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 Back to Home [Terminé]

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Wyatt PC

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MessageSujet: Back to Home [Terminé]   Sam 11 Fév - 13:17

C'est la suite d'ici

16 Septembre 2010 – Après-midi

Les membres de Genome qui sont morts n'ont pas subi ce type d'agressions... Durant tout le trajet du retour, menant à la demeure familiale, cette phrase trotta dans la tête de Wyatt. Certes, il n'avait pas utilisé d'arme à feu, ni sa capacité, mais il avait usé de ses poings. Est-ce qu'un membre de Genome était mort suite à un rouage de coups ? La question lui brûlait les lèvres mais refusait de sortir. Pourtant Ross aurait pu soulager sa conscience, ou l'accabler et cela lui aurait évité toutes les suppositions qu'il était en train de faire. Et puis, il était préoccupé par l'homme qui se tenait à ses côtés.

Alors qu'ils étaient encore à Genome, son père lui avait dit qu'ils devaient parler de tout ce qu'il s'était passé mais pas dans ces locaux. Il ne sut pas s'il mentionnait également la mort de sa mère dont ils n'avaient jamais abordé le sujet. Le besoin d'en parler se faisait de plus en plus présent chez Wyatt depuis quelques temps mais avec tout ce qu'il s'était passé durant les derniers mois, il n'avait jamais eu l'occasion de poser une question à son père.

Et puis le comportement de Ross avait changé dans la chambre de l'hôpital de Genome. Il l'avait saisi brusquement en lui disant qu'ils rentraient. C'était la première fois que l'adolescent le voyait ainsi, comme s'il avait le feu aux fesses. Comme s'il n'avait qu'une envie, c'était celle de partir. Pourtant Genome était aussi chez lui non ? Wyatt eut tout juste le temps de récupérer le portable posé sur son lit et le sachet de friandises et de boissons, avant de se laisser entraîner par son père. Il le suivit en silence et ce même silence les suivit jusqu'à ce qu'ils atteignent la voiture. Quand il sortit à la suite de Ross des locaux de Genome, il plissa des yeux, aveuglé par la lumière du soleil. L'air changea brusquement, il était étouffant et lui rappelait que l'été n'avait pas encore touché à sa fin. Mais qu'est-ce que ça faisait du bien de se trouver dehors, et en vie. Quinze jours qu'il n'était pas sorti, il était temps !

Dans la voiture, la première chose qu'avait faite le jeune homme fut d'allumer la radio pour mettre la musique. Ce n'était pas comme la fois où ils étaient allés au Blue Lake et que Ross lui avait appris qu'il était son père biologique. Cette fois, il ne monta pas le volume à fond, gardant un volume raisonnable au sein de l'habitacle. Il ne prononça pas un mot, se contentant de regarder du coin de l'oeil son père, qui semblait avoir une conduite nerveuse, du moins davantage que la conduite de grand père qu'il lui connaissait. Il mangea des friandises et but du soda pour passer le temps.

A présent, la porte de la demeure familiale était refermée derrière eux. L'air était plus respirable qu'à l'extérieur, vive les systèmes de climatisation. L'adolescent posa le sac dans la cuisine et la boite du téléphone portable sur le plan de travail. Il se décida enfin à se tourner vers son père pour crever ce silence qui s'était installé entre eux.

« Qu'est-ce qui t'est arrivé là-bas ? Crise de panique ? »

Si c'était ça, cela serait bien la première fois qu'il verrait le psychologue dans cet état. Il l'avait toujours connu si maitre de lui-même. Il n'avait aucun souvenir de l'avoir vu craquer ou perdre son self contrôle, même après la mort de Nicole. Peut être ces derniers mois quand c'était tendu entre eux, mais ça n'avait jamais pris cette tournure quand il se trouvait en sa présence.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Ven 17 Fév - 17:13

S’il n’avait pas été submergé par une panique soudaine, Ross aurait été surpris de voir son fils le suivre sans broncher. Il ne lui avait pas dit qu’il était décidé à revenir chez eux mais il aurait été heureux de constater son choix qui, pour l’écossais, était le meilleur. Depuis la sortie du coma de Wyatt, la boule d’angoisse rongeant les entrailles de son père avait disparu mais il n’avait pas encore récupéré son manque de sommeil. De plus, tous les problèmes n’étaient pas réglés, loin de là ! Quinze jours d’enfermement s’avéraient néfastes pour celui qui aimait les grands espaces comme l’océan sur lequel il prenait plaisir à naviguer.

Après avoir vécu des jours et des nuits, rongé par l’inquiétude et terrifié à l’idée de perdre son fil, Ross faisait une overdose d’émotions fortes. Son cœur battait plus vite et sa respiration était courte et rapide, donnant une impression d’étouffement. Voir Wyatt pressé de quitter le quartier général de Genome faisait prendre conscience au psychologue que lui-même n’aspirait qu’à cela. Désormais, il n’avait qu’une hâte, quitter les murs de l’organisation et retrouver le confort et la quiétude de sa maison.

L’organisme de l’écossais s’adaptait aux agressions engendrées par le stress ; ses réflexes étaient rapides, ses capacités physiques et intellectuelles en éveil maximal. Il avait l’air d’un savant fou venant de faire une grande découverte mais paniqué à l’idée de la voir tomber dans l’oubli. Il traversa les locaux sans prêter attention aux personnes se trouvant sur son chemin, en bousculant certaines. Il s’installa au volant de sa voiture, mit ses lunettes de soleil et démarra en trombe. Si Wyatt ne lui avait pas emboîté le pas, Ross serait parti en le laissant sur le parking. De multiples pensées malmenaient son esprit ; des bonnes et des mauvaises, allant de la plus agréable à la plus répugnante, en passant pas des zones d’ombre qui apportaient leur flot d’énigmes et d’interrogations. Le visage de Ross était impassible mais sa conduite nerveuse, intérieurement tout bouillonnait.

Au fil des kilomètres, l’air s’engouffrant dans la voiture décapotée fit redescendre la pression. Le conducteur roula sans dire un mot. Ce fut seulement lorsqu’il arrêta le moteur qu’il prit conscience de la présence de son fils à ses côtés. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, emplit à la fois de joie, de lassitude et de gêne. Wyatt n’avait sans doute jamais vu son père dans un tel état. L’homme fort et maître de ses émotions avait, lui aussi, des failles comme n’importe quel humain sur terre. Avant l’adolescence, les enfants réalisaient rarement que leurs parents n’étaient pas des dieux invincibles. Lorsqu’ils le constataient, ce n’était jamais de gaieté de cœur et des inquiétudes pouvaient naître.

Ross était heureux de voir son fils à la maison. Il savait que c’était temporaire mais cela leur laisserait le temps de mettre tout à plat ; et qui sait, peut-être de se retrouver ? Une fois dans la cuisine, l’écossais prit une bouteille de bière fraîche et tendit une bouteille de jus de fruits à sa progéniture qui venait de lui poser une question à laquelle il ne répondit pas. Wyatt n’était plus un jeune adolescent, et même s’il n’avait jamais vu son père ainsi, il avait compris la situation. Il était donc inutile d’en parler.


- Allons sous la véranda, on sera mieux pour discuter. A moins que tu préfères te reposer avant ?

La véranda donnait sur le jardin et offrait l’avantage d’être climatisée et meublée. Ross avait besoin de voir le jour et de se poser sur une des chaises longues. Dès que son fils accepta sa proposition, il s’installa confortablement, après avoir relevé le dossier pour ne pas être en position allongée. Il porta la bouteille à ses lèvres, ingurgita plusieurs gorgées et poussa un long soupir en fermant les yeux avant de reprendre la parole.

- Alors, raconte-moi ce qu’il s’est passé pour toi au Blue Lake ? Faut qu’on éclaircisse ce point avant tout.

Avoir un mort sur la conscience était extrêmement difficile à porter. Ross espérait que ce n’était pas le cas de son fils. Le connaissant, sous ses airs de gros durs, ce serait un traumatisme pour lui sans compter la culpabilité allant de paire avec. De plus, d’après ce qu’il avait dit, il avait voulu défendre Luna, partisante de Genome ; un nouveau problème pour Wyatt qui était de Genetic. Si cette organisation le savait, c’était la fin de la tranquillité. Cela dit, depuis quelques mois, ce mot n’entrait plus dans le vocabulaire usuel de Ross.

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Mar 21 Fév - 16:30

Wyatt ressentait une impression bizarre au fond de lui. On aurait dit qu'il avait quitté la demeure voilà un très long moment, qu'il avait fait un voyager interminable et qu'il revenait en ayant l'impression que tout avait changé. Pourtant rien n'avait changé. Tout était à sa place, rangé et ordonné. Il ne manquait que son bordel à lui qu'il laissait traîner de temps en temps. Il se sentait chez soi mais avait toujours en tête le jour de son départ avec Kate. Il se souvenait de la dispute. De l'annonce du mariage de Ross avec un homme. Du dégoût qu'il avait ressenti et qu'il ressentait toujours au fond de lui. Si encore son père lui avait dit à l'avance, il aurait eu le temps d'accepter ses choix mais tout lui avait été révélé une fois les méfaits accomplis. Et ça s'était terminé sur une utilisation forte de son pouvoir sur Maxime et Ross. Il n'arrivait toujours pas à déterminer si c'était venu de sa propre colère ou si c'était Kate qui avait copié son don pour les empêcher de les suivre.

Le jeune homme prit un paquet de friandises dans le sac qu'il avait posé. Il guettait du coin de l'oeil, la réaction de son père, attendant qu'il réponde à sa question même s'il connaissait déjà la réponse. Il ouvrit le paquet et chopa une friandise qu'il porta à sa bouche alors que son géniteur sortait une bière et un jus de fruits pour lui. Il prit la bouteille sans rien dire, se disant qu'il aurait davantage besoin d'alcool ces derniers temps que de jus de fruits. Sauf que s'il faisait la remarque, il aurait droit à un discours sur les mineurs et l'alcool, sur le fait qu'il n'avait pas l'âge légal pour boire et c'était la dernière chose qu'il souhaitait. Se lancer dans un débat avec son père qui se terminerait en dispute car il lui reprocherait à Ross de croire qu'il savait ce qui était bon pour lui alors qu'il n'avait fait que déraper depuis quelques mois.

Il entreprit d'ouvrir sa bouteille de jus de fruits un peu par dépit plutôt que par réelle envie alors que Ross lui proposait d'aller s'installer sous la véranda. Le jeune homme interrompit son geste pour adresser un bref regard à son père. Il était sérieux quand il supposait qu'il préférait se reposer ? Certes, il avait souvent du mal à émerger le matin et à s'extraire de son lit. Mais une fois qu'il était debout, on pouvait le rentrer dans la catégorie des hyper actifs. Il lui était impossible de rester sans rien faire, il fallait toujours qu'il trouve quelque chose à faire pour dépenser le trop plein d'énergie qu'il avait. Il se contenta donc de lui répondre par un petit sourire moqueur, lui signifiant clairement que Ross connaissait déjà la réponse à sa question.

