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 Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]

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Anne W.

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MessageSujet: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Sam 10 Mar - 21:53


Un bébé... Un petit être de chair allait grandir en moi... Pour n'importe quelle femme se croyant stérile, ceci serait un véritable miracle que d'apprendre cette nouvelle. Après tant d'essais, de traitements hormonaux, arriver à ses fins sonnerait comme une délivrance. La peur de ne pouvoir combler son mari, de ce côté là, s'envolerait et toutes ces années de doutes s'évaporeraient d'un seul coup. J'aurai aimé être l'une de ses femmes qui voyait son rêve le plus cher se réaliser. Mais ce n'était pas le cas. Tout ce à quoi j'avais rêvé avait disparu. Seul l'enfant restait. J'ignorais comment j'allais réussir à élever un être que je ne désirais pas. Car il ne faisait plus aucun doute que j'aurais cet enfant. Si c'était le seul moyen de garder Ross à mes côtés, j'étais prête à donner la vie à un enfant qui finirait par me détester. Comment pouvais-je en être sûr ? Parce qu'il suffisait de voir où en était mes liens avec ma famille. La plupart étaient morts, un autre s'était enfui pour rejoindre l'ennemi et deux autres me détestaient parce que je n'étais pas assez bonne pour remplir le rôle de mère. Pourquoi en serait-il autrement avec ce bébé ?

Assise à l'arrière de la voiture de Ross, je regardais défiler les rues de Los Angeles sans vraiment les voir. Tout me paraissait si insipide, si froid et gris que je me demandais quand les beaux jours avaient finis par fuir pour céder la place à l'automne ? Les souvenirs de la France remontaient sournoisement à la surface pour me montrer tout ce que j'avais perdu. Ne pouvais-je pas faire disparaître de ma mémoire toutes ces années passées là bas ? Ne pouvais-je pas oublier Liam et les autres pour ne plus ressentir ce vide à l'intérieur de moi ? Soudain, je sentis la voiture ralentir. Étions nous déjà arrivés ? Un coup d'œil aux environs m'appris que nous nous trouvions encore dans le centre-ville. Sonny avait apparemment demandé à ce que Ross la dépose ici. Je demeurais silencieuse, la laissant maîtresse de ses choix. Un jour peut-être nos routes se recroiseront-elles, mais je n'y croyais pas. J'avais tout gâché et je n'étais pas à la hauteur de ses espérances. Ce qu'elle me demandait, la responsabilité qu'elle me mettait sur les épaules était bien trop lourde pour que je puisse la supporter. Même si en fin de compte j'aurais cet enfant, je ne désirais pas la revoir. Elle me rappellerait sans cesse mon échec envers elle et envers les autres.

La voiture se remit en route et cette fois, mon attention se fixa sur Ross. Peut être n'aurais-je jamais dû revenir à Los Angeles... Si j'avais accepté l'aide que l'on me proposait en France après l'incendie, rien de tout cela ne serait arrivé. J'aurais peut être accepté la mort de mes proches et refusé de couvrir des milliers de kilomètres pour me venger. Peut être... J'essayais plutôt de m'en convaincre, mais j'étais à peu près certaine que je referais la même chose s'il m'était donné de retourner dans le passé. Notre chemin était-il déjà écrit ? Ne pouvions nous rien changer ? Question existentielle qui n'avait aucune importance pour l'heure ! Par contre, indiquer le chemin à Ross pourrait être une bonne idée. Heureusement qu'il connaissait bien Los Angeles. Arrivés à destination, il vint m'aider à descendre de la voiture et à entrer dans le bâtiment. Les sensations dans mes jambes étaient à peu près revenues, mais elles étaient encore faibles. Je craignais de m'étaler face contre terre et de ne plus avoir la volonté de me relever. La main de Ross épousait la mienne à la perfection et j'avais le sentiment qu'il ne la lâcherait pas aussi facilement. Pauvre fou...

Dans l'ascenseur, je fouillais fébrilement dans mes poches à la recherche de mes clés. Les avais-je pris ? Je ne m'en souvenais plus... Ah si ! J'évitais le regard de Ross ne sachant pas trop si je devais le prévenir sur ce qu'il allait trouver à l'intérieur de cet appartement. Non pas qu'il y ait de la drogue ou qu'il soit sale, mais il n'avait rien à voir avec le Domaine. Malgré l'espace, je n'avais pas pris le temps, ni la peine de le décorer pour le mettre en valeur. Je n'étais pas venue à Los Angeles pour reprendre mon travail de décoratrice d'intérieur. Arrivée devant la porte, je me décidais à le prévenir...


- « Ne fait pas attention... à ce qu'il y a à l'intérieur. Je n'ai pas eu le temps, ni l'envie de m'en occuper... »

A ces mots, j'ouvris la porte. Jusqu'à aujourd'hui, j'avais réussi à éviter d'inviter des gens chez moi. Jusqu'à ce que Sonny vienne, cet appartement était mon secret... Désormais, il était en quelque sorte ma vision de la vie : sombre, vide et étouffant. Un claustrophobe pourrait le qualifier de prison.

- « Tu veux boire quelque chose ? Je peux faire du café, du thé ou alors jus d'orange... »

Cette question me rappelait douloureusement ma discussion du matin avec Sonny. Sans vraiment comprendre pourquoi et sans crier gare, je me rapprochais de Ross et déposais ma tête contre son torse. Pourquoi la vie était-elle aussi compliquée ?
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Dim 11 Mar - 21:44

Le silence ayant envahi l’habitacle de la voiture était pesant. Malgré la concentration nécessaire pour conduire, Ross était préoccupé par l’état de faiblesse de son amie. Les kilomètres séparant l’hôpital du domicile de la jeune femme lui parurent interminables. Enfin, ils arrivèrent devant l’immeuble d’Anne. Après s’être garé au plus près de l’entrée, afin de ne pas avoir parcourir une trop longue distance, il l’aida à descendre de la voiture. Elle pouvait se tenir debout mais son équilibre était fragile. Il lui prit la main, prêt à la rattraper au moindre faux-pas. Dans le pire des cas, il la porterait. Ce ne fut pas nécessaire. L’écossais remarqua qu’elle faisait son possible pour ne pas vaciller et être maîtresse de ses mouvements. L’effet du calmant s’amenuisait et la jeune femme puisait dans ses ressources autant qu’elle le pouvait. Avant de passer le pas de la porte, elle le prévint de ne pas s’attendre à trouver un palais. Ross n’en avait rien faire, le principal était qu’elle puisse se reposer tranquillement chez elle.

Une fois à l’intérieur, il fut tout de même frapper par l’austérité des lieux. L’appartement était lugubre et laissait deviner aisément l’état d’esprit dans lequel était son occupante. Il ne ressemblait pas à Anne, pas à celle qu’il connaissait en tout cas. Comme elle l’avait souligné, elle n’avait pas ressenti l’envie de s’occuper de son intérieur. Connaissant ce qu’elle avait vécu en France, c’était amplement justifié mais Ross n’avait pas pleinement réalisé l’immense détresse dans laquelle Anne était plongée.. Mais comment aurait-il pu en être autrement après ce qu’elle avait vécu ? Il aurait fallu être un être sans cœur pour ne pas être anéanti par un tel malheur. L’écossais se prenait en pleine face le froid sibérien renvoyé par les murs de cet appartement sans vie. Un frisson désagréable lui parcourut l’échine. Ajouté à cela, il était perturbé par la fâcheuse impression que son amie n’était que de passage. Aurait-elle abandonné l’idée de se venger ? Même si c’était un sentiment négatif, la vengeance permettait de ne pas se laisser couler. Aurait-elle baissé les bras ? Il ne voulait pas le croire, il ne pouvait pas le croire. Pas Anne. Cette femme était de la même trempe que lui. Elle allait se ressaisir. Sans doute avait-elle besoin de quelqu’un sur qui se reposer, sur qui compter.

Ross était là, il ne la laisserait pas tomber. Mais comment pourrait-il l’aider à reprendre goût à la vie si elle ne restait pas à Los Angeles ? Il ne pourrait pas la suivre en laissant son fils aux mains de Genetic. En y réfléchissant, ce serait peut-être une solution. Il quitterait les Etats-Unis avec Anne en emmenant avec lui son fils, de gré ou de force. Cependant, cette Idée était difficilement réalisable. D’une part, son fils risquait de ne pas le suive aveuglément dans ce périple, d’autre part, il ne pouvait pas lui imposer une nouvelle vie où tout serait à reconstruire. De toutes les façons, il n’avait aucune certitude sur les aspirations de son amie. Anne avait sans doute des choses de prévues après avoir fait ce qu’elle avait à faire ici. Ils n’avaient pas encore abordé ce sujet d’ailleurs. Etait-il d’actualité désormais ? Rien n’était moins sûr. La grossesse inattendue bouleversait tous les projets, si projets il y avait, aussi bien pour Anne que pour Ross.

-- Je vais faire le service. Il faut que tu te reposes. Dit-il en l’enlaçant alors qu'elle posait sa tête contre son torse.

Après ce petit câlin réconfortant, il prit la jeune femme par la taille et l’invita à s’asseoir sur le canapé. Il pensait qu’il était inutile de l’accompagner jusqu’à sa chambre, elle n’irait pas se coucher. Même si elle était fatiguée, elle n’avait sans doute aucune envie de dormir. Elle avait trop de choses en tête. Ross se rendit dans la cuisine. Il dut chercher les ingrédients nécessaires pour préparer du café et du thé. Une dizaine de minutes s’écoulèrent. Il revint dans la pièce principale chargé d’un plateau sur lequel il avait posé deux tasses, deux verres, les boissons chaudes, une carafe de jus d’orange et quelques gâteaux secs trouvés dans un placard.

-- Que veux-tu boire ? Demanda-t-il en posant le plateau sur la table basse.
- Comment te sens-tu ? S’inquiéta-t-il en servant son amie de ce qu’elle désirait.

Le psychologue avait besoin d’un remontant. A défaut d’un whisky, à cette heure de la journée, le thé ferait l’affaire. C’était sa boisson chaude préférée. Restant debout, il se délecta de l’arôme et but quelques gorgées en essayant de ne penser à rien. Exercice difficile car il avait mille choses en tête dont il aimerait discuter avec Anne, mais les sujets étant délicats à aborder, il préférait attendre. Anne devait d’abord recouvrer ses forces. En attendant, il marchait de long en large dans la pièce. Il jetait parfois un œil distrait à travers la fenêtre sans perdre de vue son amie.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Lun 12 Mar - 19:47

La présence de Ross m'aidait à ne pas perdre pied. Il était le socle qui me maintenait dans cette réalité aussi dure soit-elle à endurer. Il m'aidait à ne pas baisser les bras, à ne pas abandonner alors que l'envie s'était faite de plus en plus ressentir depuis l'échange. Malgré cette perspective de reprendre les cours, la sensation d'être impuissante pour venger les miens s'était accrue tant et si bien que l'espoir de les libérer s'était envolé. Désormais, je me sentais si seule, si faible face aux évènements que je ne savais plus comment reprendre le contrôle de ma vie. Il le fallait pourtant. Même si je ne voyais pas l'intérêt, il devait forcément exister une bonne raison de me battre. Ce bébé deviendrait-il ma raison ? Peut être, mais comment en être certaine ? Il n'était même pas encore né que j'avais peur de lui. Voilà tout ce qu'il m'inspirait pour le moment... Notre avenir semblait si incertain que prendre une telle décision dans ces conditions n'était pas le meilleur moyen pour me rassurer sur celui-ci.

Ross devait sûrement le sentir car il prit l'initiative de s'occuper de tout. Assise dans le canapé, je ramenais mes jambes contre moi. Le chauffage était-il en panne ou l'hiver, précoce cette année, pointait-il le bout de son nez ? Ou peut-être était-ce la faute des calmants... Peu importait la cause, je pris le plaid posé sur le dossier du canapé pour le mettre autour de mes épaules. Les genoux repliés contre ma poitrine, les bras autour de ceux-ci, je déposais mon menton sur le tout. J'entendais Ross s'affairer dans la cuisine et j'attendais... J'avais du mal à organiser mes pensées pour rendre un tout cohérent. Pourtant, il allait bien falloir mettre les choses à plat, voir comment nous allions gérer cette nouvelle crise. Car c'en était bien une. Qu'allons nous faire de nous ? Si « nous », il y avait...

Ross finit par revenir dans la pièce avec tout ce qu'il fallait. Il était si prévenant que je commençais à redouter la suite. C'était le début de la fin ! Par quoi commencer ? Que dire ? Fallait-il vraiment en parler ? Pas tout de suite. Je devais d'abord répondre à la question de ce que je voulais. Bonne question... Qu'est ce qu'il valait mieux choisir ? Le café n'était pas très indiqué pour les femmes enceintes. Le thé avait d'autres effets non désirables sur la vessie. Il resterait le jus d'orange... Peut être que les vitamines aideraient à chasser les derniers effets des calmants. Qui ne tente rien n'a rien !


- « Jus d'orange, s'il te plaît »

Je sentais venir la longue et douloureuse conversation sur ce qu'on allait faire maintenant. Je ne voulais pas en parler. J'espérais encore que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve et qu'il suffisait de me réveiller pour me retrouver en France le 6 juin auprès de Liam. Je m'en voulais de penser cela alors que cet enfant était également celui de Ross et que ce dernier faisait tout pour me soutenir. Il ne méritait pas que je pense cela. Seulement, je n'arrivais pas à m'en sortir. Je préférais nier pour conserver cet espoir impossible que tout ceci n'était qu'un cauchemar. Mon regard se posa sur le psychologue, qui préférait rester debout, lorsqu'il me demanda comment je m'en sentais.

