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 Hate on me, now or later [Terminé]

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Remington Pillsbury

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MessageSujet: Hate on me, now or later [Terminé]   Lun 27 Fév - 16:20

15 octobre 2010 – Début de matinée

Il était extrêmement rare que cela m'arrive. Depuis plus d'un an, je ne faisais que passer en ces lieues. J'y venais pour recevoir une mission, emprunter plus rarement un véhicule et renouveler mon stock personnel d'armes. Je ne m'attardais jamais, je ressentant aucun besoin de me mêler à ces gens qui appartenaient à mon monde mais que je ne considérais pas comme les miens. Ils étaient des contacts, dans le meilleur des cas de simples connaissances de travail. Je ne connaissais rien de leur vie et ne voulais rien savoir. Ca ne m'intéressait pas que untel venait de divorcer, qu'untel avait eu un enfant, que lui venait d'être engagé et qu'un autre était mort. Mourir était une chose à laquelle on s'attendait quand on acceptait un contrat de l'Agence. La date n'était pas définie par contre et ceux qui se débrouillaient le mieux survivaient plusieurs années. Comme moi depuis plus d'un an car oui la vie était une survie à mon sens.

J'avais passé la nuit dans la dépendance qui se trouvait un peu à l'écart de la demeure familiale. C'était rare que j'y dorme, on pouvait compter les fois sur les doigts d'une main. Cette fois je le fis pour une raison qui n'était pas encore très bien précise à mon esprit. Quatre jours auparavant, il y avait eu cette dispute. Suivit ensuite le besoin de me retrouver mais pas de mission en vue, il fallait patienter. Ce que je faisais très bien normalement mais là j'avais un trop plein d'énergie qu'il fallait que j'évacue. Dommage, je n'appartenais pas à la catégorie des personnes pétant un câble, prenant une arme et débarquant dans un lieu public en tirant à vue sur tout ce qui bougeait. Non, j'étais beaucoup plus discret comme être, mes cibles étaient précises et je ne tuais que sur contrat même si je pouvais accepter de faire de rares exceptions. Je n'en avais jamais fait jusque là mais qui sait ce qui pouvait se produire ?

Une fois ma douche prise, fraîchement rasé et les cheveux encore humide, je quittais la dépendance. La longue promenade que j'avais fait le long de la côte m'avait fait du bien. Elle m'avait aidé à y voir plus clair, à réfléchir à certaines choses et je savais à présent quelles décisions je devais prendre ou non. J'aurais pu rester là dessus et quitter l'enceinte de la propriété mais je fis un détour par la demeure. Avant d'y pénétrer, mes doigts frôlèrent la surface de l'eau de la fontaine. Mes prunelles lagon se posèrent sur les femmes portant une jarre sur leur épaule par laquelle l'eau se déversait. C'était reposant et à la fois impressionnant. L'architecte paysagiste avait fait du bon travail, j'aimais cette fontaine et la verdure qui se trouvait tout autour.

Quelques minutes plus tard, je me trouvais dans le grand salon. Celui-ci était vide, ce qui n'était guère étonnant vu l'heure matinale. Il y avait toujours de l'activité en ces lieues mais selon les heures, on pouvait dénicher quelques havres où le silence régnait encore. Le grand salon faisait parti de ceux-ci. Je me dirigeais vers le bar pour me servir un verre. Pas de l'alcool, je n'en buvais pas. Je pris une bouteille de jus d'orange. Une dose de vitamines, voilà de quoi bien commencer la journée. Mon verre à la main, je m'installais dans un des fauteuils se situant dans un coin de la pièce. Mes yeux se fermèrent. Je posais mon coude sur l'accoudoir, repliant mon bras pour porter ma main à hauteur de ma tête. Je posais le verre de jus de fruits contre mon front et restais là, profitant du silence du lieu. Juste quelques minutes puis je partirai et rentrerai chez moi. Le temps de boire ce verre et de disparaître avant qu'une personne ne remarque ma présence et vienne me faire la conversation.

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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Jeu 1 Mar - 19:50


Il faisait déjà jour. La lumière du soleil transperçait les grandes fenêtres du salon de la demeure, frappant de toute leur fraîcheur et luisant sur la pelouse vert émeraude. Des légers nuages teintaient le ciel entre un rose très doux et un bleu pâle. Francine adorait cet instant, cet vue, cette sensation et l'astre sublime réchauffant son visage blême. Son estomac était noué, en arrière-plan, elle devinait bien cet étrange sentiment, cette perte d'équilibre, de repère et de notion du temps. Et pour cause, elle n'avait pas fermé l’œil de la nuit.
Francine avait attendu en vain son oncle tout ce temps durant. Arrivée la veille vers vingt-trois heures, elle avait vu son cousin Emilio et lui avait demandé toute sa discrétion. Il fallait qu'elle lui parle à tout prix de la personne qu'elle avait rencontré, Owen Harwell, et de tout ce qu'il pouvait lui apporter. Il lui avait demandé de patienter. Puis il lui avait fait à manger et ils avaient dîné ensemble. C'était sans doute l'un des seuls sur lesquels elle pouvait s'appuyer pour regagner l'estime de la moitié des membres de sa famille qui rejetait son retour, il l'avait tiré de pas mal de mauvais pas avec Anny et ne posait pas de question. Plutôt effacé, c'était quelqu'un de fidèle, d'intelligent et de terriblement méthodique. Il était un ferme soutien auprès de son oncle mais elle ne voulait pas lui attirer des ennuis c'est pourquoi elle avait choisi de prendre contact le moins possible avec lui. Mais à chaque fois que l'occasion se présentait comme cette nuit où elle avait prévu de rencontrer Anthony, elle prenait de ses nouvelles. Cette fois, il lui expliquait que la rumeur sur son compte avait pris plus d'ampleur, on murmurait qu'elle essayait de se revenir dans les affaires mais qu'elle n'obtenait pas le consentement d'Anthony et qu'il avait raison de ne pas lui faire confiance, qu'elle était déséquilibrée, pas assez mûre et trop prétentieuse de vouloir revenir aussi facilement après les ennuis qu'elle avait causé. Les ennuis dont on parlait, c'était en fait ceux de John dont la rumeur avait déformé le récit des faits et qui avaient été tous posés sur le dos de la jeune Fran qu'on mésestimait désormais.
Bien sûr, ça lui avait fait mal. Ça lui avait même coupé l'appétit. On attendait d'elle qu'elle s'explique, ça viendrait. Elle questionna ensuite son cousin sur sa mère. Il lui expliqua qu'elle ne savait rien, qu'elle était très fatiguée et ne quittait sa chambre que pour cuisiner et participer à certains repas. Elle ne s'exprimait plus trop aujourd'hui sur la façon dont le patrimoine et le clan était géré. La jeune femme s'était promise de lui rendre visite le lendemain après son entretien avec Anthony. Entretien qu'elle attendait toujours aux premières lueurs du jour. Emilio était parti se coucher vers une heure du matin et lui avait dit d'attendre Anthony car il serait là d'une minute à l'autre. Entres autres, il lui avait conseillé de ne pas dormir avant de l'avoir rencontré car si par mégarde il revenait et qu'elle s'était endormie, il le prendrait extrêmement mal. Déjà que ce n'était pas son genre de s'excuser, mal luné comme il était, il trouverait un prétexte tout prêt pour s'en prendre à elle.

