec Remington le onze octobre dernier, elle s’en était mordue les doigts. Bah. Elle voulait quand même essayer, pour le comprendre lui. Et au pire, elle tricherait. Il râlerait. Il tricherait à son tour. Et la partie d’échec risquait de se finir autre part… et autrement.

Pourquoi pensait-elle à tout cela, alors qu’elle venait de piler au milieu de la route ? Ah oui… Parce qu’elle voulait rendre Remington heureux. Et qu’il l’était quand il jouait aux échecs. Et quand il tenait une guitare entre les mains. Enfin, par le passé en tout cas. Elle le sentit toutefois se crisper et tendre son bras. Merde ! Son épaule. Mais avant qu’il ne râle, elle lui montra la vitrine. Comment cela elle n’était pas croyable ? Pas croyable parce qu’elle multipliait les erreurs alors qu’elle voulait bien faire ? Ou pas croyable en bien, parce que pour une fois elle avait écouté et retenu quelque chose ?

Il lui posa sur la jambe sa carte de crédit, lui laissant les pleins pouvoirs pour acheter ce que bon lui plaisait. Visiblement il n’était pas comme tous ces hommes qui pensent qu’une femme avec une carte de crédit entre les mains c’est le mal. Et il n’avait pas l’air assez en forme pour l’accompagner. Dommage. Il lui dit d’aller se garer avant et d’y aller seule. Bien sûr qu’elle allait se garer devant. Elle n’allait pas rester comme ça au milieu de la route. Bon, d’accord, d’accord. En vrai, s’il ne le lui avait pas dit, elle aurait bien été capable de quitter la voiture comme ça. Mais elle ne lui avouerait jamais… Il la connaissait déjà bien trop… sors de ma tête Remington !

« Nianiania… »

Une fois la voiture garée, elle hésita un instant, se pencha vers Remington, l’embrassa et lui chaparda sa boîte de cachets dans sa poche.

« Tu en as déjà trop pris. Je sais que tu as mal, mais c’est pour ton bien. »

Elle ne voulait pas qu’il devienne dépendant. Accro aux graines de tournesol, Ok. Accro à la cigarette, passe encore. Mais elle ne voulait pas qu’il le devienne aux médicaments. Parce qu’il se bousillerait la santé. Parce qu’il ne serait plus qu’une larve. Parce qu’elle ne pourrait plus accéder à ses rêves. Et qu’il râle, elle se rattraperait. Elle serait sage (enfin, sage… dans ses capacités, quoi) et prendrait bien soin de lui ce soir.

Elle le laissa et entra dans le magasin. Une clochette tinta. Elle entendit un « j’arrive » ronchon provenant de l’arrière-boutique. Puis les minutes passèrent. Et elle ouvrit de grands yeux sur tous les objets empilés sans la moindre organisation. Des grille-pain, des téléviseurs, des meubles, des vêtements, des bijoux, des livres, des instruments, des tableaux, des dessins, des bibelots, des jouets d’enfant… Et une merveille. Sonny jeta un coup d’œil vers l’arrière-boutique. Toujours personne, alors elle tendit la main. Un arc. Un arc magnifique. D’une simplicité exemplaire. Sans tout le fatras de technologie pour l’alléger ou mettre un viseur. C’était de la triche. Quelle ironie. La plus grande tricheuse de tous les temps qui critiquait cela. Mais voilà. Sonny avait toujours tiré avec un arc simple. Elle, la corde, la flèche et la cible. Et plus rien autour. Bon sang, cela lui manquait. Un peu plus de quatre mois qu’elle n’avait pas tenu ce cher ami entre ses mains. Et il était bien équilibré. Sonny ne put résister à la tentation de le tendre. Il était parfait. Comment une personne avait pu s’en débarrasser. Elle avait passé de si bons moments avec le sien…

Un vague sourire mélancolique naquit sur ses lèvres. Puis elle le reposa. Remington lui avait dit de ne pas hésiter si elle trouvait son bonheur. Du bonheur, il pouvait lui en donner autrement. Elle pouvait en trouver ailleurs. Et puis aurait-elle le temps de repratiquer ce sport ? Avec ses boulots, ses études… Pas sûr. Et surtout, aussi généreuse que soit l’offre de Rem, elle ne voulait pas dépendre de lui. Depuis qu’ils étaient ensemble, il payait systématiquement les restos, les cinés, le cours de tir. Certes, s’il fallait compter sur ses maigres économies à elle, ils ne sortiraient plus du tout. Mais elle avait appris la valeur de l’argent depuis qu’elle avait dû se prendre entièrement en main. Et puis, ils n’étaient pas mariés qu’elle sache. Alors oui, il lui ouvrait sa maison où elle commençait à prendre ses marques et oui il lui faisait confiance pour l’argent, mais elle ne se sentait pas encore le droit de se servir à sa guise. Même à la maison. Ce n’était pas « chez elle », même si elle laissait sa brosse à dent, abandonnait ses tee-shirts dans la buanderie ou n’avait plus peur de toucher à ses dessins. Elle n’avait même pas encore laissé d’affaires de rechange. Alors non, elle était venue pour une chose et elle s’y tiendrait.

Ce fut à cet instant que le gérant arriva enfin. Il suffisait de ne pas être pressé. Alors Sonny approcha du comptoir et lui annonça qu’elle voulait voir la guitare en vitrine. Pendant que le gérant bedonnant et chauve, parfumé de la douce fragrance de la bière et des saucisses, se traînait jusqu’à la vitrine, la française fit claquer ses ongles sur le comptoir en verre… Puis elle réalisa soudain qu’il y avait des armes à feu à l’intérieur. Etats-Unis, patrie des cow-boys et des flingues. Dire qu’elle avait lu quelque part que certains parents, à la naissance de leurs enfants, ne leur ouvraient pas de compte en banque mais leur achetaient des armes. Insensés. Mais quelque chose tournait dans la tête de Sonny. Même si elle n’aimait pas le principe, avoir une arme serait réconfortant. Sécurisant. Après tout, à quoi servirait le cours que lui avait donné Remington si elle n’avait pas d’arme pour se défendre. Cela lui ferait une belle jambe, de savoir tirer mais de ne pas posséder l’outil nécessaire. Et avec cela, elle pourrait protéger les gens qui comptaient pour elle…

« Elle est intéressée la demoiselle ? »

Elle ne l’avait pas vu revenir, la guitare à la main. Elle n’avait même pas reniflé son odeur, c’est pour dire à quel point elle était obnubilée par l’arme. Il posa l’instrument, ouvrit la vitrine du comptoir, s’empara du revolver qu’il lui tendit. Sonny jeta un coup d’œil vers l’extérieur. Remington était occupé à fumer. Alors elle prit l’arme, la soupesa, étudia le chargeur. Un six coups… Arme légère. Elle visa avec. Avant de la rendre au gérant.

« Je n’ai pas de port d’arme. »

« Et alors ? », lui répondit-il sans reprendre le revolver.

C’était si facile ? Décidément, Los Angeles et le respect de la loi, c’était loin d’être ça. Entre son patron, au bar, qui lui avait de lui-même fourni une fausse carte d’identité pour la vieillir d’un an et ce type qui semblait prêt à mettre une arme entre les mains de n’importe qui pouvant payer le prix demandé, la loi était une notion bien relative. Elle hésita sérieusement… Non, elle n’aurait aucune chance de ressortir d’ici en cachant cet achat à Rem. Et elle était sûr que ce n’était pas du tout ce qu’il avait en tête quand il lui avait dit « si tu trouves ton bonheur »… Alors elle le rendit.

« Pas cette fois… pas cette fois ».

Il n’insista pas et rangea l’arme avant d’encaisser pour la guitare. Sonny la tint avec précaution. Elle lui en aurait bien offert une pour Noël, mais elle n’aurait jamais eu le budget nécessaire. Ou alors si, mais elle n’aurait pas pu payer son loyer… et il aurait fallu qu’il accepte sa présence chez lui pendant tout ce temps, ou la laisser dormir dans la rue.

Elle sortit enfin de la boutique et montra son précieux trésor à Remington, lui disant qu’il avait intérêt à en jouer. Elle rêvait de le voir jouer. De voir ses doigts fins et agiles tendre et pincer les cordes. Elle espérait aussi voir un sourire naître sur ses lèvres après une intense concentration. En attendant, elle reprit place au volant.

« Promis, plus de freinage intempestif. Je te proposerais bien de jouer à la parfaite petite femme et de te cuisiner un bon petit plat pour ce soir, mais je crois que tu as assez souffert comme cela. On passe quelque part, nous prendre des plats à emporter ? Je te laisse choisir. Et après, je ferai ce que tu veux, je suis même prête à t’attendre bien sagement sans faire trop de bêtises pendant que tu prendras ta douche. Et je serai la meilleure infirmière de tous les temps, pour changer ton pansement et masser ton épaule. Faut bien que je me fasse pardonner. »

Elle ponctua son offre d’un baiser et démarra la voiture, direction nourriture et maison. Rentrer, se mettre au chaud, prendre une douche salvatrice, regarder la télé ou jouer aux échecs. Juste rentrer, à deux.


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