- « Je ne sais pas... Je ne sais plus pourquoi je dois me battre et ça me fait peur de penser comme ça. Je me doute que tu dois avoir de nombreuses questions et j'aimerai pouvoir te donner une réponse pour chacune d'elle. Mais je ne sais pas par quoi commencer, ni quoi en penser tout simplement. La seule certitude que j'ai est que ce bébé me terrifie. »

La bombe était lancée. Il ne restait plus qu'à attendre la déflagration.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Sam 17 Mar - 20:59

Côté moral, ça n’allait pas fort pour Anne. Ross le savait et s’était enquis simplement de la santé physique de son amie. En laissant le silence envahir la pièce, il souhaitait qu’elle se repose un peu et se remette des émotions de la matinée. Dans l’immédiat, il ne souhaitait pas débattre de sujets importants. Anne avait sans doute mal interprété ses intentions car elle entra dans le vif du sujet. Ca aurait pu attendre, l’enfant n’allait pas naître de suite. Si ses calculs étaient bons, la jeune femme était enceinte d’un mois, ce qui laissait largement le temps de voir et revoir le sujet. A l’hôpital, elle avait dit ne pas vouloir garder l’enfant mais elle avait encore deux mois pour y réfléchir. Cela laissait autant de temps au psychologue pour la convaincre du contraire car il était persuadé que son amie ne se remettrait jamais d’un avortement. Son désir de maternité était tellement fort lorsqu’elle était avec Liam qu’il ne pouvait pas concevoir qu’elle ait changé d’avis. Les années s’écoulant ses espoirs s’étaient amoindris et la mort de Liam les avait anéantis. Il était normal qu’elle ait tiré un trait définitif, cette maternité inattendue bouleversait tout. Anne voulait un enfant de son mari, pas de son amant. Mais quand même ! Le désir d’enfant chez une femme était viscéral, il ne pouvait pas être complètement annihilé par la disparation du père souhaité. Liam aurait été un excellent père, certainement plus à la hauteur que Ross. D’un autre côté, l’écossais avait élevé Wyatt du mieux qu’il avait pu. Il avait commis pas mal d’erreurs mais il avait toujours été là pour lui. Evidemment, le mari d’Anne aurait fait mieux. Elle devait en penser la même chose que son ami. Il n’y avait qu’à voir comment il s’occupait des enfants du domaine pour comprendre qu’il formait, avec son épouse, un couple presque parfait et des parents irréprochables.

Songeant à tout cela, Ross se disait que l’enfant à naître aurait un piètre exemple de parents. Une mère d’un côté, un père de l’autre, il serait partagé entre les deux. L’écossais doutait que ce soit le mieux pour l’équilibre d’un enfant. Ce dont il ne doutait pas c’était de l’amour dont il était capable et il était persuadé qu’il en serait de même pour Anne. Actuellement, elle n’avait aucune conviction mais pas moins qu’une femme qui n’avait pas de problème particulier. La première grossesse, même désirée, apporte son lot de chamboulements et de remises en questions. Il y avait un gouffre entre le fait de désirer un enfant et d’en porter un. La concrétisation d’un rêve était souvent perturbante et créait une montagne d’émotions à gravir petit à petit pour atteindre le sommet de la sérénité. C’est d’autant plus vrai pour une femme pensant être stérile car les années passant l’avait poussée à en faire son deuil. En fait, c’était comme si elle apprenait aujourd’hui que son mari n’avait pas péri dans l’incendie du domaine. Ce serait un véritable choc ! Cette grossesse provoquait le même effet. Ajoutez à cela les drames successifs vécus depuis plusieurs mois et vous obtenez un cocktail d’émotions explosif.

Anne était à deux doigts de craquer, de tout laisser tomber jusqu’à elle-même en se laissait mourir. Elle ne l’avait pas exprimé clairement, mais la teneur de ses propos l’induisait implicitement. Que pouvait dire Ross devant ce désespoir intense qui lui tordait les boyaux ? Pas facile pour cet homme d’agir sereinement. Il essaya d’employer un ton neutre pour éviter de montrer son affection.

- C’est normal que tu sois terrifiée par ce bébé. N’importe quelle femme l’est quand elle apprend qu’elle est enceinte. C’est la concrétisation d’un désir qui entraîne un tas de questions auxquelles on ne pense pas avant. Bien sûr, pour celles qui n’ont pas de soucis, la joie l’emporte sur les angoisses mais tôt ou tard elles sont obligées d’y faire face. Toi, Anne, tu as vécu des événements tragiques qui ont gommé le côté positif de la situation. Qui pourrait t’en blâmer ? Personne, surtout pas moi.

Toujours debout, il termina son thé sans rien dire en guettant la moindre réaction de son amie. Elle semblait tellement paumée ! Il souffla longuement en silence et se rapprocha d’elle. Gentiment, il frictionna son dos et ses bras pour la réchauffer. Enroulée dans son plaid, elle avait l’air frigorifiée alors qu’il ne faisait pas froid.

- Je ne peux pas me mettre à ta place. Je peux deviner certaines de tes pensées mais je ne peux pas ressentir ce qui se cache au plus profond de toi.

Ross contourna le canapé et s’assit à la place restante. Il s’accouda au dossier et se tourna un peu pour faire face à Anne.

- Je peux essayer de t’aider. Tu as trop de choses en tête actuellement, il faut faire le tri dans tout ça. Mais il faut que tu en aies envie, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Moi, j’ai très envie de t’aider mais je ne peux rien faire sans ton consentement.

Tout comme il ne pourrait rien faire si finalement elle décidait d’avorter. A moins d’enfermer la jeune femme pour qu’elle ne puisse pas faire ce qu’elle voulait, l’homme était impuissant. Quand il s’agissait de mener à terme une grossesse, l’homme ne faisait que subir les décisions de la femme qui avait tous les pouvoirs en la matière.

- Même si tu n’y vois pour le moment que des inconvénients, dis-moi que tu aimerais y voir plus clair. D’ailleurs, depuis quand tu le sais ?

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Jeu 22 Mar - 15:14

Ross devait se poser de nombreuses questions et je n'étais pas du genre à tourner autour du pot. Je préférais donc nous épargner une discussion stérile sur tout et n'importe quoi et attaquer directement le vif du sujet. Ou pas... Je ne savais pas. Je ne savais plus. J'ai toujours ressenti cette envie de porter un enfant, mais les facteurs avaient changé. Trop changés. A chaque fois que j'avais envisagé ces moments, les scènes se déroulaient en France, au Domaine. Je revoyais très bien cette jolie petite fille qui courait et riait aux éclats dans le jardin après Liam ou encore à essayer mes talons après s'être barbouillée le visage avec du rouge à lèvre. Ces scènes, ces instants à imaginer ce qu'aurait pu être mon avenir me poignardaient le cœur. C'est ainsi que j'en venais à avouer ma panique. Ross prit la parole et au lieu de me rassurer, elles renforcèrent ma solitude.

Non... Arrêtes... Ne fais pas ça... Ne mets pas cette distance entre nous ! J'ai besoin de ton aide et non l'aide d'un étranger... Voilà ce que j'avais envie de lui hurler. Je serrais davantage la couverture contre moi pour tenter de me réchauffer, mais rien n'y faisait. La fatigue, la solitude, les nerfs qui lâchent... Autant de raisons de me sentir frigorifiée. Mon regard se détourna de Ross car je ne pouvais supporter son éloignement. Comprit-il mes pensées ? Avait-il deviné que je n'avais besoin que de lui et de sa présence à mes côtés ? Quoiqu'il en soit, il s'était rapproché. Son contact me fit du bien et semblait plus efficace que cette foutue couverture. Il ignorait ce que je ressentais. Je l'ignorais moi même. Tout se confondait et donner un nom sur chacun d'eux semblait impossible.


- « Un sentiment d'échec, d'impuissance... Il y en a trop pour tous les citer. Tellement de choses se sont passées en 4 mois. Et quoique tu en dises, au final, ce sont des choses que j'aurais pu éviter. »

Oui. J'ignorais comment, mais j'étais certaine que j'aurais pu tout éviter. Ross vint s'asseoir à côté de moi et ça me tuait de le voir aussi inquiet. Surtout quand j'en étais la cause. Pourquoi n'arrivais-je pas à m'en sortir seule ? Avant que je ne remette les pieds à Genome, que je reprenne contact avec mes proches encore vivants, j'avais réussi à survivre. Là l'obstacle me semblait insurmontable. Mes proches me rendaient-ils faibles ? Dans un sens, je ne pouvais nier cet état de fait, mais ne pouvaient-ils pas être une force également ? Je l'espérais.

Ross me proposa à nouveau son aide. Je n'étais pas contre, mais pourrais-je tout lui dire ? Pourrais-je lui avouer les plus sombres moments de ces derniers mois ? Je n'en étais pas certaine. Là encore je ne pourrais supporter la déception qui se lirait forcément dans son regard. Il me croyait assez forte pour sortir la tête de l'eau. Forte... Je ne l'étais pas. La preuve ! Ma vie se résumait à fuir et à rester cacher. J'en venais à détester le fait d'être née avec ce gène. Sans lui, je ne me serais pas spécialisée dans la recherche de notre mutation. Sans lui, je ne serais jamais allée chez Genetic. Sans lui, il n'y aurait jamais eu d'incendie.

Je me collais contre mon ami pour détruire une bonne fois pour toute le gouffre qui nous séparait quelques minutes plus tôt. Ma tête contre sa poitrine, j'écoutais les battements de son cœur pour me calmer.


- « Depuis ce matin... Je ne me sentais pas bien ces derniers temps et j'ignore pourquoi j'ai acheté un test de grossesse. C'était tellement stupide sur le coup... Ce matin, je me suis décidée à le faire et Sonny est arrivée avant que je puisse voir le résultat. Elle l'a vu avant moi et commençait à imaginer ce que serait ma vie. Quand je lui ai dis que je ne pourrais pas le garder, elle s'est énervée. Elle veut une famille... et elle attends de moi que je lui en donne une comme avant... Mais plus rien ne sera comme avant. Ce bébé ne ramènera pas ceux que nous avons perdu. Une famille ne peut en remplacer une autre... »

Je sentais les larmes monter, mais ce n'était pas le moment. Je repris la parole.

- « J'ai échoué avec eux... Jeremy et Maxime se sont enfuis sans prévenir. L'un se trouve chez Genetic et l'autre me hait. Pour Sonny, je suis une menteuse et une tricheuse qui les aurait abandonné ce jour là. »

Le bilan n'était pas très glorieux en ce qui concernait mon aptitude à élever des enfants. Là encore il s'agissait d'adolescents, capable de comprendre les choses. Là il s'agit d'un bébé que nous devrons protéger d'un ennemi puissant dans la ville même et qui sera partagé entre son père et sa mère. Comment pourrions nous y arriver ?

- « Cette responsabilité est trop lourde... Je ne pourrais pas la supporter... »

Je relevais la tête pour que nos regards puissent se croiser.

- « Je n'ai pas le droit de te demander ça, mais... Ne me déteste pas. »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Dim 25 Mar - 23:44

Un sentiment d’échec, d’impuissance… Oh comme il la comprenait. Anne et Ross n’avaient pas vécu les mêmes événements mais leurs ressentiments étaient sensiblement les mêmes. Seule leur intensité était différente. Les souffrances de la jeune femme étaient supérieures à celles de son ami. Il avait mal pour elle mais ça ne servait à rien. La compassion dont il faisait preuve n’aidait pas la jeune femme à remonter la pente. S’il voulait l’épauler, il devait faire abstraction de ses sentiments, comme il avait tenté de le faire avec son fils. Le résultat était loin d’être concluant avec Wyatt. L’incapacité notoire à ne pas réussir à prendre de la distance vis-à-vis de ses proches bouffait le psychologue de l’intérieur. Il était conscient qu’il ne pouvait pas tout régler mais il n’arrivait pas à s’y résoudre. Peut-être était-ce son acharnement qui faisait tout rater au final ? Ce qu’il disait semblait inefficace. Il devait tout de même persévérer et ne surtout ne pas s’apitoyer sur le sort de son amie. S’il fléchissait, elle s’écroulerait de plus belle. Il devait la secouer pour la faire réagir. N’’étant pas d’accord sur les responsabilités qu’elle endossait, il n’eut pas besoin de se forcer.

- Non ! Arrête avec ta culpabilité ! Objecta-t-il en déplorant aussitôt d’être trop ferme.

Ce n’était pas ainsi que son amie ne se sentirait plus responsable. Les reproches n’étant généralement pas faits aux innocents, elle risquait de le prendre mal. Elle aurait raison. Au lieu d’être plus persuasif dans son discours, il l’enfonçait un peu plus dans sa culpabilité. Elle avait besoin de gentillesse, de douceur, pas d’un sermon et encore moins d’une sommation. Avant qu’elle n’ait le temps de réagir négativement, il devait rattraper le coup. Le contact était la meilleure façon de faire passer le message. Il prit le visage de la jeune femme entre les mains pour forcer son regard.

- Même si tu avais été présente le jour de l’incendie, tu n’aurais rien pu faire. Tu n’as pas tué Liam, tu n’as pas tué les enfants. Si tu l’avais fait, tu serais devenue folle depuis. Personne ne peut endosser de tels actes sans avoir de graves séquelles. Tu ne serais peut-être même plus de ce monde… Anne, tu n’es pas res..pon… sable.

Plongeant ses yeux dans ceux de la jeune femme, l’écossais parla avec une douce détermination ; sur le dernier mot, il appuya chacune des syllabes afin de lui faire entendre raison. Il voulait lui faire entrer dans la tête progressivement mais sûrement afin qu’elle admette son innocence dans le drame du domaine. Il baissa ensuite légèrement la tête et colla son front contre le sien, le visage de la jeune femme toujours entre ses mains. Il laissa s’écouler quelques secondes avant de reprendre sa position initiale. Anne se rapprocha alors de Ross pour lui annoncer qu’elle était au courant de sa grossesse que depuis le matin. Il comprit déjà beaucoup mieux les événements qui s’en suivirent.