Recroquevillée sur l'un des fauteuils faisant face aux grandes fenêtres, Francine repensait à la souffrance du rejet qu'elle subissait avec sa famille et son oncle plus particulièrement. Elle le savait attaché à la méritocratie et tant à elle qu'à ses frères n'ayant pas d'enfants, elle regrettait la façon dont il l'avait toujours traité auparavant. C'était sa petite préférée aussi. Les autres ne le voyaient pas, mais elle, elle le savait. Il l'avait toujours plus choyée tout comme son père que ses frères qu'il traitait déjà comme de vrais hommes alors qu'ils n'avaient que quatorze ans pour le plus vieux. Dans son enfance, il l'avait comblée d'attentions. C'était une princesse. Il lui disait que si elle travaillerait dur, elle aussi dirigerait le monde, la famille, le clan et qu'elle serait plus forte et plus puissante que ses frères. Que l'école, ça ne voulait rien dire, qu'il ferait d'elle une grande et forte femme, débrouillarde et fière. Une vraie italienne, un véritable chef comme son père voudrait. Elle le croyait sincèrement. Aujourd'hui, la réalité avait une autre saveur. Loin de ce qu'ils avaient tous attendu d'elle.
Inconsciemment, Francine s'était assoupie. Ce n'est qu'un bruit cristallin de verres qui s'entrechoquaient qui la tira de son sommeil. Son oncle était enfin rentré ! Elle ouvrit les yeux brusquement et se releva d'un coup tournant la tête à gauche et à droite. Précipitamment, elle se leva croyant faire face à Anthony Cristiani qui aurait pris sa place sur son fauteuil préféré. Mais ce n'était pas lui. C'était un homme tout à fait différent, comme elle n'en avait jamais vu. Dégageant une espèce d'aura glacé, les cheveux gominés, la mâchoire carrée, les traits incroyablement fins, les muscles bien dessinés et développés, vêtu de façon à ce qu'il ne puisse pas être mieux mis en valeur avec un col roulé noir et un pantalon droit gris , seconde pièce de costume sans nulle doute et paré de mocassins ciré d'excellente finition. Un verre de jus d'orange dans la main, les yeux clos.

La jeune femme fronça les sourcils, une expression hostile sur le visage. Elle se rappelait de lui. Mais où diable avait-elle connu ce particulier-là ? C'était très pénible, ces pannes de mémoires chroniques. Le plus inquiétant avec cet homme, c'est qu'elle n'était manifestement pas supposée le connaître mais qu'en plus de lui être familier, il lui inspirait beaucoup d'appréhension. Elle ne dérangea pas son instant de détente et puis finalement sa bouche s'ouvrit d'elle-même....

« Pillsbury . »

Il ouvrit les yeux. Remington Pillsbury, il s'appelait. Un des hommes de confiance de son oncle, oui elle l'avait déjà croisé, son oncle les avaient présentés, elle ne se souvenait plus du contexte ultérieure mais ça n'importait guère, le principal c'était qu'elle avait pu reconstituer leur rencontre. Elle ne l'aimait pas. Elle ne le connaissait pas mais il ne lui inspirait aucune confiance. Parce que justement, il était beaucoup trop confiant. Tellement qu'il en était insolent aux yeux de Francine.

« Qu'est ce que tu fous ici ? Ce fauteuil n'est pas le tien, elle lui lança.
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Remington Pillsbury

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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Dim 4 Mar - 8:09

Quel silence. Plus d'un mois que je n'avais pas vécu ce silence total sans qu'une tornade brune n'arrive et chamboule tout sur son passage. Plus rien ne suivait son cours normal, je manquais péter un câble à chaque instant, laissant ma folie l'emporter. Parce qu'elle était folle et que je l'étais tout autant qu'elle, voir même davantage. La preuve, c'était que j'avais été sur le point de mettre le feu à ma propre maison dans l'unique but de la faire céder. J'avais porté un coup bas à ce moment là, je n'avais aucune raison d'en être fier car je savais qu'elle avait la phobie du feu. Cela avait fonctionné. J'étais parvenu à mes fins, comme quoi la folie calculée pouvait nous aider à avoir tout ce qu'on désirait. Par ces temps qui couraient, j'aurais aimé qu'on me donne une mission. N'importe laquelle du moment que je pouvais avoir cette sensation de délivrance en appuyant sur la gâchette et en atteignant ma cible. Tuer de sang froid, sans trembler et sans aucun remord.

Mon nom fut prononcé ce qui me poussa à ouvrir mes prunelles. Une jeune femme se tenait face à moi. Son visage m'était familier. Il fallait juste un instant pour que je reconstitue le puzzle dans ma tête. Pour être présente dans ce lieu et connaître qui j'étais, elle appartenait forcément à l'Agence. Le système de sécurité était tel à l'entrée que n'importe qui ne pouvait pas entrer dans l'enceinte de la propriété. Et si un inconscient s'y risquait, il signait sa mise à mort. Il ne faudrait que quelques minutes pour qu'il se fasse choper. Car on aura lâché les chiens. Ou alors parce que des gros bras seront déjà en train de pointer une arme sur lui. Donc cette femme appartenait à l'Agence. Elle ne m'inspirait aucune crainte. Et si elle espérait m'impressionner en me regardant ainsi, elle pouvait déjà retourner à ses cours d'intimidation.