En se rendant sous la véranda il était sur sa bouteille pour l'ouvrir. Il y avait des jours comme ça, où une simple capsule nous résistait. C'était ce qui arrivait à Wyatt. Il tentait de l'ouvrir de sa main droite mais à chaque fois qu'il crispait son bras, il ressentait une piqûre qui remontait jusqu'à son épaule. Au bout de la troisième tentative, il se résolut à changer de main et à tenter d'ouvrir la bouteille avec la gauche. Moins de force, mais pas de douleur donc bingo, il finit par y arriver. A son tour, il s'installa sur une chaise longue, la laissant en position à moitié couchée. C'était celle qui était le mieux adaptée pour son épaule. Il n'écoutait pas tout ce qu'on lui disait pour sa santé mais quelques bribes arrivaient à son cerveau quand il le décidait.

Il mangea quelques friandises et but une gorgée de jus de fruits. Quand Ross posa la question sur le Blue Lake, sa faim de gourmandises passa brusquement. Il fallait en parler aussi tôt ? La main du jeune homme resta en suspend dans les airs, la friandise au bout des doigts. Il finit par la porter à ses lèvres mais l'envie d'en manger n'était plus là. Alors il posa le sachet sur une petite table basse qui se trouvait entre les deux chaises longues, gardant seulement sa bouteille de jus de fruits. Les secondes s'écoulèrent alors qu'il n'ouvrait pas la bouche. Il se remémorait l'épisode du Blue Lake. Au rappel des coups de feu qui retentissaient tout autour de lui, il ferma brièvement les yeux pour chasser cette image de sa tête. Mais il rouvrit brusquement les paupières quand il imagina la balle l'atteindre en pleine épaule. Il avait chaud soudainement mais refusait de se laisser gagner par la panique qui avait envahi son père un moment avant. Il porta la bouteille de jus de fruits contre sa joue pour faire redescendre cette sensation qui l'animait.

« Je me suis retrouvé avec Aleksandra et une autre personne quand tout est parti en sucette. En face de nous, il y avait Aaron, Emy, Luna et d'autres personnes que je ne connaissais pas... Tout est allé vite... Trop, on ne savait plus où donner de la tête...J'ai essayé de défendre Luna mais pour quel résultat... Aleksandra s'en est pris à moi... Et puis y'en a un de Genome qui s'en est pris à ''elle''... Et je n'ai pas supporté... »

Il s'interrompit alors qu'il revoyait la scène de Fullman osant toucher Capucine avec son pouvoir.

« J'ai perdu mon sang froid et me suis jeté sur lui pour le tabasser... Je ne sais pas s'il s'en est sorti.. Il était dans un sale état.. Mais il l'avait touchée et... »

Il s'arrêta une nouvelle fois et plongea son regard azur dans celui de son père.

« … Je crois que je suis capable de tuer sans réfléchir si on s'en prend à ceux que j'aime. »

Et à cet instant, il en était presque à se demander si son comportement était normal.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Dim 26 Fév - 0:49

Le père et le fils s’étaient installés confortablement sous la véranda. Ce petit havre de paix au milieu d’un monde de brutes n’était pas du luxe. Ross savourait le silence qui s’était immiscé entre eux, il suspendait le temps et repoussait ainsi une discussion désagréable. Il observait discrètement les faits et gestes de Wyatt. Ce dernier montrait des signes de faiblesse aussi bien physiques que psychologiques. L’écossais en souffrait et cherchait ce qui pourrait alléger ses souffrances. Il n’avait pas de remède miracle et n’était pas en mesure de trouver des solutions. Après quinze jours sous tension passés au quartier général de Genome, ses neurones avaient du mal à se connecter. Machinalement, il se servit une friandise en espérant que la douceur sucrée l’aiderait. Que nenni ! Ce n’était pas un malheureux bonbon dont il avait besoin mais de trois tonnes au moins !

Cependant, il écouta attentivement son fils. Tout était allé très vite effectivement. Tout comme Wyatt, Ross avait paré au plus pressé sans prendre le temps de la réflexion. L’instinct de survie avait joué son rôle à merveille et dominé les deux hommes sans qu’ils puissent s’en défaire. Les paroles du jeune homme n’étaient pas claires. Son père ne connaissait pas tous les intervenants dont il parlait ce qui rendait la narration confuse.

- Alexandra ? Une personne de Genetic, c’est ça ? Qui est cette « elle » dont tu parles, Alexandra toujours ?

L'écossais savait qu’une Aleksandra Romanov oeuvrait activement au sein de Genetic ; elle avait la réputation d’être redoutable. Il était à mille lieues de penser qu’il s’agissait de la même personne. Son fils n’était pas aussi naïf et influençable pour se laisser entraîner ; il ne risquerait pas sa vie pour une idéologie à laquelle il adhérait plus par contradiction que par conviction. Qui était donc cette fille, cette Alexandra (le x remplaçant ks est volontaire) ? Une nouvelle amie ou petite amie ? Ce ne pouvait être que ça sinon Wyatt n’aurait pas tenté de tuer pour une simple connaissance. D’ailleurs, il le confirma lui-même : il pensait être capable de tuer sans réfléchir pour défendre ceux qu’il aimait. Ce n’était pas politiquement correct mais Ross ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine fierté à ce propos ; fierté mal placée sans aucun doute, mais fierté tout de même. Dans des cas extrêmes, son fils semblait avoir les mêmes réactions que son père.

- Bienvenue au club fiston... Observa-t-il très ennuyé avec une certaine complaisance.

S’il était un bon père éduquant convenablement son enfant, il n’aurait jamais dû dire cela. Il savait que ce n’était pas la meilleure façon d’agir. Il ne pouvait cependant pas lui reprocher cette attitude car il en ferait autant. Le cœur était plus fort que la raison dans ces moments là. De toutes les façons, il était un mauvais père ! Son fils le lui avait fait comprendre à plusieurs reprises, et il n’avait pas pris des pincettes le bougre. Alors un peu plus ou un peu moins, la belle affaire !

- Et... T’as ressenti quoi en tabassant ce type... à mort ? Et tu ressens quoi maintenant ? S’aventura-t-il à demander

Ross ne voulait pas jouer les psychologues mais il y était pratiquement obligé. Si son fils avait effectivement tué une personne, afin de l’aider à dépasser ce drame, il était nécessaire de connaître l’état d’esprit dans lequel il se trouvait à ce moment là. S’il avait ressenti ou non du plaisir à faire mal, s’il n’était habité que par le désir de défendre une personne chère, s’il était conscient qu’il mettait sa vie en danger, s’il avait ou non des remords, si ses actes avaient servi à quelque chose, etc… Tout un tas d’éléments à mettre dans la balance afin de mieux cerner la situation.

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Sam 3 Mar - 13:02

Le jeune homme tentait d'expliquer les choses telles qu'il les avait vécues à son père. Il ne devait pas être très clair dans ses explications car aux questions du psychologue il comprit qu'il y avait des points obscurs qu'il fallait éclaircir pour qu'il comprenne mieux la situation. Pour le cas Aleksandra et non Alexandra, il était déjà prêt à le faire. Par contre pour le « elle », il faudrait qu'il parle de Capucine et de son appartenance à Genetic. Il doutait que son géniteur approuve cette relation qui le rapprochait de Genetic. Il fallait qu'il parle de tout ça même s'ils avaient passé un accord, celui de ne parler ni de Genetic, ni de Genome. Ils étaient déjà sur le point de le rompre. Il le fallait pourtant, il avait besoin de soulager sa conscience.

« Aleksandra Romanov... Elle est... Enfin, il ne vaut mieux pas la contrarier trop souvent... »

Sinon on en faisait les frais. Cette femme l'impressionnait, oui on pouvait dire ça. Toujours maîtresse d'elle-même. Elle connaissait ses objectifs et ne semblait pas avoir de remords pour tenter de les atteindre. La preuve, elle n'avait pas hésité à utiliser un petit pion de Genetic tel que lui pour se servir de mur contre les membres de Genome. Il aurait bien aimé lui faire payer son geste mais il n'était pas suffisamment inconscient pour affronter cette femme. En tout cas, pas tant qu'il serait dans cet état, pas tant qu'il n'aurait pas la pleine possession de ses moyens. A présent que le point Aleksandra était éclairci, il restait la seconde partie de la réponse que Ross attendait. La bouteille que Wyatt tenait dans sa main fit quelques tours sur elle-même. Il la tournait du bout des doigts, observant ce mouvement fabuleux qu'était la rotation. C'était super intéressant, surtout quand on hésitait à vouloir parler.

« Capucine... Le Elle... Elle était à Genetic tout ce temps.. »

Et là, il sentait déjà venir des reproches ou un regard réprobateur qui voudrait dire « je comprends mieux pourquoi tu es à Genetic ». Et bien non, son père avait tout faux s'il pensait cela. Il avait rejoint Genetic pour le contrarier lui. C'était le destin qui avait mis sur sa route Capucine et il ne pouvait que le bénir. Depuis le temps qu'il l'a cherché, il l'avait enfin retrouvée ! Genetic pouvait être le pire des choix pour le psychologue, au moins cette organisation lui avait permis de retrouver celle qui était une de ses meilleurs amies à l'époque et qui était à présent sa petite amie. Il en avait déjà trop dit sur elle. Il fallait taire à présent la relation qu'ils entretenaient. Ross n'était pas très doué pour voir ce qui se passait chez ses proches, donc il avait une chance de préserver ce qu'il avait commencé avec Cap'.

Son père lui posa une question qui provoqua un changement dans le comportement de Wyatt. Il voulait savoir ce qu'il avait ressenti en tapant un type. A mort... Ces deux mots firent l'effet d'un électrochoc. La main qui tenait la bouteille se mit doucement à trembler. Remarquant ce qui lui arrivait, le jeune homme la posa sur la table basse. Il croisa ensuite les bras devant sa poitrine pour ne plus voir si ses doigts continuaient à avoir une bougeotte qu'il ne contrôlait pas. Son père venait de réveiller quelque chose en lui. Que lui répondre... Il se tut durant quelques minutes pour bien prendre le temps de réfléchir. Il n'était pas sûr de ce qu'il pouvait dire, il n'était pas certain de trouver le bon mot à mettre sur telle ou telle sensation. Ce n'était pas comme les nombreuses bagarres qui lui avaient valu plusieurs renvois. Cette fois, c'était pire car il avait peut être tué un homme. Au bout d'un long moment, il poussa un soupir pour s'encourager et se lança.