- Tu as raison. Une famille ne peut pas en remplacer une autre, mais il peut en exister d’autres. La vie continue. Tu peux regretter certaines erreurs, personne n’est parfait, surtout concernant l’éducation des enfants. Mais tu peux aussi essayer de réparer. Je ne sais pas pourquoi Jeremy et Maxime se sont enfuis, le sais-tu toi ? Si ça se trouve, tu n’as rien à voir avec leur fuite. As-tu eu l’occasion de le leur demander ?

Ross passa son bras autour des épaules d’Anne, caressant doucement son bras. Il aimerait tellement lui donner quelques pistes pour se relever. De son point de vue, la jeune femme endossait toutes les responsabilités sans vraiment chercher à comprendre. Trop de personnes étaient concernées, ce qui rendait l’histoire complexe. Anne n’avait sans doute pas fait le tour de toutes les questions pour y voir plus clair.

- Quant à Sonny qui t’accuses. Il n’y a rien de plus normal. Ce n’est pas pour autant que c’est vrai. Quand un grave problème survient dans une famille, c’est toujours la faute des parents. Les parents sont censés protégés les enfants et quand ils se rendent compte que les parents ne sont pas tous puissants, ils sont perdus et ils en souffrent. Il faut alors qu’ils trouvent un coupable. Ce sont toujours les parents qui trinquent dans ces cas là, tout simplement parce qu’ils sont en première ligne. Mais avec le temps, ils finissent par comprendre que tout n’est pas comme ils rêvaient que ce soit. Il faut être patient.

La patience n’était pas donnée à tout le monde mais l’amour permettait souvent de se dépasser. C’était loin d’être facile à gérer mais ce n’était pas impossible. Fallait-il encore avoir des objectifs et se projeter dans l’avenir. Ce n’était pas le cas d’Anne qui restait bloquée dans le passé. Elle n’arrivait plus à avancer. Ross pouvait l’entraîner avec lui mais ce n’était pas une solution durable. Il fatiguerait le pauvre. Mais non, il allait réussir à lui faire passer la première en direction du futur ; il devait s’en persuader. Il laissa de côté le sujet de l’enfant à naître. Redonner confiance à son amie était la première chose à faire. Que ne ferait-il pas pour cette femme qu’il aimait beaucoup ? Un peu trop peut-être. Lorsqu’elle releva la tête pour lui demander de ne pas la détester, il soupira sans rien dire. Ce n’était pas gagné pour la confiance ! Il l’enlaça alors et l’embrassa aussi tendrement que possible. Si avec ça elle pensait encore qu’il la détestait, il n’avait plus qu’à se mettre une balle dans la tête pour lui prouver qu’elle avait tort.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Lun 26 Mar - 12:05

Quand une femme perd sa famille, son sentiment de culpabilité est généralement si grand qu'elle ne peut s'empêcher de s'en voiler la face. Il aurait été si facile de nier ce qui s'était passé cet été. Si facile d'oublier pour ne plus souffrir. Mais voilà... La souffrance était telle qu'il m'était impossible de l'occulter. Ces souvenirs me harcelaient nuit et jour et je n'arrivais pas à m'en défaire. Je commençais à perdre espoir d'y parvenir. Le seul espoir qui me restait se trouvait en la personne de Ross. Un faible espoir dans la mesure où il commençait à perdre patience. Je n'avais pas avancé depuis un mois et je lui ressortais le même refrain. Si je ne parvenais pas à aller mieux, il finirait par se lasser et s'en aller. Je le voulais, mais ça faisait si mal. Le simple fait de respirer me demander des efforts.

Mon regard s'était détourné du sien jusqu'à ce qu'il me prenne le visage pour établir à nouveau le contact visuel. Associé à ses paroles, il n'en fallu pas de plus pour que les larmes fassent leur entrée. Je ne les avais pas tué, mais j'aurais dû me trouver là bas !


- « Et alors ? »

Après ses explications, je ne pu retenir ces deux mots. Deux petits mots qui allaient me donner droit à un second sermon. Il voulait que je lui explique ce que je ressentais. C'était chose faite ! A quoi me servait-il d'être encore en vie ? Peut être était-ce égoïste vis à vis de Ross de dire cela alors que je portais son enfant. Peut être qu'une femme forte n'aurait jamais pu dire ça. Peut être... Peut être... Comment être certaine de ce qui est ? Tout était si subjectif que je ne pouvais blâmer mon ami de ne pas me comprendre. Son front contre le mien, je me surprenais à fermer les yeux. Je me sentais en sécurité et moins mal que si j'étais rentrée seule.

Lorsque Ross se remit correctement sur le canapé, je vins automatiquement à sa rencontre. Sa chaleur m'apaisait et m'encourageait à me confier. Tout paraissait plus simple dans ses bras. Je lui avouais qu'au final, je n'avais eu connaissance de ma grossesse que le matin même. Ce matin... Cela me semblait si loin. J'écoutais mon ami prendre les points un par un afin de m'aider d'y voir plus clair. Il avait le recul nécessaire pour voir ce qui aurait pu m'échapper. Mais tout comme moi, il ignorait tout. Lui c'était normal. Pour moi, ça l'était moins. S'ils ne m'avaient rien dit c'est qu'ils n'avaient pas confiance en moi, qu'ils ne me croyaient pas capable de les protéger. Pour Sonny, c'était une toute autre histoire. Je n'étais tout simplement pas assez bien pour elle.


- « J'ai vu Maxime après l'épisode du Blue Lake. Elle n'a rien voulu me dire... Tout ce que je sais c'est qu'elle me haït. Je ne sais pas pourquoi, mais je n'avais jamais vu autant de colère dans ses yeux. Nos rapports n'ont jamais été simples, seulement là... C'était... Horrible... Sinon, je ne veux plus être patiente. Je veux seulement que tout cela cesse. »

Ross n'aborda pas le sujet de l'enfant à naître ou du moins de l'enfant en cours. Il devait juger que ce n'était pas le bon moment. Après tout, j'étais à deux doigts de renier chacun de mes protégés. Chose que je regretterais forcément si mon existence perdurait. Il ne répondit pas à ma supplication. Il se contenta de m'embrasser tendrement. Ce geste valait tous les discours ou sermons. Je n'avais finalement besoin de rien d'autre. Seulement, l'assurance que je n'étais pas seule. Avec la force du désespoir, je me mis à califourchon sur ses genoux pour approfondir ce baiser. L'une de mes mains trouva immédiatement refuge dans ses cheveux alors que l'autre lui massait la nuque. Dans ces caresses, je souhaitais oublier. Comme la dernière fois...

- « Sauve moi », murmurais-je.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Mer 28 Mar - 14:18

*Et alors ?* Cette question succincte frappa le psychologue en pleine face comme un mauvais retour de boomerang. *Rien* fut le premier mot qui lui vint à l’esprit. Son petit discours qu’il voulut persuasif fut comme un pavé dans la mare, il ne servit à rien. Il avait l’impression de parler une autre langue, de ne pas être entendu et encore moins compris. Perturbé par la réaction de son amie, il se frotta la nuque comme si l’explication miracle existait à cet endroit. La française n’avait pas fait le deuil de son mari et des habitants du domaine. Il ne pouvait pas le faire à sa place. Il ne savait plus quoi dire pour faire entendre raison à son amie. Anne n’était pas réceptive. Elle était rongée par la culpabilité. Devant cette force négative, Ross se rendait à l’évidence, son statut d’amant ne faisait qu’aggraver ce sentiment ; il n’était pas la personne dont la jeune femme avait besoin. Un étranger obtiendrait sans doute de meilleurs résultats que lui.

Les pensées du psychologue furent troublées par le désespoir se déversant des prunelles de son amie. Il ne supportait plus de lire autant de détresse sur son visage. Devant son désarroi, il baissa la tête et ferma les yeux. Etait-ce de la pudeur ou de la faiblesse ? Les deux certainement. Il se retenait de pleurer avec elle. Si encore ça l’aidait à se sentir mieux, il mettrait sa fierté de côté et s’efforcerait de montrer ce qu’il ressentait ; après tout, elle l’avait déjà vu lâcher prise alors que son fils était dans le coma. Cependant, Anne n’avait que faire d’une loque larmoyante auprès d’elle. L’écossais devait se montrer fort.

Collé à elle, il écouta ses explications concernant Maxime, Jeremy et Sonny. Très peu d’informations en résumé, rien de probant permettant de prendre des décisions susceptibles de régler les conflits. De plus, la patience d’Anne étant réduite à néant, aucune solution n’était envisageable ; même le court terme était trop long pour elle. Aurait-elle tiré un trait définitif sur ceux encore vie ? Peut-être. C’était une façon comme une autre de mettre tous ceux qu’elle aimait profondément sur le même pied d’égalité. En les faisant disparaître, ils emportaient leurs problèmes avec eux et n’en amèneraient pas d’autres. Ce comportement radical était horrible à vivre. La mort d’êtres aimés était dramatique mais avec le temps, la douleur, le goût amer de la souffrance et le poids de l’absence s’amoindrissaient, en général... Et si ce n’était pas le cas d’Anne ? Elle avait déjà dit ne plus avoir envie de rien ? Si Ross n’arrivait pas à l’aider à remonter la pente ? Qu’adviendrait-il de son amie ? Se laisserait-elle mourir pour en finir ? Qu’attendait-elle de lui ? Que pouvait-il dire d’autre ? Rien ! En fait Ross ne servait à rien...

*Rien* Ce mot revenait de plus en plus souvent. Pourtant, en y songeant, un petit rien pouvait faire beaucoup. Quel était ce petit rien ? Aucune idée… Décidément, Ross n’était pas doué avec ses proches. Il n’arrivait pas à décrypter ce dont ils avaient besoin. Depuis les révélations faites à son fils, le sentiment d’impuissance s’intensifiait au fil des jours. Perdre le contrôle de la situation alors qu’il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour le conserver le faisait se remettre en question. Ne pas réussir à soutenir ceux qu’il aimait le rendait dingue.

A quoi bon faire des suppositions ? Toutes ces tergiversations mentales étaient inutiles. Aussi ne trouva-t-il pas mieux que de l’embrasser. Ce fut un acte sans aucune arrière-pensée. Une simple marque d’affection prouvant qu’il était là pour elle. Contre toute attente, Anne se mit à califourchon sur ses genoux. Elle approfondit le baiser auquel il répondit spontanément tout en l’enlaçant fermement. Elle se fourvoyait en pensant qu’il pouvait la sauver. Pour être honnête envers elle et envers lui-même, il devait avouer qu’il n’était pas à la hauteur de cette attente. Ne souhaitant pas briser cet espoir naissant, il n’en fit rien. Après tout, c’était ce qu’il attendait, qu’elle réagisse ! Même si c’était faiblement, c’était un début. Il ne pouvait donc pas s’avouer vaincu aussi rapidement. Comme quoi, il suffisait vraiment d’un rien pour faire progresser les choses.

- Maintenant que je te tiens, je ne te lâche plus. Murmura-t-il à son tour.

En d’autres circonstances, il aurait sourit d’un air taquin. Là, il n’avait pas le cœur à plaisanter. Ross craignait qu’au moindre faux pas, Anne lui échappe, aussi bien physiquement que moralement. Ses mains caressèrent doucement les cheveux de la jeune femme, son visage, son cou, sa nuque ; elles s’arrêtèrent dans le creux de ses reins pour la rapprocher de lui. Il plaqua sa joue contre sa poitrine et soupira de satisfaction en fermant les paupières. Il aimait entendre les battements du cœur de son amie mais l’idée qu’ils cessent le fit frémir. Pour chasser cette mauvaise pensée, l’écossais resserra un peu plus son étreinte. C’était bon de la sentir vivante. Une montée d’adrénaline se propagea alors dans tout son être. Il inspira et expira profondément pour faire baisser la pression. La pensée de ne pas pouvoir aider son amie et de la perdre, comme il avait perdu Nicole, se fit omniprésente. Soudain, une peur intense l’envahit se traduisant par des palpitations cardiaques. Ses bras s’engourdissant, Ross desserra son étreinte et s’adossa au canapé, laissant sa tête devenue lourde tomber en arrière. Son souffle se fit de plus en plus court. Il avait mal dans la poitrine. Instinctivement il porta la main à son cœur. Comme s’il venait d’utiliser sa capacité, sa vue se troubla. Il ferma les yeux malgré lui…
Il suffit d’un rien pour avancer ou chavirer.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Jeu 29 Mar - 17:07

- « Sauve moi »

Qu'espérais-je à travers cette supplique ? Qu'attendais-je exactement de Ross ? Je l'ignorais, car il ne pouvait rien faire. Il ne pouvait remonter le temps. Il ne pouvait me rendre ce qu'on m'avait enlevé. Il ne pouvait qu'être là et assister, impuissant, à ma perdition. Je ne faisais que le torturer davantage. Il avait déjà sa vie. Son fils. Je n'étais qu'un poids et il n'en avait pas besoin. Ce baiser était-il une manière de lui dire adieu et de lui rendre sa liberté ? Peut être... Dans la mesure où mon avenir n'était qu'obscurité, toute hypothèse était envisageable, même si plusieurs d'entre elles m'entraînaient vers la lourde porte de l'au delà.

Dans cette étreinte, j'espérais pouvoir sentir à nouveau cette douce chaleur qui nous prenait tous les deux. Je souhaitais ressentir, une dernière fois, ce que cela faisait d'être tenue par l'homme qui vous appréciez le plus au monde. Mon désespoir était palpable, ça ne faisait aucun doute, mais au point où j'en étais, j'étais prête à tout pour un dernier moment de tendresse entre ses bras. Le mal était fait, il ne pouvait plus rien se passer. Malheureuse, je me pressais davantage contre lui. Je l'embrassais avec fougue. Je le caressais avec tendresse pour le retenir auprès de moi quelques instants encore. Ses mains au creux de mes reins me rassurèrent sur la réalité de ce moment, mais ce ne fut qu'à ses mots que je fus convaincue de son attachement. En m'éloignant de lui, je le blesserais tant dans sa fierté que dans sa confiance en moi. D'une part, parce qu'il n'aura su me protéger du monde et de moi même et d'autre part, parce que je serais partie sans rien lui dire. Même si j'avais l'intime conviction que je le faisais pour son bien, il ne l'accepterait pas.

Sa tête contre mon cœur, je me contentais de le tenir dans mes bras. Ma joue sur sa tête, j'essayais de le réconforter. J'étais la cause de ses soucis. C'était le minimum que je puisse faire pour l'apaiser. Mais ce moment fut de courte durée. Son étreinte se relâcha et il se mit au fond du canapé. Son souffle semblait court et lorsque sa main se plaqua sur sa poitrine, mon sang se figea. Non, pas lui ! Pas encore !


- « Ross, réponds ! Je t'interdis de m'abandonner ! Je suis la seule à pouvoir partir ! »

Le teint blafard, les yeux fermés Ross était peut être en train de faire une crise cardiaque. Aussitôt, je pris le téléphone pour appeler ceux qui pourraient l'aider efficacement.

- « Vite... Venez au [adresse]. Mon ami se sent mal. Il se tient la poitrine et... Pitié, dépêchez-vous.»

Je raccrochais et retourna auprès de Ross. Que devais-je faire ? Que... J'étais tétanisée. Je le fis s'allonger sur le canapé et desserrais le col de sa chemise. Je mis ma tête contre sa poitrine pour parvenir à entendre son rythme et lui pris son pouls. Trop rapide. Tachycardie ?

- « Qu'est ce que je dois faire... ? Aide moi... Je ne veux pas te perdre... Je... Je t'aime... »

Ma voix se brisa et je dû me contenter de le regarder, impuissante. Encore une fois, je ne pouvais rien faire pour sauver mes proches.
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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Dim 1 Avr - 0:22

Le cœur de Ross battait de plus en plus fort, sa poitrine lui faisait mal, des picotements dans les bras et les jambes se faisaient ressentir, il manquait d’air. Il avait l’impression de faire une crise cardiaque. Il se voyait partir en laissant Wyatt, Anne, Maxime, Aaron et tous ceux qu’il aimait derrière lui. En pensant mourir, il ne faisait qu’accentuer la peur à l’origine du malaise. Son corps avait pris le dessus sur sa volonté. Tout s’embrouillait autour de lui. Les images perçues devenaient floues jusqu’à sembler irréelles. Anne étant la cause involontaire de sa terreur, l’écossais ferma les yeux. Il espérait ainsi fuir son amie et reprendre le contrôle de sa vie. Cette réaction n’eut aucun effet. Ross ne voyait plus Anne mais il la sentait, il l’entendait parler au loin sans comprendre ce qu’elle disait. C’était insupportable. Son souffle se faisait de plus en plus court et engendrait une respiration inefficace. Si personne n’intervenait dans les secondes suivantes, il perdrait connaissance et peut-être ne se réveillerait-il jamais ! Il ne supportait pas cette idée. Il ne voulait pas mourir.

Le psychologue savait ce qu’il fallait faire pour lutter contre l’hyperventilation dont il était victime : se concentrer sur sa respiration et faire abstraction de tout ce qui l’entourait. C’était contre nature de respirer calmement alors que l’anxiété était présente, mais le fait de mettre de côté toutes les pensées négatives aidait à sortir du cercle vicieux dans lequel il était enfermé. Encore fallait-il avoir la force et la volonté pour arriver à se dominer ; ce qui pour le moment relevait de l’utopie. Anne prit alors l’initiative de l’allonger sur le canapé et de déboutonner le col de sa chemise. La position était plus confortable mais Ross se sentait toujours aussi mal si ce n’était plus. Malgré l’état dans lequel il se trouvait, il était conscient de lui faire vivre une nouvelle épreuve. Elle n’avait pas besoin de ça en ce moment. Elle ne voulait pas le perdre. Lui non plus ne voulait pas la perdre. Cependant, il n’y pouvait rien. Le proverbe « Quand on veut, on peut » était de la foutaise !

Etait-ce la déclaration de son amie ou l’instinct de survie qui le poussa tout de même à réagir ? Aucune idée. Peut-être les deux. Même s’il ne capta pas le sens réel des derniers mots d’Anne, ils lui donnèrent envie de se surpasser.

- Passe.. moi… un… sac.. en... plastique. Demanda-t-il fébrilement en ouvrant péniblement les yeux.

Ses mots furent entrecoupés d’inspirations saccadées. Il avait quand même réussi à exprimer ce qu’il voulait. Les secondes qu’elle mit à aller chercher ce dont il avait besoin pour l’aider à recouvrer une respiration plus profonde lui parurent une éternité. Ses paupières s’étaient de nouveau fermées. Il essayait tant bien que mal de se concentrer sur son souffle et de ne penser à rien d’autre. Et là il se disait que les conseils qu’il prodiguait à ses patients n’étaient pas faciles à suivre. Il fallait une sacrée volonté pour ne pas se laisser emporter dans d’autres sphères. Ne pas penser, se concentrer sur la respiration, ne pas laisser son esprit vagabonder, inspirer et expirer doucement…. Ross sursauta lorsque son amie revint avec l’objet désiré. Ses lèvres se mirent à trembler. Il fallait faire vite avant que sa conscience ne l’abandonne.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Dim 1 Avr - 21:03

Je t'aime... Deux petits mots que je croyais ne plus jamais utiliser de ma vie. Deux mots qui jusque là n'avait été dédié qu'à Liam. Et aujourd'hui... Aujourd'hui, je venais de les dire à Ross. Devenais-je folle ? Sans aucun doute. Comment pouvait-il en être autrement ? Ce sentiment ne pouvait être apparu comme par magie. Un sentiment, ça mettait du temps à évoluer. Il fallait le protéger, le développer. Je n'avais rien fait de tel et pourtant, il tambourinait dans ma poitrine. Il était si fort que je ne pouvais le contenir ou le cacher. Si fort que je ne pouvais admettre de perdre la seule personne qui croyait encore en moi. J'avais déçu tous les autres, je me devais d'être à la hauteur pour lui. Je ne pouvais l'abandonner alors qu'il était au plus mal. Je devais réagir ! Allez !

Ross me demanda un sac en plastique et je fis directement le lien avec l'hyperventilation. J'ignorais que le psychologue souffrait de ce genre de crise. J'en venais même à me demander si je n'avais pas été égoïste au point de ne pas m'être enquérie plus tôt de la santé de mon ami. Il s'occupait de Wyatt, de moi... Mais qui s'occupait de lui ? Qui se préoccupait de sa santé ? A ma connaissance, personne. Arriverais-je à le soutenir ne serait-ce qu'un peu ? Mon envie de fuir tout cela me reprit, mais je m'obligeais à rester. Il avait besoin de moi ! Je n'avais pas le droit de le laisser tomber ! Pas après tout ce qui s'était passé ! Ramenant un sac en papier, je le positionnais sur la bouche de Ross.

Je plongeais mes yeux dans les siens de sorte à lui faire comprendre que tout irait bien. Pour l'apaiser davantage, ma main droite se mit à caresser ses cheveux et son front d'un geste presque maternel. A cette pensée, une image s'imposa à mon esprit. Je voyais une petite fille. Elle était si jolie avec ses yeux bleus et ses petites dents blanches... Et pourtant, je n'avais aucun désir de l'avoir auprès de moi, car je savais qu'elle ne serait pas en sécurité avec moi. Je savais que, malgré tous mes efforts, elle aurait à souffrir d'avoir une mère telle que moi. Non seulement, la possibilité qu'elle ait également un gène mutant était extrêmement forte et elle serait confrontée à des choses qu'un enfant ne devrait pas avoir à subir.

Je ne savais pas quoi dire après cette déclaration. Tout aurait paru fade ou aurait pu sonner comme une excuse ou une justification. Il n'y avait rien à dire, seulement à attendre que Ross se calme et aille mieux.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Lun 2 Avr - 21:12

Ross pensa au pire mais ne put s’y résoudre. Dans un ultime appel au secours, il souleva ses paupières devenues trop lourdes. Il croisa le regard bienveillant d’Anne lorsqu’elle positionna le sac sur sa bouche. Il se sentit vaciller comme s’il était au bord d’un précipice. Pour ne pas tomber dans l’abysse, il chassa immédiatement cette vision en refermant les yeux aussitôt. Il devait se concentrer uniquement sur sa respiration et ne penser à rien d’autre. Ce qu’il fit au point de ne pas sentir les gestes d’apaisement prodigués par son amie. Les picotements dans ses membres disparaissaient, son cœur ne martelait plus sa poitrine au point de lui faire mal, son souffle reprenait petit à petit un rythme normal et la sensation de vertige s’estompait. Après plusieurs minutes, les effets de la panique s'atténuèrent. Ross se calma. Que lui était-il arrivé ?

En faisant un rapide examen de la situation précédente, il en conclut à une attaque de panique. Elle ressemblait fort au malaise qu’il avait eu le soir où il était allé chercher Anne dans une taverne et qu’une femme médecin lui était venue en aide. Elle ressemblait également un peu à ce qu’il avait ressenti le jour de la sortie de Genome de Wyatt ; ce jour là, son corps n’avait pas pris le dessus sur sa conscience car il avait réagi en fuyant le lieu de ses angoisses.

Dans l’appartement d’Anne, la crise de panique n’avait duré que quelques minutes mais ces instants s’étaient déroulés au ralenti. Ross avait eu la désagréable sensation de ne plus appartenir à son corps. Tout lui parut étrange : les objets, Anne, ses propos… C’était comme dans un rêve ou un cauchemar où tout était déformé, comme un vieux film qui s’était déroulé sous ses yeux sans qu’il puisse interférer dans l’histoire. Le malaise passé, un temps de transition était nécessaire pour s’en remettre complètement, pouvoir se lever et marcher. La bouche sèche et les mains glacées, Ross était exténué. Un bon bain chaud ou un petit somme serait une aide non négligeable pour récupérer tous ses esprits.

Les secours arrivèrent à ce moment là. Ils posèrent les questions habituelles à la française avant d’ausculter l’écossais. Il se laissa faire sans rien dire. Par contre, il refusa de se laisser emmener à l’hôpital.

- Hors de question ! Pour une simple crise de panique, pas besoin d’examens complémentaires. Avec l’accident de ce matin, les services d’urgences de l’hôpital ont plus grave à s’occuper. Je suis psy et je sais que j’ai juste besoin d’un peu de repos et tout rentrera dans l’ordre. Je vous signe une décharge si vous voulez. Alors foutez-moi la paix ! Protesta-t-il énergiquement.

- Anne, s’il te plait. Implora-t-il au cas où elle irait à l’encontre de ses désirs.

Il n’avait pas besoin d’aller à l’hôpital. Il aspirait au calme. Il ne voulait pas laisser Anne seule. Trois bonnes raisons qui ne le feraient, en aucun cas, changer d’avis. Il attendit que la jeune femme raccompagne les secours jusqu’à la porte pour se redresser et se caler confortablement dans le canapé. Il avait raccompagné son amie chez elle pour la soutenir, il ne se défilerait pas. Pourtant, les rôles avaient été inversés bien malgré lui. Alors qu’il n’y avait aucun danger imminent, la terreur s’était emparée de son bon sens à l’idée de perdre sa meilleure amie. Putain d’imagination ! Pourquoi, depuis quelques temps, n’arrivait-il plus à vivre le moment présent sans penser au lendemain ? Pourquoi fallait-il qu’il tire des plans sur la comète catastrophiques ? Les drames successifs avaient-ils eu raison de lui ? Non, pas encore, mais bon….

- Je fais un sacré Saint-Bernard n’est-ce pas ?
Ce n’était pas une question mais une piètre constatation. Il aurait aimé éviter une contrariété supplémentaire à la jeune femme. Il n’avait pas pu.
- Plus Bernard que Saint avec ceux que j’aime, mais bon, faut faire avec. Ironisa-t-il en esquissant un sourire.

Il ne devait pas se laisser abattre. L’épisode précédent n’était pas complètement négatif. Anne avait réagi pour venir en aide à Ross. En temps normal, son « je t’aime » n’aurait pas manqué de le surprendre. Elle aimait trop Liam pour tomber amoureuse seulement quelques mois après sa mort. Il aurait fini par le prendre comme une taquinerie et serait sans doute entré dans son jeu. Après tout, il était normal que deux amis s’aiment. Au moment où elle prononça ses mots, Ross le prit comme un cri de désespoir sans être certain d’avoir bien entendu. En tout cas, il était fort probable que cette déclaration l’ait aidé à surmonter son angoisse oppressante.

- Moi non plus, je ne veux pas te perdre. Dit-il en tendant la main vers la jeune femme.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Mer 4 Avr - 19:41

Lorsque les secours arrivèrent, la situation se compliqua davantage. Ils conseillaient à Ross de venir avec eux à l'hôpital pour effectuer quelques examens complémentaires et se reposer. Si mon ami avait besoin de soins que je n'étais pas en mesure de lui prodiguer, il était peut être préférable pour lui d'y aller. Pourtant, il refusa. Ross minimisait cette crise certainement pour rester auprès de moi. Si j'avais été plus forte, il aurait peut être accepté de les suivre sans rechigner. Mais dans la mesure où il avait besoin de mon aide pour les convaincre que tout ceci était inutile, je ne pouvais lui dire « non » après ce qu'il avait fait pour moi. Je me devais d'être là pour lui aussi.

- « Je veillerais sur lui, rassurez-vous. », dis-je le plus posément possible.

Je les raccompagnais jusqu'à la sortie pour éviter que Ross ne soit encore plus embêté par leur présence lorsque l'un d'eux se retourna vers moi :


- « Votre visage m'est familier. Ne nous sommes pas déjà rencontrés ? »

- « Je ne vois pas. Ce ne doit être qu'une impression. Bonne fin de journée. », dis-je en refermant la porte.