Son visage ressemblait un peu à ceux de la famille Cristiani. Voilà, je me rappelais à présent qui elle était. Ford, la nièce du grand patron. Anthony nous avait présentés un jour que j'étais en pleine discussion avec lui. Professionnelle bien évidemment la discussion. Si j'appréciais un minimum le chef de clan de l'Agence, ce n'était pas mon genre de me lier d'une quelconque amitié avec qui que ce soit. Il y avait une seule personne qui faisait exception et je le connaissais depuis l'âge de quatre ans et demi. Anthony ce jour là m'avait donc simplement présenté sa nièce. Voilà qui m'avait fait une belle jambe. Si encore il avait dit qu'elle était numéro deux derrière lui, j'aurais prêté davantage d'attention en sa personne. Mais non, juste la nièce du grand patron, cela n'avait fait que l'effet d'un objet glissant sur une surface plane et passant son chemin.

« Mademoiselle Ford. »

Ma voix résonna enfin, coupant le silence qui s'était installé dans la pièce depuis qu'elle avait prononcé mon nom de famille. Je ne bougeais pas de ma place. La politesse aurait voulu que je me lève pour la saluer. Je prenais déjà la peine de rajouter un mademoiselle très poli devant son nom. En même temps, c'était peut être aussi parce que je n'étais plus très certain de son prénom. Frances ? Francesca ? Cela finirait bien par me revenir à un moment ou à un autre. Je ne m'en formalisais donc pas. Que me voulait-elle de si bon matin ? Elle ne semblait pas avoir beaucoup dormi de la nuit, sa tête ressemblait à celle d'une déterrée. Il fallait donc rester sur ses gardes. Une personne avec une mine pareille pouvait être complètement à côté de la plaque, de mauvaise humeur, ou dans un quelconque autre état d'esprit. Bon pour elle, apparemment c'était la mauvaise foi doublé de la mauvaise humeur de me voir.

« Je bois du jus d'orange. La supérette prêt de chez moi était fermée. Cela pose un problème ? »

Qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire la raison de ma visite. Qu'est-ce que cela pouvait bien lui faire que j'avais les fesses posées sur un fauteuil qui ne m'appartenait pas. Qu'elle retourne donc jouer à la dinette ou tente de gagner sa place pour se faire respecter au sein de l'Agence. Je ne m'en préoccupais pas mais des rumeurs disaient qu'elle tentait de faire sa place. Mais qu'Anthony ne lui faisait pas confiance. En même temps quand on la voyait, ce n'était guère étonnant. Pour le moment, je ne la connaissais pas assez pour me faire une réelle opinion sur elle. Je demandais donc à voir de quoi elle était capable.

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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Jeu 8 Mar - 18:21

Elle haussa un sourcils avec défiance. Certes, elle devait avoir bien mauvaise mine, sans doute décoiffée et les vêtements froissés et mal rajustés donc ça en enlevait pas mal à la posture autoritaire qu'elle essayait de se donner cela étant, ce Pillsbury ne comprenait même ce qu'elle venait de lui demander très poliment. Oui, parce que c'était peut être un fauteuil vide, mais dans sa famille celui-ci faisait figure de trône, d'objet du pouvoir, tout comme tout ce que chérissait et préférait Anthony Cristiani. Au nom du respect qu'on lui devait et qu'il méritait, certaines choses devaient lui être exclusivement réservées, comme ce fauteuil.

Elle devinait qu'il avait compris ce qu'elle sous-entendait, et pourtant il jouait à faire celui qui n'avait pas compris se moquant ouvertement d'elle avec son dédain et une insolence qu'elle ne pouvait pas supporter. Elle-même ne se donnait même pas la peine de cacher son ressentiment envers lui. Avec sa dégaine pas crédible la jeune femme cherchait quand même à imposer un certain respect en tant que nièce du boss, c'était la moindre des choses, mais sa tête tournait tellement qu'elle allait jusqu'à sentir ses propres pensées tanguer d'un bout à l'autre de son cerveau. Une nuit toute blanche avec en tout et pour tout quelques minutes d'un mauvais sommeil : les conditions n'étaient pas réunies pour faire acte de son autorité inexistante.

Francine pourtant voulait croire que le situation s'améliorait et qu'elle prendrait rapidement la place de numéro deux aux côtés de son oncle, kickant littéralement Remington Pillsbury qui serait relégué au rang de valet ordinaire. A dire vrai, elle ne savait pas s'il était son numéro deux, son homme de confiance ou son confident, mais elle avait entendu son oncle être si élogieux et clément à son sujet, qu'il fallait bien l'admettre : elle le jalousait.
C'était compréhensible. Ça avait été toujours été la petite fille chérie de son oncle, avant que les choses ne dégénèrent, ne se compliquent et qu'elle doive se couper de tout ce qu'elle chérissait. Du plus profond d'elle-même Francine savait cependant que les choses ne seraient plus comme avant, et c'est ce qui l'angoissait. Elle avait essayé de partager cette angoisse avec sa mère. Mais cette dernière lui avait dit qu'elle s'en occuperait, et qu'elle n'avait aucune raison de s'inquiéter. Elle n'avait pas voulu l'impliquer et lui avait fait promettre qu'à ce sujet jamais elle ne le ferait, car dans ce cas, tout serait vain. Si on savait qu'elle avait été reprise par son oncle sans avoir été jetée une bonne dizaine de fois et sans avoir supplier sa rédemption, jamais plus personne dans sa famille ne la respecterait. Le respect se gagne, il n'y a pas de place dans ce monde pour le népotisme et surtout pas chez les Cristiani.

« Tu n'as rien à faire la-dessus, elle cracha avec toute sa rengaine. C'est le fauteuil de mon oncle, tu sais ce que ça veut dire. »

Elle s'était retenue d'ajouter 'dégages' sinon, ils en seraient probablement arrivés aux mains malgré eux. La provocation la démangeait. Francine avec toute la frustration et les nerfs qui s'étaient accumulés aurait adoré pouvoir se défouler sur Pillsbury. Peut être pas le frapper, non, elle était tellement épuisée que si elle faisait appel à sa force elle s'étalerait comme une truite pourrie, non, non, juste se disputer lui suffirait.