« Sur le moment, je n'ai pensé à rien. J'étais aveuglé par la colère... La peur de la perdre... Chaque coup que je donnais me libérait de cette colère. C'était comme si j'avais besoin de le faire pour me sentir soulager et exorciser la peur que j'ai eu quand je l'ai vue voler... »

Il s'interrompit un bref instant. Bon, ça c'était ce qu'il avait ressenti sur le moment. Et à présent ? La honte car il avait dépassé les limites... Il se passa une main sur le visage mais son geste n'effaça rien de ce qu'il ressentait.

« Honteux... J'ai l'impression de ne pas valoir mieux que ceux qui ont tué maman... Je n'avais pas le choix.. Mais je n'aurais pas du je sais... »

Il replia ses jambes sur la chaises longues et se redressa un peu les enrouler de son bras valide et appuyer son menton sur ses genoux. Son regard fixa un point devant lui, refusant de se tourner vers celui de Ross.

« Maman ne serait pas fière de ce que je suis devenue n'est-ce pas... » fit-il davantage pour lui-même que pour son père.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Jeu 8 Mar - 23:21

Il s’agissait de la fameuse Aleksandra Romanov. Evidemment, il aurait été trop simple s’il en avait été autrement ! D’après ses informations, effectivement, il n’était pas bon de contrarier cette femme calculatrice et intraitable. Ross poussa un soupir de lassitude et acquiesça d’un lent signe de tête. Pourquoi Wyatt avait-il rejoint les rangs de Genetic bon sang ? Ne pouvait-il pas réagir comme tous les adolescents ? Faire une fugue et aller dormir chez un pote ou une copine ! Non, son fils s’était engagé aux côtés de personnes dont la morale et les agissements laissaient plus qu’à désirer. Ross connaissait les réponses à ces questions. Il n’était pas au bout de ses peines, ni de ses surprises.

Wyatt prit son temps pour mettre un nom sur le pronom indéfini. Qu’allait-il encore lui annoncer comme bonne nouvelle ? Un peu plus, un peu moins, Ross n’était plus ça à près ces derniers temps. Il préfèrerait que ce soit moins, mais la vie était faite comme si elle était pesée sur une balance mal tarée : dix grammes de bienfaits pour dix kilos de déboires. Une bonne dose de courage et détermination et beaucoup d’amour étaient nécessaires pour rétablir l'équilibre. Il n’était pas surprenant de voir le nombre des consultations chez les psys en tout genre, explosé les plafonds des statisticiens.

Ceci dit, il était question de Capucine qui s’était évaporée dans la nature. D’après ce qu’il comprit, la jeune fille avait rejoint les rangs de l’organisation adverse. C’était peut-être la raison pour laquelle elle n’avait plus donné signe de vie ? Peu importait, c’était ainsi qu’il avait retrouvé son amie disparue. Un mal pour un bien ou l’inverse ? Dans le cas présent, c’était plutôt la seconde option. Wyatt avait sans doute été très heureux de revoir Capucine ; le connaissant, elle avait sans doute essuyé un tas de reproches mais la jeune fille avait du se montrer très convaincante. Une fois les explications données, le jeune homme avait passé l’éponge. Il ne pouvait en être autrement, sinon son fils ne se serait pas mis en danger pour elle. Pour cette raison fort louable, Ross ne pouvait pas lui faire de reproche. Il aurait fait la même chose pour protéger une personne chère. Mais tout de même, Capucine en était la cause et un élément l’intriguait.

- Que faisait-elle à Genetic pendant tout ce temps ? S’interrogea-t-il à mi-voix.

Si Wyatt le savait et lui répondait, tant mieux, mais ce n’était pas le plus important pour l’instant. Ross souhaitait surtout aider son fils à chasser ses démons. Il le voulait mais le pourrait-il ? Les événements qui s’étaient déroulés au Blue Lake n’étaient pas anodins et ce que son fils avait fait encore moins. L’écossais le laissa parler sans l’interrompre. Verbaliser des ressentis aidaient souvent à comprendre la douleur occasionnée par des actes commis ou subis ; si ce n’était pas le cas, le fait d’extérioriser permettait à la conscience de se soulager. Ross espérait que ce serait le cas pour son fils. En tout état de cause, l’écossais était rassuré. Wyatt n’était pas irrécupérable. Il n’avait pas tué par plaisir. C’était uniquement la peur et la colère qui l’avait poussé à agir de la sorte. Il ne pouvait l’en blâmer d’autant plus qu’il émettait des regrets, preuve de la bonne mentalité du jeune homme.

- Il y a toujours des choses qu’on ne devrait pas faire et on les fait quand même ! Nous sommes de simples humains. En cas d’urgence, c’est notre cœur qui nous guide, pas la raison. Au moins, ça prouve qu’on a du cœur. Observa-t-il indéniablement.

Ross tentait une explication incontestable en s’incluant. Il avait réagi de la même façon que Wyatt lors de l’affrontement. C’était également une façon de se rassurer lui-même. Sous ses grands airs d’homme fort et accompli, lui aussi encaissait le contrecoup de ce fâcheux événement. La maturité et l’expérience aidants, c’était certainement moins violent que pour le jeune homme, mais il pouvait comprendre ce qu’il ressentait sans difficulté. En faisant référence à la mort de sa mère, Wyatt mettait le doigt sur un point sensible. L’écossais se mordit la lèvre inférieure et déglutit avant de reprendre la parole.

- Ceux qui ont tué Nicole l’ont fait sans remords. Ca n’a rien à voir avec ce que nous avons pu faire au Blue Lake.

Ross se redressa et s’assit perpendiculairement à la chaise longue, de façon à se rapprocher un peu plus de son fils. Il se pencha afin de capter son regard.

- Dis-toi bien que ta mère aurait fait la même chose que nous si elle avait été là. Elle n’était pas ma meilleure amie pour rien tu sais...

A ces derniers mots, l’ombre d’un sourire se dessina sur les lèvres de l’écossais. Nicole était une femme de caractère ; elle savait ce qu’elle voulait et surtout ce qu’elle ne voulait pas. Elle aurait défendu ceux qu’elle aimait au péril de sa vie sans aucune hésitation, comme Ross. Ayant le patrimoine génétique des deux amis, même si un trait de caractère ne se transmettait pas par les gènes, il était logique que Wyatt soit comme ses parents sur certains points, notamment pour défendre des personnes chères.

- C’est vrai que la loi réprouve le meurtre, mais dans ce cas, c’est de la légitime défense. Ta mère ne pourrait pas t’en blâmer. Elle ne serait peut être pas contente du résultat mais elle serait fière de toi, comme je le suis. Dit-il en posant une main rassurante sur le genou de son fils.

Ainsi Ross souhaitait faire comprendre à Wyatt qu’il était, et serait, à ses côtés pour l’aider à dépasser cette période difficile. Il n’y avait rien de pire que de se sentir seul dans un tel cas.

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Lun 12 Mar - 19:14

L'adolescent fit mine de ne pas entendre la question posée sur la présence de Capucine au sein de Genetic. Il aurait pu lui répondre mais ça n'aurait rien fait avancer. Elle était partie de chez Aaron, était entrée à Genetic et maintenant elle adhérait à leur cause. Elle s'était laissée influencer et il ne pouvait pas lui en vouloir. Lui-même n'était pas mieux. Il n'adhérait pas à certaines choses et se contentait d'agir par pur esprit de contradiction. Il avait encore des valeurs au fond de lui qu'il ne pouvait abandonner et qui pouvait lui apporter des ennuis. S'il croisait la route d'Aleksandra, il savait qu'il vivrait un sale moment. S'il n'y avait que la sienne, ça irait. Mais il y avait également Owen Harwell. Ils avaient été chargés tous les deux de soutirer des informations à la cousine d'Aaron. Il avait voulu employer la méthode douce, Owen avait opté pour la torture. N'étant pas d'accord avec sa façon de procéder, ils en étaient venus aux mains et l'agent de Genetic avait fini par le mettre à la porte de la salle pour s'occuper seul de la cousine O'Hara. Wyatt était parti en colère ce jour, mais il n'avait pas fait demi-tour. Il aurait du tenter quelque chose même s'il détestait cette fille qui lui avait cassé le nez quelques temps auparavant.

Chaque parole de Ross résonnait en lui, l'envahissait mais elles ne prenaient pas possession de son être. Il comprenait ce que son père disait quand il parlait que le coeur l'emportait sur la raison. Par contre, il y avait certaines choses qu'il ne réalisait pas et qui entrait un peu en contradiction avec ce discours. A chaque fois qu'il s'était fait renvoyer d'un lycée, il avait eu droit à un petit discours moralisateur. Et si ses souvenirs étaient bons, il fallait qu'il agisse avec son esprit, et donc sa raison, et non avec ses poings, et donc son coeur. Le discours était différent, les situations également. Mais cela le perturbait car il ne savait plus trop se situer par rapport à tout ça. Paumé. Voilà c'était ça. L'adolescent était complètement perdu. Son esprit était confus. Il ne savait plus si ce qu'il faisait était bien ou mal. Il ne savait pas vers de quel côté de la ligne il était censé avancé. Qu'il opte pour la droite ou la gauche, la direction n'était jamais la bonne et il ne faisait que des conneries. Que ce soit au lycée, au sein de la demeure familiale, ou à Genetic. Est-ce qu'il en serait de même quand il irait à la fac. C'était fort probable. La preuve, il avait changé son cursus à la toute dernière minute, juste au moment de la date limite des inscriptions.

Est-ce qu'on se sentait mieux quand on n'avait pas de remord ? Ou était-ce le remord que l'on tentait d'enfouir au plus profond de soi, en faisant comme si rien ne nous atteignait. Encore une fois, les paroles de Ross glissaient sur lui. Il tentait d'en capturer quelques unes au passage pour s'aider. Il regrettait d'avoir tapé ce gars mais ne regrettait pas d'avoir défendu Capucine. Pouvait-il se détacher suffisamment pour faire la part des choses ? Il sentit le psychologue bouger à ses côtés, se rapprochant de lui. A contre coeur, il se décida à tourner la tête dans sa direction, plongeant son regard azur dans celui de son père. Il l'appelait silencieusement à l'aide. Malgré tout ce qu'il lui avait fait, Ross était le seul pilier solide en dehors de ses grands parents qu'il connaissait. Il s'était toujours occupé de lui et ne l'avait jamais abandonné.