Et voilà comment se faire oublier de l'un de ses geôliers. Heureusement qu'il ne s'était pas rappelé d'où mon visage lui était familier, auquel cas le départ n'aurait pas été aussi simple. Retournant dans la salle, je me laissais aller contre le chambranle de la porte pour regarder Ross. Il semblait épuiser et je m'en voulais de lui infliger autant de soucis. Il essaya d'alléger l'atmosphère en sortant une petite blague, mais je n'avais pas le cœur à rire. Non pas à cause du Domaine ou de ses nombreux morts, mais bien à cause de l'inquiétude grandissante qui prenait d'assaut mon cœur. Je venais à peine de le retrouver qu'il souffrait déjà. Était-ce ma faute ?


- « Qu'importe. Je prends les deux. »

Je n'osais m'approcher de lui. Je craignais de devoir m'expliquer sur ma déclaration et constatant que je n'avais aucune réponse à lui apporter, je préférais fuir le sujet. Pourtant, il semblait évident que je n'y couperais pas. Un jour viendra où il nous faudra aborder le sujet. Demain. Dans une semaine ou un mois. Si sentiment réel il y avait, ils ne tarderont pas à s'exprimer d'eux mêmes. Soudain Ross me tendit la main et dû deviner ce à quoi je pensais. Ses mots ne trompaient pas. Il devait se douter que ma déclaration m'avait prise au dépourvue autant que lui. Mettant mon cerveau en pause, je saisis sa main et vint m'asseoir à côté de lui. Je déposais ma tête sur son épaule et entrecroisais mes doigts dans les siens. J'avais besoin de cette main salvatrice. Elle seule était en mesure de me comprendre et de me sortir des ténèbres dans lesquelles je m'étais enfoncée. Et au final, je n'avais besoin que d'elle.

Sa main était glacée et j'essayais tant bien que mal de la réchauffer entre les miennes, mais rien n'y faisait. J'étais aussi gelée que lui. Il y aurait bien une solution, mais j'ignorais si Ross me suivrait sur ce coup là...


- « L'hiver n'est pas encore là que nous sommes déjà frigorifiés. Dans ces cas là, il n'y a rien de mieux qu'un bain pour réchauffer. Ça te dit de m'accompagner ? »

Je l'embrassais au coin des lèvres et me levais pour aller dans la salle de bain. D'un geste, je fis couler l'eau et m'assurais que celle-ci n'était ni trop chaude, ni trop froide. Puis, doucement, je pris le bas de mon haut et le relevais. Ma peau désormais nue se mit à frissonner. Il ne faisait vraiment pas chaud. Du moins pas encore...
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Jeu 5 Avr - 21:36

C’était le monde à l’envers. Ce n’était pas à Anne de veiller sur Ross mais l’inverse. Il l’avait promis à Sonny, il se l’était promis, il ne devait pas faillir. Il admettait que c’était plus facile à dire qu’à faire. La motivation ne lui faisait pas défaut pourtant ! L’écossais remercia intérieurement son amie de ne pas être allée contre son désir. Il n’avait pas besoin d’aller à l’hôpital. Il voulait rester près d’elle et la protéger. Seulement, les rôles ’étaient inversés mais le fait qu’Anne ait réagi n’était pas négligeable. En s’occupant de l’écossais elle occultait ses problèmes. Peut-être pas pour longtemps, mais c’était toujours ça de gagner sur la douleur qui la rongeait sans cesse depuis l’incendie du domaine. Malgré tout, l’écossais avait peut-être réussi à semer le doute dans les pensées défaitistes de la jeune femme. Ainsi, elle redécouvrait qu’elle n’était pas sans valeur. En tout cas, elle ne l’était pas aux yeux du psychologue qui s’empressa de la rassurer lorsqu’il la vit soucieuse.

- T’inquiète pas. Ca va aller Manouchka.

Il en était convaincu pour lui mais pour son amie. Ross ne voulait pas être fardeau. Il voulait être celui qui lui apporte un peu de sérénité. Si au moindre malaise, elle s’inquiétait pour lui, cela risquait d’être difficile à supporter. Elle avait assez à faire avec ce qu’elle endurait depuis des mois. Cela dit, elle acceptait le piètre Saint-Bernard qu’il était. C’était rassurant. Leur amitié étant sincère et leur estime réciproque. Tout comme ils avaient partagé les plaisirs, ils partageraient leurs peines. Ils se battraient ensemble contre les forces extérieures créatrices de tensions affectant la vie de façon imprévisible ; ils arriveraient à surmonter les épreuves infligées par la vie.

Après avoir raccompagné les secouristes, Anne vint s’asseoir à ses côtés. Elle tentait tant bien que mal de réchauffer les mains. Même si elle ne réussissait pas, son contact et son attention lui faisaient le plus grand bien. En soutenant son ami, elle se soutenait elle-même, c’était du moins ce qu’il espérait. Il passa un bras autour de ses épaules et attira Anne vers lui afin de sentir sa chaleur. Ross allait déjà beaucoup mieux. Il avait les traits tirés mais la peur de perdre son amie l’avait quitté. La perspective de prendre un bain chaud était alléchante. Il n’hésita pas un quart de seconde avant d’accepter.

- Bien sûr ! Dit-il en voulant se lever juste après Anne.

Le psychologue avait présumé de ses forces. Ses jambes encore en coton n’avaient pas complètement récupérer leur motricité.
*Ne confondons pas vitesse et précipitations* Pensa-t-il en reposant son postérieur sur le bord du canapé.

- Deux minutes, Bernard arrive. Lança-t-il d’un air las mais léger.

Pendant qu’Anne s’affaira dans la salle de bains, il se massa les cuisses et les mollets pour faire circuler le sang. Il fallait revigorer un peu tout ça s’il ne voulait pas rejoindre Anne à quatre pattes. Quoi que, qui avait-il de plus normal qu’un Saint-Bernard marchant sur ses quatre pattes ? Ross ne voulait pas faire patienter Anne plus longtemps ; elle serait fichue de s’inquiéter encore pour lui. Ce fut donc à quatre pattes que le psychologue se rendit dans la salle de bain. Au diable le ridicule ! De toutes les façons il n’y avait aucun témoin. Arrivé aux pieds de la jeune femme, il redressa le torse mais resta à genoux.

- Un petit coup de main pour retirer le bas ? Demanda-t-il en esquissant un léger sourire.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Dim 8 Avr - 13:37

A peine avais-je enlevé mon haut que je vis dans le reflet du miroir Ross arriver à quatre pattes. D'accord... Finalement, je n'étais peut être pas la plus folle en ces lieux. Cette idée me fit doucement sourire alors que j'aurais mieux fait de m'inquiéter sur l'état mental de mon futur psychologue. Il essayait sûrement de me faire oublier les dernières péripéties de la journée. Et Dieu sait qu'elles avaient été nombreuses en ce jour. Le pire est que cette journée n'était pas encore terminée. En effet, j'avais déjà à mon actif la connaissance de ma grossesse, une dispute avec l'une de mes enfants, un accident de la circulation, une tentative d'évasion qui m'avait valu une immobilisation, l'évasion de ce même hôpital et une crise de panique de mon garde malade. Qu'allait-il se passer ensuite ? Un météorite ? Une invasion extraterrestre ? Cela paraîtrait tellement fade à côté de cette magnifique journée !

J'acceptais l'offre de Ross avec le même petit sourire en coin. Je me laissais faire lorsque ses mains déboutonnèrent mon pantalon, qu'elles firent glisser le long de mes jambes le vêtement. Une fois ce rempart mis de côté, je me laissais tomber à genoux pour être à sa hauteur. Mes lèvres vinrent effleurer doucement les siennes alors que mes mains prirent l'initiative de déboutonner sa chemise. Nous allions prendre un bain, celle-ci n'était pas invitée, de même que son pantalon. Mes lèvres allèrent se perdre dans le cou de l'écossais, alors que mes mains faisaient glisser son dernier vêtement. Désormais, nous étions à égalité sur ce point là. Mes yeux se portèrent sur la baignoire qui se remplissaient rapidement. Si je ne l'arrêtais pas maintenant, le débordement serait inévitable. C'est donc à contre cœur que je me séparais de Ross pour arrêter l'eau.


- « C'est prêt. »

Je tendis la main pour aider Ross à se relever. J'ignorais tout de son état car il faisait en sorte de ne rien me montrer. Pourtant, je pouvais deviner qu'il avait encore besoin de temps pour s'en remettre. D'où l'idée du bain... La baignoire n'était pas très grande, mais suffisamment pour nous permettre d'étendre nos jambes. J'étais au Paradis ! L'eau était bien chaude et s'occupait déjà à réchauffer mon corps. Les deux bras de chaque côté, je me laissais aller à fermer les yeux.

- « Je pourrais rester ainsi des heures... Tout est parfait. »

J'avais conscience que cette conversation n'était en rien productive, mais je n'avais pas spécialement envie d'aborder un sujet déplaisant. Ils étaient d'ailleurs trop nombreux pour tous les citer et je ne voulais pas que Ross ait pitié de moi. Même si j'avais mal, que j'avais besoin d'aide, j'étais la seule à pouvoir avancer. La seule à pouvoir m'aider réellement. Je devais tout simplement devenir plus forte. Mais comment ? Rien que d'y penser, je me sentais fatiguée et écrasée par le poids de cette nouvelle tâche. Et si je n'y arrivais pas ? Quelles seraient mes options ? Celles qui me venaient en tête étaient toutes négatives. Je n'avais donc pas d'autres choix. J'allais devoir me battre. Encore... Mais cette fois, je ne serais pas seule. Du moins, je voulais y croire.

C'est à cet instant que je décidais de rouvrir les yeux pour regarder Ross. Cette crise de panique montrait à quel point lui même était éreinté. Wyatt et maintenant moi... Wyatt n'avait rien à se reprocher. Il était normal qu'il passe avant moi, je le comprenais parfaitement. Il était son fils et les enfants passaient avant. C'est ce que j'avais essayé de faire tout le long de ma vie, mais j'avais échoué dans mon rôle de parent. C'est pourquoi je n'avais que très peu d'espoir pour celui qui voulait naître. J'étais encore plus cassée qu'avant. Le faire naître juste pour prouver au monde entier que j'étais capable d'être une bonne mère n'était pas une bonne chose. Ce bébé ne devait pas être une mission de rédemption.


- « Tu le veux vraiment ? Ce bébé... »

On ne pouvait pas faire plus brusque comme entrée... Mais je voulais savoir, comprendre en quoi cet enfant serait une bonne chose. Il semblait si convaincu que peut être en l'écoutant, je le serais également. Je me devais d'écouter son avis. Peu importe, la décision finale.
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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Lun 9 Avr - 12:21

Ne voulant pas montrer son état de faiblesse physique encore présent, Ross s’était mis à quatre pattes pour rejoindre la salle de bains. Anne ne devait pas s’inquiéter pour lui plus qu’elle ne l’était déjà. Quoi que ! Marchant ainsi, elle était en droit de se poser des questions sur la santé mentale de l’écossais. Elle pouvait aussi le prendre à la légère en pensant qu’il faisait le clown pour détendre l’atmosphère. En acceptant de prendre un bain, l’écossais était persuadé que ça irait mieux ensuite. L’eau était un élément salvateur pour lui, il espérait qu’il en était de même pour la jeune femme.

Resté à genoux, il lui ôta le bas comme il l’avait proposé. En même temps que le pantalon, ses doigts glissèrent sur les jambes magnifiques de la française. Il avait l’impression de les découvrir pour la première fois. Il n’émit aucune résistance lorsque son amie entreprit de le déshabiller. C’était toujours agréable de se laisser faire. Ainsi, il avait tout le loisir d’admirer sa beauté. Ses jambes, son ventre, son corps, ses seins, son visage, ses cheveux dans lesquels une main s’aventura alors qu’elle l’embrassait dans le cou ; tout était parfait chez elle. Ne se prenant pas pour un canon de beauté masculine, l’écossais se demandait comment Anne avait été attirée par lui. Une histoire de phéromones ? Sans doute. Cela dit, elle n’était pas du style à s’arrêter au physique. Il n’y avait qu’à voir la tête de son mari pour savoir que ce n’était pas ce qui lui importait. Liam n’avait rien d’un Cyprès ou d’un Apollon, mais son charisme et son charme alliés à un caractère conciliant et une intelligence certaine faisaient de lui un homme presque parfait. Ross était loin de lui arriver à la cheville, surtout depuis quelques temps. Il avait peut-être un atout par rapport à son défunt mari : leur amitié, car, contrairement à l’amour "il ne peut pas y avoir d’amitié sans réciprocité".

Aidé de son amie, il s’installa dans la baignoire, face à elle, Ross ressentit l’essence du bien-être envahir tout son corps. L’eau chaude décontractait ses muscles un peu trop sollicités pendant sa crise de panique.

- T’as raison, ça fait du bien. Dit-il en soupirant de satisfaction.
- On devrait vivre dans une baignoire tiens ! Plaisanta-t-il après s’être aspergé le visage.

Loin du monde, de la vie et de son lot de malheurs. Cette élucubration très séduisante au premier abord était irréalisable. Le caractère bien trempé et l’’indépendance des deux amis, malgré le sentiment qui les unissait, feraient voler en éclat ce huit clos. Vivre dans une bulle ne ramènerait pas le bonheur qui s’était égaré, depuis plusieurs mois, dans l’espace intersidéral d’une autre galaxie. Exceptés quelques illuminés, l’humain n’était pas fait pour vivre en ermite. Il avait besoin des autres pour exister. Que serait une vie si elle n’était utile à personne ? Le partage était nécessaire pour se sentir vivant. Que ce soit un sentiment, un bien matériel, un projet, une idée, de la complicité, de la tendresse, des connaissances, et même des divergences ou des engueulades ; tous ces moments de joie et de peine partagés faisaient de l’humain ce qu’il était : un être dépendant. Et plus son champ était morcelé, plus il recevait mais plus il était interdépendant.

Anne rompit le silence qui s’était immiscé entre eux, par une importante question. Ross n’avait pas envie d’aborder le sujet maintenant. Mais à quoi servirait-il de le repousser ? Autant mettre les choses à plat et passer ensuite à autre chose.

- Si je le veux vraiment ? Répéta-t-il en se posant la question à lui-même.

Après Wyatt, il n’avait jamais envisagé d’avoir d’autres enfants. N’ayant pas de femme attitrée, il ne s’était même pas penché sur la question. Ce n’était pas un besoin vital pour lui. Son fils comblait son désir de paternité amplement.

- Je crois qu'il est trop tard pour se poser la question. Par contre, ce que je ne veux pas, c’est que tu avortes. Te connaissant, tu ne le supporterais pas. Et moi, je ne souhaite pas que tu te rajoutes une souffrance supplémentaire. Je sais que ce n’est pas évident d’élever un enfant, mais à deux, on est capable de s’en sortir. Tu ne crois pas ?

Malgré les anicroches, il ne doutait pas un seul instant des sentiments qu’ils partageaient jusqu’à présent. Même s’ils n’étaient pas d’accord sur tout, ils s’acceptaient tels qu’ils étaient. Ce n’était pas toujours évident, mais dès lors que l’un d’entre eux était en difficulté, ils n’hésitaient pas une seconde à s’entraider voire à se sacrifier pour l’autre. Ils pouvaient en faire de même pour l’enfant à venir. Encore fallait-il que la jeune femme arrive à construire une image de ce qui se passerait dans sa vie si tout allait mieux. Ce n’était pas gagné d’avance. Le chemin serait long avant de trouver l’apaisement nécessaire. Par contre, il était certain que son amie n’y parviendrait jamais si elle décidait de mettre un terme à sa grossesse.

Ross se déplaça afin de se positionner derrière Anne. Il la prit par les épaules et l’invita à s’adosser contre son torse pour l’enlacer. Il embrassa la nuque de la jeune femme avant de poser son menton sur son épaule.

- Quoi que tu décides, sache quand même que je serais toujours là pour toi. Lui souffla-t-il au creux de l’oreille.
- Mais avant que tu prennes ta décision, je pense que tu devrais en parler avec quelqu’un d’autre. Avoir un avis extérieur peut aider à y voir plus clair.

Il avait exposé son point de vue. Cependant, il ne voulait rien lui imposer. Elle avait son mot à dire autant que lui. Elle seule savait vraiment ce qui était le mieux pour elle, mais elle avait quand même besoin d'une aide extérieure pour faire la part des choses. Comme il venait de lui dire, il était prêt à accepter sa décision même si celle-ci allait à l’encontre de ses convictions.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Lun 9 Avr - 14:24

Je venais de poser l'une des questions les plus importantes pour nos deux vies. Si je décidais effectivement de garder cet enfant, comprenait-il réellement tout ce que cela allait impliquer ? Que nos vies en seraient bouleversées pour le restant de nos jours ? Quoiqu'en y regardant bien, celles-ci étaient déjà bien entamées. Je dû m'empêcher de faire le calcul pour ne pas avoir la nausée, mais l'idée était là. Ce serait ma dernière chance d'avoir un enfant biologiquement à moi. C'était... angoissant. Pourquoi n'arrivais-je pas à me réjouir de cette naissance alors que je l'avais désiré avec tant d'ardeur des années auparavant ? C'était à ne plus rien y comprendre !

Selon Ross, il était trop tard pour lui demander s'il le désirait vraiment. Devais-je en conclure que si cette opportunité ne s'était pas présentée, elle ne lui aurait pas manqué ? La réponse ne se fit pas attendre. Ross le faisait uniquement pour moi. C'était prévisible, mais je ne pu m'empêcher d'en être attristée. Pouvais-je réellement l'enchaîner avec cet enfant ? Non... Ce ne serait pas juste pour lui. Je ne pris pas la peine de répondre à sa question. A quoi cela aurait-il servi si ce n'est à nous disputer une nouvelle fois. Il dû sentir que je m'enfonçais un peu plus dans l'obscurité malgré mes efforts pour ne pas sombrer car il me prit dans ses bras. Son contact me ramena dans cette salle de bain, éloignant par sa seule présence toutes ces pensées déprimantes.

Du moins, c'est ce que je crus avant de les voir réapparaître en plus grand nombre. Il me promettait de rester à mes côtés, mais il était prêt à me refourguer à un autre. J'eus l'impression d'être un paquet de linge, mais je ne pouvais m'imposer à lui s'il ne le voulait pas. Je me retrouvais seule... Encore... Je ne devrais pas en être étonnée. Il était même préférable que les choses restent ainsi. Je ne pouvais compter que sur moi même. Chacun avait son lot de problèmes et j'étais la seule à pouvoir régler les miens. Ross ne pouvait pas passer sa vie à me tenir la main. Seule et fière de l'être ? Un jour, je finirais peut être par en être convaincue.


- « Tu as Wyatt, donc cet enfant ne t'apporterait rien de plus. Et moi... Moi... Je ne sais pas. Le garder signifierait seulement que l'année de sa majorité, j'aurais 60 ans. Que nous serions obligés de regarder sans cesse par dessus nos épaules pour s'assurer que Genetic ne nous suit pas. Et parler de tout ça à une personne extérieure me donnerait seulement un allez simple pour l'asile.

Je me détachais de son étreinte pour me mettre en boule. Ross n'était qu'à quelques centimètres de moi et pourtant, je voyais un gouffre se former peu à peu entre nous. Ce gouffre était l'œuvre de ce fœtus. Ils nous détruisait lentement mais sûrement. Devais-je réellement lui permettre de vivre s'il ne faisait que me séparer de tout ceux qui m'étaient cher ? Il n'était pas arrivé du temps de Liam. Il obligeait Ross à se lier à moi. Il avait conduit à ma dispute avec Sonny et là, je perdais Ross. Surtout en continuant de penser ainsi. Si je devais avoir cet enfant, il n'aurait pas besoin d'être présent. Je m'en sortirais seule car tel aura été mon choix.

- « Quoiqu'il en soit, si je venais à le garder, je m'en occuperais correctement. Inutile d'avoir des craintes là dessus. Tu n'auras pas à jouer un rôle si tu n'en as pas envie. »

J'avais chaud maintenant. Un peu trop même. Il était peut être temps que je sorte de là. Surtout que je devenais nauséeuse... Sans crier gare, je sortis de la baignoire pour me rendre aux toilettes. Il ne manquait plus que ça ! J'espérais évacuer par le biais de ce siphon tout ce qui me rendait faible. En quoi être enceinte était-ce la plus belle des expériences pour une femme ? Jusque là elle ne faisait que me gâcher la vie !
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Lun 9 Avr - 23:16

Ce n’était pas le moment de parler de l’enfant à venir. Ross le savait. Cela ne faisait que quelques heures que les deux amants avaient connaissance de cette nouveauté dans leur vie. Les décisions d’une importance capitale ne pouvaient être prises en si peu de temps. Si Anne n’était pas entrée dans le vif du sujet, il se serait abstenu de l'aborder. Ne voulant pas la laisser dans le noir, il avait exprimé ce qu’il pensait sur l’instant. Les hommes, par rapport aux femmes, se penchaient rarement sur ce genre de questions. Les femmes pouvaient faire un bébé toute seule contrairement à eux. N’ayant pas trouvé la femme idéale, il n’avait jamais songé à avoir un autre enfant que Wyatt. Alors, cet enfant qui surgissait dans sa vie le laissait quelque peu dubitatif. Il avait besoin de temps pour y réfléchir.

La seule certitude qu’il avait était que son amie avait toujours souhaité devenir mère à part entière. Elle avait tant espéré avoir un enfant de son mari ! Même si elle l’aimait profondément, le désir d’Anne n’avait pas pu disparaître avec lui. Sans doute l’avait-elle enfoui au plus profond d’elle-même, mais il devait persister. Il fallait simplement qu’il remonte à la surface. En attendant, Ross devait éviter à son amie de commettre une erreur qu’elle ne se pardonnerait jamais. Il voulait lui éviter une souffrance supplémentaire. A moins d’être inconscientes, après la joie ressentie à l’annonce d’une première grossesse, les femmes avaient tendance à paniquer. Quoi de plus normal que de se remettre en questions ? S’occuper d’un petit être entièrement dépendant était une lourde responsabilité. La situation particulière d’Anne multipliait ses angoisses.

En insistant sur le fait qu’ils étaient deux pour s’occuper de l’enfant à venir, Ross pensait la rassurer quelque peu. Visiblement ce ne fut pas l’effet escompté. Non seulement elle ne releva pas mais elle en tira une conclusion hâtive à laquelle il n’avait jamais songé. Qu’avait-il dit de particulier pour qu’elle réagisse ainsi et surtout qu’elle pense ça de lui ? Il n’était pas égoïste à ce point !

* On n’accueille pas un enfant en pensant à ce qu’il va nous apporter mais à ce que nous pouvons lui apporter... Mais bon,…* Pensa-t-il alors que la jeune femme se mettait en boule comme un hérisson sur la défensive.

Inutile de dire ce qu’il pensait. Ne voyant que les côtés négatifs, Anne aurait certainement répondu qu’elle n’avait rien de bon à donner, que tout ce qui était bénéfique en elle était mort dans l’incendie du domaine, que la relation des deux amants était tout sauf sécurisante pour un enfant, que l’environnement dans lequel il évoluerait ne serait qu’une source de problèmes incessants, que sa vie serait fichue d’avance, etc….Ross aimerait lui faire entendre raison mais il estimait que ce n’était pas le moment. Il caressa doucement son dos simplement pour lui faire savoir qu’il était toujours là malgré tout.

Après avoir exposé sa réaction première et devant la remarque d’Anne, Ross prit conscience qu’il se comportait comme il ne voulait pas qu’elle se comporte. Il n’accepterait pas qu’elle garde l’enfant uniquement pour lui faire plaisir. De toutes les façons, Anne n’avait pas besoin de son assentiment pour prendre sa décision. En sortant du bain précipitamment, elle venait de le lui faire comprendre clairement. Que pouvait-il ajouter à cela ? Rien pour le moment. Il ne pouvait pas exprimer ses envies alors qu’il les ignorait lui-même. Il ne pouvait pas lui dire ce qu’elle souhaitait entendre sans être sûr de lui. Il avait besoin d’être seul pour réfléchir à tout ça.

Ce n’était pas maintenant qu’il allait pouvoir se pencher sur la question. Anne venait de s’enfermer dans les toilettes. Cette façon de se comporter n’était pas fait pour le rassurer. Il sortit du bain à son tour, noua une serviette autour de la taille et rejoignit la porte derrière laquelle se trouvait Anne.

- Anne ? Ca va ? Tu as besoin de quelque chose ?

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Mar 10 Avr - 14:49

Les nausées matinales n'avaient de matinale que le nom. J'aurais dû être tranquille quelques heures encore et profiter de ce temps pour me reposer un peu. Mais rien n'y faisait. Il ne voulait pas. Comment un fœtus ridiculement petit pouvait me détester alors qu'il n'avait ni oreille, ni faculté pour comprendre ma pensée ? Sentait-il réellement que je ne le désirais pas ? Impossible. Il n'avait aucune donnée de référence pour faire une comparaison sur la question. Me calant contre le mur, je me rendis compte de la stupidité de ma réflexion. J'étais en train d'imaginer un têtard, une calculatrice à la main, faisant les calculs sur la probabilité de sa naissance. Je devenais tout simplement folle. Ni plus, ni moins !

J'entendais Ross derrière la porte s'inquiéter pour ma santé. J'eus envie de lui demander s'il plaisantait, mais il n'aurait pas été juste de ma part de lui faire endurer ce calvaire. Nous étions deux, ce jours là, dans les étages en rénovation. Nous étions tous les deux coupables et nous devions assumer cette erreur. J'aurais été prête à le garder si j'avais eu la certitude qu'au moins l'un de nous deux désirait réellement cet enfant. Mais je ne pouvais compter sur Ross pour cela. Il ne s'acquitterait de son devoir de parent que pour me préserver et non pour l'enfant. Devait-il vraiment naître ? J'en étais de moins en moins certaine. J'en arrivais toujours au même point et à chaque fois, les larmes se montraient.


- « Non... Tu ne peux rien faire. »

On pouvait même considérer qu'il en avait assez fait, mais je m'abstins de le lui faire remarquer. Il ne pouvait plus rien faire pour moi. Ses mots avaient levé le doute sur la question. Si je venais effectivement à accepter cet enfant, je l'élèverais seule. Bien sûr, je laisserais Ross le voir quand il le souhaitera, mais je ne devais pas m'attendre à quelque chose de très sophistiqué. En accordant la vie à cet enfant, je me condamnais à rester à Los Angeles jusqu'à la fin... Et un jour ou l'autre, Genetic finirait par me prendre une fois encore ceux que j'aimais. En acceptant d'être heureuse, je courais le risque que tout soit détruit par mes démons. C'était un cercle vicieux auquel je ne pourrais jamais échapper.

Sentant que mon mal s'était enfui, il ne me restait plus qu'à sortir et à affronter de nouveau Ross. Ma main sur la poignée, je pris la peine d'inspirer profondément pour me calmer avant de sortir. Il était là. Il m'attendait. Pourquoi ? Si je devais aller jusqu'au bout de cette grossesse, ce genre de petits désagréments se reproduirait forcément. Je le contournais pour retourner dans la salle de bain et me laver les dents. Mes yeux étaient posés sur mon ventre que le reflet de la glace m'offrait. Cela faisait un mois, on ne voyait rien. Mais il était là. Je le sentais et il m'empoisonnait l'existence.