« Je vais pas le répéter. »
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Remington Pillsbury

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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Dim 11 Mar - 9:21

Je me demandais ce qu'elle voulait. Elle n'allait tout de même pas me prendre la tête pour une histoire de fauteuil ? Apparemment c'était le cas. J'avais les fesses placées sur le mauvais fauteuil et ça ne lui plaisait pas. Je ne savais même pas ce qu'elle me reprochait car je n'avais pas attaché d'attention à qui posait son fessier habituellement à cette place où j'étais. Sa réaction était vive, limite puérile. J'avais passé l'âge des gamineries. Non tu n'as pas le droit de te mettre, non ne prends pas ça, ce n'est pas à toi. Elle se croyait encore dans une cours d'école, et elle s'y croyait seule. J'avais quitté l'école depuis quelques années déjà et j'étais passé par la case armée avant de venir à celle de tueur à gage. Cette Ford allait devoir grandir un peu dans sa tête si elle voulait régner aux côtés d'Anthony. Ca ne serait pas avec ce genre de réaction qu'elle se ferait craindre et respecter. Et je ne parlais même pas de sa tenue débraillée et de ses cheveux qui faisaient peine à voir. Elle me donnait l'impression d'avoir une choucroute sur la tête.

Je lui avais répondu en toute innocence, sortant le premier prétexte qui m'était venu à l'esprit. Je n'en avais de toute façon pas d'autre à fournir puisque je ne comprenais pas pour le moment ce qu'elle me reprochait. Ah si, juste d'être sur un fauteuil qui n'était pas le mien. C'était du grand art. Je portais lentement le verre de jus d'orange à mes lèvres pour en boire quelques gorgées. Mes prunelles ne la quittaient pas. Je m'attendais à ce qu'elle continue sur sa lancée, ma réponse ne la satisfaisant pas. Ce qui serait logique vu que j'avais été évasif et que je ne prenais pas la peine de me lever. Il ne fallut pas longtemps pour qu'elle reprenne la parole. Et voilà, encore une fois cette histoire de fauteuil. Non mais elle était chargée à sa protection personnelle qu'elle mette autant de hargne pour m'en virer ? Peut être que c'était sa mission, surveiller le fauteuil de monsieur ou madame x pour gagner sa croûte et tenter de monter dans les échelons. Elle démarrait bien bas.

Ah, enfin j'appris à qui appartenait le précieux siège. Anthony Cristiani. Le boss, celui que tout le monde respectait au sein de l'Agence, moi y compris. Ainsi elle me reprochait d'être sur un objet appartenant à son oncle. Mon regard froid ne la quitta pas. Je comprenais à présent le sens de ses paroles mais ça ne changeait pas grand chose pour moi. Certes c'était le fauteuil d'Anthony. Mais tout était à lui dans cette propriété. Est-ce que je devais émettre le souhait de voler pour ne plus toucher ce sol qui lui appartenait également ? Est-ce que je devais arrêter de respirer cet air qui traversait sa demeure ? Certainement pas. Je respectais Anthony mais il ne fallait pas abuser sur certaines choses. Et cette demoiselle abusait lourdement en tentant de me donner des ordres. Il n'était pas là de toute façon. Un siège vide, c'était un siège disponible. S'il venait à entrer dans le grand salon, je n'hésiterai pas à me lever pour lui laisser la place. Elle serait même encore toute chaude.

« Je sais ce que ça veut dire... Mais si je dois du respect à Anthony, je ne vous dois rien pour le moment mademoiselle Ford... »

Elle pouvait être fière d'être la nièce du grand patron, mais dans l'échelle de la hiérarchie, elle n'était qu'une sous fifre, comme moi. Et encore, je devais davantage être libre de mes mouvements qu'elle. Si l'envie me prenait de quitter l'Agence, personne ne m'en blâmerait ou ne chercherait à me retenir. Peut être qu'on mettrait un contrat sur ma tête au cas où l'envie me prendrait de parler. Mais quiconque me connaissait un peu dans l'Agence savait que je n'étais pas un grand bavard. Et donc que je n'irais pas révéler l'existence du groupe à n'importe qui. J'étais libre de partir et de voler de mes propres ailes quand je le voulais. Mais pas elle. Nièce du grand patron, ça voulait dire rang à tenir, pas de possibilité de s'émanciper. Je ne croyais pas qu'elle avait le cran pour le faire. Elle se donnait des allures de dure mais l'était-elle réellement ?

Je me décidais enfin à me lever, mais pas à cause de son ordre. Elle pouvait me le répéter autant qu'elle le désirait, si je n'avais pas voulu bouger, je ne l'aurais pas fait. Mon verre toujours à la main, je m'approchais dangereusement d'elle. J'étais calme et complètement maitre de moi-même. Je m'arrêtais à proximité, gardant une distance courte entre nous. J'étais lavé et propre, ce qui n'était pas son cas. Elle avait oublié de passer par la case hygiène du matin. Et j'accordais un peu d'importance à la tenue que l'on portait. Les apparences étaient parfois trompeuses mais bien souvent, cela reflétait ce que l'on était réellement à l'intérieur.

« Voilà contente ? Vos menaces m'ont fait peur, je me suis levé. »

Pieux mensonge que je lui sortais là. Le jour où elle me ferait peur n'était pas encore arrivé. J'adoptais le vouvoiement volontairement, gardant cette barrière entre elle et moi. Nous ne nous connaissions pas et je n'avais aucune intention d'apprendre à mieux la connaître, sur un plan personnel en tout cas. Professionnellement parlant, mon esprit était attentif et je l'analysais.

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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Jeu 15 Mar - 11:22

Sa boîte crânienne résonnait comme si l'on y faisait sonner des cloches. C'était à la limite du supportable, un peu comme l'attitude Remington, là. Son insolence et sa défiance. Francine avait oublié combien il lui arrivait d'éprouver de l'orgueil et de la jalousie, les yeux de cette vipère de Pillsbury ne lui rappelaient que trop. Il ne comprenait rien à la place de la symbolique dans ce monde où il évoluait comme un grenouille infiltrée dans un banc de saumons. Ils étaient des gens attachés aux traditions, aux symboles, et aux valeurs ancestrales qui préfiguraient comme un trésor au sein des générations et des généalogies qui composaient le gigantesque arbre de la famille depuis des siècles. Si quelqu'un voulait s'intégrer, appartenir au clan, il devait comprendre qu'il y avait des choses sur lesquelles on ne transigeait pas. Pillsbury avec ses airs prétentieux, son manque d'humilité et de respect pour tout ce qui comptait à commencer par le sang qui coulait dans les veines de Francine, se compromettait inévitablement.

