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 L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]

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Mary Jane Holster


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MessageSujet: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Jeu 12 Jan - 21:42

20 août 2010 - Restaurant « Le Poséïdon »

Ca faisait super longtemps que je n’avais pas vu Morgan. Depuis notre dernière rencontre mémorable où il a respecté sa parole, à savoir : me faire un enfant. Heureusement pour lui, ça avait marché du premier coup. Heureusement pour moi aussi, car je ne suis pas certaine qu’il aurait renouvelé l’expérience. Depuis, j’avais été très occupée. Entre les tests de grossesse, les prises de sang, les rendez-vous médicaux pour surveiller ma grossesse, je n’avais pas eu une minute à moi. Ok, j’exagère, c’était les vacances et à part ça, je n’avais rien à faire. Alors je m’occupais à tout et à rien. Je serais bien allée rendre visite à mon ami mais je ne voulais pas le déranger. Je savais qu’il était très pris par ses histoires d’amour. Je ne voulais pas le déranger. Il avait fait beaucoup pour moi, je lui devais bien ça. Depuis le jour J, nous avions échangé quelques mails pour faire savoir qu’on était toujours vivant mais pas plus. Je l’enviais d’avoir rencontré l’amour. Moi j’étais toujours toute seule sans personne pour s’occuper de moi. Même mon père avait trouvé le moyen de disparaître, m’abandonnant à mon triste sort, sans argent. Je me rendais compte que Dunney n’était pas complètement inutile dans ma petite vie. Sans lui, je devais me débrouiller mais je n'avais aucune envie de travailler. C’était trop fatiguant. En plus, enceinte, ça devait être encore plus fatiguant, non ?

Lorsque que j'avais passé ma première échographie, j’avais dit au centre d’examens d’envoyer un double au géniteur. C’était ainsi que Morgan avait appris la nouvelle. Enfin, j’espérais qu’il avait bien reçu le courrier et surtout qu’il l’avait lu. En y pensant, j’avais un gros doute. Pour m'en assurer, je lui avais envoyé un sms et j'en avais profité pour l’inviter au restaurant. Ca faisait trop longtemps que je ne l’avais pas vu. Il me manquait et il fallait absolument qu’il sache qu’il allait être père dans environ six mois. A ma grande surprise, il m’avait répondu qu’il viendrait avec plaisir mais qu’il serait accompagné. J’étais un peu déçue de ne pas le voir en tête à tête pour lui annoncer la grande nouvelle ; mais j’étais tellement contente de le revoir que, finalement, je m’en fichais. Et puis, c’est chouette de fêter un événement à plusieurs.

Pour l’occasion, je m’étais faite toute belle. Je voulais que Morgan soit fier de moi en me présentant à je ne sais pas qui. Je ne voulais pas passer pour une fille vulgaire qui avait profité d’un moment de faiblesse du jeune homme. J’avais passé une bonne partie de l’après-midi à choisir ce que j’allais porter. C’est fou comme c’est difficile de choisir une tenue ! Finalement, je mis une petite robe satinée bleu nuit à fines bretelles – un peu trop courte diront certains – et des escarpins de la même couleur. Je me rendis au restaurant où j’avais réservé un salon privé avec vue sur la plage, sur le compte de mon paternel. Bah oui, je n’avais presque plus d’argent, il fallait bien que je trouve une astuce pour inviter Morgan.

La ponctualité était une de mes qualités. J’étais même un peu trop en avance. Pour rien au monde je n'aurais manqué ce rendez-vous. La patience et moi faisant deux, j’aurais mieux fait d’arriver à l’heure. En attendant, j’avais commandé un cocktail de jus de fruits. Heureusement, j’avais téléchargé de la bonne musique sur mon téléphone. Ecouteurs sur les oreilles, je prenais mon mal en patience et je chantonnais. Le serveur avait laissé la porte du salon ouverte ; je pouvais ainsi guetter l’arrivée de :


- LOLOLITOOOooooooooooooooooooo ! M'écriais-je sans me soucier des occupants du restaurant.
C’était bien le moindre de mes soucis. J’étais trop trop trop contente de revoir mon ami. S’il voulait passer inaperçu, c’était raté.

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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Ven 13 Jan - 20:23

Si quelque plaisantin a volé le portable de My love et décidé de faire des farces avec, je n'en serai même pas étonné. On n'a échangé que quelques mails depuis la conception de Bébé, ce qui constitue une maigre communication pour deux futurs jeunes parents. Oh, il y a bien eu les échographies aussi. Mais on pourrait la mettre sur le compte de la simple convenance. Ne pas me les envoyer aurait pu être mal perçu par sa famille bourgeoise, je suppose. Ou alors elle s'y sentait obligée par pure conscience kantienne. Je ne sais pas laquelle des deux options m'effraie le plus. Dans tous les cas, ces clichés purement factuels et que j'étais parfaitement incapable de déchiffrer au-delà du basique ceci-est-un-foetus ne constituaient pas exactement une conversation enrichissante, et je commençais à douter d'avoir un jour à m'occuper de Bébé compte tenu du peu de nouvelles que j'en recevais.

Et puis j'ai reçu son sms.

Je crois bien que c'est la première invitation de ce genre que je reçois, à fortiori par sms. Qu'elle prenne de mes nouvelles par ce moyen, soit. Qu'elle en profite pour m'inviter à nous revoir, ne serait-ce que pour régler quelques menus détails qui nous prendront bien une soirée et même probablement plus, c'est tout à fait plausible. Que le lieu de rendez-vous soit un restaurant chic, tout de suite, c'est un peu moins bon-enfant. Pour un peu, son papa sera là et je vais me faire juger sur critères, c'est à dire recaler dès que j'aurais posé un cheveu dans le champ de vision de ma belle-famille officieuse. J'ai peur.

Et j'ai peur pour plusieurs raisons. D'une, je me trouve devant un restaurant d'un standing beaucoup trop élevé pour ma personne. De deux, je suis accompagné d'Adam, mon petit-ami, qui semble à peu près aussi détendu que moi, ce qui n'est pas bon signe quand on sait à quel point le fait qu'il ait les nerfs à fleur de peau peut être dangereux pour ma santé. En tout, il a manqué de m'assassiner sept fois depuis qu'on est en couple. Soit un peu plus de deux fois par jour, puisque nous ne sommes ensembles que depuis trois jours. Je n'ai que des soupçons pour le reste, mais je doute qu'il soit aussi maladroit qu'il veut bien me le faire penser. De trois enfin, je sais qu'Andy ne viendra pas. J'aurais voulu qu'il passe, ne serait-ce que pour faire les présentations, mais il a autre chose à faire.

Oh, je ne crois pas qu'il me mente, ni rien. Il n'est pas du genre à se cacher et s'il m'en voulait il me l'aurait dit cash. Non, le problème c'est qu'Adam était là quand je lui ai demandé s'il pouvait venir. Ou plus exactement, quand Adam m'a presque menacé de mort si je ne limitais pas les présentations au strict minimum. Et quand il saura qu'au final on va devoir jouer au couple aimant deux fois au lieu d'une, ça va pas être triste. Parce que malgré nos efforts respectifs, on est loin du compte. Entre ses crises de jalousie et/ou de violence en général subtilement déviées vers l'un ou l'autre élément du décor, et mon affection addictive pour son corps dont il est, pour une raison qui m'échappe, plutôt avare, notre quotidien est pour le moins... dynamique. Bon allez, autant lui dire maintenant.

« Andy viendra pas, il a eu un empêchement de dernière minute. »

Bref, nous sommes devant le Poséidon et j'ai tout intérêt à entrer si je ne veux pas que mon petit-ami s'impatiente ou me tue sur place pour la révélation que je viens de faire. D'ailleurs, il n'avait pas l'air surpris en arrivant. Il devait connaître. Moi, le bottin mondain, c'est pas mon truc. Et puis quoi, on ne peut pas honnêtement exiger d'un misérable hère tel que moi de s'intéresser aux divertissements potentiels des grands de ce monde. En général, un truc qui est pas dans mes prix je sais même pas le situer. Il a fallu que je cherche sur internet cet après-midi pour trouver le chemin de ce restaurant (en cachette d'Adam, des fois que ça soit un truc super connu). Ça y est, j'ai le trac.

Un salon privé. Cette folle qui va servir de mère à mon enfant à réservé un pétale de salon privé. Avec vue sur la mer, tant qu'à faire. Mais qu'est-ce que je fous là, je me le demande. Ah oui c'est vrai. Je vais être père. J'ai à peine le temps de faire deux pas qu'un diablotin asiatique me bondit au visage en hurlant une malédiction ancestrale. Lotus n'est visiblement pas un pseudonyme assez long pour cette fille : il faut absolument qu'elle l'allonge. Un discret sourire me vient alors que je me rappelle du dernier nom auquel elle avait apposé une particule. Pablo Blondichoularve de la Porte-Close, si tu m'entends, sache que je ne suis pas coupable de cette horreur mais que j'ai bien ri quand même. Enfin, si elle l'avait pas fait son père aurait peut-être accepté d'intervenir et elle aurait pas dormir chez moi. On n'aurait pas d'enfant en route et on serait juste de vagues connaissances sympathiques.

Enfin, ce qui est fait est fait.

« Salut My love. Tu t'essaies à l'opéra ou c'était juste pour le plaisir de me martyriser ? J'espère quand même que tu chantes mieux que ça d'habitude... »

Avec elle dans le décor, la pièce semble un peu moins classique. On en oublierait presque que l'intégralité de l'espace dont nous disposons se trouve dans un restaurant et est loué une fortune que nul ne songerait à transporter en liquide, à part peut-être Bill Gates et encore. Non, vraiment, une fois passé le choc d'avoir autant de place pour nous tout seul, c'est plutôt un endroit accueillant. Dans lequel casser quelque chose raccourcit considérablement l’espérance de vie, au sens ou il me faudrait une vie pour rembourser le moindre verre. Mais bon, c'est pas moi qui paye, et je vais pas jouer au coincé juste parce que cet endroit et moi ne sommes pas du même milieu social.

Je suis impressionné, certes, mais pas au point de ne pas me rendre compte que c'est une chance potentiellement unique dans ma vie et dont il convient par conséquent de profiter. De fait, je vois que My love a déjà commandé une boisson, probablement un jus de fruit, qui se trouve sur la table. En tout cas elle a intérêt à ce que ça soit du jus de fruit, sinon resto chic ou pas on va se disputer. Enfin, je pense pas qu'elle fasse ça. Ce serait bien qu'on aille s'asseoir, mais j'ose pas trop demander. Tout est tellement clean, tellement grand, tellement... j'sais pas. Beautiful. Y'a juste un truc qui me chiffonne.

Elles sont où les toilettes ici ?
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Lun 23 Jan - 21:27

Il venait à peine de franchir le seuil du salon, que je sautais au cou de Morgan, un sourire resplendissant aux lèvres. J’avais fait attention à ne pas toucher ses mains pour ne pas être blessée. J’étais super contente de le voir et je ne le cachais pas. De plus, j’adorais qu’il m’appelle « My Love ». Ce surnom me donnait l’impression d’être importante à ses yeux. Je savais parfaitement qu’il ne m’aimait pas comme une petite amie, il n’avait que des petits amis d’ailleurs, mais je pensais qu’il m’aimait bien, enfin au moins un peu, un tout petit peu. C’était toujours ça de gagner. Et puis, il n’aurait pas fait un enfant à une fille qu’il détestait, si ? Non non, ce n’était pas possible, pas pour moi en tout cas

- Lololito ! Tu le sais bien. J’adooooooooore chanter. Non mais là, j’ai pas pu me retenir de crier. Ca fait trop longtemps qu’on s’est pas vu. Alors comment ça va depuis la dernière fois. Tes amours tout ça ? Au fait, t’as bien reçu les résultats ? T’as vu, ça a marché du premier coup. C’est cool hein ? Tu dois être content ! Moi j’suis super cont….

Je m’interrompis brusquement. En levant les yeux, je venais de voir Owen se diriger vers le salon privé. Euh… Ce n’était pas la personne accompagnant Morgan tout de même ! Si ? Mais non, jamais Owen ne serait venu ici sachant que Lotus venait me voir. Il n’avait rien à faire avec lui. Et puis, d’où il connaîtrait mon ami d’abord ?

*Tu te fais des films ma pauvre MJ. C’est le hasard, c’est tout*

Harwell avait sûrement rendez-vous avec une personne dans ce restaurant et en bon petit toutou du père Holster, il venait me saluer. Il fallait qu’il reste dans les petits papiers du paternel s’il ne voulait pas perdre sa place chez Genetic. Un vrai lèche-bottes ! Dommage, il était pas mal comme garçon. Mais bon, un psychopathe dans son genre, non merci. Je ne le supportais pas et c’était réciproque. Il allait repartir aussitôt après m’avoir dit bonjour, c’était certain. Je reportais mon attention sur Morgan sans m’occuper de la présence d’Owen.

- Oui donc je disais, je suis super contente. On n’a pas eu à recommencer. Tu dois être ravi pour ça j’suis sûre ! Dis-je d'un air taquin en souriant.

- Allez viens, on va s’asseoir sur la banquette. On sera mieux pour discuter. J’ai plein de choses à te raconter tu sais. J’espère que t’es pas trop pressé. Bah non, j’suis bête, t’as accepté de déjeuner avec moi, donc c’est que tu as le temps.

Sans plus attendre, je fonçais vers la banquette et je m’asseyais. Je tapotais sur l'assise afin de l'inviter à prendre place près de moi.
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Owen H.

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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Mer 22 Fév - 20:57

« Andy viendra pas, il a eu un empêchement de dernière minute. »

Pardon ? C'était une blague ? Serait-il en train d'oser lui dire qu'il l'avait supporté pendant trois jours, qu'il avait dû se contrôler avec peine pour s'empêcher de devenir son meurtrier à plusieurs reprises, qu'il avait été conciliant et qu'il avait accepté de coucher à deux reprises avec lui - oui, deux, et il n'était pas question davantage, Harwell n'y prenait pas vraiment goût -, tout ceci pour du vent ? Etait-il en train de sous-entendre qu'il devait donc passer sa soirée avec son espèce de faux petit-ami et d'une inconnue enceinte, et donc, par conséquent, insupportable qui était assez timbrée pour faire un gosse avec un homme qu'elle connaissait à peine - du moins, si le psychopathe avait tout compris - ? On nageait en plein délire, là. Owen s'apprêtait à agripper le bras de Jayden pour lui dire que, finalement, il n'était plus question qu'il vienne, qu'il n'avait pas de temps à perdre. Mais le futur papa n'en avait pas décidé ainsi, décidant de s'éloigner de lui pour rentrer à l'intérieur du restaurant. Le Poséïdon...Seul point positif de la soirée. Leur hôte semblait avoir meilleur goût en terme culinaire qu'en matière d'homme. Et apparemment, au vu des prestances servies dans cet établissement et des clients qui le fréquentaient, Morgan avait au moins trouvé un bon parti.

La main du dégénéré glissa jusqu'à une poche, à l'intérieur de sa veste, et elle tomba sur un petit flacon. Ce dernier roula quelques secondes entre ses doigts, alors que son propriétaire ne daignait pas bouger, toujours planté sur le parking. Le poison mortel destiné à être versé dans une coupe à l'intention de Montgomery servirait une autre fois. Ce n'était qu'une question de patience. Il ne pouvait pas fuir maintenant. C'était trop tard. Il devait aller jusqu'au bout. Son absence mettrait la puce à l'oreille de celui qui l'hébergeait depuis quelques jours, et tout tomberait à l'eau. Cela ne lui demandait plus que quelques efforts. Il décida donc de rattraper le jeune homme, qui avait déjà pénétré à l'intérieur du bâtiment.

Pour y voir une espèce d'hystérique qui hurlait et qui avait tendance à appuyer un peu trop certaines voyelles. L'agent de terrain de Genetic esquissa une grimace, alors que son regard remontait le corps de l'étrangère pour finalement venir se poser sur son visage. Adolescente de type asiatique. Plutôt jolie. Entre 15 et 18 ans. Joli sourire. Holster. Mary Jane Holster. La peste qu'il avait dû surveillé auparavant, lors d'une virée à New-York. La fille de son boss. Il ne put réprimer un toussotement lorsqu'il réalisa qui était la fameuse future maman. Elle, elle ne l'avait pas remarqué immédiatement. Mais vu l'insistance avec laquelle il la regardait, ses yeux ne tardèrent pas à croiser les siens, et elle s'arrêta brusquement de parler. Mais elle ne s'attarda pas longtemps sur lui, reprenant le fil de sa discussion. Harwell se frotta pensivement le menton, n'écoutant plus de quoi ils parlaient. Il était encore une fois dans la mouïse, et cette fois-ci, il ne pourrait pas s'en sortir de lui-même. La gamine pouvait à tout moment donner sa réelle identité, sans qu'il ne puisse l'en empêcher. Mais il la tenait aussi. Il doutait fortement que son père, Dunney, était au courant de ses petites lubies d'ado. Il était détenu par Genome, mais il finirait bien par être relâché, un jour ou l'autre. Bref, il fallait se débarrasser de l'autre idiot pour avoir l'occasion d'entretenir un petit tête à tête avec l'héritière de Genetic, le temps de quelques minutes. Il s'avança donc dans le salon, alors que la jeune fille avait déjà pris place, pour passer une main autour des épaules de celui qui était sensé lui plaire.

« Bonjour, Mademoiselle. Je suis Adam, et je suis ravi de faire enfin votre connaissance. Morgan m'a beaucoup parlé de vous ! D'ailleurs...Darling ? Est-ce que tu pourrais aller demander à l'accueil s'il est permis de fumer dans les salons privés ? Ca me permettra de faire un peu plus connaissance avec ton amie, en attendant. Merci. »

Il ne lui laissa pas le temps de réagir, le poussant dehors pour ensuite refermer la porte derrière lui. Son comportement était sans aucun doute totalement déplacé, mais ça n'avait aucune importance. Il se tourna ensuite vers Holster, lui adressant un sourire amusé avant de venir s'assoir à côté d'elle.

« Bien. Ce soir, je suis Adam, et je suis le copain de Morgan. Tu ne me connais pas, on ne s'est jamais vu, je suis employé de banque. Si tu te tiens à cet version, tout se passera bien, et ton fils...Ou ta fille, j'en sais rien et j'veux pas le savoir, aura la chance d'avoir un paternel pour l'éduquer. Sinon...Sinon, il sera orphelin. Ca peut être bien, ça aussi. Il...Ou elle sera un peu moins taré. Mais bon, c'est une autre question que nous n'avons malheureusement pas le temps de l'aborder. Si tu n'es pas obéissante, j'aurais cette petite discussion avec ton père, dès qu'il sera revenu. C'est clair ? »
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Jeu 29 Mar - 15:54

Elle est... étourdissante. Je crois que ce seul mot condense l'ensemble de sa façon d'être. Tout l'enthousiasme qu'elle met à exercer son envahissante présence dans toutes les dimensions et à manifester son immense joie par rapport aux dimensions en question ne peut bien sûr se résumer par l'effet. Mais le fait est qu'elle est plus fatigante que moi. Ce qui est à la fois vexant et inquiétant, car je me considère plutôt comme un garçon assez dynamique. Or, à côté d'elle, je me sens croûton. Le fait d'être un futur papa n'arrange pas vraiment mon moral. Je suis vieux. D'ailleurs je sens poindre mes première rides. Dans quelques mois, un nourrisson me considèrera avec mépris et me vomira de honte sa bouillie à la gueule. Pour se venger. Bon, allons il y a bien quelque chose de positif dans tous ça. Certes, je vais être père mais.. euh... Au moins je ne l'ai pas blessée ? Et surtout je n'aurai pas à le refaire. C'est pathétique. J'ai fait une bourde et j'en suis à trouver positif de ne pas avoir eu besoin de m'y reprendre à deux fois pour la faire. Bravo champion. Beau boulot. J'aurais du sauter sur la question des amours pour lui présenter Adam mais j'ai pas eu le temps. Elle parle tellement vite que j'ai l'impression d'avoir un cerveau complètement bogué, qui tournerait au ralenti.

Ah, une pause, je vais peut être pouvoir en placer une... Bah nan, loupé. Mais c'est bizarre, j'ai eu l'impression que c'est en voyant Adam qu'elle s'est arrêtée. J'espère qu'il va pas y avoir une tension entre ces deux là, genre exs ou un truc du genre. Ce serait bien ma veine. Et ce serait bien le style de mes déboires actuelles : présenter à la mère de mes enfants un homme qui se trouverait être son ex. Parce que si dans les romans à l'eau de rose et de bégonias il se forme un triangle amoureux, dans la vraie vie ça marche pas. Personne n'est d'accord. Pas même moi, c'est dire. Il est hors de question que j'aie quoi que ce soit pouvant se rapporter à une vie de couple avec My love. Simple question de survie. Ouais, enfin, si je ne me souciais que de ma survie je serais pas avec Adam non plus. Disons alors que c'est pour des raisons de... fierté personnelle. Elle a le chic pour me dépasser jusque dans mes domaines de prédilection. C'est pas juste.

En tout cas, sa façon d'ignorer Adam ne va pas me faciliter la tâche. Content de ne pas avoir à recommencer certes je le suis, mais satisfait de la tournure que prennent les évènements pas vraiment. Adam va me faire la gueule pour ça. Et voilà qu'elle m'éloigne de lui, purée je le sens mal ce coup là. Si elle le connait un tant soit peu, si elle a une raison de lui en vouloir ou n'importe quoi, si elle a déjà eu affaire à lui et ne souhaite pas réitérer l'expérience, elle doit avoir remarqué qu'il est un chouïa irritable non ? Non ? Il faut croire que non puisqu'elle continue de le snober royalement. Et moi je me laisse faire, osant à peine un regard désespéré vers mon amant. Tandis qu'elle m'invite à m'assoir, je prend mon courage à deux mains et tente de rectifier le tir.

« En fait »

Deux mots. C'est tout ce que j'ai eu le temps de dire avant de me faire, une fois n'est pas coutume, sauver in extremis par un homme séduisant, que j'ai la chance d'avoir pour amant. Enfin, sauver... Avouons-le, j'ai plutôt l'impression qu'il veut m'écarter. Y'a un truc entre ces deux-là, et ça me plait pas du tout. Sérieusement, les laisser seul tous les deux avec tant de verre à proximité ? J'ai pas envie de me retrouver à essayer de recoudre la gorge à My love, merci bien. Sauf qu'Adam me laisse pas le choix. Et je me doute qui si j'ai le malheur de faire obstacle à son programme, je vais pas apprécier la réaction. Je me retrouve donc à suivre le couloir dans lequel une serveuse m'a guidée y'a pas une minute, en réussissant à me demander si c'est le bon sens. Mais la question devient superflue lorsque je croise par bonheur un serveur, qui me renseigne très aimablement. La réponse est oui. Si on paye. Traduisons donc, si Adam paye, puisque j'ose espérer que My love ne fume pas, ou plus ces derniers temps.

Fort de l'information, et du tarif précisé, je me redirige vers mon point de départ. Enfin j'espère, j'ai encore perdu mon sens de l'orientation je ne sais où. En tout cas, certainement pas aux toilettes, mais je m'y arrête quand même avant de reprendre mon exploration. Heureusement, après cette halte nécessaire, je trouve très vite mon objectif. Preuve s'il en fallait une qu'il faut un certain état d'esprit pour trouver quelque chose. Ne pas chercher autre chose notamment. C'est une règle de base dans les univers rangés. Comme mon classement alpha-chrono-numérique ne s'y rapporte pas, il ne respecte pas cette règle, et c'est donc pour moi une agréable nouveauté que de la voir se vérifier. En tout cas, maintenant, la porte est devant moi. Le danger, de l'autre côté. Je n'entends aucun hurlement. Soit c'est fini, soit il y en a un ou une qui est mort. Allez, j'ouvre, je met mon cerveau en veille et je me dirige sagement vers la banquette pour faire part aux survivants de mes découvertes et de quelques autres détails.

« Fumer coûte un supplément de cinq dollars sur la facture, Adam. Et ils vendent des cigares aussi. Ceci étant dit je vais peut être enfin pouvoir en placer une et annoncer que le parrain de notre enfant n'a pas pu venir pour des raisons personnelles, mais qu'entre autres nouvelles je suis en couple et aimerais bien le rester sans me rendre responsable d'un meurtre. Accessoirement, j'ai bien reçu les échographie, je vais plutôt bien, et j'aimerais bien un thé, si quelqu'un sait comment on passe commande ici. »

Oui, je suis égoïste, mais mon avis n'a pas compté depuis un bon moment alors ça fait du bien de s'imposer un peu. Je déteste me laisser marcher sur les pieds. Faut pas s'étonner que je rende la pareille à ceux qui s'y donnent le plus à cœur joie. Entre My love dont les envies de maternité passent avant ma paranoïa et Adam qui me distribue au compte-goutte des faveurs dont je suis totalement dépendant, on peut dire que je suis complètement hétéronome. Or, s'il y a bien une chose à laquelle je tiens, c'est mon droit à disposer de moi-même comme je l'entends. M'écraser comme une carpette n'est pas dans ma nature, tandis que m'exprimer me donne le sentiment de me décharger d'une paire de boulets en fonte. C'est vrai quoi, c'est une occasion de se détendre que de venir ici ! Et il est hors de question que je la gâche pour une gué-guerre dont je ne sais rien et me fiche de toutes façons. Enfin, je ne pourrai sans doute pas rester indifférent, donc je me vois obligé de reconnecter mon cerveau et de jeter un œil aux deux bâtons de dynamite auxquels je tiens le plus actuellement.

J'suis pas sorti de l'auberge.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Mer 18 Avr - 22:47

[Owen ayant quitté le forum, on continue sans lui]

Lololito ! J’adorais appeler Morgan comme ça. Je trouvais que la sonorité était douce et joyeuse en même temps. Et puis, ça lui allait tellement bien. Des fois je ferais mieux de l’appeler « deud’tenss » ; comme là où je lui faisais signe de me rejoindre et qu’il restait planter comme un poireau au milieu du salon. Il attendait quoi pour bouger ses fesses ? Que je vienne le chercher par la main ? Mais non, c’est vrai ! Il m’avait dit qu’il viendrait accompagné. Mais bon, il pouvait attendre assis à côté de moi. Finalement, c’est ce qu’il fit. Heureusement ! Je n’allais pas tapoter la banquette toute la journée, elle n’avait rien fait de mal la pauvre. Morgan avait de la chance que se sois patiente avec lui. S’il s’était agi de quelqu’un d’autre, j’aurais déjà râlé au bout de trois secondes. Mais là, j’étais trop contente de le revoir. Je ne voulais pas qu’il reparte sans qu’on parle un peu de ce que j’avais dans le ventre.

Dès que le jeune homme s’installa à mes côtés, je posais ma main sur son épaule. Je m’apprêtais à lui faire un bisou sur la joue quand Owen fit son entrée. Mais que fichait-il encore là celui-là ? Pfff, mais pourquoi mon ami n’avait-il pas fermé la porte du salon en entrant ? Harwell était une vraie sangsue quand il s’y mettait. Je n’avais rien à lui dire et il n’avait rien à faire ici. Alors qu’il prenait la parole, je le regardais d’un air excédé.

Ah ! Il s’appelait Adam maintenant. En plus, il me vouvoyait comme s’il ne me connaissait pas. Quelle mouche l’avait piqué ? Il avait perdu la mémoire ma parole. Ou alors, il préparait un de ses coups de sadique dont lui-seul avait le secret. Ne voulant pas contrarier son cerveau de malade, je rentrais dans son jeu et le saluais d’un signe de tête très digne. Mais quand il appela Morgan « darling » mon visage trahit ma surprise. Alors là ! Je ne m’y attendais pas à celle-là, d’autant plus que je savais qu’il n’était pas homosexuel à la base. Non, il voulait me faire marcher ou alors c’était Lololito qui me faisait une blague. Ca ne m’étonnerait pas de lui car il ne manquait pas d’idées bizarres ou décalées. Avec Owen, quand même ! Il aurait pu choisir mieux comme complice, non ?
De mes yeux ronds, je regardais les deux jeunes hommes tour à tour en me demandant ce qu’ils me préparaient. En fait, quand Owen poussa Morgan à sortir du salon pour une raison stupide, je compris qu’il voulait rester seul avec moi. J’écoutais sagement ce qu’il avait à me dire et quand il eut terminé j’éclatais de rire.


- Hihihi, aaaaah. T’en a d’bonnes. Toi ! Employé de banque ! Mais qui pourrait croire un truc pareil ?

Je cessais de m’esclaffer quand je réalisais sa menace. Il allait tuer Morgan si je lui disais qui il était vraiment. Donc ce n’était pas une blague. Non mais il n’allait pas commettre un meurtre pour ça ! Euh… En y réfléchissant un peu, je crois bien que ce dingue en serait capable. Oui mais non, il ne le ferait pas car s’il le faisait, il savait que je le dirais aussitôt à son patron. Sauf que le père Holster était toujours aux abonnés absents et il le savait. Je fronçais les sourcils et pris sur moi. Il ne fallait pas que je lui montre mon inquiétude. Il serait trop content.

- Non mais, tu crois que tu m’fais peur ? En attendant, c’est toi qui a l’air bien flippé à l’idée que je révèle ton identité. Si tu savais comme j’en ai rien à faire de tes petites affaires à la noix. En tout cas, t’as pas intérêt à faire du mal à Lololito ! Dis-je avec insolence.

Je n’en menais pas large mais ma fierté me poussait à embrasser le danger. Je réalisais quand même que je n’aurais pas dû être si incisive. Je pouvais encore me rattraper.


- Mais t’inquiète, je dirais rien. Avec toi, je me méfie, tu serais capable de lui faire du mal par plaisir. J’ai pas envie que tu le tortures. Je dirais rien si tu nous laisses tranquille. J’ai des choses perso à lui dire, ok ?

A cet instant, Morgan refit son apparition. Ouf, je n’étais plus seule avec le psychopathe. Je me levais et me rapprochais de mon ami pour écouter ce qu’il avait à dire. Je jetais un œil vers Owen en essayant de lui faire comprendre que son heure était venue de partir. Oh ! Miracle, le dégénéré comprit au premier coup d’œil. Il sortit du salon en prétextant aller s’acheter des cigares, ceux-là même dont Morgan avait parlé en revenant. Dès qu’il fut sorti de la pièce, je me précipitais pour fermer la porte à double tour. Je préférais prendre les devants des fois qu’il décide de revenir. Mon ami devait me prendre pour une folle, mais tant pis, je ne voulais pas qu’Owen trucide Morgan.

Aaaaah, je me sentais moins stressée. Maintenant que le danger était écarté, je pouvais enfin me concentrer sur Lotus. Je lui lançais un grand sourire en commandant deux thés et des mignardises par l’interphone qui se trouvait dans le salon.

-Tu vois, c’est tout simple !
Je repris ma place initiale sur la banquette. Toutes ces émotions m’avaient fatiguée, un peu. Je me remémorais les dires de Morgan quand il était revenu de sa quête aux cigarettes

- T’aurais pas du obéïr à l’autre. Moi je sais qu’on peut fumer dans un salon privé. S’il est privé, c’est pas pour rien. On peut faire tout ce qu’on veut ici. Tu vois ?
Qu’il voit ou non, ce n’était pas grave. De toutes les façons, il n’était pas idiot. Il se rendrait compte lui-même que son obéissance aveugle à Harwell avait été ridicule. Il n’aurait jamais dû se laisser faire comme ça.

- Alors si j’ai bien compris, ce ADAM est ton petit ami ! Déplorais-je en faisant une moue désabusée.
- J’veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais ce type n’est pas fait pour toi. Tu mérites mieux Lololito. Assurais-je en dodelinant la tête positivement.

Et oui, je me mêlais de ses affaires. C’était plus fort que moi. Je ne pouvais pas laisser Morgan dans les mains d’un taré, il se ferait bouffer tout cru. J’y tenais à mon Lololito.

- Tu sais qu’il bosse pour mon paternel au moins ? Au fait ! C’est qui le parrain dont t’as parlé tout à l’heure ? J’le connais ? J’espère qu’il est mieux que l’autre !

L’autre étant Owen Harwell que j’avais très envie de casser aux yeux de Morgan. Cependant, je ne pouvais pas trop en dire. Je ne voulais qu’il s’en prenne à lui. Je ne sais pas trop si j’allais tenir ma langue longtemps, je verrais bien. Je sursautais quand on frappa à la porte. Je soufflais en apprenant que c’était le serveur qui apportait la commande. Cet Owen allait me rendre paranoïaque si ça continuait.

- Sinon, t’as bien regardé les échos j’espère ?

Je l’espérais mais j’en doutais. Il ne m’avait jamais envoyé de sms ou de mail pour me faire part de sa surprise. N’importe quel futur parent était surpris d’apprendre une grossesse géméllaire. Cela dit, Lotus n’était pas n’importe qui !
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Ven 27 Avr - 19:50

Bon, il y a vraiment un problème avec Adam. Je sais qu'il est pas toujours super à l'aise avec ce qui relève du couple, mais c'est bien la première fois que j'arrive à le faire fuir rien qu'en posant mes fesses à côté des siennes. Pour des cigares, franchement, ce n'est même pas une excuse crédible. En même temps si Adam savait mentir de façon crédible ça se saurait. Ou pas. Enfin bref, c'est pas une excuse pour me planter là, seul avec la mère de mon enfant. Laquelle est en train de se précipiter sur la porte pour la... fermer à double tour ?! Mais bon sang qu'est-ce qu'il y a eu entre eux, une tentative d'homicide ? Et la voilà qui passe commande, comme si de rien n'était. Alors oui, je suis ravi de savoir comment ça marche mais j'aimerais bien comprendre un peu ce qui vient de se passer là. Euh, et si possible sans me prendre un sermon. Déjà, je me fais limite engueulé pour avoir accédé aux voeux, ou plutôt aux ordres de mon petit ami, mais en plus je me fais sermonner sur le petit-ami lui-même. Je suis tellement pétrifié que je n'ai même pas le réflexe de le défendre. J'écoute à peine son couplet sur mon destin amoureux et mon signe astro incompatible et toutes les ficelles habituelles qui signifient ton-copain-je-l'aime-pas-quitte-le. Je trouve juste ça pathétique pour elle de me faire de la jalousie affective, et reste donc sourd à ce qu'elle me baratine. Jusque. Elle a bien dit qu'il bossait pour son père ?

J'ai pas le temps d'y réfléchir qu'elle passe déjà à un autre sujet. On dirait que l'énervement lui est passé, elle se remet à passer du coq à l'âne en un rien de temps, à croire qu'elle ne sait pas s'arrêter sur un sujet plus d'une minute, même ce qui l'agace. Là, par exemple, elle parle du parrain de notre enfant. J'aimerais bien lui vanter ses mille et une qualités, même si je n'aime pas trop qu'elle en ait encore profité pour dénigrer mon amant actuel, mais elle passe encore à un autre sujet : les échographies. Ce que j'ai pu en baver à cause de ces maudits clichés. Oui, je les ai regardés. Je les ai regardés à m'en brûler les yeux, et c'est tout juste si j'ai réussi à voir où était la tête. D'ailleurs je suis toujours pas très sûr. Au ton qu'elle utilise, je parie qu'elle aurait voulu que j'aie un éclair de génie dans ma lecture du cliché et que je sache déjà tout sur Bébé à venir, mais c'est pas le cas. Et avec ça il va falloir qu'on ait une discussion à propos de sa façon de virer mon amant comme un malpropre.

« J'ai bien regardé, j'ai rien compris. Mais d'abord, dis-moi plutôt le problème entre toi et Adam. Il a essayé de te tuer ou quoi ? Pas que ça me surprendrait tant que ça de sa part mais je vais encore rester avec lui un moment, je pense pas me remettre un jour avec Andy même si je suis d'accord pour dire qu'il est mieux que l'autre. Il sera toujours mieux que n'importe qui d'autre ce mec. »

N'empêche, ça me turlupine cette histoire de bosser pour son père. Je croyais que le paternel dirigeait une équipe de savants fous, ou bien aurais-je mal compris ? Aux dernières nouvelles, Adam n'a rien à voir à une équipe de docteurs cinglés, il est, j'sais pas, il a juste pas le profil. Je le vois pas vraiment ouvrir des gens et les refermer sans rien bousiller au passage. Je le vois pas non plus porter une blouse. Je le vois pas rester calme pendant plus d'une heure en fait. C'est un peu bête en fait, il doit forcément être capable de rester un minimum calme sinon il aurait pas de boulot. Remarque, le père de My love n'embauche que des cinglés, donc en fait peut-être que c'est vrai. Surtout que bon, en temps normal Adam n'est pas non plus du genre à prendre la fuite comme ça. Mais dans ce cas-là pourquoi est-ce qu'elle le déteste autant ? Si c'est qu'un fou parmi d'autre elle doit pas s'en préoccuper trop, si ? Visiblement si. Je sens que ma vie sentimentale va être calme et sereine dans les prochains jours moi.

« Tu l'auras deviné, Andy c'est le parrain de notre futur enfant. C'est mon ex, le meilleur amant qui soit sur terre, et un excellent ami. Je l'aime. Mais j'aime aussi Adam maintenant. Je l'ai amené là pour te le présenter, et je me suis retrouvé à vous laisser faire je ne sais quelle démonstration de force pour savoir qui virait l'autre. J'en peux plus moi de ton père et de sa clique. Andy m'a mis en garde contre eux lui aussi, mais moi j'voudrais juste vivre un peu ma vie sans trop me couper, et surtout sans me prendre la tête. Je t'ai dit, je veux bien être père mais le tien je veux pas le voir. D'ailleurs il fait quoi Adam pour lui ? La cuisine ? »

Je doute que ça soit ça, mais là j'suis perdu. J'y comprends plus rien, et j'ai la désagréable impression que je ferais mieux de ne pas demander. De deux choses l'une : ou bien elle a une raison personnelle d'en vouloir à Adam et elle va me sortir un crack qui va plomber notre couple, ou bien elle a une raison honorable de vouloir l'éloigner de moi, de même qu'il était appréciable qu'elle m'épargne une rencontre avec l'armée de médecins de son père, et dans ce cas là c'est la merde. Je sais pas ce que je préfère. Cette fille a une vie familiale complexe, j'aurais vraiment du y faire un peu plus attention avant d'accepter de lui faire un gosse. Maintenant je me retrouve à me triturer les méninges sur des sujets qui ne devraient pas inquiéter les gens pacifiques, et ça ne me plait pas du tout. J'aime pas cette embrouille, et surtout j'aime pas cette impression qu'elle a réussi à faire naitre en moi. Comme si Adam était vraiment un sale type.

« Laisse tomber, en fait je veux pas le savoir. Si on parlait plutôt de Bébé ? Garçon, fille, six doigts de pieds ? Je veux tout savoir. »

En fait, c'est pas beaucoup plus joyeux. Si ça se trouve elle va me sortir que Bébé va avoir de gros problèmes et que du coup elle en veut plus. Dans l'absolu ça me dérangerait pas mais je suis déjà un peu jeune pour m'occuper d'un enfant même calme, donc s'il y a un truc... Suis-je bête, y'aura forcément un truc : c'est ce qu'elle voulait dès le départ. Tout ce que je peux espérer, c'est qu'il ou elle échappe à des griffes comme les miennes. Ce truc est un handicap à vie. J'aurais du demander à My love des explications sur son histoire de capacités, mais j'en ai pas eu envie sur le coup. Maintenant... Non, en fait j'ai toujours pas envie de comprendre. Sur le coup je me dirais bon, d'accord, mais après ça me servirait à quoi ? J'aurais juste plus le droit de me plaindre. Et puis, c'est pas non plus comme si elle était experte dans le domaine, j'ai cru comprendre que c'était plutôt le truc du reste de la famille. Or, sa famille, je ne la reconnaîtrais pas dans la rue. Et je mettrais même au rang de mes bienfaits l'heureuse liberté de ne la voir jamais, comme Junie vis-à-vis de Néron. Les puissants qui tirent les ficelles gagnent à être méconnus. Et Bébé n'aura hélas pas la chance de naître insignifiant.

Tant qu'il ne nous vit pas une tragédie antique, ça devrait le faire.
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Dim 6 Mai - 16:27

Lotus ou l’art de ne rien comprendre ! C’était la phrase du jour. J’étais étonnée qu’il n’ait rien compris aux clichés de l’échographie. N’avait-il pas reçu le compte rendu qui allait avec ? Il ne comprenait pas qu’Owen n’était fréquentable. Comment était-ce possible ? Ce type était un psychopathe qui adorait faire souffrir les autres. Avait-il réussi à dissimuler ses travers au point de ne se douter de rien ? J’avais du mal à le croire. Morgan n’était pas aussi naïf quand même ! Si, peut-être… Ou alors il était amoureux et ça l’empêchait d’y voir clair. Il ne comprenait pas ce qu’il y avait entre Owen et moi. Ca c’était normal puisqu’il ne savait pas qu’on se connaissait. La méfiance était réciproque. Il pouvait me faire mal, je pouvais le faire chanter. Je n’allais pas lui parler de cet atout mais puisqu’il voulait des explications, j’allais lui en donner.

- Comme je t’ai dit, il bosse pour mon père. Tous ceux qui bossent pour lui ne sont pas nets. Sinon il n’a jamais essayé de me tuer mais c’est clair qu’il aurait bien aimé. Mais dis, comment tu peux supposer que ça ne serait pas étonnant de sa part ? Il n’a pas voulu de te tuer j’espère ? Parce que là, c’est moi qui ne comprendrais plus rien. Rester avec un type qui veut ta mort, c’est pas très fun ! Ou alors t’es maso ? En tout cas, moi j’dis, ce type n’est pas fait pour toi, c’est un dingue ! Et va pas penser que je suis jalouse, c’est juste que ça me ferait mal que tu souffres par sa faute. J’veux pas qu’tu meures mouaaa…

Heureusement, Morgan n’avait pas eu l’idée de choisir Owen comme parrain. C’était Andy qui brillait par son absence aujourd’hui! Il m’en avait parlé une ou deux fois mais il ne s’était jamais étalé sur le sujet – dans tous les sens du terme - pas devant moi en tout cas. Il avait son petit jardin secret et je le lui laissais bien volontiers. Les histoires d’amour et de fesses de mon ami ne m’intéressaient pas. C’était lui, et lui seul, qui m’importait. Par curiosité, j’aurais bien aimé rencontrer l’amour de sa vie, juste pour voir à quoi il ressemblait. Un jour je lui demanderai de me montrer une photo tiens ! Hein… Quoi ? Comment ? Pourquoi ?

- T’es aussi amoureux d’Owen ?!?!...

Je ne cachais pas ma surprise mêlée à du dégoût. Que s’était-il passé dans sa vie pour m’annoncer un truc pareil ? J’en avais oublié les menaces proférées par l’agent de Genetic. J’avais omis de continuer à l’appeler Adam. Oups, trop tard ! A moins que Morgan ne comprenne rien encore une fois. Je ne tablais pas trop là-dessus, il était sans doute naïf mais pas idiot. Encore que, en plus de rendre aveugle, l’amour rendait souvent les gens stupides. Bref ! Morgan ne voulait pas se prendre la tête, mais alors pourquoi s’était-il entiché de deux garçons. Lotus ou l’art de se mettre dans la mouise tout seul comme un grand. Ah non, il ne voulait pas être ennuyé par Genetic. Alors là, je lui donnais entièrement raison. Cette organisation était une vraie prise de tête pour qui la côtoyait, de gré ou de force. Mais avec Harwell, il était mal barré.

- T’inquiète pas pour mon paternel. J’ai pas l’intention de te le présenter. Déjà, il faudrait qu’il sorte de sa cachette car pour l’instant il est aux abonnés absents. En plus, ça m’étonnerait qu’il veuille te rencontrer. Il se fichera de savoir qui est le père. Le seul truc qui l’intéresse, c’est son royal nombril. Déjà, faudrait qu’il sache que je suis enceinte… Par contre, avec ton Adam, tu risques de le voir quand même. Il est à son service et il adooore ramener ses trouvailles à Genetic. Maintenant, moi, j’dis ça, j’dis rien.

J’espérais que Lotus ne pensait pas que j’étais jalouse. Il était mon ami, je l’adorais, mais jamais je ne tomberai amoureuse de lui. Son homosexualité était une barrière invisible à ce genre de sentiments. J’espérais aussi qu’il allait enfin me croire pour Owen. S’il était trop amoureux pour voir quel genre d’homme il était, je me devais de lui ouvrir les yeux. Je ne voulais pas qu’il souffre à cause de lui. Il ne méritait pas que Morgan lui prête autant de sentiments. Qu’il retourne avec Andy ou qu’il se trouve un remplaçant. Même plusieurs tiens ! Ca lui ferait peut-être oublier ses déboires amoureux ? Lotus triste, je ne voulais pas voir ça ! Prise d’un élan de tendresse, je me jetais à son cou et l’enserrais affectueusement.

- J’t’adooooore mon Lololitoooo. J’veux pas que tu souffres tu sais !

Je ne m’attardais pas. Je savais qu’il n’aimait pas trop le contact. Il était un peu allergique aux filles en fait ! Déjà que je lui bousillais son petit jardin d’Eden, il serait mal venu qu’il ait une poussée d’urticaire par ma faute. C’était très bien qu’il ne veuille pas en savoir plus sur Harwell. Parler de cet énergumène m’énervait et il y avait de fortes probabilités pour qu’il me prenne pour une menteuse tellement son dossier était épais. Je n’aimais pas la place qu’il prenait alors que nous étions tous les deux désormais. C’était mieux de parler du bébé. On était là pour ça en plus. Du bébé…Des bébés. Ah oui, c’était vrai, il n’avait rien compris à l’échographie.

- Toi t’as pas lu le compte-rendu de l’écho. Constatais-je
- Tu vas rire ! Toi qui aime les trucs qui sortent de l’ordinaire, tu vas être servi... Commençais-je en souriant malicieusement.

Puisqu’il n’était pas au courant, j’allais assister à sa réaction en direct. J’en souriais d’avance. Je me fis un plaisir en laissant planer le silence pendant que je sirotais ma boisson. Moi chipie ? Meuuuuuh non !


- C’est pas un bébé mais deux. On a fait très fort sur ce coup là ! Annonçais-je avec un grand sourire satisfait.

Je n’étais pas particulièrement ravie d’avoir des jumeaux. D’ailleurs, je me demandais si j’étais vraiment contente d’être enceinte. Oui parce que c’était bien gentil de vouloir un enfant, mais attendre neuf mois avant qu’il n’arrive, c’était long. La grossesse n’était pas ce que j’appelais un bon moment. Là encore, ça ne se voyait pas et j’étais encore libre de mes mouvements. Ah non, pas complètement, j’avais arrêté de boire de l’alcool et de fumer. A part un petit joint de temps en temps, j’étais devenue raisonnable. Qui l’eut cru ? En tout cas, j’étais fière d’annoncer cette nouvelle à Morgan et de voir sa tête en apprenant qu’il était le père de deux enfants. Frappe qu’un coup double devrais-je le surnommer désormais.

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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Mar 8 Mai - 20:46

Non, tais-toi My love, ne me dis pas. J'ai pas envie de savoir. Parce qu'au fond je m'en doute. Tout énerve Adam, et la personnalité de My love étant assez proche de la mienne on peut dire sans trop prendre de risque qu'elle a dû l'énerver autant que moi je l'énervais. La question étant de savoir pourquoi il ne l'a pas fait. Elle, c'est assez facile. Fille du boss, pas touche. Mais moi ? Pourtant, je suis sûrement des deux celui qui l'a énervé le plus puisqu'on a cohabité. Enfin, qu'on a utilisé le même appart pendant trois jours en manquant de tout casser à chaque heure. Quel terme elle a utilisé déjà ? C'est clair qu'il aurait bien aimé. Ouais, c'est clair, y'a que moi pour pas voir ce genre de trucs. C'est au point que je me demande sincèrement ce qui a pu le retenir. Parce qu'il veut pas ma mort, sinon il aurait eu plusieurs fois l'occasion de la provoquer. Et de façon "accidentelle" encore. Ouais, je dois être maso. Complètement entiché de ce type au point d'admettre que des menaces de mort quotidiennes sont un juste prix à payer pour avoir le droit de goûter son corps. Ce type n'est pas fait pour moi, c'est exact. C'est sans doute pour ça que je tolère cette situation, pour équilibrer la balance. Oui, ce type est dingue. Mais c'est pas le premier, et encore moins le dernier. Moi aussi je suis dingue, et je serais bien en peine de déterminer qui de nous deux, de nous trois l'est le plus. Non My love, tu n'es pas jalouse. Juste un peu subjective, comme il est normal que tu le sois. J'ai envie de te dire que je ne peux pas mourir, que je suis déjà mort une fois. Folie. Tu ne comprendrais pas. Tu t'inquièterais pour moi. Je n'ai pas envie de t'assombrir avec mes malheurs passés. S'il te plait, laisse Adam où il est, j'ai pas envie de me prendre la tête avec mes sentiments pour lui dès maintenant.

Oui, je suis aussi amoureux de lui. Je ne peux m'empêcher à ce sujet d'avoir un geste d'impuissance. Minute t'as bien dit Owen ? Il s'appelle Adam. Sauf que c'est trop spontané pour être une simple erreur. Je fronce les sourcils. Non, je ne demanderai pas d'explications. Maintenant que j'y pense elle avait beaucoup insisté sur son prénom, mais là je m'en fous. Adam, Owen, peu importe. Je sais pas pourquoi il cache son nom et je veux pas le savoir. Par certains côtés je préfère encore qu'on parle de la royale tête de con de mon beau père que de ça. Monsieur le planqué ne veut pas me voir, et ça tombe bien c'est tout à fait réciproque. Ceci dit, je ne suis pas pour autant entièrement d'accord avec ce que j'entends. S'ils vivent ensemble, il aura du mal à ne pas remarquer une légère prise de poids centralement localisée, m'enfin c'est pas mon problème. Si tu crois que son père va simplement laisser couler, fillette, je crois que tu te trompes. Mais ça je ne le dirai pas. J'ai pas envie de me prendre la tête. Le monde a beau être décidé au sérieux, je le suis tout autant au n'importe quoi. Mais... Mais elle le fait eprès ? Ramener ses trouvailles à Genetic. Mon cerveau fait tilt. Un type comme Adam, au service d'un type comme son père. C'est plus juste vaguement crédible, c'est une association efficace. Je laisse mes yeux s'ouvrir en grand, et tant pis si ça me fait une gueule de taré.

Je sais que tu m'adores, My love, c'est même un de mes principaux problèmes en ce moment, mais c'est pas parce que tu veux pas que je souffre que je souffrirai pas. La bonne volonté ne sauve personne, jamais. Mais je veux pas qu'on parle de ça. C'est sinistre, et prise de tête. Mieux vaut parler de Bébé. Un compte-rendu ? Je savais même pas qu'il y e avait un. J'ai du le laisser dans l'enveloppe, ou alors c'était ça qui faisait l'épaisseur du cliché je sais pas. Quoi qu'il en soit je suis tout ouïe. Mais je sais pas si je vais rire. Les nouvelles qui commences par 'tu vas rire' m'ont toujours paru être de mauvais augure. Trucs qui sortent de l'ordinaire, elle est en train de me dire que Bébé aura quoi au juste ? Oh. Oh, pu-naise. Deux pour le prix d'un. Ouais, on a fait fort. Elle a fait fort, puisque c'est à l'ovulation que ce genre de choses se décident. Nous voici donc avec deux bébés en route au lieu d'un, respire Lotus respire tu es a besoin. Essayons de voir le bon côté des choses, vous n'aurez pas à vous chamailler pour les prénoms ? Nan, pas moyen. Deux.

« Merde. »

Là, y'a pas d'autre mot. Des jumeaux, c'est l'enfer. Déjà que j'étais pas certain de sa capacité à s'occuper d'un seul enfant en bas âge, là je commence à flipper sérieusement. Là, là je crois que je vais m'évanouir. En fait je crois pas, je suis en train de piquer du nez. Respire Lotus, deux enfants c'est pas si grave. T'auras une grande famille comme ça. Mais oui, une grande famille comme je n'ai jamais rêvé d'en avoir, youpi. Quel pied ! Je vais être le père le plus maladroit et brise-fer du monde, non pas d'un mais de deux pauvres innocents. Et elle me sort ça avec un naturel, comme si c'était juste une nouvelle comme ça. Ah tiens, t'as vu il pleut ? Au fait, tu m'as fait deux mômes au lieu d'un, j'en demandais pas tant mais c'est marrant non ? Au fait, on fait quoi à manger ce soir ? J'essaie de garder pied dans la réalité, mais ça devient trop difficile. Alors que j'essayais de regarder My love dans les yeux pour voir si elle mentais, je me sens tomber. Mais je sais déjà qu'elle ne ment pas, elle est trop insouciante pour réaliser.. Qu'est-ce qu'on a fait bon sang ?! Le vide remplace mes questions. Il les remplace agréablement je dois dire. Ne plus songer à rien, ne plus sentir mon cœur battre trop vite. Agoniser avec douceur dans un néant reposant. Mais je finis par me réveiller, et je ne vais pas tarder à regretter le rien.

Mes yeux, la lumière était-elle aussi forte il y a une éternité ?
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Ven 11 Mai - 21:25

J’avais répondu aux questions de Morgan. Pourquoi n’était-il pas heureux de ne pas rencontrer mon père ? Comme je lui avais déjà dit, c’était risqué. Même si je ne pouvais pas le forcer, il aurait du être soulagé. De toutes les façons, je n’avais pas l’intention de lui présenter sauf si j’étais certaine que mon ami puisse se débarrasser de sa capacité handicapante. Du côté de mon paternel, ça m’étonnerait qu’il veuille rencontrer son pseudo gendre. mais avec lui il fallait s’attendre à tout. D’abord, il faudrait qu’il refasse surface. En ce moment, il était peut-être en train de se la couler douce dans un autre état ou un autre pays. Si ce n’était pas le manque d’argent, je m’en ficherais. Bon, et même s’il réapparaissait, il faudrait encore qu’il s’aperçoive que j’étais enceinte. Je n’avais aucune intention de lui apprendre la nouvelle. Il n’avait qu’à faire un peu plus attention à moi, et il le découvrirait tout seul, comme un grand.

J’avais expliqué à Lotus qu’Owen n’était pas un type bien. Comme il avait dit qu’il était amoureux, il ne devait pas me croire. Moi, si j’étais amoureuse, il faudrait m’apporter la preuve par quatre que l’élu de mon cœur n’était pas un type bien. Et encore, je trouverais certainement des excuses. Peut-être que ça me plairait encore plus. Le jeune homme ne réagit pas jusqu’à ce que lui parle de la collaboration entre son Adam et mon paternel. Il semblait tomber des nues. Pauvre Lololito, j’étais en train de faire s’effondre son petit monde. Ce n’était pas très sympathique de ma part, mais ça aurait été dégueulasse de ne rien lui dire. Il avait le droit d’être au courant. Il ne dit rien. Je crois que j’en avais trop dit. Il n’avait pas envie d’en parler. Sans doute se remémorerait-il plus tard tous les éléments enregistrés aujourd’hui. Pour une fois, je n’insistais pas. Après tout, nous n’étions pas dans ce salon privé pour parler du psychopathe. Plus vite nous l’oublierions, mieux ce serait pour la suite de notre rendez-vous !

Comme je m’en doutais, Morgan n’avait pas lu le compte-rendu accompagnant l’échographie. Quand je vis sa tête à l’annonce de la grossesse gémellaire, j’éclatais de rire. Il était tombé des nues avec l’histoire d’Owen, maintenant il était au trente-sixième sous-sol. Bah oui ! Il y avait des jours comme ça qui faisaient que la vie n’était pas un long fleuve tranquille. Moi aussi ça m’avait fait un choc. Pas le même que mon ami car j’avais relativisé.


- Mais nnnon, c’est pas la merde. C’est pas une maladie grave tu sais !

Je le prenais sans doute un peu trop à la légère. Avoir des jumeaux avait ses avantages. Je ne serai enceinte et je n’accoucherai pas deux fois. Evidemment, je ne me projetais dans l’avenir, je n’y pensais même pas. Je ne me souciais pas encore de savoir comment je ferai pour m’occuper d’eux et comment je les nourrirai. Pour tout ce qui était matériel, je comptais sur le compte en banque du paternel. Il fallait bien qu’il serve à quelque chose quand même. Dunney dans le rôle du grand-père, ce n’était pas piqué des hannetons. En pensant à la tête qu’il ferait, je jubilais intérieurement. J’imaginais alors deux gamins courir partout dans l’appartement, criant et riant pour s’amuser. J’imaginais très bien la tête de mon père en les regardant passer sous son nez. Par contre, je n’aurais jamais imaginé la réaction de Morgan. Il me regardait d’un air hagard en se demandant si ce n’était pas une plaisanterie. Il devrait commencer à me connaître, je ne mentais pas tout le temps. Avec lui en plus, je ne mentais pas souvent. Cela dit, j’aurais pu lui faire une farce. Bah là, franchement, je n’y avais pas pensé. Zut ! J’aurais du lui dire que c’était des triplés.

Euh… Que lui arrivait-il ? Il était subitement fatigué. Il piquait du nez comme s’il s’endormait devant un mauvais film. Noooon, ma parole il était en train de s’évanouir. Je me jetais sur lui et le pris par les épaules.


- Heyyyyy, Lololitoooooooo, ça vaaaa ? Heyyyy Demandais-je en le secouant comme un prunier.
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Sam 12 Mai - 20:58

C'est pas une maladie grave. Je rêve, elle fait de l'humour là-dessus encore. Non, c'est pas une maladie grave, parce que c'est pas une maladie. Mais grave, ça l'est, et pas qu'un peu. C'était déjà grave de faire un seul gamin, pourquoi il faut que ce genre de tuile tombe sur moi ? Sur nous ? C'est le genre de conneries qu'on n'est pas sensés pouvoir faire. On n'aurait pas du pouvoir y arriver si facilement, on n'aurait pas du rencontrer aussi peu d'obstacles à notre folie. C'est pas normal que tout se passe comme ça, y'a une limite à ce que la cohérence peut endurer. Je devrais pas pouvoir cumuler un amour déçu, une mineure enceinte et un fiancé psychopathe, c'est juste pas possible dans la réalité. Et pourtant. Pourtant j'ai bien conscience qu'Andy est en train de me lâcher, il est gentil mais mes caprices ont tout fait foirer, s'il restait encore quelque chose à casser. My love est vraiment enceinte, et je ne peux plus vraiment souhaiter appuyer sur la touche annuler. Et Adam, ou Owen peu importe, a bel et bien voulu me tuer, la première fois, et toutes les autres avec. Aujourd'hui, c'est notre troisième jour de relation. C'était pas une histoire faite pour durer de toutes façons, mais ça fait bizarre de terminer comme ça. Et tout ça combiné... Je peux pas.

On peut pas m'en vouloir d'avoir essayé de me déconnecter. Ma réaction est normale. Là. Zen. Je n'ai pas tenté de provoquer ma propre mort cérébrale de façon spontanée. Je ne suis pas mort, encore que ça, ça reste à vérifier. Je ne suis pas fou, en tout cas pas complètement, et la situation est définitivement en dehors de mon contrôle. Certaines choses ne dépendent pas de nous. D'autres si. La question étant : que puis-je faire ? Je suis le géniteur d'une paire de gosses qui vont naître dans une avenir proche flanqués d'une mère mineure et irresponsable. Dit comme ça, ça méritait bien le silence absolu, non ? Mais non, on me réveille. On me secoue, et mes yeux finissent par s'ouvrir, complètement inadaptés à la luminosité ambiante, comme si j'avais dormi longtemps, longtemps... My love s'agite, s'inquiète, oh elle fait bien de s'inquiéter, mais elle ne s'en fait pas pour les bonnes raisons. Elle veut pas que je souffre, la belle affaire : elle n'y peut rien. Elle n'a pas de responsabilité sur moi. Mais sur les gamins, si, et elle s'en fiche. Elle s'en moque comme de son premier joint. Passe encore, mais elle me demande de faire comme elle. Elle voudrait que je sourie, que je lui fasse confiance, que je laisse la roue de la chance tourner. Sauf que je peux pas faire ça !

« Je peux pas. Je peux pas ! Tu me demandes de faire comme si c'était pas grave ? Je vais te dire un truc, miss Marijuana. C'est. Grave. C'est des vies humaines que t'as dans le ventre et t'en es responsable, et j'en suis responsable avec toi ! Tu te sens prête à t'occuper d'eux jour et nuit, à sacrifier ta santé pour eux, à les aimer malgré tout ce qu'ils te feront subir et à les aider à construire leur propre vie quand t'auras brisé la tienne pour les mettre au monde ? Non ? Bah tu devrais parce que c'est ce qui va se passer ! Tu vas devoir abandonner les études, peut-être que tu pourras pas les reprendre. Tu vas être frustrée d'un avenir que t'auras jamais eu et les mômes te prendront pour une conne quand ils auront dépassé ton diplôme, voire même avant. Et tu me demandes de le prendre bien ? Faudrait me droguer pour que je plane alors que ta vie est foutue parce que j'ai pas été foutu de te dire non ! »

Mon ton est celui d'un homme fou. Complètement détraqué. Mais qui ne le serait pas dans une telle situation ? Elle ne se rend pas compte, elle ne s'est jamais rendue compte, et moi je ne lui ai pas dit. J'aurais du la virer de chez moi ce jour là, j'aurais du lui dire au moins que donner la vie c'était perdre la sienne si on n'en avait pas assez pour deux. Et même si elle a beaucoup d'énergie elle n'a qu'une vie, pas de doutes là-dessus. Y'a qu'à voir comment elle s'accroche au moindre mot, au moindre délire pour se sentir en vie. Comme moi, elle est presque morte. Moi je sais que c'est parce qu'Andy ne m'aime pas et ne m'aimera jamais comme je l'aime. Elle, je sais pas. Son père peut-être ? J'ai pas envie de savoir. Parce que si je le savais je m'en voudrais encore plus. Je l'ai laissée faire. C'est à peu près aussi grave que si je l'avais laissée se suicider. Comme si je lui avais dit d'accord, j'ai une corde dans un tiroir, je te fais le nœud si tu veux. Tiens, comme ça, ça va, pas trop serré ? Je t'accroches, attention, t'es sûre que tu veux sauter ? Tu veux que je te pousse ? Ok, je te pousse alors. Ah, au fait, t'es au courant que c'est mortel au moins ? Pas de réponse, j'ai peut-être posé la question un peu tard. Voilà ce que j'ai fait, et voilà ce que je suis en train de faire. Il est bien temps de lui dire tout ça maintenant qu'on peut plus faire marche arrière. Tout ce que je peux faire maintenant c'est être là, et essayer de réparer ce qui pourra l'être. J'approche la main de la joue de My love. C'est une jolie fille, tellement adorable. Elle avait la vie devant elle.

« Tu peux pas me demander de pas souffrir, tu peux pas me demander de pas me sentir coupable, parce que j'aurais du t'arrêter, aussi sûrement que j'aurais du t'arrêter si tu avais essayé de sauter par la fenêtre. Tu peux pas me demander de pas m'en faire et d'en rire, parce qu'il n'y a rien de drôle. On va être parents. Alors j'aimerais bien dire que ouah, c'est cool, on va pas se disputer pour les prénoms y'en aura un chacun, youpi, mais j'ai plutôt envie de dire merde, parce qu'on va crouler dessous sans compter le poids des couches et que ça sera pas une partie de plaisir. On va en baver. Tu vas me maudire, et te maudire toi-même pour ce qu'on a fait. Ton père il en aura rien à foutre. C'est pas ses gosses à lui, si ça se trouve il se préoccupait déjà pas tant que ça de toi. Tes amis te soutiendront moralement, mais pour s'occuper des mômes y'aura plus personne. Moi... Moi je serai là. J'ai une vie à gâcher, et je m'y acharne depuis tellement longtemps qu'un truc usant de plus ou de moins n'y changera pas grand chose. J'ai pas envie d'avoir ces gosses, mais je les laisserais pas crever de faim dans leur merde et j'essaierai de pas trop gâcher leur vie. Toi... je sais pas. Je peux rien faire pour t'aider à t'en tirer, mais si tu réfléchissais un peu à ce que tu peux faire pour sauver ce qui reste de ta vie je me sentirais déjà plus rassuré. »

Je parle dans le vide, je le sais. Pourquoi m'écouterait-elle ? Elle, tellement persuadée d'avoir encore au moins six vies à gaspiller. Cette fille m'échappe complètement. Je parle à une chimère, un fantôme malicieux qui porte mes enfants. Je sais pas ce que je cherche. J'ai pas envie de lui faire du mal, je voudrais juste qu'elle comprenne. Le mal est déjà fait, le vase en train de tomber. Fermer les yeux ne servira à rien. On n'aura peut-être aucun éclat de porcelaine brûlant dans la cornée de notre jolie vision rose du monde, mais le vase n'en sera pas moins brisé. Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est d'ouvrir les yeux, de comprendre et de se lancer. Essayer de rattraper ce qui peut l'être. Envisager un moyen de recoller les morceaux, au moins une partie. Essayer de ne pas tout gâcher jusqu'au bout. Je parle à un esprit éthéré, un doux petit ange qui ne comprend pas mes peines de pauvre mortel chassé du paradis. Un ange qui n'a pas encore compris qu'elle allait choir. Par ma faute. Mais enfin, n'es-tu pas heureux que je sois du moins avec toi ? dit l'ange.

Plus désespéré que jamais, répondit Lucifer.
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Mer 16 Mai - 21:55

Moi qui pensais que Morgan se moquait de tout et de tout le monde, je tombais de haut pendant que lui tombait dans les pommes. L’annonce de la grossesse gémellaire avait été comme un coup de massue. Jamais je n’aurais pensé qu’il était si sensible. Heureusement qu’il n’avait pas fait une crise cardiaque ! Je n’étais pas secouriste et il serait mort sous mes yeux avant que je ne réagisse pour appeler à l’aide. Après plusieurs secousses et un temps qui me parut très long, mon ami ouvrit les yeux. Au-delà de mon étonnement, j’avais eu très peur ! Où était passée sa zen attitude ? Pffiiiout, partie en fumée, ou plutôt partie dans des considérations auxquelles il ne m’avait pas habituée. Rolalala, comment il se prenait la tête ! Surprise, je l’écoutais en me demandant comment il faisait pour penser à tout ce qu’il disait en si peu de temps. J’en était même à me demander si Owen ne lui avait pas fait un lavage de cerveau.

Prenant conscience que j’avais des vies humaines dans le ventre, ça me faisait bizarre. Cette évidence me dégoûtait presque. Si ça se trouvait, les nausées des femmes enceintes partaient inconsciemment de cette image. Les médecins devraient se pencher sur cette éventualité au lieu de tout mettre sur le dos des hormones. En plus, Lotus me projetait dans un futur lointain. Quelle mouche l’avait piqué ? Il savait que je préférais vivre au jour le jour, c’était tellement plus simple ! D’accord, il n’avait pas tort sur certaines choses, mais bon, ce n’était pas la peine d’en faire un fromage. A l’écouter c’était un fromage puant, grouillant de vers ravis de leur orgie digestive. Fallait pas pousser quand même ! Tout n’était pas si noir. Je ne voyais pas les choses sous le même angle que lui en tout cas. Mon ami n’était pas devin, il ne pouvait donc pas savoir ce qu'il se passerait dans dix ou vingt ans, et même dans un an ? Personne ne pouvait le prédire.

Le choc passé, je fixais mon ami avec l’expression de celle qui se sentait sous-estimée. D’après moi, Morgan ne s’appréciait pas à sa juste valeur non plus. Je n’allais pas le laisser nous enfoncer comme ça. Non mais oh ! Fallait pas pousser, nous n’étions pas complètement incompétents. Si ? Mais non, j’étais certaine que nous valions mieux que des parents indignes qui battaient leurs enfants ou qui abusaient d’eux. Sans citer des extrêmes, il existait un panel très varié de parents nuls, les miens en faisaient partie. Personne ne pouvait dire le contraire ; d’ailleurs personne ne disait jamais rien. Pourquoi ? Sans doute parce que même les meilleurs parents du monde faisaient des erreurs. Après tout c’était normal, il n’y avait pas d’école pour apprendre ce rôle que nous étions tous amenés à jouer un jour au l'autre. Alors bon, fallait pas s’inquiéter plus que ça.


- T’inquiiiiète Lololito, si toi tu peux pas, moi je peux. Tu verras, ça ira. Dis-je en effleurant du bout des doigts son visage.
- J’aurai une nourrice vingt quatre heures sur vingt quatre. Elle s’occupera d’eux, si c’est ça qui t’inquiète. Moi, je ne ferai que jouer avec eux et je leur raconterai pleins d’histoires. Dis-je en souriant.
- Tu sais, c’est très important pour le développement des enfants, c’est comme ça qu’il s’éveille, qu’ils apprennent et qu'ils deviennent intelligents. Affirmais-je sérieusement en hochant la tête.

J’avais lu ça dans un livre. J’avais trouvé ça génial. Il n’y avait donc aucune raison que je pense autrement.


- Pour mes études et ma vie, ça changera rien. Je sècherai les cours comme maintenant et je sortirai quand je veux. Quand ils seront en âge, je les emmènerai avec moi à des concerts, en boîte… ça sera chouette. En plus, ce qui est bien, c’est que je suis asiatique. La plupart des gens n’arrivent pas à donner un âge aux asiat ; ils font jeunes très longtemps et paf ils deviennent vieux d'un coup. Je pourrai passer pour leur grande sœur. Mais bon, on en n’est pas encore là ! Maintenant toi, si t’as peur ou si t’as pas envie de t’occuper d’eux, t’es pas obligé. J't’avais diiit avant que je ne te demanderais rien. J’t’en voudrais pas tu sais.

Sur le moment j'étais sincère. Si Lotus regrettait de m’avoir mise enceinte et s’il ne pouvait pas assurer la suite, ce n’était pas si grave. Les mères célibataires se multipliaient comme des petits pains depuis quelques décennies. Alors, je viendrais grossir cette catégorie sans aucun complexe. Je me montrais sans doute insouciante mais c’était très bien comme ça. Morgan se faisait un sang d’ancre pour deux. Oui, il devrait se droguer un peu ou porter des lentilles de couleurs pour ne pas voir tout en noir. Lorsqu’il dit qu’il avait une vie à gâcher, je ne compris pas son raisonnement. Jusqu’à présent, je ne l’avais jamais vu sous cet aspect. Lotus aurait-il perdu tout sens de l’humour ? A moins que ce ne soient ses histoires d’amour complexes qui lui bouffaient le cœur et les neurones. Mon pauvre Lololito, il ne méritait pas de souffrir comme ça. Et moi, je ne méritais pas qu’il me fasse la morale comme il essayait de le faire.

- Tu devrais prendre un peu de MJ, ça te détendrait !

MJ en référence au surnom dont il m’avait affublée quelques instants plus tôt. Marijuana, j’avais trouvé ça limite ; je préférais My Love, c’était plus sympa quand même. D'un autre côté, je trouvais amusant de dire quelque chose qui pouvait être interprété d'une autre manière

- Bref, passons. Pense à autre chose. Faut qu’on leur trouve des prénoms. T’y a déjà pensé peut-être ? Faut faire gaffe, le prénom c’est vachement important. On le porte toute sa vie. Faut qu’on trouve des prénoms super cool qui nous plaisent à tous les deux en plus...

Petit moment de réflexion intense. C’était déjà compliqué de trouver un prénom, alors deux, c’était un vrai casse-tête. Après quelques secondes, constatant un oubli, je sursautai.

- Ah ouiiiiiiiiii ! Au fait ! Faut que le prénom s’accorde avec le nom pour pas que ça soit moche. Pour ça faudrait savoir quel nom ils vont porter… le tien, le mien, les deux ? T’en penses quoi toi ?
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Sam 19 Mai - 21:41

Tu peux. Bon. Et comment, si c'est pas indiscret ? Oh, une nourrice ! Bien, bravo ! C'est vrai que c'est une solution. Finalement c'est pas elle que je plains, c'est les gosses. Le développement de l'enfant mais bien sûr. Elle veux se comporter comme une amie, en fait elle veut un petit frère, pas un fils. Une poupée barbie peut-être ? Elle se rend vraiment pas compte de ce que c'est que d'être parent. Et maintenant qu'elle me dit qu'elle sèche ses cours, je n'ai plus tant que ça envie de la plaindre. Elle a décidé de foutre sa vie en l'air, qu'est-ce que je peux y faire ? C'est un processus déjà engagé. Elle ne voit rien parce qu'elle ne veut rien voir. Si elle doit un jour s'apercevoir de quelque chose, il sera trop tard. Ou sinon, elle peut avoir une vie super sans passer par l'école. Elle peut y arriver, mais encore faudrait-il qu'elle le veuille. Voir des concerts quand ils seront grands, rien que ça. Mais ils seront pas grands avant longtemps, nos gamins, et le temps va lui paraître long si elle attend cet âge-là. L'avantage d'être asiatique, ouais j'y ai déjà goûté. Si elle m'avait parlé de ça avant j'aurais jamais accepté de lui faire ce que j'ai fait. Mais elle le sait sans doute, pour ça qu'elle m'a laissé croire qu'elle était plus âgée.

Moi... Moi j'ai peur, oui. Et j'ai pas envie de m'en occuper, c'est vrai. Mais ça me fait mal de l'entendre le dire. Qu'elle m'en veuille ou pas, c'est pas la question. J'suis pas moins coupable pour autant. D'ailleurs, ça me fait encore plus mal qu'elle m'en veuille pas. Elle me rappelle que j'suis un connard qui l'a mise enceinte sans réfléchir de façon tout à fait volontaire. Un connard qui n'assumera pas. Même si je le voulais, je pourrais pas réparer ça. Sa nourrice vaudra toujours mieux que mon zèle. Et pourtant, ça me tue de l'entendre trancher un à un tous les fils qui me rattachent à nos enfants. Elle essaie de se débarrasser de moi. c'est dans mon intérêt, alors pourquoi ça me torture ? de la MJ, elle en a de bonnes tiens. Super, j'ai vachement envie de me droguer depuis que je suis le dernier des salauds. Mais le pire, c'est qu'elle a l'air de le penser vraiment. C'est bien la première fois qu'on me dit, à moi, de me rouler un joint et d'inspirer profondément avant d'ouvrir ma gueule. D'ordinaire c'est plutôt moi qui dit ça. Je me considère pas comme quelqu'un de coincé, mais là faut admettre qu'on est dans la merde tous les deux. Y'a juste elle qui veut pas le voir. Les prénoms. