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 Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]

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Anne W.

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MessageSujet: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Mar 31 Jan - 16:28

7 octobre. 7H07

Encore un réveil en sursaut, je ne les comptais plus. Les cauchemars ne cessaient de me harceler ces derniers temps et je ne savais plus quoi faire pour m'en débarrasser. Mon travail à l'université ne me stressait pas particulièrement, Genetic était à peu près calme. Il n'y avait aucune raison valable pour que mon esprit se sente en danger. Vraiment ? Essayais-je de m'en persuader ou y croyais-je réellement ? Je ne le savais plus. J'avais ce pressentiment que nous étions dans une période de calme avant une tempête encore plus désastreuse que celle laissée par l'échange. Genetic ne pouvait se contenter de cette bataille. Ils ne seront satisfaits que le jour où toute forme de résistance aura disparu. Malheureusement, je n'avais aucun moyen pour empêcher cette potentielle catastrophe et en parler, n'amènerait à rien.

Un regard au réveil m'apprit qu'il était inutile de me rendormir. Tant pis, je ferais un petit détour par la bibliothèque avant de me rendre en cours. Allez debout ! Plus facile à dire qu'à faire car à peine étais-je sur pied que les nausées me reprirent. Encore un problème sur les bras. Il allait vraiment falloir que j'aille chez le médecin pour qu'il me soigne cette grippe ou je ne sais quel virus insupportable. Quoiqu'il en soit, ça n'allait pas m'empêcher de faire ce que j'avais prévu. Je mis les infos et commençais à me préparer. Ce matin là, je me contentais d'un verre d'eau bien que le paquet de courses acheté la veille soit encore sur la table de la cuisine. D'ailleurs, il serait peut être temps de le déballer... De mauvaise grâce, je pris un à un les produits pour les ranger à leur place respective jusqu'à ce que je tombe sur le plus stupide. J'ignorais pourquoi je l'avais acheté tellement cela paraissait absurde. Non, ce n'était pas absurde, mais bien impossible. Après autant d'années d'essais, il ne pouvait en être autrement. Quelle idée d'avoir acheté un test de grossesse, surtout quand on est stérile...

Je le pris et allais le jeter lorsque je stoppais net mon geste. Ce n'était pas possible, mais bon je l'avais acheté. Même si le résultat serait négatif, je pouvais toujours m'amuser à faire semblant, à m'imaginer en France, avec ce même test pour vérifier que je portais effectivement l'enfant de Liam. La scène était merveilleuse mais trop douloureuse pour pouvoir l'apprécier à sa juste valeur. Je devais cesser de rêver à des choses impossibles. Cela ne me mènerait à rien et me ferait souffrir plus que je ne souffrais déjà de l'absence de ma famille. D'un revers de manche, j'essuyais les larmes qui mouillaient mes joues et prit quand même la peine d'utiliser ce foutu test. Qu'on règle cette histoire une bonne fois pour toute et basta ! Une fois fait, je compris ce que pouvait ressentir les femmes pendant l'attente des 3 minutes jusqu'à l'obtention du résultat. Certes, dans une moindre mesure. Seulement, je ne pu aller au bout de l'expérience. La sonnette retentit. Qui était-ce ? Ross ? Je l'évitais depuis quelques temps, sans vraiment savoir pourquoi. Comme nous étions occupés l'un l'autre, ça ne devait pas poser trop de problèmes. Mais comment aurait-il eu mon adresse ? Personne n'était censée la connaître...

Un regard dans le judas m'apprit qu'il s'agissait de Sonny. Que faisait-elle là ? Y avait-il un problème ? J'ouvris la porte rapidement afin de savoir ce qui se passait.


- « Sonny ? »
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Mar 31 Jan - 18:42

Sonny ne sut jamais comment elle l’avait senti, mais quelque chose n’allait pas… Elle avait appelé Anne, dont elle n’avait aucune nouvelle depuis leur conversation téléphonique, si ce n’est un message sur son répondeur, pour lui souhaiter un bon anniversaire, alors qu’elle était coincée dans un ascenseur. Une tonalité, deux tonalités, trois tonalités, quatre, cinq, six… répondeur. Pas bon, pas bon du tout. Anne décrochait toujours, quelle que soit l’heure, même en plein milieu de la nuit. Elle dormait avec son portable… alors pourquoi ne répondait-elle pas ?

Ces questions lui trottèrent tellement dans la tête qu’elle dut se résoudre à faire quelque chose de peu reluisant : l’espionner. Oh, pas un espionnage à la Jason Bourne, mais un espionnage tout doux et discret. En se couchant ce soir là, Sonny décida tout simplement de faire un tour du côté des rêves de son ancienne tutrice.

Elle était fatiguée, alors elle s’endormit très vite. Mais là où les gens normaux glissaient sans s’en rendre compte dans le monde des rêves, Sonny, elle, était envahie de sensations diverses. Ses rêves d’un côté et des milliers d’autres tout autour. Il y en avait des centaines et des centaines mais c’était une rêveuse précise qu’elle cherchait. Et elle connaissait si bien Anne qu’elle n’aurait aucune difficulté à la repérer.

Une rue pleine de monde. Une foule qui allait droit dans la même direction. Et une silhouette marchant à contre-sens, buttant contre beaucoup de passants, les yeux à terre. Les psy auraient certainement beaucoup de choses plus ou moins stupides à dire à propos de ce genre de rêves, mais Sonny était surtout préoccupée de voir Anne dans un tel état. Cette démarche ne lui ressemblait pas du tout. L’inquiétude gagna la jeune fille et elle s’efforça de suivre Anne tout en masquant sa présence. Apparemment, l’ex-directrice du Domaine vivait dans le centre ville. Elle entra dans un bel immeuble, de bon standing. Sonny se demanda alors si Anne y vivait vraiment ou si elle rêvait juste d’un tel endroit, mais quel goût ! Anne avança, lentement mais résolument à travers les étages, jusqu’à une porte qu’elle ouvrit. Sonny allait enfin découvrir ce à quoi ressemblait l’appartement d’Anne et la curiosité l’envahit. Mais quelle ne fut pas sa surprise quand elle entra dans un espace lugubre, sombre, sale, morne. Ok, là ça sentait le cauchemar à plein nez. Une projection et pas la réalité.

Anne regarda dehors. Il pleuvait maintenant… un temps d’orage. Oh, cela n’était pas bon signe du tout. Et comme pour lui donner raison, Anne s’assit à table, sortit d’on ne sait où un revolver et le contempla. Sonny commença à se sentir mal, à avoir la nausée. Sa première réaction était de se précipiter vers Anne, mais ce n’était qu’un rêve. Et si Anne rêvait, cela voulait dire qu’elle était en vie. CQFD.

Anne porta l’arme à hauteur de sa tempe. Sonny respirait avec de plus en plus de difficulté. Anne ne trembla pas et tira.

Sonny se réveilla en sursaut et s’efforça de reprendre son souffle. Elle se leva en vitesse, elle ne portait qu’un t-shirt et un pantalon de jogging tout pourri pour dormir, alors elle enfila un sweat et ses baskets et quitta son appartement sans rien de plus que son téléphone. Puis elle se mit à courir, à courir aussi vite qu’elle le pouvait, jusqu’à la rue du rêve d’Anne, puis jusqu’à l’immeuble qu’elle crut reconnaître, jusqu’au couloir et jusqu’à la porte. Elle sonna, frappa, encore et encore. Merde pour les voisins, elle ne pouvait pas s’en empêcher. « Ouvre Anne, je t’en prie », supplia-t-elle intérieurement.

Et là, la porte s’ouvrit, sur une Anne visiblement surprise de trouver Sonny ici et à cette heure, mais une Anne vivante. Toute la pression dans le corps de la jeune fille retomba immédiatement et sans qu’elle s’en rende vraiment compte, elle gifla sa tutrice.

« Ne me refais plus jamais ça ! Tu t’es tiré une balle, Anne ! J’ai rêvé que tu t’étais tiré une balle dans la tête ! C’était si…, si…. Si réel. Comment tu as pu ne serait-ce que rêver de ça ? Tu voulais encore me laisser tomber c’est ça ? C’est honteux, Anne ! Honteux ! Les autres n’ont jamais demandé à mourir, ils voulaient vivre ! Tu entends ! Et toi tu ne te bats même pas ! C’est dégueulasse ! »

Et elle s’effondra dans ses bras…

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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Mar 31 Jan - 20:26

A peine avais-je prononcé le prénom de la jeune femme que je reçus une gifle. Dès le matin, comme ça, ce n'était pas très recommandé, mais que pouvais-je y faire ? Maintenant que j'étais prévenue, j'allais peut être pouvoir éviter les prochaines. Quoique celle-ci suffit à me sonner et ses paroles m'achevèrent. Je préférais garder le silence et recueillir Sonny dans mes bras, plutôt que de me justifier. Elle avait raison. Mais il y a des moments dans la vie où la lumière au fond du tunnel disparaît pour laisser la place aux ténèbres. Le jour où j'avais rendu visite à Maxime était l'un de ces moments. La fatigue, l'angoisse et la tristesse s'étaient mélangées pour former un cocktail dépressif. L'espoir avait fuit au point de me coller une balle en pleine tête. Heureusement pour Sonny, elle pensait que cette « vision » n'était qu'un rêve et je n'étais pas assez folle pour lui avouer que cette scène s'était effectivement déroulée il y a plus d'un mois.

Je jetais un regard aux alentours pour m'assurer que personne n'avait entendu les propos de la jeune fille et l'invitais à entrer dans l'appartement. Je n'aimais pas la laisser ainsi ouverte. Je devenais réellement paranoïaque. Je refermais la porte et mettais en place le verrou. Il sera plus facile de parler de tous les sujets désagréables sans avoir la voisine d'à côté qui espionne à travers sa porte pour récupérer quelques ragots. Il ne manquerait plus qu'on apprenne mon passé, ce que nous étions et ce qui s'était passé la semaine dernière. Imaginez les petites vieilles de l'immeuble en train de se pisser dessus à mon passage à cause de la peur que je faisais naître chez elle. C'est vrai, dans mon genre, j'étais une dangereuse criminelle, mais pas au point d'être qualifiée de folle furieuse. Surtout que je ne représentais qu'un danger pour ceux qui veulent du mal à mes amis, ma famille ou moi même. J'étais la seule à décider de ma mort. Même l'âge devait avoir mon autorisation. Non quand même pas.

Je fis entrer Sonny dans le salon qui était équipé avec le strict minimum. Un canapé, un fauteuil, une table basse et une télévision étaient suffisants pour une personne seule. Devant la fenêtre, au fond de la pièce, il y avait un coin bureau sur lequel trônait un ordinateur. Sur la gauche, on pouvait remarquer une porte coulissante noire fermée qui donnait sur la salle à manger. Certes, ce n'était pas très chaleureux, mais l'essentiel était là. Je ne comptais d'ailleurs pas prendre racine. Une fois ma vengeance obtenue, je partirais. Où ? Aucune idée, mais loin de tout ça, de toute cette haine et de toute cette violence. Loin de mes amis aussi, mais peut être était-ce préférable ainsi. Voilà pourquoi mon appartement semblait vide et que je préférais n'y inviter personne.

Je demeurais silencieuse, attendant que Sonny se reprenne un peu et lui proposais de s'assoir sur le canapé. Je me mis dans le fauteuil qui lui faisait face et prit le temps de réfléchir à ce que j'allais lui dire. Une fois cette étape terminée, je pris la parole d'une voix calme et posée.


- « Tu peux peut être contrôler tes rêves. Moi j'en suis incapable... Mais la question la plus importante c'est comment sais-tu de quoi j'ai rêvé ? Aujourd'hui, tu sais contrôler ta capacité et espionner les autres peut être dangereux, surtout s'ils remarquent ta présence. Los Angeles n'est pas un terrain de jeu comme... comme en France. Si tu ne veux pas d'ennuis, il faut que tu fasses profil bas. »

Je fis une pause. Il fallait qu'elle comprenne que je ne pouvais pas la protéger totalement des dangers qui nous guettaient. Je n'avais pas pu protéger les autres. Elle devait s'en rendre compte. Seulement, la maintenir dans l'ignorance était-ce la meilleure solution ? Je n'en étais plus certaine.

- « Bon, je vais t'expliquer la situation, mais tu dois me promettre que tu ne feras rien d'inconscient. Nous réglerons cette histoire ensemble, mais si tu penses pouvoir y arriver seule, tu te trompes. Je t'ai déjà expliqué qu'il y a une organisation à Los Angeles, du nom de Genetic, qui pratique des expériences sur les mutants. Il y a de fortes chances que ce soit eux qui aient provoqué l'incendie au Domaine. Je fais partie d'une autre organisation qui s'oppose à leurs actions. Il y a un mois environ nous avons procédé à un échange. Ils avaient une des nôtres et nous avions l'un des leurs. Ce qui devait être un simple échange fut un carnage. Il y a eu des morts et de nombreux blessés. Je te raconte ça pour que tu comprennes que tu n'y arriveras pas seule. On ne peut pas les vaincre comme ça. Alors promets moi que tu ne feras pas quelque chose de... stupide. »

Voilà. Je venais de raconter les grosses lignes de ce qui se passait à Los Angeles. Ainsi, elle fera attention à ses actes. Acte... Cela me fit étonnement penser au test de grossesse dans la salle de bain. Pourquoi ? Il n'y avait aucune raison de s'inquiéter. Le résultat ne pouvait être que négatif. Il ne pouvait y avoir d'autres scénarios possibles. Alors autant gérer la crise qui se présentait sous mes yeux, à savoir Sonny.
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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Mar 31 Jan - 22:13

Sonny essayait tant bien que mal de tout comprendre à ce que lui disait Anne. Mais elle était bouleversée. Cela faisait bien trop d’informations à intégrer d’un coup. Compartimenter son esprit, c’était ça la clef. D’abord, Anne était en vie. Voilà, cela, c’était acquis.

Mais Anne l’abreuva d’informations que Sonny ne s’était pas préparée à entendre. Elle était à ce point insuffisamment préparée, que malgré tout ce que son ancienne tutrice lui révéla, la seule chose à laquelle elle pensa sur le coup était qu’elle noyait le poisson. Elle ne lui avait pas réellement dit pourquoi ce rêve, pourquoi cette tentative de suicide, toute irréelle qu’elle soit. Son esprit partait à droite et à gauche. Elle prit enfin le temps d’étudier l’appartement d’Anne. Effectivement, il ne ressemblait pas à celui du cauchemar. Celui-là au moins était normal. Sobre, certes, mais finalement, il lui ressemblait assez. Anne n’avait jamais était d’une exubérance folle, même si là, on sentait qu’elle n’avait emporté que l’essentiel. Elle n’avait visiblement pas prévu de faire long feu à LA. Et à cette pensée, le cœur de Sonny se retourna à nouveau. Bon sang, elle était une véritable gamine. Elle se croyait forte, mais elle avait désespérément besoin d’elle.

Puis tout à coup, malgré le mal de cœur, le cerveau de Sonny fonctionna de nouveau. Anne lui tenait un sermon très maternel, contre les dangers que représentait cette ville et contre ceux de son pouvoir. Elle ne voulait pas que la jeune fille l’utilise ? Oups, pourvu qu’Anne ne découvre jamais que c’était ainsi qu’elle avait rencontré Remington et Ingrid. Quoique dans les deux cas, ça n’était pas totalement de sa faute : c’étaient leurs cauchemars qui s’étaient imposés à elle. Oui, Sonny devait admettre que sa tutrice se trompait : elle ne maîtrisait plus complètement sa capacité… toutefois, il était hors de question qu’elle inquiète Anne à cause de cette faiblesse qu’elle espérait passagère.

Puis les révélations s’enchaînèrent à un rythme effréné. Sonny avait du mal à tout saisir. Genetic… Traque des mutants… incendie, Domaine. Explosion dans son âme. Anne était-elle vraiment en train de dire ce qu’elle croyait entendre ? C’était eux qui avaient causé tout ce mal ? Et Anne luttait contre eux ? Dans une autre « organisation ». « Echange », « carnage », trop de mots, trop de choses. « Fais profil bas ».

Profil bas ? Cela faisait trop longtemps qu’elle faisait profil bas. Elle fuyait depuis des mois. Voilà tout ce qu’elle faisait en l’honneur de ses amis : elle fuyait et elle n’était pas fière. Anne espérait-elle vraiment qu’après lui avoir dit tout cela, Sonny accepterait de faire comme si de rien n’était ?

« Tu sais depuis le début qui les a tués ? Anne, je peux aider. Je sais que tu ne voudras pas, mais c’est ma guerre aussi ma guerre. C’était ma famille, autant que la tienne. Qu’est-ce que je suis censée faire de ce que tu me dis ? Je ne vais pas me cacher toute ma vie. »

Pures questions rhétoriques. Anne ne lui céderait jamais, elle était trop têtue. Mais Sonny aussi était têtue et elle ne lâcherait pas l’affaire, ce serait trop facile. Pour l’instant, il n’y avait rien d’autre à faire ou à dire, elle était trop chamboulée pour cela. Toutes deux pourraient continuer leur discussion quand la jeune fille aurait repris ses esprits. Là, elle avait la nausée, de repenser comme ça à ses amis, et elle pleurait sans vraiment pouvoir s’arrêter. Ses joues lui semblaient poisseuses à cause les larmes et ses yeux devaient être bouffis. Alors elle se leva, se dégagea de la proximité d’Anne. Elle tremblait presque et se sentait désorientée.

« Je… je dois aller aux toilettes. »

Elle ne sut pas vraiment si Anne lui indiqua la direction, elle se déplaça en fait totalement instinctivement et elle trouva la salle de bain. Elle ferma la porte derrière elle, sans savoir si Anne lui parlait ou la suivait. En reprenant sa respiration, elle ouvrit le robinet et s’aspergea le visage d’eau glacée. Ce fut alors que quelque chose, sur le rebord du lavabo, l’intrigua… Non, ce n'était pas... ça ne pouvait pas être...

« Anne, tu... tu peux venir une minute ? Anne! »

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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Sam 4 Fév - 20:27

Je préférais donner à Sonny des informations sur les tueurs présumés de notre famille plutôt que de lui avouer ma défaite. Parce que oui, j'avais échoué. De nombreuses fois et il y en aurait d'autres. Pendant des années, j'avais su aider et écouter les autres dans leurs moments de peine, mais aux vues des paroles de la jeune femme, ce droit ne m'était pas accordé. Mieux valait taire ce qui se passait dans ma tête. Elle ne pourrait pas comprendre. Qui le pourrait d'ailleurs ? Tout le monde me voyait comme une femme forte et indépendante. Mais en fin de compte, j'étais faible. Mon envie de vengeance était toujours présente, mais je ne me sentais plus la force de me battre. Car la seule vérité dans tout cela était que même si j'arrivais à détruire Genetic, cela ne me rendrait pas mes proches.

Seulement mes révélations avaient également un autre but. Sonny était aussi concernée que moi et même si la mettre en danger me rendait malade, je ne pouvais la tenir à l'écart. Si je la respectais, l'encadrais, elle ne cherchera pas les ennuis toute seule.


- « Ce n'est pas mon intention. Si je te dis tout cela, ce n'est pas pour te mettre sur la touche mais bien pour t'intégrer dans ma guerre. Seulement, je veux que tout soit clair dès le départ. Si tu t'engages sur cette voie, tu dois me promettre que tu n'agiras jamais dans mon dos et seule. Comme tu l'as compris, ce n'est pas un jeu et nous avons besoin d'une stratégie. Pour le moment, je pense que l'organisation que j'ai intégré, Genome, est le meilleur moyen d'obtenir ce que nous voulons. Il n'y a que des gens comme nous, seulement, dans la vie de tous les jours, ce sont des humains comme les autres. En limitant l'utilisation de ta capacité, tu auras un avantage sur tes ennemis. Ne dévoile pas trop vite ton jeu. »

J'espérais qu'elle ne regretterai pas sa décision car une fois qu'elle aura emprunté ce chemin, elle ne pourra pas faire marche arrière. Elle était si jeune. Elle avait la vie devant elle. C'était injuste. Devoir se battre aussi jeune, c'était triste. Sonny ne méritait pas ça.

- « Mais réfléchis. Tu es jeune et la route est longue. Une fois qu'ils t'auront dans leur ligne de mire, tu seras traquée. Je pensais qu'ils m'avaient oublié, mais j'avais tort. Même dix ans après, ils nous ont retrouvés. Quand tu auras pris ta décision, ce sera un point de non retour... Es-tu certaine de vouloir t'engager sur ce chemin ? »

Sonny était à peine arrivée que je lui posais LA question qui allait changer toute sa vie. C'est pourquoi je ne fus pas surprise lorsqu'elle annonça son besoin de se rendre dans aux toilettes. Je ne m'inquiétais pas plus que cela et la laissais faire. Je lui en indiquais la direction. Elle avait besoin de temps, de prendre de la hauteur pour voir tout ce que cela impliquais. Je demeurais silencieuse, les coudes posés sur les genoux, les mains croisées et j'attendais. D'un côté, je désirais qu'elle choisisse de ne pas prendre part à cette guerre, mais d'un autre, je voulais la garder auprès de moi.

Soudain, j'entendis Sonny me demandait de venir. Que se passait-il ? Je sentais une pointe d'angoisse dans sa voix. Je me dirigeais vers la salle de bain et resta sur le seuil de la porte. Ah ça... J'aurai dû le jeter plutôt que de tester inutilement.


- « Ah oui, je n'aurais pas dû laisser ça traîner. Je ne sais pas pourquoi je l'ai acheté, mais comme c'était fait, je me suis amusée à le faire. C'est stupide, surtout quand on est stérile. Allez laisse ça de côté et retournons dans le salon. »
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Mar 7 Fév - 20:33

L’eau froide sur son visage avait eu le mérite de lui remettre les idées en place. Un peu plus d’un mois auparavant, Anne avait refusé de lui donner des informations sur les responsables de l’incendie. Elle lui avait seulement dit qu’elle avait des soupçons mais qu’elle ne voulait pas la mêler à ces histoires. Et voilà qu’en quelques minutes elle venait de lui larguer sans prévenir une bombe phénoménale. Genome, Genetic… voilà que Sonny avait l’impression de se retrouver dans un mauvais film. Mille questions la tourmentaient. Pourquoi cherchait-on à s’en prendre à des enfants différents ? En quoi pouvaient-ils représenter une menace au point de vouloir les tuer ? Qui pouvait-être aussi fou ou aussi cruel ? Et comment expliquer ce revirement d’Anne ? Entre le mois d’août et maintenant, il ne s’était passé qu’une chose : « l’échange ». Anne ne lui avait pas dit précisément en quoi il consistait, tout ce qu’elle avait révélé était qu’il avait viré au massacre. Oui, il avait vraiment dû se passer quelque chose d’affreux pour que sa tutrice se résolve à tout lui dire et à l’inclure dans ses projets de vengeance. Parce que c’était bien la question, Sonny le savait au plus profond d’elle-même. Il s’agissait de se venger et de venger les anciens pensionnaires. La jeune fille n’avait jamais été bagarreuse, mais la colère la rongeait tellement qu’elle sentait qu’elle ne pourrait passer à côté de l’opportunité que lui offrait Anne.

Mais pour l’instant, elle ne devait pas prendre de décision à la légère. Cela allait bouleverser sa vie, une nouvelle fois, et peut-être n’était-elle pas prête à tout changer. Elle était à un croisement, comme on en a tellement au cours de nos vies. Soit elle redevenait une mutante qui passe sa vie à se cacher, à avoir honte de son don et à craindre un nouvel incendie, soit elle prenait son courage à deux mains et s’engageait dans une lutte qui la dépassait. Sonny n’était vraiment pas du genre à faire des choix à la légère. C’était une fille posée et réfléchie, qui pesait soigneusement les pours et les contres avant d’agir. Elle devrait poser une tonne de questions à Anne, avant de pouvoir prendre une telle décision, mais elle comprenait mieux désormais pourquoi elle ne voulait pas qu’elle s’introduise sans précaution dans les rêves. Dieu seul sait dans quel inconscient elle pourrait atterrir. En agissant aussi imprudemment qu’elle l’avait fait depuis son arrivée, elle se mettait en danger, risquant de susciter l’attention de ceux qui avait détruit sa vie. Juré, elle serait beaucoup plus prudente à l’avenir.

Mais voilà que ses pensées avaient volé en éclats à la vue d’un simple petit objet : un test de grossesse. Et Anne ne tenta même pas de nier… D’ailleurs, l’aurait-elle pu ? Mais elle lui servit la pire excuse de tous les temps. Même elle, si Anne l’avait surprise avec un test de grossesse, n’aurait pas oser lui sortir cela :

- « Ah oui, je n'aurais pas dû laisser ça traîner. Je ne sais pas pourquoi je l'ai acheté, mais comme c'était fait, je me suis amusée à le faire. C'est stupide, surtout quand on est stérile. Allez laisse ça de côté et retournons dans le salon. »

S’amuser à faire un test de grossesse ? Vraiment ? Visiblement, sa tutrice n’avait pas envie de s’étendre sur le sujet, mais là, ça faisait encore un choc de plus à encaisser pour Sonny. Elle se rendit alors compte qu’elle devait avoir l’air ridicule, plantée là, droite comme un i, les yeux grands ouverts, brandissant ce test.

« Ecoute, Anne, il va falloir qu’on reparle de Genome, de Genetic et de tout le reste, parce que j’ai une tonne de questions à ce sujet. Je sais que je pourrai vous aider mais j’ai besoin d’en savoir plus. Alors crois-moi, on en reparlera. Et si ça peut te rassurer, je suis prête à te jurer que je ne m’immiscerai plus dans les rêves des inconnus ou dans les tiens sans ta permission. Mais là, tout de suite, maintenant, il faut qu’on parle de ça. Parce que je veux bien que tu sois stérile et que tu aies fait le test pour t’amuser mais… tu sais qu’il est positif ? »

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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Mer 8 Fév - 10:51

Appuyée contre l'encadrement de la porte, j'attendais que Sonny repose mon erreur pour nous permettre de continuer notre conversation. La jeune femme voulait se venger et ce petit entracte ne devait pas être plus long qu'il ne le méritait. Sérieusement, ça n'en valait pas la peine. J'aurais dû suivre ma première idée et le jeter immédiatement. Cela aurait évité les frayeurs et surtout, le regard paniqué que Sonny me lançait. C'était pour rire ! Détends toi ! Pourquoi ne riait-elle pas ? Là je commençais à m'inquiéter et à m'impatienter. Ce n'était pas un sujet facile et le fait de ne pas avoir pu donner à Liam ce que nous attendions tous les deux avait été dure à concevoir.

Sonny reprit la parole pour m'assurer que nous reparlerons de Genome et de Genetic. J'aurais peut être dû ne pas la brusquer tout à l'heure en lui lâchant la vérité sans préparation. J'avais été trop alarmante, mais pourtant j'ai cru que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire pour qu'elle comprenne qu'il ne fallait pas agir sans réfléchir, surtout lorsqu'il s'agissait d'utiliser sa capacité. Décidément, je ratais tout avec mes enfants ces derniers temps. Heureusement que ce foutu test ne menait à rien.


- « … Tu sais qu'il est positif ? »

Plaît-il ? Où était la caméra cachée ? C'était absurde ! Prise d'un fou rire, je m'approchais de Sonny et lui prit le test des mains. Elle ne devait pas savoir le lire et ne pouvait s'être que trompée. Il n'y avait pas d'autres explications.

- « Voyons ! Ne dis pas de bêtises ! Tu l'as certainement mal lu. La preuve ! Il est... »

Oh pu**** ! Non ! Ce n'était pas possible ! Et puis, je n'avais pas... Oups... Les images de Ross et moi dans les étages en rénovation s'imposèrent à mon esprit et je n'avais aucun souvenir sur l'utilisation de préservatifs. Catastrophe ! Extérieurement, je devais ressembler à une statue vu que j'arrêtais de m'agiter, mais intérieurement, ça bouillonnait. Qu'est ce que j'avais fait ? Et là d'autres souvenirs, plus flous, me revinrent en mémoire : ma matinée dans les bras de William. C'était un cauchemar. Je n'arrivais pas à me souvenir si nous avions pris nos précautions. Là ça craint ! Je me décidais à regarder Sonny avant de murmurer :

- « Positif... Il est positif... » La panique reprit le dessus et le son augmenta avec.« Non, non, non, non et non ! Ce n'est pas possible ! Ca ne peut pas ! C'est une erreur ! Forcément ! Voilà ! C'est ça, ce truc ne marche pas ! Bon allez, on retourne dans le salon et... on va boire quelque chose ! Thé ? Café ? Jus d'orange ? »

Cognac ? J'étais mortifiée. Je ressortis de la salle de bain, survoltée comme une pile électrique, n'attendant même pas la réponse de Sonny. Je devais me calmer. Ce n'était rien. Réfléchis, réfléchis. Pose le problème et vois toutes les solutions qui s'offrent à toi. Soit ce test est un faux positif et dans ce cas là, tout ça n'aurait été qu'une blague. Soit je suis enceinte. Quand je regarde les pères potentiels, une seule solution semblait envisageable. William n'accepterait pas un enfant et je me voyais mal en mère célibataire. Pas après tout ça ! Et Ross... Sa vie était déjà bien compliquée pour que je vienne l'ennuyer avec un enfant. Il avait déjà eu Wyatt dans ces circonstances et il n'était pas homme à s'engager. Donc... Une seule sortie de secours s'offrait à moi et c'était la meilleure chose à faire pour tout le monde.
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Sonny Malone

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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Jeu 9 Fév - 17:02

Anne avait l’air d’une ado découvrant qu’elle était enceinte. Déni, surexcitation, elle passait par toutes les émotions et n’avait plus rien de l’adulte responsable qui sermonnait ses pensionnaires par le passé. Elle avait l’air d’une enfant qui doit payer le prix de ses fautes, ou plutôt qui refuse de les reconnaître. Remarquez, Sonny ne savait pas non plus comment elle réagirait si elle découvrait que quelque chose poussait dans son ventre, mais elle aurait cru Anne plus posée. Après tout, des enfants, elle en avait eu plein au Domaine et elle avait toujours cru qu’elle aurait aimé avoir les siens propres, avec Liam.

Liam… Liam était mort depuis quatre mois, ça ne pouvait donc pas être lui le père. Etait-ce cela qui effrayait Anne ? Etait-ce l’homme dont elle avait rêvé, la nuit où Sonny l’avait retrouvée, qui était le père de cet enfant ? Sa tutrice lui prit le test des mains, incapable de croire qu’il pouvait être positif. Et pourtant Sonny savait lire, il était bel et bien positif. Et Anne paniqua de plus belle, criant presque maintenant. C’était si étrange de la voir dans cet état que sa pupille ne put rien faire sur le moment, sinon rester plantée là, à la regarder gesticuler dans tous les sens.

Confuse, Anne essaya une nouvelle fois de noyer le poisson en tentant très grossièrement de détourner la conversation. Dire que c’était cette même femme qui l’avait emmenée presque de force chez le gynécologue quand elle avait eu sa première relation… et qui lui avait fait la leçon sur tous les moyens de contraception possibles et imaginables – grand moment de solitude et de gêne en y repensant – c’était presque ironique comme situation, et si Anne n’était pas si déboussolée, Sonny en aurait peut-être ri.

Du café, du thé, du jus d’orange ? Non, mais elle se fichait d’elle ? Ce que Sonny voulait, c’était des réponses, c’était qu’elles parlent de cette situation. Quand sa tutrice fila dans la cuisine, la jeune fille lui emboîta le pas. Non, non, non, elle ne filerait pas à l’anglaise, hors de question. Elle était déjà en train de fouiller dans ses placards, comme si la solution miracle s’y cachait. Alors Sonny lui attrapa le bras et l’obligea à lui faire face.

« Anne Williams, ça suffit maintenant ! Va t’asseoir dans le canapé et que ça saute ! »

Mince, voilà qu’elle parlait comme une vieille aigrie passant un savon à une petite fille pas sage. Oh, tant pis, si c’était la seule solution pour obtenir des réponses alors soit. Mais elle n’était pas en colère, loin de là en réalité. Elle était surprise de cet événement – qui ne le serait pas ? – mais elle savait que Anne ferait une bonne mère, elle l’avait toujours été, en dépit de tout ce qui était arrivé.

Elle s’approcha alors de sa tutrice et la tint doucement par le bras. Elle voulait lui montrer qu’elle serait là, quoiqu’il arrive, qu’elle l’épaulerait avec cet enfant à venir. Elle adorait les bébés et celui que Anne portait serait un peu son petit frère ou sa petite sœur. Bon, pas vraiment, pas biologiquement, certes, mais elle s’imaginait déjà lui apprendre à faire des bêtises pour faire enrager sa mère. Oui, Sonny voulait qu’Anne sache qu’elle pouvait compter sur elle. Mais elle ne savait pas bien comment s’y prendre.

« Anne, qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Tu ne peux pas courir après Genetic avec un bébé dans le ventre. Et… »

Et elle avait peur de poser LA question fatidique, mais il fallait bien la poser.

« Pardon hein, mais… c’est qui le père ? »


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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Lun 13 Fév - 13:00

Certains pensaient que le destin était un ordre intemporel, impersonnel, une loi des évènements au dessus de tout. Tout espoir de lui échapper leur semblait vain. Je n'étais pas entièrement convaincue jusqu'à cet instant précis. Curieusement, les gens avaient tendance à se focaliser sur l'existence d'un hypothétique destin ou d'un être supérieur lorsque tout allait mal. Il était plus facile d'en vouloir à un concept abstrait et immatériel qu'à nous mêmes. Car, au final, nous étions responsables, coupables du malheur qui nous tombait dessus. Je n'aurais jamais dû fonder une famille après avoir vu de quoi Genetic était capable. Je n'aurais jamais dû tromper Liam et créer cette complicité avec Ross. Deux événements, deux choix aux conséquences terribles. Ils avaient brisé des vies jusqu'ici. Aujourd'hui, j'avais la capacité d'éviter le pire. William et Ross n'auraient pas à supporter le poids de mes erreurs. Jamais.

Au regard de cette petite introspection, je me demandais s'il n'était pas temps pour moi de partir. Qu'étais-je venue faire à Los Angeles ? Obtenir vengeance ? Cela n'arrivera pas. Tout simplement parce que Genetic était trop fort pour nous. Ils étaient mieux armés, mieux organisés et se moquaient des pertes occasionnées. Nous n'étions pas comme ça. La vie humaine nous importait encore assez pour combattre cette menace. Enfin... jusqu'à ce qu'on finisse par se faire une raison. C'était également une raison pour ne pas faire naître un bébé. Quelle vie pourrais-je lui offrir ? Une perpétuelle fuite ? Une épée de Damoclès au dessus de sa tête pour le restant de ses jours ? Non. Je ne pouvais permettre ça. Je ne pouvais condamner un petit être humain à cette vie. Même adulte, j'avais du mal à gérer cette situation, alors un enfant....

Je devais bouger, faire quelque chose et proposer à boire à Sonny fut la seule chose que je trouvais pour fuir ce cauchemar. Alors que je m'affairais à sortir ce qu'il nous fallait, la jeune femme me saisit par le bras pour me stopper. J'avais peur. Pas d'elle, mais de ce qui m'attendait. Je ne voulais pas en parler. Je ne voulais pas y penser. Je voulais... Oublier. Fuir. Crier. Pleurer. M'endormir et ne plus jamais me réveiller. Je voulais que ce cauchemar cesse. Mais la réaction de Sonny ne fit qu'accroître cette crainte. Je la voyais si douce, si réconfortante avec moi. Ses paroles terminèrent de me convaincre sur sa vision du futur. Elle pensait que j'allais le garder. Je restais silencieuse, presque honteuse de ma décision. Je savais pourtant que c'était la meilleure solution. C'était d'ailleurs, la seule envisageable.

Sa dernière question eut l'effet de me sortir de ma léthargie. William ? Ross ? Ross ? William ? Je n'avais pas la réponse. Je me dégageais de son emprise et retournais dans le salon, oubliant ce que j'étais venue faire dans la cuisine. Je m'assis sur le fauteuil et me prit la tête entre les mains. Pourquoi avait-il fallu que Sonny vienne à ma porte ce matin ? Était-ce une nouvelle forme de torture ? Comment pouvais-je lui avouer mes intentions alors que notre famille avait été détruite. Elle devait voir dans ce fœtus, une occasion de retrouver sa vie d'avant. Il n'en serait rien. Aucun retour en arrière n'était possible. Je devais pourtant être sincère avec elle. Qu'elle comprenne ou non n'était finalement pas mon problème. Je ne pouvais pas garder ce fœtus juste pour lui donner le sentiment d'appartenir à une famille.


- « Tu as raison. Je ne peux courir après Genetic dans cet état... Mais je ne choisirais pas la voie que tu sembles me donner. Je ne peux pas le garder. »

Je me relevais lentement pour me diriger vers la fenêtre. Il m'était trop difficile de la regarder dans les yeux et de lui annoncer ça. Je vis des enfants jouer dans le petit square en face du bâtiment. J'avais beau les regarder, je n'arrivais pas à me convaincre que je pourrais en avoir un à moi. Mon regard se dirigea ensuite vers les mamans assises sur les bancs. Protectrices, attentives et charmées de voir leurs bambins courir un peu partout en faisant les fous, je ne pouvais m'assimiler à elles. Recueillir des enfants ne me donnait pas le statut de mère. Loin de là. Une mère protégeait, aidait et restait toujours présente quoique ses enfants disent. L'image que je me faisais de la mère parfaite était à l'opposée de la femme que j'étais. Triste et dure réalité, mais réalité quand même. Plus je mettrais de temps à l'admettre, plus j'en souffrirais. Il y avait tellement de sentiments en moi que je craignais d'exploser. Il fallait en finir. Une bonne fois pour toute.

- « Le père n'a pas besoin d'être au courant de cette histoire. Cela ne ferait qu'aggraver les choses. »

Aggraver. C'était le mot. Un enfant ne ferait que compliquer une situation déjà trop complexe. Pourtant, je n'arrivais pas à imaginer que ce fœtus était l'œuvre de William. Non pas qu'il ne fasse pas un bon père un jour. Seulement nos liens n'étaient pas aussi étroits que ceux qui nous unissaient Ross et moi. Vu comment il s'était occupé de Wyatt à la mort de Nicole, il aurait été le père idéal. Me rendant compte de cette réflexion, une question s'imposa : Était-ce de l'espoir ou l'envie de porter l'enfant de Ross ? Non. Peut être que dans d'autres circonstances, à un autre moment, il aurait pu en être autrement. Tout ce à quoi j'aspirais maintenant, c'était à un peu de tranquillité. J'avais besoin de temps pour digérer la nouvelle et prendre conscience de toutes les conséquences qu'elle engendrait.

- « J'aimerai rester seule maintenant. S'il te plaît... Je suis fatiguée et j'ai des... choses à faire. »

Rien que le mot « rendez-vous » devenait lourd de sens. Je ne souhaitais pas remuer le couteau dans la plaie pour Sonny et il me donnait la nausée. Je faisais tout pour ne pas assimiler ce corps étranger à deux petites jambes, deux bras remuants et à une paire d'yeux innocents. C'était au dessus de mes forces. Peut être était-ce aussi le fait de la grossesse. Cela faisait un mois. Je ne devais pas traîner. Surtout si je ne voulais pas rendre cette décision encore plus difficile qu'elle ne l'était déjà. Après tout ce temps à désirer un enfant, je devais tuer le seul que j'aurais. Le mot était dit. J'allais tuer pour la troisième fois. Mais celle-ci ne serait pas sans conséquence.
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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Lun 13 Fév - 19:01

Sonny était de moins en moins patiente et ce, avec tout le monde. Et le fait de voir sa tutrice tourner autour du pot ne lui plaisait pas du tout. Elle semblait perdue et refusait de lui faire partager ses pensées. Quelle confiance ! Croyait-elle Sonny trop immature pour comprendre ? Pensait-elle qu’elle allait la juger ? Quand bien même elle ne saurait pas qui était le père du bébé, quand bien même il serait le fruit d’une relation d’un soir, Sonny ne la jugerait pas. Bon, pour être honnête, encore quelques semaines auparavant elle aurait été choquée d’un tel comportement, de savoir qu’Anne avait pu céder ainsi à ses envies, mais depuis l’épisode Remington, elle ne se sentait plus du tout le droit de juger qui que ce soit à ce sujet.

Quand Anne rouvrit enfin la bouche, ce fut d’abord pour lui confirmer qu’effectivement, elle ne pourrait pas lutter contre Genetic dans cet état. Mais la suite était tout sauf attendue.

Sonny n’en revenait pas de ce que venait de lui révéler Anne. Avorter ? Sérieusement ? Sans qu’elle sache réellement pourquoi, cette idée la révulsa. Pourtant, elle n’était pas une anti-avortement. Elle savait que pour élever un enfant il fallait être prête, matériellement et psychologiquement. Si elle s’était retrouvée là, ici et maintenant, dans le même état que sa tutrice, elle aussi aurait plus que sérieusement envisagé un avortement, et pourtant elle adorait les enfants et voulait en avoir un jour. Ce qui la dérangeait, au plus profond d’elle-même, c’était que Anne y pense. Anne qui avait toujours incarné la mère parfaite aux yeux de la jeune fille. Elle parlait des pensionnaires du Domaine comme de ses enfants, elle avait dit avoir été anéantie en apprenant leur mort. Et là, elle s’apprêtait, délibérément, à tuer son enfant, un enfant qui serait véritablement le sien ? Le sang de son sang et la chair de sa chair, comme on dit. Sans qu’elle s’en rende vraiment compte, la colère se mit en gronder en elle. Trop de gens étaient morts, beaucoup trop. Et il y avait un bébé – bon certes, ce n’était qui petit têtard qui ne devait ressembler à rien d’autre qu’à un ver de terre – qui avait la chance de vivre, chance que les autres n’avaient pas eu.

Elle allait lui dire ses quatre vérités quand Anne reprit la parole. Une nouvelle fois elle refusait de répondre à sa question, en refusant de lui révéler qui était le père, si tant est qu’elle le savait elle-même. Sonny n’aimait pas qu’on lui cache des choses, surtout lorsque les cachottiers étaient les gens en qui elle avait le plus confiance. Et la colère montait toujours…

Et l’attitude d’Anne ne faisait qu’empirer les choses : elle refusait de la regarder dans les yeux, elle refusait de lui dire « oui, je vais tuer mon bébé ». Et le pire restait à venir…

Anne avait toujours était celle qui accueillait, celle qui câlinait, celle qui recueillait, jamais elle n’avait chassé Sonny, même quand elle ne contrôlait rien ou qu’elle venait de faire une énorme bêtise. Jamais elle ne l’avait repoussée. Et là, elle venait de le faire.

En temps normal, Sonny n’aurait sûrement rien dit. Elle serait même probablement partie avec le cœur lourd et les larmes aux yeux. Mais depuis quelques semaines, elle avait changé. Elle avait appris à faire tomber ses remparts, à laisser ses envies et ses pulsions, quelles qu’elles soient, prendre le dessus. Et cela faisait un bien fou. Oui, Sonny avait appris qu’être amoral et égoïste était parfois libérateur. Alors elle laissa cette colère en elle exploser, tant pis pour Anne, tant pis pour l’image de petite fille bien sage qu’elle pouvait avoir de Sonny.

« Non je ne partirai pas ! Je croyais que tu voulais des enfants. Tu m’as dit, à l’époque, que toi et Liam vous en vouliez. Liam n’est peut-être plus là, mais toi oui. Anne, je ne sais pas ce qui s’est passé dans ta vie ces derniers jours mais tu n’as pas le droit de faire ça. Tu n’es qu’une menteuse, une tricheuse ! tu jouais à la petite mère parce qu’on n’était pas tes enfants ! Tu nous as laissés tomber comme tu vas tuer ce bébé. Bon sang, tous ceux que j’aimais sont morts. Toi tu as l’opportunité de reconstruire une famille et tu veux tout foutre en l’air ? Mais qu’est-ce qui se passe dans ta tête ? Tu ne peux pas faire ça, tu n’as pas le droit de le tuer, ou alors, ou alors, … ou alors tu ne vaux pas mieux que celui qui a fait brûler le Domaine ! »

Sonny fut paralysée par ses propres paroles. Elle écarquillait les yeux, soufflée par ce qu’elle avait osé dire. Minable, elle se sentait minable… et en même temps terriblement libérée. Parce que même si elle en avait honte, elle pensait chaque mot qu’elle avait prononcés. Elle ne voulait plus avoir peur, elle ne voulait plus se retenir, elle ne voulait pas qu’un autre membre de sa famille meurt à cause de la peur que Genetic faisait régner ou des angoisses d’Anne. Quoique après cela, elle doutât sérieusement que sa tutrice la laisse approcher à nouveau d’elle, et même si elle décidait par miracle de garder cet enfant, Sonny ne pourrait certainement pas l’approcher. Elle serait à nouveau toute seule, mais lui serait en vie…

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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Sam 18 Fév - 12:02

Il n'y avait plus rien à dire. Ma décision était prise et Sonny aurait dû l'accepter. Mais qu'espérer d'une jeune femme qui rêve de reconstituer une famille perdue ? Cet enfant ne changerait rien à la situation. Ce serait d'ailleurs inhumain de lui faire porter ce fardeau alors qu'il n'était pas encore né. Ceux du Domaine étaient morts, c'était un fait et nous devions l'accepter. Cette période heureuse était désormais derrière nous. Je n'étais plus leur « mère » et ils n'étaient plus mes enfants. Ils étaient assez grands pour prendre leurs décisions et mesurer la portée de leurs actes. J'en avais autant le droit qu'eux. J'avais le droit de vivre ma vie comme je l'entendais et devoir élever un enfant, seule, n'était pas la vision que je me faisais de la maternité. Ce devait être normalement un événement heureux. J'avais plutôt envie de pleurer. Mais pas maintenant. Pas devant Sonny. La pression qu'elle me mettait sur les épaules était impossible à supporter. Ne pouvait-elle pas comprendre que je ne pourrais jamais reprendre une vie normale après tout ce que j'avais perdu ? Ils avaient beau être morts, j'avais le sentiment de les trahir et de les oublier. Je ne le pouvais pas.

Je demeurais silencieuse attendant que la jeune femme accède à ma requête et s'en aille. J'avais besoin d'espace et de solitude, chose inconcevable pour elle. Lorsqu'elle ouvrit la bouche pour déverser toute sa rage, je me cru à nouveau dans la chambre de Maxime après l'échange. J'étais en face d'un nouvel échec. A l'époque, je pensais faire ce qu'il fallait, toujours dans leurs intérêts. Mais là encore, ce n'était pas suffisant. J'en avais marre. J'avais du mal à respirer. Le sang battait à mes tempes et un bourdonnement avait pris possession de mon ouïe. Mais j'entendis parfaitement la fin du discours de Sonny. Je ne pu le supporter. Instinctivement, je saisis le cendrier pour le lancer contre le mur. Celui-ci se brisa en mille morceaux, merveilleuse représentation de ce qu'était aujourd'hui, ma vie. Cette fois, c'était fini. Non seulement, cet enfant ne naîtra pas, mais toutes les personnes à qui je tenais jusque là ne suffiraient pas à me retenir ici. Ma vengeance contre Genetic n'était pas aussi forte que mon envie de mettre le plus de distance possible entre eux et moi.


- « De quel droit oses-tu débarquer dans ma vie pour me dire comment je dois la mener ? Tu l'as dis toi même ! Je ne suis pas ta mère, alors que viens-tu faire ici ? Si tu veux une famille, un bébé, vas y ! Ça ne me concerne plus ! Mais ne mets pas tes envies égoïstes sur moi ! Mon mari est mort et tu veux que je garde l'enfant d'un autre alors que c'est de lui que j'en voulais un ? Putain, mais grandis un peu ! Tu vois ce qui se passe sous tes yeux ? Les évènements de cet été ne t'ont pas suffit pour comprendre que où qu'on aille, Genetic aura toujours un œil sur nous ? Ils ont réagi 10 ans après ! Et tu veux que ce bébé naisse ? Quelle vie aura -t-il ? T'y as pensé ? Tu veux qu'il passe toute sa vie à regarder par dessus son épaule ? Réfléchis un minimum ! Je n'ai pas pu aider les autres ! Comment pourrais-je l'aider toute seule ? Comment va -t-il grandir sans père ? Et comment va -t-il grandir avec une mère comme moi ? Car apparemment, je suis la plus mauvaise femme qui puisse exister sur cette saloperie de terre ! Vous êtes tous là pour me le rappeler sans cesse ! »

Je repris mon souffle et me rapprochais d'elle pour arriver à quelques centimètres d'elle. Mon regard, allumé par la flamme de la haine, se riva dans le sien avant de rajouter :

- « Maintenant casses-toi et ne reviens jamais. »

La rage qui me possédait n'avait jamais été aussi forte. Sonny venait de me rappeler tous les mauvais moments en quelques minutes. La fuite de Jeremy et de Maxime. L'incendie du Domaine. Mon internement. Ma vengeance ratée. L'échange. Ma dispute avec Maxime. Jeremy chez l'ennemi. Trop de choses. Trop de haine, de tristesse et d'impuissance contenue depuis trop longtemps. Peut être était-ce les hormones qui accentuaient mon état, mais là en coupant les ponts avec Sonny, je le pensais. C'était horrible. J'en avais parfaitement conscience. Mais je m'en foutais. Elle ne pouvait pas comprendre ou ne le voulait pas ? Ce n'était pas mon problème. J'en avais marre d'être un tapis sur lequel ils essuyaient leurs baskets pleine de boue. J'en venais même à regretter d'avoir créé le Domaine. Tout ce pourquoi je m'étais battue depuis des années me revenait en pleine figure sous la forme de remontrances et d'irrespect. Il fallait en finir. Je le fis maintenant. Je tirais un trait sur mon passé.

Après avoir demander à Sonny de ne plus jamais se présenter à moi. Je me détournais d'elle comme si elle n'était rien de plus qu'une étrangère. Et encore une étrangère n'aurait pas ressenti toute cette colère à son encontre. J'avais besoin d'air ! Cet appartement me sortait par les yeux et la femme qui s'y trouvait également. La regarder m'était insupportable désormais. Je pris la porte sans me retourner, espérant retrouver mon calme ailleurs. Mais où ? Peu importe. N'importe quel autre endroit fera l'affaire. Je descendis les escaliers en un temps record, ne prêtant guère attention à ce qui m'entourait, même si je compris assez vite qu'une personne me suivait. Arrivée en bas de l'immeuble, je pris une grande inspiration. Grande était un bien grand mot. Un film de sueur s'était formé sur mon front et les nausées me reprenaient. J'étais au bord de l'explosion, aussi bien sentimentalement que physiquement. Que tout cela cesse ! Tout était si dur, si compliqué. Je me pris la tête entre mes mains et fit un tour sur moi même pour voir où je pourrais me réfugier. Genome ? Impossible. Au restaurant de William ? Non, je ne pouvais le déranger. Chez Ross ? Non. Surtout pas. Ross était bien la dernière personne que je voulais voir. Non pas que je considérais cette grossesse comme sa seule faute. Loin de là. Seulement, je lui en voulais d'être lui.

Mes yeux se portèrent sur les personnes qui me frôlaient. Certains riaient, d'autres philosophaient sur la paire de chaussure idéale. Quelques uns me regardaient étrangement comme si j'étais une folle furieuse qui allait se jeter sur eux pour les agresser. Mais mon attention se reporta sur une intruse. Sonny m'avait suivi jusque dehors. Instinctivement, je fis quelques pas en arrière. Elle allait me poursuivre, me harceler jusqu'à la fin ? Un grand coup de klaxon retentit, attirant mon attention sur ma droite. Je ne pu rien faire. C'était trop tard. Comme quoi deux petits pas peuvent sceller un destin.
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MessageSujet: Re: Indigestion de "bonnes" nouvelles [Terminé]   Sam 18 Fév - 18:21

Chaos. Apocalypse. Tsunami. Raz de marée. Tremblement de terre. Jamais, absolument jamais Sonny n’avait vu Anne dans un tel état de rage et de haine. Pour la première fois de sa vie, sa tutrice lui hurlait dessus. Et pas comme une mère sermonne son enfant, ah ça non, parce qu’elle ne voulait plus être sa mère. Et elle venait clairement de le lui faire comprendre. Bon, d’accord, Sonny n’aurait jamais dû lui parler comme elle l’avait fait, mais au moins elle avait été honnête.

Mais Anne partit dans un vomissement verbal, la renvoyant à ses pénates, lui refusant toute famille sinon celle qu’elle se créerait. Si seulement elle savait… si elle savait qu’elle non plus n’était pas en état de fonder une famille. Et puis quoi ? Avec qui ? Avec… Non, impossible. Pourquoi Anne ne comprenait-elle pas qu’une famille elle en avait une ? Elle et ce bébé ? Peut-être parce qu’elle avait raison, peut-être parce que biologiquement rien ne les reliait, parce qu’elle n’aurait aucun lien de sang avec le bébé…

Anne parlait vite, trop vite. De Genetic, de sa peur d’élever son enfant dans un monde où le danger vient de partout , de Liam, d’un père qui sera absent, d’autres qui visiblement la faisaient se sentir comme une moins que rien. Mais qui étaient ces autres ? Impossible à dire et encore moins à demander, car Anne ne semblait plus vouloir s’arrêter. Et ses mots étaient durs. Très durs. Qu’elle grandisse ? Mais savait-elle seulement à quel point elle avait changé depuis juin, savait-elle seulement ce par quoi elle était passée ? Les blessures non soignées, la peur, la vie toute seule sans rien du tout en poche, le déracinement, le renoncement à sa famille biologique, le trauma réglé toute seule, l’arrivée à LA sans aucun point de repère… D’accord, elle non plus ne savait presque rien de la vie de sa tutrice depuis ce fameux mois de juin. Mais était-ce une raison pour manifester autant de colère et de haine, pour se braquer comme ça ?

Eclats de verre. Bruits stridents. Un cendrier volant. Bon sang, mais le monde ne tournait vraiment plus rond. Anne était une furie et Sonny ne pensait qu’à sauver une vie. Elle s’y était très mal prise, ça, impossible de le nier. Mais de toute façon, elle faisait tout de travers depuis quelques temps. Elle aurait seulement pensé que Anne le remarquerait. Mais c’était à croire qu’elles étaient deux à s’être murées dans leur souffrance, et qu’elles ne semblaient pas vouloir en sortir, ou laisser quelqu’un approcher.

- « Maintenant casses-toi et ne reviens jamais. »

Plaît-il ? Anne venait-elle vraiment de lui balancer ça à la figure ? C’était mille fois pire que si elle lui avait jeté le cendrier dans la figure. On croit toujours qu’avoir le cœur brisé en mille morceaux n’est rien de plus qu’une expression. Eh bien pas du tout, parce que Sonny ressentit une douleur fulgurante et sciante dans sa poitrine et ses larmes coulèrent de nouveau sans qu’elle puisse rien y faire. Gifler Anne, consoler Anne, haïr Anne, aimer Anne, s’enfuir à toutes jambes, se jeter dans ses bras, crier encore plus fort, disparaître sous terre… comment choisir ?

Anne lui laissa pas le choix. Alors que Sonny ne bougeait pas, elle quitta l’appartement sans même lui adresser un regard. Quoi ? Alors c’était tout ? Quatre ans balayés en fumée comme ça, quatre ans foutus en l’air pour quelques mots plus hauts que les autres ? Non, non, pas d’accord. Sonny en avait assez de perdre les gens qu’elle aimait, et elle se décida à la suivre. A plusieurs reprises elle la héla, mais sa tutrice refusait obstinément de se retourner ou de ralentir le rythme. Très bien, si elle ne voulait pas d’une discussion privée, eh bien soit, tous ses voisins seraient au courant. Après tout, c’était Anne qui devrait assumer, elle, elle était à peu près sûre que sa tutrice ne la laisserait plus jamais revenir ici.

« Reste ici bon sang, Anne, ça ne sert à rien de fuir. C’est toi qui me l’a dit ! Ils te retrouveront, ils nous retrouveront ! Tu veux faire quoi ? Te cacher ? Et ton enfant ? Tu crois qu’il ne mérite pas une petite chance ? C’est tout ce que je dis ! T’es ma famille Anne ! Ma seule famille ! Et que je sache, je suis ta seule famille aussi ! Tu crois quoi ? que je peux en fonder une ? Avec qui ? Avec Rem ? Oh mais tu ne le connais même pas. Tu ne sais même pas qu'il existe. Tu t’en fous de savoir ça, pas vrai ? Il y a encore quatre mois tu l’aurais vu, tu l’aurais su ! Bon sang, c’est toi qui m’a dit de refaire ma vie ici, pourquoi tu n’écoutes pas tes propres conseils ? Ils sont si mauvais que ça ? »

Aucune réaction, Anne poursuivait inlassablement sa course, maintenant hors de l’immeuble. Si elle croyait que la foule allait la freiner ou la gêner, elle se trompait lourdement.

« Anne ! Si c’est vraiment ce que tu veux, fais-le ! Fais-le, mais je sais très bien que tu n’arriveras pas à vivre avec. Parce que je te connais Anne, parce que t’es ma mère quoi que tu en penses et quoi que tu dises. Parce que je t’aime Anne et que je ne veux pas que tu ailles encore plus mal. »

Mais est-ce que hurler en disant ces mots étaient une bonne idée ? Pas sûr. Pas sûr du tout. Mais il fallait qu’elle entende. Il fallait qu’elle sache que si elle avait été si dure ce n’était pas par plaisir. Dire qu’elle venait de prononcer ces mots seulement maintenant, et dans ces circonstances… Elle ne lui avait jamais dit qu’elle l’aimait et qu’elle la considérait comme sa deuxième maman. Jamais. Et voilà que ça sortait maintenant. C’était sincère, mais vraiment pas le moment.

Non… vraiment… pas… le …moment… Vous connaissez ces instants qui ne durent en réalité qu’une seconde mais qui donnent l’impression de dilater indéfiniment le temps ? Ce moment en était un. Un instant où on ne respire plus, un instant où on ne comprend plus rien. Un instant où tout vous échappe. Un instant où la vie vous échappe.

Un coup de klaxon. Le réflexe idiot et inutile de crier « Anne ! ». La paralysie. Black-out.

Le corps d’Anne venait de voler comme une poupée de chiffon, comme si elle n’était déjà plus en vie. Un bruit sourd, un corps qui s’effondre sur le bitume. Sonny qui court… Sonny qui ne pense plus. Sonny qui hurle après les passants pour qu’on appelle une ambulance. Sonny qui se met à genoux près de sa mère qu’elle venait d’engueuler comme jamais, près de sa mère qu’elle aimait et qu’elle venait sûrement de perdre.

Sonny n’osait pas la toucher. Elle respirait à peine et il y avait du sang partout. Et elle ne pouvait que la regarder et pleurer et lui crier – encore des cris – « pardonne-moi, pardonne-moi, reste avec moi, je t’en supplie. »

Des gens étaient en train de prévenir les secours, elle, elle n’aurait pas su, pas dans l’état où elle était. Son seul réflexe fut de s’emparer du téléphone que sa tutrice gardait toujours avec elle. Quand elles s’étaient retrouvées, Anne lui avait dit de contacter un certain Ross McGregor en cas de problème, parce qu'on pouvait lui faire confiance, alors c’est ce qu’elle ferait. Elle allait lui obéir maintenant, elle avait fait trop de dégâts en se débrouillant par elle-même.

Ross… Ross… aller, fichu répertoire, plus vite ! Quand enfin elle le trouva, elle n’hésita pas. Elle était en larmes, choquée et espérait vraiment que son interlocuteur allait comprendre ce dont elle parlait.

« Ross McGregor, je vous en prie, venez à l’hôpital. Anne a eu un accident, ils vont l’emmener. Venez s’il vous plaît... s'il vous plaît… »


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