En effet, la jeune femme avait beau être en disgrâce, il y avait des choses qui ne changerait pas ni pour son oncle, ni pour tous les autres membres de sa famille : la valeur de son sang. C'était une Cristiani, et de surcroît une Cristiani de lignée directe par sa mère, c'est-à-dire qu'avec ses frères, ils étaient les descendants directs des plus anciens ancêtres que la famille n'ait jamais eut. Et ça, ça prévalait bien tout le reste à commencer par Remington Pillsbury. Il avait beau être en grâce aux yeux de son oncle, certains avaient beau le craindre, et le respecter, elle passerait toujours avant et au dessus de lui.


« C'est là où tu as tort, Pillsbury, elle répondit très sérieusement. Tu as beau faire ce que tu veux, tu travailles pour mon oncle, et pour ma famille. Donc pour moi aussi. N'oublies jamais qu'il n'y a rien ici de plus fort que le sang. Et ça, même moi qui suit aujourd'hui en dessous de toi et au toi au dessus des autres, n'y pouvons rien. C'est, et ce sera toujours, moi avant toi. »


Elle ne lâchait pas des yeux. Son regard assassin et froid dans les prunelles aqueuses du nervi qui la dévisageait avec la même rengaine. Elle ne le haïssait pas, c'était juste qu'elle ne le supportait pas. Lui et sa condescendance. Son insolence, son attitude inopportune, sa décontraction naturelle et son dédain. Et le mépris naturel qu'il vouait aux autres. Il n'y avait rien chez lui qui ne puisse attirer la sympathie de Francine, et même en d'autres occasions la jeune femme se persuadait dans son for intérieur qu'un homme de cette trempe là n'aurait suscité que son animosité.
Puis, elle le contourna, sans détacher ses yeux des siens et pris sa place sur le fauteuil quand il eut bien fait de se relever et s'était approché, toujours dans la provocation et l'insolence. Elle n'en avait rien à faire de lui, aujourd'hui la leçon était terminée, qu'il fiche le camp la tête baissée et qu'il ne dérange plus son sommeil.

Prenant un posture plus confortable, Francine se recroquevilla dans ce fauteuil légendaire qui avait traverser les âges et qu'aujourd'hui son oncle chérissait. Elle se rappelait des souvenirs qu'il renfermait à l'époque où ses grands-parents étaient de ce monde et où elle jouait sur les genoux de son grand-père. Ou quand il appartenait à son père, il n'avait plus place ici mais dans la maison qu'ils avaient à Downtown et qui était la nef de la famille, le berceau du clan où ils habitaient tous encore à l'abri du luxe et de la profusion de cette demeure qui servait de bastion stratégique et de logement pour ses grands-parents. Il était légitime qu'elle défende ce sanctuaire de souvenirs déchirant qui ravivaient sa douloureuse nostalgie pour des temps qu'elle ne retrouverait jamais et qui composaient la meilleure époque de sa vie, normal qu'elle s'en soucie et qu'elle ne souhaite que personne sinon les acteurs de cette période n'y demeurent.
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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Dim 18 Mar - 6:33

Peut-être que j'avais tort et qu'elle avait raison. Probablement même. Il existait encore des familles traditionnelles qui mettaient en avant les liens du sang, qui faisaient passer cette excuse avant le reste. Les liens du sang sont les plus forts. Les liens du sang prévalent sur tel ou tel comportement. Ce n'était qu'un nuage de poussière à mes yeux qui s'envolerait à la moindre occasion. Francine Ford attachait énormément d'importance aux traditions. Elle croyait pouvoir passer au dessus de tout. Pourquoi pas après tout. Mais rien ne pouvait la mettre à l'abri d'une trahison et ce, même dans sa propre famille. Si elle pensait que le sang la sauverait car elle était la nièce d'Anthony, je n'étais pas loin de lui répliquer qu'elle se trompait. Un de ses cousins, oncles ou autre pouvaient la trahir à tout moment. Et une fois que ça serait fait, qu'elle verrait que les liens du sang n'étaient pas aussi forts qu'elle le croyait, je me demandais bien vers qui elle se tournerait pour sauver ses petites fesses. Je préférais avoir un ami fidèle à mes côtés qu'un membre de ma famille qui faiblirait et me trahirait.

Son petit discours était éloquent mais il ne m'atteignait pas. Si c'était des menaces déguisées, j'en attendais mieux. Je la laissais me contourner, alors qu'elle allait s'installer dans le fauteuil que je venais de libérer. L'espace d'un instant, je ne me préoccupais plus d'elle. Je bus le restant de mon jus d'orange et retournais me servir un verre. Pompeuse comme elle l'était, j'étais déjà prêt à l'entendre dans mon dos déclarant que ce jus d'orange appartenait à la famille Cristiani. Que si je voulais en boire un, je n'avais qu'à aller m'en chercher, ailleurs bien évidemment. Mon verre en main, je me retournais vers elle. Elle s'était recroquevillée sur le fauteuil. Tout ça pour ça ? Une telle scène simplement pour pouvoir se blottir et dormir sur un fauteuil. Si l'envie me prenait de mettre le feu à son cher fauteuil, est-ce qu'elle verserait des larmes de crocodile ? C'était fort probable. Je m'avançais vers elle, buvant une gorgée de jus d'orange en avançant. Je m'accroupis près du fauteuil pour me mettre à sa hauteur. C'était peut être terminé pour elle mais ça ne l'était pas encore pour moi.