Sa mère les avait abandonnés en voulant le protéger. Elle aurait fait la même chose si elle avait été avec eux ce soir là. Mais pourquoi ne l'avait-elle pas fait le soir de sa mort ? Pourquoi n'avait-elle pas laissé son instinct de survie prendre le dessus et empêcher cette balle de l'atteindre. Pourquoi n'avait-elle pas laissé libre cours à la pleine puissance de son pouvoir pour rester en vie et ne pas les abandonner. Il avait eu tant besoin d'elle durant toutes ces années. Ross était là mais il ne comblait pas la présence d'une figure maternelle. Il voulait revenir en arrière. Pour ne pas tuer ce gars. Pour que sa mère reste en vie. Pour ne pas avoir abattu son poing en pleine figure de son père. Mais il ne pouvait pas, ce n'était pas un don qu'il possédait. Et tout ce qu'il lui restait à présent, c'était le regret et les remords.

Tout se bousculait dans sa tête. Il ne savait plus s'il devait pleurer, avoir un rire nerveux. Il ne savait plus s'il devait se montrer fort ou s'il devait lâcher un peu de lest pour laisser libre court à ce qu'il ressentait. Ce sentiment de mal être qui était bien présent. Il s'était montré fort jusque présent. Il avait même passé quelques heures avec Maxime à délirer comme si de rien n'était. Il avait sauvé les apparences en jouant au dur comme il savait si bien le faire. A présent il était perdu et tout s'écroulait autour de lui. Sa confiance, ses idéologies. Il avait l'impression qu'on était en train de l'enfermer dans une cellule dans laquelle ne régnait que la tristesse et une abîme sans fond. Il n'arrivait plus à faire semblant, non. Et la dernière phrase de Ross finit de l'achever. Son cœur se mit à hurler en silence. Comment pouvait-il être fier de lui, de tout ce qu'il avait fait ces derniers mois alors qu'il n'avait fait que chercher à le contrarier.

La main qu'il posa sur son genou lui fit l'effet d'une brûlure. Intense qui remonta jusqu'à son cœur puis jusqu'à sa tête, détruisant le peu de barrières qu'il lui restait pour faire bonne figure. Sa vue se troubla mais les larmes ne coulèrent pas sur ses joues. Son regard restait fixé à celui de Ross. Il s'accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage, ne sachant pas s'il arriverait à le sauver ou s'il ne pourrait rien faire pour lui, laissant le courant l'emporter et l'engloutir.

« Aide-moi papa... Je ne sais plus où j'en suis... »

Il avait envie de hurler autant qu'il avait envie de pleurer. Il avait envie de reprendre le dessus tout comme il souhaitait s'enfoncer encore davantage. Son esprit se contredisait, son cœur était meurtri. Il n'y avait plus rien qui allait et il était sur le point de devenir dingue, du moins s'il ne l'était pas déjà. Sa chance de s'en tirer reposait entre les mains de son père, cet homme qu'il avait accusé d'avoir eu son diplôme de psychologue dans une pochette surprise mais vers qui il se tournait à présent....
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Jeu 15 Mar - 16:22

Le silence de Wyatt à propos de Capucine chez Genetic n’était pas important pour le moment. Le jeune homme s’était mis à dos Aleksandra Romanov et ça c’était un gros problème. Comment faire pour échapper à cette tigresse sans se faire remarquer ? Cette situation replongeait Ross treize ans en arrière ; après le mort de Nicole, il avait quitté le New Iberia pour fuir les tueurs. Devrait-il encore une fois changer d’état ? Genetic était partout mais en brouillant les pistes et en mettant de la distance avec ceux de Los Angeles, peut-être que les membres de l’organisation avec qui Wyatt avait été en relation finiraient par l’oublier ou passer à autre chose. Cette possibilité était envisageable mais l’écossais ne prendrait pas une telle décision maintenant. Il y avait bien plus urgent : l’équilibre psychologique de son fils.

Wyatt ne semblait pas entendre tout ce que son père disait. Il avait l’air désorienté et terriblement malheureux. Avec tout ce qu’il avait vécu depuis sa tendre enfance comment pouvait-il en être autrement ? D’un point de vue professionnel, le jeune homme avait subi les caractéristiques les plus fréquentes d’un événement traumatique : une peur intense, un sentiment de frustration, de la culpabilité, de la honte, une impression d’impuissance et l’incompréhension de la situation endurée ; et ce, par deux fois : à la mort de sa mère et durant le carnage au Blue Lake.

Pourquoi le psychologue n’avait-il pas fait ce qu’il fallait il y a treize ans ? Certes, il avait tenté d’aborder le sujet plusieurs fois mais devant les esquives de Wyatt, il n’avait pas persévéré. Ross avait été trop affecté pour faire front à la situation qui avait fini par lui échapper. D’ailleurs, en quittant le New Iberia, c’était une façon d’évincer le drame. L’endroit ne lui rappelait que trop la mort de son amie. Ross s’était montré lâche et s’était bercé d’illusions en pensant que la distance et le temps cicatriseraient les blessures. De plus, Wyatt était tellement plein de ressources, qu’il avait fini par croire qu’il s’en sortait très bien tout seul. Si seulement il n’avait pas été concerné, le psychologue se serait rendu compte que ce n’était pas le cas. Les cauchemars à répétition, la façon d’éviter le sujet, les prédispositions à la bagarre, étaient des signes annonciateurs d’un traumatisme psychique. Oh bien entendu, l’écossais s’était toujours donné à fond dans son rôle de père. Présent aux côtés de son fils, il jouait avec lui, il le consolait, il l’éduquait, en un mot : il l’aimait. Avec le temps la vie reprit son cours, mettant de côté le tragique épisode. Jamais il n’aurait dû laisser son enfant porter un tel poids sur ses épaules pendant autant d’années.

Lorsque Wyatt tourna la tête et plongea son regard azur dans celui de son père, l’immense détresse transparaissant à travers ses yeux fut un gros coup de poignard en plein cœur. Il n’y avait pas de pire souffrance pour un parent, à part la mort, que de voir son enfant anéanti de la sorte. Comment l’aider ? Comment réussir à le sortir de ce gouffre traumatique sans trop de dommages ? Que pouvait-il dire ? Que pouvait-il faire ? Autant de questions auxquelles il n’avait pas de réponses toutes faites. Les rares qui lui venaient à l’esprit étaient en contradiction avec tout ce qu’il avait appris et transmis à son fils durant ses jeunes années. Violer des idées reçues concernant les droits de l’homme mettait souvent l’individu concerné dans un état de confusion extrême et de grande insécurité Les dires de Ross étaient allés dans ce sens et Wyatt ne comprenait plus rien. L’écossais avait face à lui le résultat de ses erreurs. Un enfant complètement paumé qui présentait tous les symptômes d’un double traumatisme psychique risquant d’évoluer en névrose émaillée de troubles anxieux.

- Je sais fiston… Murmura-t-il dans un souffle.

Voyant les yeux de son fils s’embuer, Ross se déplaça et le prit dans ses bras, l’encourageant ainsi à laisser couler ses larmes. Il fallait que ça sorte, qu’il extériorise sa souffrance. Parfois, les gestes de réconfort avaient plus d’impact que des discours. Instinctivement, il le berça doucement comme quand il était petit ; il cessa le balancement dès qu’il se rendit compte que ce geste d’apaisement n’était sans doute pas le plus approprié pour un adolescent. Ross devait désormais donner les armes nécessaires à son fils pour éviter qu’il ne sombre dans la folie. Mais en avait-il la capacité ? Lui-même avait du mal à savoir où il en était depuis plusieurs mois. Son fils avait besoin de lui, il réclamait son aide, il ne devait pas le décevoir, mais le pouvait-il ? Rien n’était moins sûr. Son fils s’accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage, sauf que cette dernière était quelque peu percée. En tout cas, il ferait son possible quitte s’oublier lui-même pour être plus apte à répondre à la demande de son fils qui s’en remettait à lui.

- … Je suis là et j’ai confiance en toi. Tu aimes te battre, tu es courageux, alors tu vas t’en sortir, j’en suis persuadé. Et puis, faut dire aussi que deux têtes de mules ensemble ne peuvent que réussir.

Faire remonter sa propre estime était la première chose à faire. Bien entendu, ce n’état pas ces quelques mots qui agiraient comme une baguette magique mais c’était le début du chemin à parcourir pour comprendre et apprendre à vivre avec tout ce qu’il avait enduré.

- Ca risque d’être un peu long et difficile, mais il ne faut pas se décourager. Si on voit que l’autre commence à fatiguer, faut lui donner un bon coup de pied aux fesses. Hors de question de baisser les bras !

La détermination était également nécessaire pour mener à bien cette difficile entreprise. Par son appel au secours, Wyatt indiquait qu’il souhaitait s’en sortir ; par ses mots, Ross montrait qu’il était fermement résolu à aider son fils. Le « on » précisait qu’ils formaient un duo et qu’ils avaient besoin l’un de l’autre.

-. Tu es là, je ne veux plus te perdre. Je ne veux pas que tu te perdes. Surtout n’oublie jamais, jamais, que je t’aime. C’est ma plus grande force et elle t’appartient.

Ce n’était pas dans les habitudes de Ross de verbaliser ce genre de sentiment, il n’avait pas été éduqué ainsi. Mais depuis qu’il avait failli perdre son fils, il s’était dit qu’il ne raterait plus une occasion de lui rappeler combien il était important à ses yeux. Evidemment, il ne le dirait pas à tout bout de champs, ça n’aurait pas la même valeur, mais il le ferait dès qu’il estimerait que c’était nécessaire. Aujourd’hui c’était plus que nécessaire, c’était indispensable à la survie de son fils.

- Je ne demande qu'à t'aider mais il faut que tu m’aides un peu aussi. Dis-moi Wyatt, qu’est-ce que tu ressens là maintenant ? Quelles sont les questions que tu te poses ?

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Mer 21 Mar - 16:27

Il devait retenir ses larmes le plus longtemps possible, les laissant perler à ses paupières pour les empêcher de déborder et de se déverser. S'il leur laissait trop de liberté, il ne pourrait plus se contrôler. Il n'aurait plus d'emprise sur cette fontaine qui glisserait le long de ses joues. Il réclamait de l'aide pour les retenir. Il en réclamait aussi pour que son coeur arrête de lui faire aussi mal. Il se forçait à tenir le coup, se mordillant intérieurement la lèvre pour ne pas ouvrir complètement les vannes. Il arrivait à se contenir pourtant il fallut un simple geste de la part de son père pour que la maigre résistance qu'il opposait contre ses larmes cède. Ross le prit dans ses bras et à cet instant, les larmes prirent le dessus et se mirent à couler le long de ses joues. Sa vue se troubla, il ne distingua plus grand chose hormis un voile de larmes. Il ne sentit même pas que le psychologue le berçait doucement. Tout ce qu'il avait retenu depuis si longtemps sortait enfin. Tout se mélangeait, la mort de sa mère, ses frasques durant son enfance et son adolescence, les récents épisodes entre son père et lui. Et la mort de cet homme dont il pensait être le responsable.

L'adolescent avait mal, physiquement car la position n'était pas très confortable pour son épaule convalescente. Et mentalement. C'était surtout son esprit qui souffrait, la douleur physique, il pouvait s'y habituer. Il fallait juste avoir une force de caractère assez grande pour la dépasser. Mais pour l'esprit, cette force devait être encore plus grande pour prendre le dessus et il ne se croyait pas capable de l'être. Et ce, même si son père lui disait qu'il avait confiance en lui. Il aimait se battre au sens propre du terme, ça il n'en doutait pas. Mais se battre pour s'en sortir, pour retrouver le sourire et tout oublier, il n'était pas certain d'en être capable. Même s'il était une tête de mule. A cette annonce, il eut une sorte de petit rire qui ressembla davantage à une sorte de hoquet, au milieu de ses larmes. Il se serait plutôt qualifier de larve pour le moment, son état d'esprit ne se rapprochant pas du tout de cet entêtement dont il faisait preuve en temps habituel.

Ross tentait de le booster avec ses paroles. Il était déterminé à l'aider et à le faire sortir de cette tristesse dans laquelle Wyatt se plongeait. L'adolescent voulait le croire. Il voulait s'accrocher à lui. Pourtant il y avait tellement de questions qui traversaient sa tête. A chaque phrase d'encouragement de Ross, il y en avait deux ou trois négatives qui venaient l'annuler. Sauf qu'il n'y eut aucune phrase dans son esprit pour venir contredire celle qui disait que son père l'aimait. Ce fut la seule phrase qui fit mouche dans sa tête. Il se sentit soudainement moins seul au milieu de l'océan de détresse dans lequel il était en train de se noyer. Une bouée venait de lui être lancée, il espérait qu'elle soit suffisamment solide pour le ramener vers le bord et le glisser hors de l'eau.

Il s'écarta un peu de son père et de l'étreinte de ses bras pour se recroqueviller sur lui-même. Il passa sa main sur ses joues pour essuyer les larmes qui avaient coulé et qui coulaient encore par intermittence. Il renifla un coup, ce qui n'était pas très esthétique ni poli en soi mais bon... Son regard fixa un point qu'il ne voyait pas. Il devait aider son père dans la tâche qu'il lui avait confié mais ne savait pas quel mot mettre sur ce qu'il ressentait à cet instant. Quelques secondes s'écoulèrent. Puis une minute. Son esprit était en ébullition. Si Ross savait toutes les questions qu'il était en train de se poser, il prendrait peur. S'il arrivait à les lui sortir pour avoir des réponses, ils auraient tous les deux l'impression qu'il était revenu à la période de ses six ou sept ans, quand il abreuvait son père de questions, voulant tout savoir sur tout, poussé par la curiosité de l'enfance et des choses claires qu'il fallait définir et comprendre de suite et pas plus tard. L'adolescent renifla encore un coup. Il soupira puis se décida et se lança.

« Je me sens sale... Coupable... J'ai l'impression de ne pas mériter ma place. D'être ici dans cette maison, profitant de cette terrasse alors qu'un homme est mort. Je me demande qui je suis pour avoir oser prendre la vie de quelqu'un. Je ne sais pas comment font les tueurs en série dans les films pour ne rien ressentir et aimer tuer. Comment peuvent-il continuer sans penser aux conséquences de leurs actes ? Au chagrin qu'ils font naître autour d'eux ?
Je me sens coupable de t'avoir retrouvé alors que quelque part quelqu'un doit attendre le retour de ce gars. Je.. Je ne sais pas si je peux rester ici. Est-ce qu'il ne faudrait pas que je me dénonce à la police ? Que j'assume les conséquences de mes actes comme tu m'as appris à le faire ?  Pour que sa famille mette un visage et un nom sur le coupable pour faire son deuil... Oui c'est ça qu'il faut faire je crois... Il n'y a pas pire que de ne pas savoir ce qui s'est réellement passé... »


Il savait ce que la famille du gars pouvait ressentir en n'ayant pas de réponse. Il se trouvait dans la même situation depuis treize ans. Et même en le cachant, cela bouffait de l'intérieur, rongeait petit à petit. On désirait au plus profond de soi la vérité. Il fallait un nom, un visage, quelque chose à quoi se raccrocher pour arriver enfin à faire un jour son deuil et déverser sa colère, son chagrin sur le coupable. Et peut être plus tard, lui accorder le pardon.
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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Dim 25 Mar - 22:26

Wyatt n’aimait pas se donner en spectacle, surtout devant son père. Ce dernier était sans doute responsable de ce comportement. Ross réagissait de la même façon avec sa fierté mal placée. Le mimétisme n’était pas ce qu’il y avait de mieux, mais c’était ainsi, il fallait faire avec. Alors qu’il tenait son fils dans les bras et le berçait comme un enfant, l’adolescent se laissait aller. Ross lui tapotait légèrement le dos, l’encourageant à déverser sa peine trop longtemps contenue. Les larmes étaient souvent salvatrices dans ces cas là. C’était une bonne façon d’extérioriser le mal-être et le chagrin. Tout comme un autocuiseur dont on laissait échapper la vapeur pour arrêter la cuisson et pouvoir l’ouvrir, en pleurant ainsi le jeune homme laissait échapper le résultat de ses souffrances. Il pouvait ensuite ouvrir son cœur et parler de ce qui le tourmentait.

L’écossais souffrait terriblement de voir son fils aussi malheureux, tellement perdu. Ca lui retournait tous les sens. Ses boyaux se tordaient, il avait presque la nausée. Si seulement cette empathie servait à quelque chose ! Même pas. Pour aider son fils, il ne fallait pas se laisser déborder par ses propres émotions. Il devait se montrer fort et endosser l’image du père sur qui compter. Le jeune homme avait besoin d’un tuteur et ce soutient devait être solide. Facile à dire, plus difficile à faire. Ross n’en avait parlé à personne, mais il était sensiblement dans le même état d’esprit que son fils. Depuis le Blue Lake, avec Wyatt dans le coma, il avait complètement occulté le meurtre qu’il avait lui-même commis. Les mots du jeune homme lui rappelaient sa culpabilité. Il avait beau se dire que c’était de la légitime défense, ce n’était pas facile à digérer. Il avait tout de même un petit avantage sur son fils ; ayant plus d’expérience, il encaissait mieux sa part de responsabilité et il faisait avec.

Comment faire pour que son fils réagisse de la même façon ? Il était encore jeune. A son âge, chaque épisode de la vie était vécu pleinement, voire de façon disproportionnée. Un petit rien prenait plus d’importance qu’il ne le méritait. Sauf que l’épisode du Blue Lake n’était pas anodin, c’était un drame. Comment vivre sereinement après ? Comment prendre de la distance ? Il le fallait pourtant ! Si le psychologue voulait sortir son fils du désespoir dans lequel il était plongé, il devait se faire violence et mettre ses sentiments de côté. En théorie, c’était tellement facile, mais en pratique c’était impossible. Peut-être que certains personnes y parvenaient, pas Ross. Il aimait trop son fils pour ne pas se sentir concerné. D’autant plus qu’il était en grande partie responsable. Rien de tout cela ne serait arrivé s’il ne lui avait pas caché la vérité si longtemps. A quoi bon ressasser ses erreurs ? C’était complètement stérile. Malgré les difficultés à mettre de l’ordre dans ses pensées, ce dont il était certain, c’était de ne pas s’apitoyer sur le sort de son fils et encore moins sur le sien. Il n’y avait qu’une chose à faire en vérité : aller de l’avant en apprenant à vivre avec !

Assumer les conséquences de ses actes, effectivement, il le fallait. Aller se dénoncer à la police et passer le reste de ses jours en prison, alors là, il n’en était pas question. Pourtant, l’écossais n’avait aucun argument pour contrecarrer les dires Wyatt ; tout était cohérent et tellement vrai. Il regrettait presque que son fils soit si intelligent. Ross était complètement démuni devant sa culpabilité. Il devait accepter la souffrance de Wyatt, mais il n’arrivait pas à s’y résoudre. Il se leva et marcha de long en large sous la véranda essayant vainement de trouver une solution. Rien à faire ! Il n’avait plus qu’à admettre de ne pas avoir de baguette magique pour régler ce gros problème.

- Je ne sais pas quoi te dire fiston… Avoua-t-il terriblement désolé de n’être d’aucune utilité.
- Ce que je sais, c’est que pour l’échange au Blue Lake, tout a été fait pour que les autorités ne soient au courant de rien. Je ne pense pas que d’aller à la police soit d’un grand secours. On devrait plutôt se renseigner sur les hommes qui sont morts et vérifier déjà s’ils avaient de la famille. Et si tu y tiens vraiment, on pourrait aller les voir directement. Comme ça, comme tu dis, leurs proches pourraient faire leur deuil plus facilement.

C’était valable pour la famille du gars que Wyatt avait tué et pour la victime de Ross. Cette solution était risquée mais si elle permettait à son fils de sortir de l’abîme dans lequel il se trouvait moralement, le père était prêt à l’accompagner dans cette quête. Si les familles en question étaient dangereuses, il pourrait toujours s’adjoindre les services d’un garde du corps. Cette idée rendait le psychologue nerveux et désespéré à la fois. Il se trouvait nul de n’avoir rien trouvé de mieux. Il craignait déjà les répercutions d’une telle démarche. Resté debout, l’écossais ne s’était pas arrêté de marché. Il ressemblait à un lion en cage près à fuir si la porte venait à s’ouvrir. Il avait chaud, il manquait d’air, il ne se sentait pas bien. Il fallait qu’il bouge, qu’il se défoule avant d’être bouffé par le stress.

- Dis, ça te dirait de faire quelques brasses dans la piscine avec moi ? J’ai besoin de bouger là ! Et pour ta motricité, ça te ferait le plus grand bien.

Ce n’était peut-être pas le moment de patauger dans l’eau, mais c’était un moyen d’évacuer la tension. D’ailleurs, certains psychologues s’étaient spécialisés dans l’aqua-thérapie et obtenaient de bons résultats. Les mouvements corporels effectués dans l’eau couplés à un travail respiratoire aidaient à l’expression des sensations physiques et psychiques. Ils favorisaient de nouvelles perceptions, de nouvelles connaissances et de nouvelles actions. L’augmentation de la conscience corporelle, grâce à l’eau, facilitait une meilleure circulation de l’énergie et des émotions. Ross utilisait parfois cette technique avec certains de ses patients. Plusieurs séances étaient nécessaires pour obtenir une amélioration notoire. En tout cas, si l’eau n’arrangeait rien, elle ne faisait jamais de mal.

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Sam 31 Mar - 14:06

Du coin de l'oeil, le jeune homme observa son père marcher en long, en large et en travers sous la véranda. Il avait émis son intention de se dénoncer pour que la famille de la victime qu'il avait fait puisse faire son deuil en mettant un visage sur le coupable. Pour que lui puisse également accepter ce qu'il avait fait et peut être tenter un jour d'oublier. Pouvait-on réellement oublier un jour ou simplement apprendre à vivre avec ? Il n'était pas poète, ni écrivain, ni parolier. Il ne connaissait aucun moyen pour faire passer ce qu'il ressentait et ce à quoi il aspirait. Il cherchait une réponse auprès de son géniteur qui lui répondit finalement qu'il ne savait pas quoi lui dire. Voilà qui l'avançait bien... Il aurait aimé que son père approuve sa décision, qu'il accepte qu'il prenne ses responsabilités.

Apparemment, ce n'était pas le cas. Genetic et Genome avaient fait le nettoyage derrière eux. Le contraire aurait été étonnant, il aurait du s'en douter. Mais cela signifiait quoi exactement ? Que tous les corps avaient disparu comme par enchantement et que cela voulait dire que les personnes n'étaient plus mortes mais portées disparues ? L'adolescent ne comprenait pas toutes les portées des paroles de Ross sur ce nécessaire qui avait été fait. Il décrocha mais reprit le cours quand le psychologue parla d'aller voir les familles de ceux qui étaient morts. Pour leur souhaiter leurs condoléances ? Pour leur dire que leurs proches étaient morts pour une cause qui les dépassait tous ? Il sentait bien que cela avait pour but de l'aider mais il ne se sentait pas le courage d'aller voir toutes ces familles. Il ne souhaitait en rencontrer qu'une seule, celle à qui il avait fait du mal. Alors il se contenta de hausser les épaules. Il n'approuvait pas la proposition de son père mais il ne la réfutait pas non plus. Ils en reparleraient sans doute un autre jour, quand le moment serait plus propice et que lui ne serait plus en état de choc, à pleurer comme un gamin de six ans qui s'était fait mal. Et qui allait se morfondre pour le restant de la journée à l'allure où il était parti.

« Pourquoi pas... »

Ross venait de lui proposer d'aller faire quelques longueurs dans la piscine. Il ne savait pas s'il était en état de nager ni combien de temps il tiendrait dans l'eau. Mais pourquoi pas. Au moins cela lui occuperait un peu l'esprit pour un temps. L'eau lui ferait peut être oublier ces images horribles qu'il avait en tête.

« On se retrouve à la piscine... »

Il se leva alors pour gagner sa chambre et se mettre en maillot. Quel changement depuis quelques mois en arrière. La dernière fois que son père lui avait proposé une partie de tennis, cela avait donné lieu à une joute verbale entre eux. L'adolescent s'était moqué ouvertement de celui qu'il considérait comme son oncle à l'époque. Il le chambrait, lui envoyait des vannes. Tandis que là rien. Il était presque résolu, se contentant d'acquiescer sans être lui même. Il ne lui fallut pas longtemps pour se changer. Il ôta au passage le bandage qu'il avait à l'épaule. Il n'en avait plus besoin. Son regard s'attarda dans le miroir sur la cicatrice qu'il avait à l'épaule. Elle était petite mais elle lui rappelait tout. Il l'effleura du bout des doigts. Ses yeux se fermèrent, puis il se détourna du miroir pour sortir et rejoindre la piscine.

Ross n'y était pas encore. Il en profita pour s'asseoir sur le bord et tremper juste ses jambes. Mais très vite, il se laissa glisser dans l'eau. Et il se mit sur le dos faisant la planche. Ses prunelles azures fixaient le ciel au dessus de lui. Il y avait quelques nuages. Il ne prit aucun plaisir à tenter de dessiner des formes dans ceux-ci. Pour le moment, l'eau ne lui faisait aucun bien. Les miracles n'existaient pas, il n'en avait pas espéré de toute manière. Alors, il prit une grande inspiration. Et il se laissa glisser au fond de la piscine. Si la surface ne lui apportait aucun réconfort, peut être qu'être au fond l'aiderait. Que le silence et le bruit qu'on entendait, si particulier quand on était dans l'eau, lui permettraient de réfléchir.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Jeu 5 Avr - 17:31

Avec le carnage du Blue Lake, Wyatt, Shannon, Aaron et autres membres de Genome étaient dans un état psychologique fragile. Ils étaient jeunes et leur sensibilité à fleur de peau n’était pas faite pour arranger les choses d’un coup de baguette magique. Ross, à côté, faisait figure d’un homme fort mais il n’était pas au mieux de sa forme. La plupart de ses pensées étaient pour son fils qu’il n’arrivait pas à aider. Il ne trouvait pas les mots justes qui pouvaient faire tilt et lui redonner l’envie de se battre et de continuer sa vie. L’adolescent était anéanti. L’écossais ne savait plus quoi faire pour l’aider. Ca le rendait dingue d’être aussi impuissant. Il était à ses côtés, prêt à l’aider mais il n’y parvenait pas.

Au lieu de se concentrer uniquement sur la demande de Wyatt, l’écossais ne trouva pas mieux que de s’inclure dans la problématique. Il n’était pas question de rechercher toutes les familles des victimes mais uniquement celle de Wyatt et éventuellement celle de l’écossais. Il était prêt à affronter les regards des deux familles endeuillées si Wyatt le souhaitait. S’il s’était inclus dans le lot, c’était aussi pour montrer l’exemple. Sa pensée première était de faire comprendre à son fils qu’il approuvait la démarche en se mettant à son niveau. Ross aussi avait tué un homme et il ne se voyait pas rester sans agir alors que son fils prenait ses responsabilités. Cette idée était finalement absurde car elle était mal perçue par Wyatt. Le jeune homme avait un énorme fardeau à porter sur les épaules qui lui donnait des œillères. L’ingratitude naturelle des enfants envers leurs parents était parfois difficile à gérer. Ils se regardaient le nombril sans penser que leurs joies autant que leurs souffrances n’étaient pas uniques ; elles découlaient immanquablement sur leurs géniteurs qui, eux aussi, avait des problèmes à surmonter. Quoi de plus normal pour un jeune homme comme Wyatt ayant vécu plusieurs drames ? Rien.

Malgré tout, il espérait encore que son père lui vienne en aide. Ross ne demandait que ça mais il était en-dessous de ses espérances. Il devait se montrer fort, compréhensif, inébranlable, infaillible, avoir réponse à tout : seulement, il n’était pas aussi parfait et malgré l’amour qu’il portait à son fils, il ne pouvait pas tout régler à la demande, même si cette requête était un S.O.S. Bien entendu, il pouvait le surveiller vingt quatre heures sur vingt quatre afin d’éviter le pire. Il pouvait le suivre comme son ombre mais le jeune homme avait besoin de respirer. Il n’accepterait pas d’avoir son père sans cesse sur le dos. Au contraire, cela risquerait d’aggraver son état ; ça ne règlerait rien, surtout pas son mal-être.

Wyatt accepta la proposition de son père sans aucune conviction. Il avait répondu mollement comme si plus rien ne l’intéressait. Il lui donna quand même rendez-vous à la piscine. Chacun monta dans sa chambre pour se changer. Le temps de se déshabiller et d’enfiler un caleçon de bain, des idées sombres envahirent l’esprit de Ross. Et s’il n’arrivait pas à faire entendre raison au jeune homme ? Le caractère entier de Wyatt lui faisait vivre la situation dramatique à plein régime. S’il était incapable de se remettre du meurtre qu’il avait commis, la culpabilité le rongerait jusqu’à avoir raison de lui. Il n’accepterait pas de vivre avec. Pour s’en débarrasser, il serait capable de mettre fin à ses jours. L’écossais frémit à cette pensée. Si son fils venait à disparaître, il ne s’en remettrait jamais. Sans doute le suivrait-il de près.

Rapidement, Ross descendit les escaliers et se rendit à la piscine. Son cœur manqua un battement lorsqu’il vit son fils au fond de l’eau. Sans réfléchir, il plongea et le remonta à la surface. Il le serra contre lui et le relâcha aussitôt en le poussant presque vers le bord.

- Je t’interdis de mourir ! Cria-t-il en frappant la surface de l’eau avec toute l’énergie de désespoir. Survivre à son enfant était épouvantablement intolérable. Ce n’était pas dans l’ordre des choses.

-- Tu as tué un homme. Tu veux en tuer un deuxième ?... C’est ça ?... C’était de la lé-gi-ti-me dé-fense… Fous-toi ça dans le crâne !... Réagis bordel !

Les phrases étaient entrecoupées de courts silences. Une boule de rage et d’angoisse dans le ventre, l’écossais sentait les larmes montées. Il était en colère après lui-même et s’en voulait d’être aussi inutile. Pour ne pas pleurer devant son fils, il se propulsa à l’aide de ses pieds pour s’éloigner de lui. Sans quitter son fils des yeux, il fit quelques brasses sur le dos jusqu’à rejoindre le bord opposé sur lequel il posa ses bras. Deux fois secoué par le stress en peu de temps, Ross entrait dans une phase d’épuisement. Son corps commençait à avoir du mal à assumer cette mobilisation de ressources. Il ferma les yeux brièvement pour se concentrer uniquement sur ce qu’il avait de plus cher au monde : son fils. Profonde inspiration, profonde expiration. Il se laissa glisser le long de la paroi jusqu’à mettre la tête sous l’eau. Non pas pour se noyer mais pour chasser les larmes qui s’étaient échappées de ses yeux. Non, il ne laisserait pas ses forces physiques l'abandonner. Non, il ne céderait pas à la panique. Son fils avait trop besoin de lui. Ross devait se montrer à la hauteur pour que Wyatt ait un minimum confiance en lui.

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Dim 8 Avr - 8:32

Assis au fond de l'eau, il avait l'impression de se sentir mieux. Il avait pris son apnée et s'était laissé glisser. Jusqu'à toucher le fond de la piscine. Jusqu'à ne plus rien voir que les parois qui l'encadraient. Le jeune homme jeta un œil au dessus de lui. Les nuages au dessus de sa tête étaient devenus très flous. Il ne l'avait jamais remarqué jusque présent, mais d'être là, ainsi dans l'eau, il avait le sentiment d'être dans un autre monde, fait de silence, de calme, sans rien autour. Et il se sentait mieux, cela l'apaisait. Il savait qu'il ne pourrait pas profiter longtemps de cet instant, qu'il devrait remonter pour prendre de l'air mais en attendant, il profitait de chaque seconde qui lui apportait un peu de paix. Il ferma les yeux, se laissant porter par ce bruit à peine audible autour de lui.