Que pouvais-je dire ou faire pour que Ross comprenne ce que je voulais alors même que je l'ignorais ? Il n'était pas Dieu, il ne pouvait pas deviner si je ne lui parlais pas. Parler... Mais pour dire quoi ? Je lui avais déjà expliquer ce que je ressentais, j'avais écouté son avis également. Il n'y avait rien à en tirer. J'étais seule. En définitive, je serais la seule à décider pour nous deux. Seule à dire si oui ou non nous finirons par nouer un lien assez fort pour nous garder ensemble. Et le jour où cette situation ne lui conviendra plus, me laissera -t-il ? Non, pas lui. Il ne pourrait pas... Du moins, je l'espérais.

Ce n'est que lorsque je me remis dans le bain que je me rendis compte que j'avais froid. Quelle idée aussi de sortir sans prendre une serviette ? Je remis un peu d'eau chaude et regardais Ross. Allait-il me rejoindre ou avait-il eu sa dose ?


- « Parlons d'autres choses, tu veux bien ? Je suis... fatiguée. Pas toi ? »
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Mar 10 Avr - 21:53

Tout le stress accumulé depuis de début de la matinée avait de quoi retourner tous les sens de son amie. Alors qu’Anne était enfermée dans les toilettes, Ross crut un instant qu’elle était vraiment souffrante. Ce fut seulement lorsqu’elle lui répondit qu’il ne pouvait rien faire qu’il comprit. Son début de grossesse lui jouait des tours. Il fallait attendre que ça passe. Quel idiot il était ! A un championnat de nuls, pas de doute, il remporterait le premier prix. Evidemment qu’il ne pouvait rien faire ! Il en avait déjà fait assez comme ça. Il était responsable des nausées matinales de son amie et il n’était pas fichu de savoir ce qu’il voulait réellement. Il avait beau tenter d’examiner la situation d’un regard extérieur, il n’y parvenait pas. Tout était trop confus dans sa tête pour le moment. La seule certitude était qu’il ne voulait pas perdre Anne. D’ailleurs, il lui avait clairement signifié. Il souhaitait également alléger ses peines afin de lui faire entrevoir que l’avenir pouvait être intéressant malgré tous ses malheurs. Encore fallait-il qu’il parvienne à s’en convaincre lui-même !

Devant son incapacité à prendre rapidement une décision, l’écossais n’était pas fier mais il ne voulait pas se tromper. Il s’agissait de la vie d’un enfant. Il refusait de se retrouver dans une situation inextricable après avoir fait une promesse insensée. Il avait commis trop d’erreurs avec son fils Wyatt. Il ne voulait surtout pas recommencer. Ses tracas n’étaient certainement qu’une pâle imitation de ceux de la française, mais la faculté d’en faire abstraction lui faisait défaut. Tout aurait été simplifié si Anne avait su ce qu’elle voulait ! Cependant, il ne pouvait pas l’en blâmer. Plus d’un aurait perdu la raison après avoir enduré la moitié de ce qu’elle avait vécu.

Plongé dans ses pensées, Ross ne vit pas la poignée de porte bouger. Anne sortit des toilettes et le contourna sans rien dire. La française montrait, de nouveau, une certaine résistance. Certes elle était affaiblie, mais quelque chose l’empêchait de sombrer totalement. Quant à savoir quoi, peu importait, le principal était qu’elle ne se laisse pas abattre. Ross était là pour l’encourager sur ce chemin. Il ne put s’empêcher d’admirer la silhouette de la jeune femme et la force qui l’animait. Il la suivit du regard avant de la suivre physiquement comme le bon chien qu’il était. Même si, dans le cas présent, il ne dégageait rien de très bénéfique, il était toujours là. Lui aussi était secoué par les événements précédents. Il agissait par automatisme. Son amie avait besoin de lui, il était présent. Par contre, il n’avait plus envie de prendre un bain. Comme dit le proverbe « chat échaudé craint l’eau froide ». Il prit un tabouret et s’assit parallèlement à la baignoire. Croisant le regard de la jeune femme, il lui signifia son accord d’un signe de tête.

Il en avait sa claque, lui aussi était fatigué. Il n’aspirait qu’à une chose : se reposer en s’occupant à des choses insignifiantes. Ross prit alors une bouteille d’huiles essentielles et déversa une petite quantité du contenu sur le dos d’Anne afin de la masser doucement. Ne plus parler, ne plus penser, laisser les clapotis de l’eau prendre possession du silence et endormir la conscience. Etre là, près d’elle, sans se poser de question, sans songer au passé ou à l’avenir. Apprécier simplement l’instant présent en compagnie de sa chère et tendre amie. Chère, sans aucun doute, tendre pas toujours, mais c’était ainsi qu’il l’aimait. Et là, il eut comme une révélation qui l’empêcha de maintenir le silence et de respecter son accord.

- Si j’avais à choisir entre ce futur enfant et toi, c’est toi que je choisirais, Anne. sans hésitation. Ca, au moins, j’en suis certain maintenant.

C’était pourtant tellement simple, tellement évident. Pourquoi n’y avait-il pas pensé avant ? L’enfant à naître n’était qu’un fœtus dont il ignorait l’existence jusqu’à ce jour. Il ne pouvait donc pas éprouver un attachement quelconque. Et quand bien même, un sentiment était né, il ne faisait pas le poids contre ceux qu’il éprouvait pour la jeune femme depuis plusieurs années déjà. Il lui paraissait désormais inconcevable de foirer une si belle relation. Ross aimait Anne comme un ami, comme un amant, passant de l’amitié sincère à l’amitié amoureuse dont il aurait du mal à se passer. A quand l’amour ? Aucune idée, Bernard n’y pensait même pas.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Mer 11 Avr - 10:29

Ross accéda à ma requête de ne plus parler du problème. Parce que c'est ce qu'il était pour le moment : un problème. L'écossais ne voulait pas de l'enfant, tout ce qui l'importait c'était moi. Si je n'avais pas eu à vivre l'épisode en France, aurait-il été aussi complaisant ? S'il n'avait pas été le père m'aurait-il tout de même conseillé de le garder en fonction de mon désir lointain d'être mère ? Ces questions importantes à mes yeux tournaient et se retournaient dans ma tête, alors même que je n'aspirais qu'à un instant de paix loin d'elles. Chose que compris Ross à la perfection puisqu'il se chargea de me masser le dos. Parmi d'autres qualités, il était expert en massage. Mes muscles se relâchèrent un à un et ma tête tomba en avant pour lui faciliter l'accès. J'étais au Paradis.

Ou pas. Pourquoi avait-il besoin d'en parler encore ? Surtout pour sortir une chose qu'il m'avait déjà dit ! Les bienfaits du massage s'étaient eux aussi envolés pour laisser la place à toutes mes questions existentielles. Même si le fait de savoir qu'il m'aimait plus que ce fœtus était rassurant, ce n'était pas la réponse que j'attendais. Ce que je voulais savoir réellement c'était son envie d'avoir ce bébé. En étant persuadé que ce bébé était désiré par son père, peut être que je ressentirais l'envie de l'avoir à mon tour. Quoiqu'il en soit, le massage et l'eau ne semblaient plus produire leurs effets bienfaiteurs. Je sortis du bain et pris mon peignoir avant de me rendre dans la chambre. Je lui avais demandé de ne plus en parler ! Il avait acquiescé ! Et il avait attendu que je sois à sa merci pour m'avoir.

Je me laissais tomber sur mon lit, ne désirant plus qu'une chose : sombrer dans l'inconscience. Finalement, mon Paradis, ce serait peut être ça. L'absence de sensations, de sentiments, de pensées. Oh oui... J'en rêvais d'avance ! Tournant le dos à la porte, j'entendis Ross me rejoindre.


- « Je sais déjà que je suis importante pour toi, mais la question n'est pas là. En le faisant pour moi, tu me fais comprendre que s'il n'avait pas été là, ça aurait été la même chose. Qui me dit que cette situation ne te gêne pas ? Tu es prêt à sacrifier les prochaines années de ta vie rien que pour un désir lointain que je ne ressens pas. »

Je pris mon oreiller entre mes bras pour avoir une présence à mes côtés.

- « Nous n'avons jamais été amenés à passer autant de temps ensemble et vu comment notre relation est mise à mal depuis quelques mois, nous finirons par nous entretuer ou par s'abandonner. Un jour, tu en auras marre et je ne pourrais pas t'empêcher de partir. Nous ne sommes pas fait pour vivre ensemble, tu as dû t'en rendre compte. Même si nous nous aimons, il y a des choses qu'on ne peut combattre. Surtout pas le caractère d'un écossais et d'une française...

La vérité était là. Nous nous entendions que parce qu'il ne s'agissait que de quelques semaines par an et de quelques coups de fil. Maintenant que nous étions rassemblés, le constat était affligeant.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Ven 13 Avr - 20:29

Le silence régnait en maître dans la salle de bains. Le massage prodigué par l’écossais semblait détendre la française, peut-être pas moralement mais physiquement. C’était toujours ça ! Elle en avait bien besoin. Ross aurait aimé faire plus mais ce n’était pas en son pouvoir. Il voulait ne penser à rien, mais c’était plus fort que lui. Tout se bousculait dans son esprit. Il devait faire le tri au plus vite et définir les priorités. Pour l’heure Anne était sa priorité. Devant les difficultés de la jeune femme à faire la part des choses, il avait voulu lever un de ses doutes. Certes, Anne savait qu’elle était importante pour lui mais il ne l'avait jamais clairement exprimé. Il pensait ainsi la rassurer et lui donner le moyen de savoir ce qu’elle voulait vraiment. Il s’était trompé. Au lieu d’arranger la situation, il l’aggravait. Pourquoi avait-il ouvert la bouche ? Simplement parce qu’il était convaincu de ce qu’il venait de dire. Pour le reste, c’était plus compliqué.

Anne partit dans sa chambre, visiblement agacée autant qu’éreintée. Machinalement, Ross vida la baignoire avant de la rejoindre. Il s’arrêta sur pas de la porte quand il la vit dos tourné. En analyse comportementale, cette attitude signifiait clairement un refus d’échanger. Ross se sentit rejeté comme il ne l’avait jamais été. C’était comme si elle lui avait dit « basta, casse-toi ». Une désagréable sensation lui parcouru l’échine. Cependant, il ne bougea pas et l’écouta sans l’interrompre. Stupéfait par la réaction et les dires de son amie, il était traversé par des émotions auxquelles il n’était pas préparé. Il était dépassé par les événements. Comment pouvait-il prendre une décision alors qu’elle-même était perdue ? Comment choisir sans tenir compte de son attachement ?

Si la jeune femme n’avait pas émis le souhait d’avorter, il ne se poserait pas autant de questions et assumerait les conséquences de ses actes. Tout serait plus facile s’ils étaient d’accord pour assumer l’arrivée de cet enfant ! Ce futur bébé ne faisait pas partie de leurs projets communs, mais maintenant qu’il était là, il était nécessaire de peser le pour et contre afin d’éviter de commettre un acte irréparable. Ross était persuadé que son amie ferait la plus grande erreur de sa vie si elle avortait. Il voulait l’en dissuader mais ne trouvait pas les mots pour. Peut-être se trompait-il après tout ? Il n’était pas dans sa tête. Ce n’était qu’un homme. Il était aussi père. Alors, même si cet enfant n’était pas désiré, il l’aimerait autant que s’il l’avait souhaité et ferait tout pour l’élever correctement sachant pertinemment qu’il y aurait des ratés. Il était prêt à sacrifier ses prochaines années. D’ailleurs, ce n’était pas vraiment un sacrifice. Un enfant, pour lui, était une source de bonheur même si les craintes et les angoisses faisaient partie du lot. Anne devait le savoir non ? Elle l’avait vu avec Wyatt.

L'écossais était conscient que sa vie serait bouleversée par l’arrivée d’un nouveau né mais ça ne lui faisait pas peur outre mesure. Ce qui l’effrayait en revanche, c’était de constater que la jeune femme restait prisonnière de son douloureux passé jusqu’à nier ce dont elle avait toujours rêvé. Ross doutait de pouvoir l’en délivrer. Donc, si Anne ne voulait pas de cet enfant, il respecterait son choix. Même si Anne essayait de trouver des réponses au travers de Ross, quoi qu’il dise, ce serait elle qui aurait le dernier mot. En résumé, ce n’était pas la situation qui le gênait mais la réaction de son amie. Ross garda ses réflexions pour lui. Il ne voulait pas la froisser et encore moins la torturer plus qu’elle ne l’était déjà. Il ne voulait pas la brusquer en imposant une décision qu’il n’avait pas encore prise et qui au final ne servirait à rien. Anne était la seule à détenir la clé de la délivrance. Comme elle l’avait souligné très justement, Ross ne pouvait pas combattre.

Il n’était pas entièrement d’accord sur ce qu’elle dit en dernier lieu. Depuis son arrivée à Los Angeles, c’était les événements qui leur faisaient endurer des choses difficiles. Pour Ross, ça n’avait rien à voir avec leur relation, mais il n’émit aucune objection.

- Si tu l’dis… Lâcha-t-il sans aucune conviction.

Ross n’avait plus la force d’argumenter. De toutes les façons, Anne n’entendrait rien. Elle était éreintée et avait besoin de se reposer. Ross l’était aussi mais il ne voulait pas la déranger.

- Ca t’ennuie si je m’allonge un peu sur le canapé avant de partir ? Je suis vanné… Soupira-t-il en pointant mollement du regard le salon derrière lui.
Il n’avait qu’une envie, dormir pour se requinquer un peu avant d’affronter la deuxième partie de la journée.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Sam 14 Avr - 22:12

On pourrait croire que l'introspection, le retrait hors de l'agitation du monde pour être à l'écoute de son vrai désir était la solution pour connaître le bon choix. Il n'en était rien. Du moins, c'était ce que je pensais avant. Avant, j'aurais dit à qui voulait l'entendre que la seule façon de le savoir était de se jeter dans l'action, dans une voie précise, pour éprouver au contact même de ce choix s'il était oui non le bon. La réflexion ne peut pas tout et c'était le cas aujourd'hui. Ma réflexion ne me menait nulle part. Avoir ce bébé ou non. En vouloir à Ross ou non pour son incapacité à désirer cet enfant. Je n'étais certaine de rien. Par contre, en agissant en dehors de toute réflexion, nous ne pouvons être certains de la valeur de nos choix ou de leurs conséquences. Notre seule qualité était le courage d'y aller quand même malgré le doute. Mais ce doute était horrible et impliquait de lourdes conséquences.

Pourtant vu comment la situation dégénérait, il ne faisait aucun doute qu'une décision devait être prise. Ross ne pourrait supporter très longtemps mes incertitudes et mon manque de confiance en moi. A sa réponse, j'en fus convaincue. Je ne pu me résoudre à me retourner vers lui pour tenter de me rattraper car c'était inutile. Je ne pouvais changer en quelques minutes. Ces mêmes doutes seront encore là ce soir, demain et la semaine prochaine. Même un psychologue ne pourrait récupérer le fantôme que j'étais devenue. Lorsqu'il me demanda s'il pouvait dormir sur le canapé, je n'eus pas la force de lui dire de rester à mes côtés. Je me contentais de hocher la tête en attendant qu'il s'en aille. Les larmes finirent par s'écouler sur mes joues pour tomber sur l'oreiller. Pourquoi n'arrivais-je pas à avancer ? Pourquoi regardais-je sans cesse en arrière ? Mon sentiment de solitude s'accentua si bien que je ressentis le besoin de l'entendre à nouveau. J'avais tout fait pour ne pas m'habituer à ce procédé, mais aujourd'hui, c'était une situation d'urgence. Je décrochais le combiné pour appeler une personne qui ne répondrait pas car là où elle était, il n'y avait pas de réseau... Là où elle était, la communication était impossible.


- « Vous êtes bien sur le portable de Liam Voronejsky. Veuillez laisser un message après le bip sonore. Ça te va comme ça ? Biiiiiiip »

- "Tu me manques tellement... Pitié... Libère moi de ton emprise... Aide moi à t'oublier..."

Assise par terre, le dos appuyé contre le lit, je ne cessais de rappeler pour entendre la voix de celui qui aurait été ravi d'être père. J'étais si heureuse d'entendre sa voix et si triste en même temps... Tout se confondait. Ça faisait tellement mal. Rien que de respirer m'était douloureux. Comment ais-je pu vivre autant de temps sans le voir ni même le toucher ? Je l'ignorais. Mais il y avait quelqu'un d'autre qui essayait de m'aider. Une personne qui faisait tout son possible pour me sortir de ma tristesse et je ne faisais que le repousser...Un œil au réveil m'apprit qu'une heure s'était écoulée. Ross devait sans doute dormir... Je me relevais et m'apprêtais à me rendre dans le salon. Et s'il ne dormait pas ? Qu'allais-je faire ? Qu'allais-je lui dire ? Je pris une couverture et un oreiller pour me donner une excuse pour le voir quelques instants.

Avec précaution, j'entrais dans la pièce et le vis. Il semblait si calme, si paisible. Je déposais l'oreiller à côté de lui au cas où il se réveillerait, mais lui mis néanmoins la couverture sur lui. Je devais me faire pardonner car mon attitude était inexcusable. La perte de ma famille ne justifiait pas que je le traite ainsi. Je déposais un rapide baiser sur son front et murmurait un « pardon » presque inaudible avant de rependre le chemin de ma chambre. Dans cette grande pièce presque vide, je repris la position que j'avais quitté quelques instants pour réécouter la voix de Liam. L'appartement était trop calme pour que je puisse dormir. Je ne me sentais pas en sécurité, ni en état de trouver le sommeil. Le repos serait pour un autre jour... Ou pas !
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Dim 15 Avr - 20:17

Sans se retourner, Anne indiqua son accord d’un signe de tête. Ross avait bien fait de garder ses distances. Ainsi il n’interférait pas dans sa volonté de rester seule avec elle-même. Il rejoignit le canapé sur lequel il se laissa choir de tout son long. Il ferma les yeux en espérant s’endormir rapidement. L’espoir faisait vivre mais ne faisait pas dormir ! Tous les événements de la matinée se rappelaient à sa mémoire. Ses tentatives de les chasser pour rejoindre Morphée, étaient vaines. Aussi essayait-il de faire la synthèse afin d’en tirer les conclusions qui lui permettraient de prendre une décision. Cependant, il était trop éprouvé pour raisonner clairement. La seule certitude était qu’il ne voulait pas perdre sa meilleure amie. La voyant seule sur son lit, lui tournant le dos, il avait senti une faille s’ouvrir entre eux.

Anne était prisonnière de son passé qui l’empêchait d’avancer. En avait-elle vraiment envie d’ailleurs ? Elle ne le savait sans doute pas elle-même. Elle aimait trop Liam pour concevoir aussi rapidement un avenir sans lui. La française avait besoin de temps pour panser ses blessures mais la vie la rattrapait et la bousculait sans ménagement. Le plus simple serait de gommer ce qu’elle ne désirait plus aujourd’hui, à savoir l’enfant qu’elle portait. Elle n’avait jamais désiré que son mari meure, et il était mort. Elle n’avait jamais souhaité que le domaine périsse dans les flammes, et il n’en restait rien. Elle avait voulu se rapprocher de ses enfants restants et ils s’étaient éloignés. Elle avait voulu un enfant de Liam et il n’était jamais venu. Fort était de constater que son amie récoltait souvent l’inverse de ce qu’elle souhaitait. L’enfant qu’elle portait désormais n’était pas souhaité… Alors pourquoi se forcerait-elle à aller à l’encontre de son désir ? Il suffisait d’avorter pour enfin voir le génie de la lampe exhausser son vœu. Encore fallait-elle qu’elle sache ce qu’elle voulait !

Anne était une femme d’action. Elle n’était pas du genre à se pencher sur une question pendant des lustres pour trouver la réponse. Elle se laissait guider par son instinct. Aujourd’hui, elle était dépassée par les événements et ne se laissait pas le temps de la réflexion. Ross fonctionnait plutôt à l’inverse. Il réfléchissait longuement avant de prendre une décision importante, excepté en cas d’urgence. D’ailleurs, Anne le taquinait souvent sur son manque de spontanéité et lui ne se privait pas de critiquer gentiment son côté fonceur. Ensemble, ils formaient un bon équilibre qui, aujourd’hui, devenait précaire. Trop de douleurs, trop de problèmes, trop d’imprévus, trop d’incertitudes faisaient que plus rien ne tournait rond.

La fatigue accumulée tout au long de la matinée eut raison de la résistance du psychologue qui sombra dans le sommeil. Celui-ci aurait du être réparateur si ses rêves ne s’étaient pas encombrés des préoccupations qui le taraudaient… Une montagne difficile à gravir dont le sommet disparaissait sous les nuages, un chemin semé d’embûches, un tunnel interminable plongé dans l’obscurité, une nuit sans lune, un été sans soleil ; le visage souriant de Wyatt se déformant petit à petit par la lèpre qu’était la culpabilité ; les silhouettes de ses parents s’éloignant doucement mais inévitablement vers un autre monde ; les regards accusateurs de Maxime, Josh, Sonny, Aaron, Soraya, Luna, Capucine et autres connaissances ; l’indifférence des personnes rencontrées un jour, la présence d’Anne s’effaçant au fur et à mesure qu’il avançait vers elle… Ces images défilaient dans son esprit comme un diaporama qu’il ne pouvait arrêter. Ross était tourmenté intérieurement mais extérieurement il semblait paisible. Il dormait. Son cœur battait plus vite que la normal mais rien d’inquiétant. Il avait froid et n’arrivait pas à se réchauffer mais il ne pouvait pas bouger.

Au bout d’une heure environ, il se sentit un peu mieux. Toutes les images cauchemardesques s’envolèrent et laissèrent place au néant avant que la conscience ne s’éveille. Ouvrant les yeux, Ross constata qu’une couette le recouvrait et qu’un oreiller était à sa disposition. Il s’en saisit et le plaça sous sa tête, se laissant le temps, de refaire surface complètement avant de faire face au restant de la journée. Cette pause, malgré tout, lui avait été bénéfique. Il était encore fatigué moralement mais son corps s’était allégé. Il s’étira à plusieurs reprises avant de se lever. N’entendant rien, il se dirigea vers la chambre d’Anne afin de s’assurer de sa présence. Il vit son amie assise parterre, le dos appuyé au lit, un téléphone coller à l’oreille. Elle ne parlait pas mais il était facile de deviner son désespoir. Les traits tirés, les yeux rougis d’avoir trop pleuré, elle n’avait sans doute pas fermé l’œil.

L’écossais se sentit coupable de l’avoir laisser seule si longtemps. Il n’aurait pas dû tenir compte du comportement de son amie. C’était trop tard pour revenir en arrière, alors autant essayer de réparer ce qui n’était pas complètement détruit : leur amitié. Il s’approcha alors de la jeune femme et s’assit à ses côtés. Sans dire un mot, il la prit dans ses bras, l’invitant d’une main à poser sa tête au creux de son épaule. Anne avait toujours le téléphone collé à son oreille et Ross put reconnaître la voix de Liam. Un frisson d’émoi envahit tous ses sens. C’était étrangement douloureux de l’entendre alors qu’il était mort. Il n’osait pas penser à ce que ressentait son amie qui écoutait son défunt mari. Elle s’infligeait une torture dont elle n’avait pas besoin. Doucement, il retira le combiné des mains de la jeune femme, près à le lui laisser si elle émettait la moindre résistance. Il la serra un peu plus fort contre lui. Même s’il savait que ce n’était qu’une goute d’eau dans un océan de détresse, il espérait que la multiplication de ce geste finirait par lui apporter un peu de réconfort.

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MessageSujet: Re: Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]   Dim 15 Avr - 22:36

L'harmonie la plus douce est sans conteste le son de la voix de celui que l'on aime. Avec le temps, on peut connaître toutes ses petites manies et s'en amuser. L'écouter du matin au soir ne nous dérange guère, bien au contraire. On aime quand il fait des projets, on l'adore quand il nous inclut dedans et on le regrette quand tout s'achève. Car c'est comme cela que tout se finit. Un jour, l'autre finit par nous quitter. Tout est éphémère et personne n'est éternel. Cette harmonie si douce se transforme en discordance insupportable à notre oreille lorsque la personne aimée n'est plus. Le souvenir de celle-ci en devient si pénible que le seul moyen de s'en sortir serait de la haïr. Il fut un temps où j'avais haïs Liam de m'avoir abandonné, de m'avoir laissé seule. Mais ce sentiment d'abandon avait évolué en désir de vengeance. Aujourd'hui, la vengeance n'est plus. Je ne la ressentais plus, ni au fond de mon cœur, ni au fond de mon âme. Je ne désirais qu'une seule chose : être à ses côtés. Oublier quelques instants tout ce qui s'était passé et imaginer ce qu'aurait dû être ce 5 juin s'il n'y avait pas eu d'incendie.

Mécaniquement, je rappuyais sur la touche bis pour entendre sa voix alors même qu'un froissement venait de se faire entendre derrière moi. Tellement absorbée par cette voix, je ne prêtais aucune attention à la personne qui s'était assise à côté et qui me prenait le combiné des mains. Je me laissais faire. Je n'avais pas la force de lutter contre elle. Je laissais cette main salvatrice déposer ma tête contre un torse. Mes yeux se fermèrent pour écouter la chanson du cœur qui battait à l'intérieur et j'essayais d'imaginer qu'il s'agissait de Liam. Lui seul connaissait les paroles qui auraient eu raison de mes craintes et de mes doutes. Lui seul aurait pu apporter la paix que mon esprit ne cessait de réclamer depuis des mois. Lui seul connaissait les mots magiques et il avait jusqu'ici été le seul à me les avoir dis... Je n'étais peut être pas le genre de personne à qui ont le disait facilement ou peut être ne le méritais-je tout simplement pas. Qu'est ce que j'en savais ?

Mes bras se nouèrent autour de ce torse sans que je ne prononce un seul mot. Je n'avais pas besoin de demander la permission car si ce corps avait accepté de s'asseoir ici, c'est qu'il devait s'attendre à ce que je me repose sur lui. Et pourtant, je ne savais pas si je pouvais me permettre d'avoir une confiance illimitée en cette présence. Elle pouvait décider du jour au lendemain de me laisser seule lorsqu'elle en aura eu marre de moi et je devrais à nouveau survivre... Tout me semblait si compliqué et difficile que l'espoir de voir la lumière au bout du tunnel s'amenuisait d'heure en heure. Il n'y avait peut être pas de lumière, pas de sortie. Il s'agissait peut être d'un leurre pour me forcer à avancer. Avancer vers où ? Vers quoi ? Vers qui ? Il n'y avait personne qui m'attendait, personne qui se demandait où j'étais. Ross se poserait bien quelques questions au début, mais finirait par abandonner.


- « Qu'est ce que je vais faire maintenant ? »

J'avais ressenti le besoin de poser la question à voix haute alors que je n'espérais aucune réponse de la part de cette présence. Elle n'était pas obligée de parler, ni même de me faire croire que tout irait bien. Je ne la croirais pas de toute manière. J'aurais beau espérer que les choses s'amélioreraient qu'une autre galère me tomberait dessus. Quelqu'un avait dû se rendre compte que je n'avais pas assez souffert en dix ans et a donc décidé de rétablir l'équilibre. Je n'étais plus faite pour le bonheur. Je devais me faire une raison : j'étais maudite. Entourée par cette aura protectrice, je me détendis petit à petit au point de m'endormir. Je ne l'avais pas vu venir celle là, mais au moins, je dormais. Cependant, je ne pu me résoudre à relâcher mon étreinte autour de cette présence, convaincue que si je la lâchais, je n'y survivrais pas. Peut être était-ce l'une des raisons qui faisait que je répétais à certains moments.

- « Je suis... maudite... »
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Oublier n'aide pas à retrouver son chemin [Terminé]

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