« Tu peux être loin devant moi aussi longtemps que tu voudras Francine Ford, je m'en fiche de cette course pour être mieux vu d'Anthony »

Ce qui était réel. Je ne faisais pas parti de ces agents qui tentaient de se faire bien voir du grand patron. J'étais certes bien vu pour le moment, mais c'était seulement grâce à mon efficacité dans l'exécution des contrats. Pas de question, pas de remord, il fallait simplement exécuter. Je savais très bien que la roue tournait et qu'un jour je ne serais plus dans les bonnes grâces d'Anthony. Je ne m'étais jamais fait d'illusion à ce sujet et je ne m'attardais pas sur ce point pour rester en vie. Il suffisait que le boss meurt pour qu'elle le remplace et je savais que mes jours seraient peut être comptés. Je me rendis brusquement compte que je venais de me souvenir de son prénom.
Ainsi, ce n'était pas Francesca ou Frances, je n'étais pas loin. Il fallait juste que ça me revienne. Enfin bref, peu importait, un prénom ce n'était qu'un point dans une masse. Toujours accroupi, je fixais son visage. Dommage qu'elle soit si jeune, si puérile à mes yeux, elle aurait pu faire un bon boss. Si elle se détachait de ses airs de gamine capricieuse qui voulait sa part de gâteau. Elle aurait peut être la plus grosse part un jour et serait au sommet. Mais si elle ne se méfiait pas, ça ne serait que des miettes qu'elle récolterait. Ce qui ferait mal à son amour propre de nièce conquérante qui se plaçait avant moi, et les autres.

« Et si un jour un membre de ta chère et tendre famille place un contrat sur ta tête, tu croiras toujours aux liens dont tu me parles... ? Car ce n'est pas ton sang qui te sauvera à ce moment là mademoiselle Ford. Du moins pas si c'est à moi qu'on donne le contrat, ce n'est pas un lien tel que celui-ci qui m'arrêtera... »

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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Jeu 22 Mar - 10:04

Les yeux clos, ce n'était pas ce qui avait empêché Francine d'entendre le moindre mot que Remington lui avait adressé. Même un homme de son envergure ne saisissait définitivement pas les fondements de sa famille, ni les raisons de leur unité. Au même titre qu'il lui était impossible d'envisager la longévité impressionnante de sa ligne et comment ils avaient tous réussi à survivre jusqu'ici sans déclencher de guerre intérieure. Ses yeux n'étaient pas suffisamment aiguisés, ni son esprit assez ouvert. Les Cristiani n'étaient pas ordinaires. Le pouvoir, la succession, s'il n'était question que de cela, il y aurait longtemps qu'ils auraient disparus. Mais non, le pouvoir, ici, c'était davantage une malédiction qu'une bénédiction. Celui qui gouvernait la famille non seulement prenait le risque de se heurter aux refus, et aux conflits qui tant bien que mal subsistent chez les moins civilisés de la famille mais d'abord à la solitude et aux lourdes charges et responsabilités qui entraînent irrévocablement cette dernière. Ainsi, au pouvoir, sa propre mère, Ornella avait perdu son mari, ses enfants étaient tous partis et sa fille avait été malade mentale pendant des années. S'il fallait parler de son oncle Anthony, c'était pire, il avait perdu la seule femme qu'il n'avait jamais autant aimé et le seul enfant qu'il avait alors que ce n'était qu'un nourrisson. Être un membre de cette famille corps et âme n'étaient pas un sage voyage dans la gaité et la luxure. C'était un cas de conscience, une crise intérieure, une constant questionnement sur les méthodes, sur les raisons qui depuis des décennies, s'inscrivent et perdurent dans la famille et la poussent à agir dans l'ombre.
Quelqu'un comme Remington Pillsbury ne pourrait envisager les choses de cette façon. Il jugeait de la manière la plus prompt qui soit, et vaniteux et supérieur de nature, il n'explorait pas le fond des choses, convaincu que c'était une perte de temps. Il était juste chasseur de tête ici, voilà. Ni plus, ni moins. Il ignorait tout des convictions qui animaient sa famille, il ignorait tout de leurs desseins. Il se contentait de faire ce qu'on lui disait en bon soldat. Francine n'avait pas de doute là-dessus, un homme si superficiel, si suffisant, hautain et dédaigneux, n'avait rien à lui apporter, et ne valait guère mieux que la bonne à tout faire qu'elle était autrefois dans le restaurant où elle travaillait. Il était là pour gagner son pain, convaincu qu'il baignait déjà dans des affaires pas très licites, il ne cherchait pas plus loin. C'était quelqu'un de limité. Ce n'était pas un bon sergent au sens où elle l'entendait. Mais il faisait bien son travail, c'était peut être la seule raison qui faisait qu'il était dans les grâces de son oncle. Presque au même titre d'un vaillant chien de garde. Pathétique pour un homme qui semblait avoir une once d'intelligence. Ce n'était pas son problème à elle après tout, il n'aspirait à rien d'autre alors qu'il pourrait tant avoir.

Elle entendit, toujours les yeux clos, s'éloigner alors qu'il s'était accroupi à sa hauteur pour lui parler. Il fit volte-face et elle rouvrit ses prunelles avant de prendre la parole.

« Il n'a jamais été question d'une course, dit-elle calmement. Si ça en avait été, elle n'aurait été d'aucune intérêt. C'est ça, le problème chez toi, tu ne saisis pas. »

Il ne saisissait pas ce qu'elle voulait, ce à quoi elle aspirait. Elle ne voulait pas rentrer dans les grâces de son oncle par intérêt mais par affectif et c'est à ce même titre qu'elle voulait revenir dans la famille et être acceptée de chacun. Elle aussi voulait désormais donner de sa personne à l'effort collectif auquel ils travaillaient tous depuis des générations et ne plus le laisser seul. Elle voulait en être, c'était son rôle, c'est ce que l'on avait attendu d'elle depuis l'enfance. Quand elle repensait à ceux qui en avaient payés les frais, le moindre effort de mémoire aurait consisté à ne jamais lâché la cause pour laquelle ils se battaient et se batteraient toujours. Ses frères émancipés de ces occupations, instruits et bien installés dans leur vie civile, il ne restait qu'elle dans sa génération à pouvoir y faire quelque chose, à pouvoir soutenir son oncle et puis sa mère qui comptait encore beaucoup sur elle.
Remington Pillsbury ignorait tout, jusqu'à même à quel point elle comptait dans sa famille et la place qui l'attendait et qui était sienne depuis son arrivée au monde.


« Si il faut que je meurs, pour ma famille, ils se passeront de toi, car je donnerai bien ma vie tout de suite et maintenant si c'est ce qu'il fallait. Tu te trompes sur moi et mon ambition, tu trompes sur trop de choses pour que je puisse croire que tu comprennes vraiment à quoi tu sers. Et on va même commencer par dire que tu ne sais absolument pas qui je suis. »

Jamais, il n'avait du comprendre que la place de Anthony n'était pas la tête la plus haut placée de la famille même s'il dirigeait l'Agence, c'était encore sa mère qui avait la main basse sur toutes les affaires du clan, et qu'en tant que sa fille elle avait un rôle tout aussi important que son oncle, mais que les récents événements au Blue Lake et ses années de dérangements psychiques n'avaient rien arrangés à sa situation et qu'elle devait désormais faire preuve d'humilité. Mais en dépit de cela, personne ne toucherait à un seul de ses cheveux pour tout les sacrifices que le nom de « Ford » avait occasionné. Avant que la vie même de son père ne soit enlevé, un par un les membres de sa famille paternelle avait beaucoup encaissé à la suite de l'enrôlement de Jack. Et à cause de ça, jamais on laisserait l'héritage de ce dernier se gâcher.
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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Lun 26 Mar - 17:59

Pour Francine Ford, il semblait que j'étais à mille lieues de comprendre. Il était vrai que je ne descendais pas d'une illustre famille comme la sienne. Après tout, je n'étais que le petit orphelin qu'on avait recueilli après la mort de ses parents dans un accident. Le pauvre petit orphelin que Ben Blackwell avait tenté d'éduquer dans ses croyances et qui aurait du prendre la ligne de conduite qu'on m'avait tracé. Je n'avais rien à voir avec sa chère et tendre famille soudée, qu'on élevait dans les traditions et où l'on apprenait à chacun ce qu'étaient les liens du sang. Je pouvais comprendre tout ceci, contrairement à ce qu'elle pouvait imaginer.
Ce que je comprenais moins et que je n'aurais accepté, contrairement à ce qu'elle faisait, c'était de faire le vulgaire petit mouton. Être la gentille brebis que l'on élevait pour qu'elle tienne son rang, et qui finirait un jour à l'abattage. Elle était même prête à y aller de son plein gré pour sa famille. Prête à mourir si on le lui demandait. Pauvre petit agneau qui serait égorgé et offert en sacrifice. Comme au Népal, le jour de la sortie de la déesse, on égorgeait un agneau et on versait son sang sur les roues du carrosse où la déesse prendrait place. Le sang de Francine Ford serait-il également versé sur les roues de la voiture d'Anthony si la coutume le voulait ?

« Peut être qu'en effet, je ne sais pas qui tu es. Je ne veux même pas savoir ni que tu me sortes tout un long discours sur ta famille, sur ta place et sur le rang que tu dois ou devras tenir. Tout ce que je sais, c'est que tu as bien été formatée depuis ton enfance. Tu vas bien me dire que non, que tu as la vie que tu as toujours voulu, que tu prends tes propres décisions, ça je n'en doute pas. »

Et ça ne serait qu'un argument qui viendrait appuyer ma supposition. Elle se croyait libre, elle était loin de l'être à mon sens. Pas quand on devait tenir une place. Pas quand on avait des responsabilités. Ce n'était pas ceci la liberté à mes yeux. Je préférais ne jamais évoluer et faire ce que j'avais envie. On pouvait penser que j'étais idiot, très limité mentalement, je m'en fichais éperdument. Passer pour l'idiot du village qui ne comprenait rien me convenait parfaitement. C'était souvent ceux en qui on avait le moins de méfiance et qui s'avéraient en réalité être les plus dangereux. Imprévisibles. Cachant tant de choses en eux dont on ne soupçonnait pas. Celui qui se faisait passer pour l'idiot du village était même capable de tuer en se mettant les flics dans la poche. Car il voudrait aider gentiment à résoudre un crime. Il aurait des réactions ne convenant pas mais qu'on pardonnerait. Pourquoi le blâmerait-on puisqu'il était idiot et limité ?

« L'idiot que je suis va te laisser. C'est vrai que je n'ai pas fait de grandes études non plus pour comprendre tout ça. On ne m'a pas appris grand chose durant ma courte période de lycée et l'armée n'est pas réputée pour briller de ses lumières. »

Pieux mensonge. J'avais fait davantage d'études que je voulais bien lui faire croire. J'aurais même pu continuer si je l'avais désiré. Si je ne m'étais pas engagé dans l'armée, je serais peut être à l'heure actuelle professeur à l'université. C'était la place qui m'attendait mais l'offre était tombée à la mauvaise période. Elle aurait du tomber en début d'année et non en fin... Enfin bref, c'était fait. Quant à l'armée, elle m'avait beaucoup appris également. Et son plus grand enseignement se résumait en un seul mot : survie. C'était mon passage dans l'armée qui m'avait changé mais qui m'avait également renforcé, qui m'avait conduit à être celui que j'étais aujourd'hui.

Je me redressais, ne me préoccupant plus d'elle. La discussion était close de toute façon. Elle avait bien montré par son attitude à se recroqueviller sur son cher fauteuil qu'elle désirait se reposer. Dormir ainsi au milieu d'un salon, en s'exposant aux yeux de tous. Elle pouvait révéler ses faiblesses, baisser sa garde et s'exposer. Pourquoi pas après tout si c'était ce qu'elle désirait. Si elle se croyait en sécurité dans cette demeure, c'était son droit. Je déposais mon verre encore à moitié plein sur le bar. Peut être qu'elle aimerait que j'aille le vider dans la cuisine et le mette à laver, ce qui montrerait ma bonne éducation. Ou peut être pas. Je ne lui adressais même pas un dernier regard, et sans plus un mot, je me dirigeais vers la sortie. Les formules de politesse pour prendre congé, ce n'était pas mon fort. Et quelque chose faisait que ça l'était encore moins pour elle. Une sorte de courant, purement négatif qui circulait entre nous. Et qui circulerait toujours dans l'air quand nous serons en présence l'un de l'autre. Mais là, l'air allait pouvoir se purifier et être moins électrique puisque je quittais la pièce.

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MessageSujet: Re: Hate on me, now or later [Terminé]   Ven 30 Mar - 0:26

Dans une autre vie, ces deux-là se seraient peut être bien entendus. Ils seraient même peut être amis.
Dans celle-ci, Francine en avait la conviction, il n'existait aucun moyen de dépasser leur propre jugement pré-fondé l'un sur l'autre réciproquement. Ça se sentait dans leur façon propre de s'exprimer et de ne jamais dépasser ce qu'ils considéraient et prenaient déjà pour vérité. Chacun à sa manière, campant sur ses positions. Avec cette ferme opiniâtreté fortement comparable et ce tempérament têtu. C'était presque physique. Il y avait quelques violente opposition pour l'un comme pour l'autre, de vouloir se haïr, se détester, se mépriser, s'affronter, et d'éviter de se comprendre, de s'entendre pour se parler. Tout n'était que détermination à vouloir humilier l'autre consciemment ou non. Tout n'attentait qu'à la fierté de l'opposant. Cette animosité, comme rarement Francine Ford l'avait rencontrée, était le fruit d'une jalousie mûre au terme d'une longue gestation qui trouvait ses origines dans ses rapports à son oncle depuis l'adolescence et depuis Anny même. Depuis qu'entre eux la confiance ne régnait plus et le doute s'était installé. Inconsciemment, la jeune femme voyait bien qu'un cercle autour de lui s'était instauré, un cercle dont elle ne faisait plus partie, un cercle qui l'excluait de la seule entité qui était résolue à ne jamais l'abandonnée à sa triste solitude : sa famille. C'était une des causes qui avait expliqué son éloignement. Le sentiment d'abandon au moment où l'on a le plus besoin de repère. Des repères, qui tout au long de sa jeune vie, avait consisté en la vie dans la cellule familiale, et rien d'autre en somme puisqu'elle n'avait pas été scolarisée. Sa fragilité au lieu d'être fermement entamée et détruite, n'en avait en fait qu'été consolidée. Jusqu'à ce que finalement, elle craque, que sa psyché se morcelle, que son identité et sa personnalité ne se perde, jusqu'à ce que le monstre qu'elle avait en elle ne sorte.

Il ne devait pas y avoir de méprise, même elle le savait. Elle n'était complètement soignée ni remise tout à fait. En un mois, elle n'y escomptait pas. C'était surréaliste de le croire malgré l'immense progrès réalisé, il lui faudrait assumer son quotidien et la vie qu'elle voudrait mener.
A commencer par renouer avec ce qui lui avait toujours manqué comme une partie d'elle : sa famille. Et trouver ce en quoi elle s'illustrerait : suivre les voies de ses parents et servir la communauté fidèlement. C'était un processus compliqué et une ambition plus ardue qu'elle le laissait croire, même pour quelqu'un comme Francine qui héritait directement des origines de la famille. Haïr, reprendre pied avec les sentiments, trouver un exutoire, qu'à cela n'en déplaise, ça l'aidait finalement bien. Toute la rancœur qu'elle avait accumulée s'exprimait. Non plus par l'expression d'un double ultra-violent baignant en permanence dans l'excès, mais par une humanité volontairement acceptée. Avec les bons et les mauvais côtés.

Oui, sans doute, avec Remington, en quelques points ils devaient bien se ressembler.
Ils étaient tous les deux butés.

Les yeux clos, plongeant lentement dans le sommeil et se laissant aller dans les bras de Morphée, les mots qu'il prononçait semblaient ouatés, distants. Mais elle les entendait, même s'ils mettaient du temps. Et cela ne l'empêchait d'y réfléchir très intérieurement.
En quelques sortes, il se trouvait avoir raison. Les seules réponses qu'elle avait généralement à apporter se trouvaient dans ses veines. Mais que lui avait-on laissé l'occasion de voir ? « Formatée » c'était sans doute le mot juste. Ce n'était pas une victoire qu'elle lui concédait. Elle ne voyait pas tout à fait la question comme ça, mais c'était simplement une vérité qu'elle se trouvait déjà détenir mais qui face à laquelle elle n'y pouvait rien. Elle n'y pouvait rien si elle n'avait pas été scolarisée, si le monde vivait dans des bouts de livres, des squares, des cours, des dimanches ensoleillés avec des pâtes, des légumes en plein air. Elle n'y pouvait rien si elle partageait le patrimoine génétique des seuls amis dont elle se prétendait. C'était une question qui forcément dans son esprit revenait. Le matin, au réveil, non sans angoisse, lorsqu'elle se demandait en somme à quoi sa vie revenait. Le soir, au coucher, au moment de prier, quand elle pensait à la vaste Terre et le peu qu'elle en savait, à commencer par sa propre ville qu'elle commençait à peine à redécouvrir et à explorer. A Anny aussi, dont elle avait peur à cause de son spectre, qui continuait à planer. Tout était source d'angoisse. Tout lui était inconnu, alors bien sûr aujourd'hui, elle n'avait pas de réponses à fournir mais demain, c'était sûr, elle ferait en sorte d'en répondre autrement, elle le promettait.

Elle l'entendait s'éloigner, alors que les bribes de sa dernière phrase dans sa tête encore résonnaient. Il parlait d'éducation limité, de l'idiot qu'il était. Oh non. Remington Pillsbury n'était pas un idiot et ça, Francine le savait. Du moins, là, sur l'instant, maintenant qu'il le clamait. Bien sûr qu'elle le savait. Un idiot ne lui tiendrait pas tête de la façon dont il le faisait. Un idiot ne pourrait pas la blesser comme il le faisait. Un idiot ne pourrait pas être conscient de justement la blesser. Un idiot n'aurait jamais la faveur de son oncle. Un idiot ne serait pas l'ami qu'il est pour son oncle. Un idiot jamais ne lui aurait parlé comme il le fait. Il fallait lui reconnaître. Il n'était pas idiot. Les mots étaient souvent justement placés, là où il fallait pour faire mal, ce que Francine tentait d'éviter. Mais en y repensant, non, effectivement, elle l'avait toujours vu comme quelqu'un de grandement éloquent. De froid, appliqué, éloquent. Pourquoi cette sensation ? N'était-ce pas après tout la première fois qu'elle lui parlait ?


Ses yeux, à cette pensée, soudainement s'ouvrirent pour s'écarquiller: qu'est ce qu'elle avait manqué ?

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