Soudain, on l'agrippa. Il ne s'y attendait pas. Il ouvrit la bouche, oubliant qu'il se trouvait sous l'eau, et laissant échapper le peu d'oxygène qui lui restait dans les poumons. L'eau envahit sa bouche alors qu'on le remontait à la surface. Quand il gagna l'air libre, il se mit à tousser, recrachant l'eau. L'emprise autour de lui se desserra et il sentit qu'on le poussait. Il toussa encore un peu, pour que l'air reprenne le dessus sur l'eau à l'intérieur de ses poumons. Et il se retourna, au moment où Ross lui criait dessus en tapant sur la surface de l'eau. Son père croyait qu'il était en train de se suicider ? L'idée était tentante... Mais il recherchait seulement un peu de sérénité, chose à laquelle il n'avait plus droit. Il lui criait après mais comment pouvait-il imaginer qu'il mettrait fin à ses jours avec lui dans les parages. Non, s'il devait commettre cet acte, ça serait certainement loin de son géniteur car il savait qu'il ferait tout pour le sauver.

Le psychologue était en colère contre lui. Mais lui l'était également. Cela leur faisait un point commun. Chacun sa rage, chacun sa motivation qui l'animait même si la sienne n'était que négative. Le jeune homme soutint son regard sans rien dire durant un instant. Il ne comprenait pas toute la signification des paroles de Ross. Il ne savait pas de qui il parlait en disant qu'il voulait tuer un deuxième homme. De lui s'il se suicidait ou de son père car il ne se remettrait pas de sa perte. C'était confus mais il ne poserait pas la question. Il ne souhaitait pas réagir, seulement retourner au fond de l'eau où il se sentait bien. Et pourtant, alors que son père s'éloignait de lui, il ne put s'empêcher de crier à son tour après lui.

« Mon cul de la légitime défense ! Je serais mort à la place de ce gars, tu serais allé lui dire qu'il n'avait fait que se défendre et tu lui aurais pardonné !? »

Ce fut son tour de balancer son poing rageur sur l'eau. Ross voulait qu'il réagisse, il le faisait mais peut être pas dans le bon sens du terme. Lui savait ce qu'il aurait fait si quelqu'un avait tué son père. Il l'aurait pourchassé jusqu'à se venger. Car il était le seul parent qui lui restait et si on le lui enlevait, il n'avait plus de repère sur cette fichue terre. Il n'y avait qu'à voir les derniers mois qui s'étaient écoulés. Il n'avait vécu que dans le but de remettre sa vie d'aplomb. En voulant s'en prendre à Aaron à cause de qui Ross était à Genome. En s'embrigadant chez Genetic dans l'unique but de s'en prendre à Holster avec qui son géniteur était marié. C'était une chose qui lui restait en travers de la gorge cette histoire de mariage. Il n'avait aucune explication, n'en avait jamais demandé mais ça le mettait hors de lui. Deux dirigeants et son père qui était assez stupide pour se laisser embobiner par eux. Il gagna le bord opposé de la piscine pour s'éloigner de Ross. Il voulait qu'il réagisse, c'était ce qu'il faisait, au moins pour le moment. Il avait autant besoin de lui qu'il lui en voulait. C'était paradoxal, ça lui faisait mal mais c'était ainsi. Il aimait autant son père qu'il le détestait pour certaines choses. Il posa ses mains sur le bord de la piscine, posant son front contre la paroi. Il ne savait pas s'il devait rester dans son coin ou se diriger vers son père au risque que tous les silences entre eux qui s'accumulaient depuis des mois finissent par éclater en faisant très mal.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Jeu 12 Avr - 21:59

S’il n’avait pas été éprouvé par les derniers événements, en voyant son fils au fond de la piscine, Ross n’aurait jamais pensé qu’il voulait se noyer. Wyatt étant un bon nageur c’était irrationnel. S’il avait voulu mettre fin à ses jours, il n’aurait pas fait ce choix. Mais l’état psychologique de son fils était inquiétant, l’écossais devait parer à toute éventualité. Depuis la sortie de son coma, le psychologue avait eu tout le loisir d’observer le jeune homme. Il présentait plusieurs symptômes d’un pré-suicidaire. Wyatt avait subi un événement traumatisant. Il avait été surpris par sa violence et ce qu’elle avait entraîné. Il était envahi par la culpabilité et l’anxiété. Il était soumis à l’incertitude de faire face à des émotions qu’il ne maîtrisait pas. S’il n’arrivait pas à se sortir de cette situation, il serait en échec, ce qui ne ferait qu’augmenter sa torture morale. Pour alléger ses souffrances, il cherchait une punition que Ross était dans l’incapacité de lui donner. Même la société ne pouvait rien faire. Comme il l’avait indiqué à Wyatt, la police de Los Angeles avait du fil à retordre avant de trouver l’origine de la radioactivité au Blue Lake. Tout avait été nettoyé avant qu’elle ne débarque. Ross regrettait qu’il en soit ainsi mais d’un autre côté il aurait du mal à encaisser de voir son fils jeté en prison alors qu’il n’était finalement qu’une victime de la connerie des adultes. De la connerie de son père !

Wyatt était vulnérable et le moindre faux pas risquait de le faire basculer vers l’irrémédiable. Que faire ? Que dire ? Comment agir en étant certain de ne pas faire d’erreur ? C’était impossible. Cela l’était encore plus avec un jeune homme qui avait oublié d’être idiot. Que répondre à sa dernière question ? Rien sinon qu’il n’était pas d’accord, que ça n’avait rien à voir… La bonne blague ! Bien entendu que tout était lié. Cependant, une chose était différente entre Wyatt et l’homme qu’il avait rué de coups : l’amour paternel. Cet amour inconditionnel aurait sans aucun doute poussé Ross à se venger lui-même. Il l’aurait massacré avant d’être bon à enfermer dans un asile.

- Bien sûr que non ! Je ne pardonnerai JAMAIS à qui te ferait du mal ! Mais toi, c’est pas pareil, tu es mon fils ! Je n’ai pas fait mieux en plus… On n’avait pas le choix de toutes les façons. Il faut apprendre à vivre avec...

Pale constat mais il n’y avait pas d’autre choix. Revenir en arrière était impossible. Il fallait aller de l’avant et continuer le chemin semé d’embûches malgré tout. Ross se laissa glisser et fit quelques brasses sous l’eau pour revenir à la hauteur de Wyatt. Il plongea son regard dans celui du jeune homme en ajoutant :

- Tu as toujours réussi à t’en sortir, tu vas y arriver encore une fois. Tu en es capable, j’en suis sûr. Je serai toujours là si tu as besoin, mais il y a une chose que je ne peux pas faire à ta place : c’est de le vouloir.

Redonner la confiance à qui l’avait perdue n’était pas une mince affaire. Il fallait souvent plusieurs semaines, plusieurs mois, voire plusieurs années avant d’y parvenir. Le tempérament du jeune homme réduirait peut-être l’échéance. Quoi qu’il en soit, Ross s’y emploierait. Il était là pour ça entre autres choses. L’écossais replongea sous l’eau sans attendre de réponse. Il se mit à nager aussi rapidement qu’il le pouvait pour faire tomber la tension qui l’habitait. Ross avait du forcer un peu trop et avait présumé de ses forces. Après deux longueurs à peine, une crampe au mollet le stoppa dans sa progression. Ce fut en grimaçant qu’il regagna le bord de la piscine puis l’échelle à laquelle il s’agrippa le temps que la douleur s’estompe.

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Dim 15 Avr - 5:54

Apprendre à vivre avec... Cela voulait donc dire grandir définitivement, entrer dans ce monde d'imbéciles qu'étaient les adultes. Apprendre à vivre dans le mensonge et à l'accepter en se disant que c'était pour le bien de ses proches. Le jeune homme détestait cette conception de la vie. L'emprise de ses doigts sur le rebord de la piscine se serrèrent davantage. Il n'aimait pas ce monde qui s'ouvrait devant lui. Il n'aimait pas vivre dans le mensonge sans assumer ses actes. Ce n'était pas pour rien qu'il s'était fait virer de plusieurs lycées dans le passé. A chaque fois qu'il faisait une bêtise, il l'avait assumé ainsi que les conséquences qui allaient avec. Et celles-ci se traduisaient souvent par des renvois temporaires ou définitifs. Durant toute cette période, on avait bien martelé sa tête pour que la phrase « assumer ses actes » y entre et à présent, il avait l'impression que Ross lui demandait de faire l'inverse. Comme s'il ne devait pas regretter d'avoir tué un homme. Et le fait de ressentir ceci à cet instant était horrible.

Il entendit un bruit à ses côtés, accompagné d'un mouvement d'eau. Le psychologue l'avait rejoint. Il daigna relever la tête pour affronter son regard. Ross n'avait certes pas tort, il avait toujours réussi à s'en sortir. Il avait survécu à la mort de sa mère alors que les hommes auraient pu le tuer en même temps. Il avait appris à vivre sans mère et durant longtemps sans père non plus, se contentant de son tuteur et des grand parents qu'il lui offrait. Tous ses renvois des différents lycées ne l'avaient pas empêché de valider son diplôme, lui ouvrant l'accès ainsi à plusieurs universités, lui laissant le choix. Il avait longtemps hésité sur son cursus avant de finalement se décider à la toute dernière minute, avant la fermeture des inscriptions. Le jeune homme savait également qu'il était capable d'être indépendant, de se débrouiller sans l'argent familial en vivant de plusieurs boulots qu'il aurait à droite et à gauche, en plus de ses études.

Ross avait raison, il réussissait toujours à s'en sortir. La seule inconnue était est-ce qu'il le désirait réellement ? Est-ce qu'il voulait continuer à avancer dans cette chienne de vie alors que depuis quelques temps elle lui mettait des bâtons dans les roues et ne faisait qu'assombrir la vision qu'il avait d'elle ? Est-ce qu'il voulait prendre le risque de faire de nouvelles découvertes qui le dévoreraient de l'intérieur ? Et surtout est-ce qu'il accepterait de vivre avec un mort sur la conscience ? Tant de questions et si peu de réponses pour l'instant, c'était à en devenir dingue, surtout quand on aimait comprendre les choses, qu'on refusait de buter sur quelque chose sans en trouver l'explication. Lui était une personne têtue qui aimait tout comprendre et là il ne comprenait plus rien. Trop d'évènements récents dont un qui lui avait laissé une cicatrice à l'épaule et une plaie béante dans son cœur...

Le jeune homme ouvrit la bouche, comme pour répondre à cette question de volonté mais aucun son ne sortit. Même s'il avait réussi à dire quelque chose, il n'était pas certain que Ross l'aurait entendu. Il venait déjà de replonger sous l'eau, partant dans une nage rapide, comme s'il avait le feu aux fesses. Aussi rapidement que lorsqu'ils aimaient se défier dans le passé pour savoir lequel des deux était le plus rapide à la course. Ce fut de courte durée, car Wyatt qui le suivait des yeux le vit ralentir. Inhabituel de la part de Ross. Ce qui l'était également, ce fut sa façon de regagner le bord. Les mouvements n'étaient plus aussi fluides, le jeune homme pouvait le voir d'où il se trouvait. Ross semblait nager comme un chiot sortant la tête de l'eau et tentant de résister pour s'empêcher de couler. Il crut durant un instant qu'il allait couler et pourtant le psychologue atteignit l'autre bord, jusqu'à s'agripper à l'échelle.

Ce ne fut qu'à ce moment précis que l'adolescent se décida à réagir. Il lâcha le rebord de la piscine pour rejoindre Ross en quelques brasses. Arrivé à ses côtés, il prit appui sur ses bras pour se hisser sur le rebord de la piscine pour s'y asseoir. Il sentit une légère gêne au niveau de son épaule mais guère davantage. L'eau semblait lui faire du bien, du moins physiquement, ce qui n'était pas le cas de son père. Il se pencha ensuite vers l'avant et tendit une main à son père. Durant quelques secondes, il ne dit rien puis il se décida finalement à ouvrir la bouche.

« Si moi j'ai l'impression d'être mort à l'intérieur, toi c'est à l'extérieur que tu fais peur à voir... Depuis combien de temps tu ne t'es pas reposé.... ? »

Certes ses propos étaient légèrement cyniques et bourrus mais il n'avait pas l'impression de se tromper en posant cette question. Son père semblait être au bout du rouleau et pour un quarantenaire, ce n'était pas très recommandé de vivre en oubliant de se reposer. Ross lui avait affirmé qu'il serait toujours présent à ses côté s'il avait besoin de lui. Pour tenir sa promesse, il allait falloir qu'il évite de s'effondrer physiquement. Les situations allaient s'inverser sinon, ça serait lui qui se mettrait de côté durant quelques temps pour surveiller son géniteur. Peut être que ce n'était pas plus mal en fin de compte. Pendant qu'il était occupé à s'inquiéter pour Ross, il ne restait pas renfermé sur lui même et s'effacer, ne pensant plus à tout ce qu'il avait fait et qui le rongeait.
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Ross F. McGregor

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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Lun 16 Avr - 16:44

Afin d’évacuer le stress accumulé depuis des semaines, Ross s’était lancé dans une nage rapide sans prendre le temps de s’échauffer. Le manque de préparation physique et la fatigue était sans doute la cause de cette crampe qui l’interrompit dans sa course individuelle. Ce genre de contractures musculaires arrivait sans prévenir comme pour rappeler les limites à ne pas dépasser. Ce n’était pas dangereux pour la santé mais c’était douloureux. Accroché à l’échelle, l’écossais étirait doucement le muscle en tendant sa jambe sous l’eau. L’écossais aurait aimé que son fils n’assiste pas à cette scène. Il n’avait pas besoin d’avoir à ses côtés un vieux croulant. Ross était toujours partant pour veiller sur Wyatt mais il n’envisageait pas une seconde que ce soit l’inverse. Il ne supporterait pas d’être dépendant de son enfant. Il accepta tout de même la main tendue. Après ce qui s’était passé et ce qui s’était dit, il aurait été mal venu de faire le fier, surtout qu’il n’y avait pas péril en la demeure.

- Merci fiston. Dit-il en s’asseyant au bord de la piscine en prenant garde de ne pas brutaliser le muscle qui le faisait souffrir.

Se massant le mollet endolori, Ross fixait un point invisible sur la surface de l’eau. Depuis plusieurs semaines, l’écossais n’avait pas fait de sport. Il était resté chez Genome pour veiller sur Wyatt. Il n’avait pas pris le temps de reposer convenablement. Il était souvent appelé à soutenir le moral des troupes et quand Morphée le prenait dans ses bras il faisait de la résistance. Les temps de sommeil agités n’étaient pas particulièrement réparateurs mais ils étaient suffisants pour continuer à faire ce que tout le monde attendait de lui. Il le faisait sans doute mal, mais c’était mieux que rien. Comme tout parent digne de ce nom, seul l’état de santé du jeune homme lui importait. Porté par une force invisible donnant l’énergie nécessaire pour faire face à la situation dramatique, le psychologue ne s’était jamais inquiété de lui-même.

Maintenant que son fils était sorti d’affaire, cette force l’abandonnait. Toute la fatigue emmagasinée remontait à la surface. Il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir qu’il était épuisé. Depuis combien de temps ne s’était-il pas reposé ? Difficile à dire, au moins depuis une quinzaine de jours en partant de l’échange mais certainement bien plus s’il prenait en considération les nuits blanches passées à se demander où était son fils, ce qu’il faisait et s’il allait bien depuis sa fuite de la maison.

- Une bonne quinzaine de jours. Mais bon, ce n’est pas grave. Tu sais bien qu’il n’y a pas plus résistant que la mauvaise herbe. Dit-il en esquissant un sourire.
- Le plus important, c’est que tu sois là. Ajouta-t-il en apposant une main chaleureuse sur le dos du jeune homme.
- Et si tu comptais te débarrasser de moi en m’envoyant au lit, c’est raté. Je dormirai mieux ce soir. Ca te dirait de poser nos deux culs de zombie devant un film débile et une pizza ? Proposa-t-il sur un ton qu’il voulait léger.

Ross aurait bien été s’allonger un moment mais les dires de Wyatt l’avaient interpellé. S’il se sentait mort à l’intérieur, il fallait essayer de le réanimer avec n’importe quoi, surtout n’importe quoi. Quelque chose d’anodin mais qui pouvait faire du bien. Un temps mort ne serait pas du luxe. Et puis, cela faisait tellement longtemps qu’ils n’avaient pas passé un petit moment ensemble. Ross avait envie de profiter de son fils tant qu’il était là.


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MessageSujet: Re: Back to Home [Terminé]   Mar 24 Avr - 18:05

Au bout de quelques secondes, le psychologue accepta la main tendue par son fils. Ils se retrouvèrent ainsi, assis l'un à côté de l'autre sur le rebord, les pieds et les jambes dans l'eau. Le jeune homme observa son père alors qu'il se massait le mollet. Il ne dit rien, se contentant d'observer et de penser. Son père n'allait pas bien physiquement, et lui c'était mentalement. A eux deux, ils faisaient un joli duo. Si les maux de Ross pouvaient se guérir par du repos, les siens avaient besoin d'autre chose. Peut être d'une oreille attentive, celle d'un psychologue qui écouterait sans le juger et qu'il ne connaîtrait pas. Le problème, c'était que hormis Ross, les psychologues ne courraient pas les rues dans son carnet d'adresse. Et quand bien même, il arriverait à en trouver un, par lui-même ou sur recommandation de son père, comment ferait-il pour lui déballer toute sa vie sans que celui-ci le prenne pour un fou ? Car parler de mutation, de pouvoir, de mort et de tout ce qui composait sa vie, du point d'un vue d'un simple humain, c'était impossible à imaginer. Alors que faire... Car il ne se voyait pas du tout aller voir un psy simplement pour lui parler que celui qu'il pensait être son oncle et parrain lui avait caché la vérité et qu'il était en réalité son père. De toute façon, il était passé au delà de ça. Ross s'était toujours comporté en père avec lui. La seule chose qui changeait à présent, c'était qu'il l'appelait papa et non plus oncle Ross.

Enfin, il se décida à lui répondre et ce qu'il annonça fit l'effet d'un poids qui s'abattit sur les épaules du jeune homme. Une quinzaine de jours... Cela voulait donc dire que si son géniteur était dans cet état, tout était entièrement de sa faute, ou du moins une grande partie. S'il n'avait pas été chez Genetic... S'il ne s'était pas rendu au Blue Lake... S'il n'avait pas tenté de protéger ses amies... S'il ne s'était pas pris cette balle... S'il n'était pas tombé dans le coma... Peut être que Ross ne serait pas dans cet état car il n'aurait pas eu à veiller sur lui ni à s'inquiéter. Il n'avait pas besoin de lui dire, il savait au fond de lui que son père avait du passer des heures à son chevet, attendant qu'il sorte du coma. Il aurait fait la même chose pour lui. Il n'aurait pas bougé d'un pouce, guettant un battement de cils, un doigt qui bouge, ne quittant son chevet que pour accomplir les besoins vitaux. Il sourit également également mais son sourire était légèrement crispé. Il culpabilisait mais ça, il se garda bien de faire un commentaire à ce sujet. Ce n'était pas comme s'il accumulait les poids sur ses épaules depuis sa sortie du réveil, alors un de plus ou de moins... Et en parler à Ross ne l'aiderait pas sur ce coup car il savait déjà d'avance ce qu'il allait lui dire.

Le jeune homme ne savait plus quoi dire sur le coup. Peut être était-ce important qu'il soit là pour son père, mais que répondre à ça. Pas grand chose si ce n'est des propos qui n'auraient fait qu'augmenter son embarras. Son salut vint de Ross qui proposa une activité pour la soirée. Pizza et film débile. Pourquoi pas. Son ventre ne gargouillait pas mais il pouvait ressentir à l'intérieur qu'il était affamé. La bouffe de Genome n'était pas fameuse et une bonne pizza avec un mélange de sucré et salé, voilà ce qu'il lui fallait pour remplir son estomac. Quant au film ? Excellente question, il n'avait aucune idée pour le moment. Il fallait qu'il soit débile.... Il en existait une tonne de films débiles mais en général ceux là le lassaient rapidement car il les trouvait inintéressant. Il allait bien trouver une idée, il le fallait.

« Ok, tu t'occupes des pizza et moi du film. »

Et sur ces quelques mots, le jeune homme se remit debout. Il tendit une nouvelle fois la main à son père pour l'aider à se relever. Il prit ensuite sa serviette et balança à son géniteur la sienne. Puis les deux hommes se séparèrent, l'un pour commander les pizzas, le second pour trouver un film intéressant. Ah non, débile. Le jeune homme s'enferma durant un moment dans sa chambre, il avait un peu de temps devant lui avant que leur repas n'arrive. Devant son pc, il fit une rapide recherche. Puis il téléchargea. Ce n'était pas très légal mais tant pis. Puis il grava le film avant de se décider à quitter sa chambre, alors que la sonnette retentissait. Le repas arrivait en même temps. C'était parfait. Il rejoignit son père dans le salon, lui annonçant qu'il avait trouvé la perle rare, parodiant plusieurs films dont Top Gun, Le Parrain, Rocky, ou encore Full Metal Jacket et Autant en emporte le vent. Ils s'installèrent sur le canapé, chacun avec leur pizza et là ils visionnèrent pour la soirée, leur faisant oublier leurs problèmes tellement il était débile... Hot Shot.

FIN
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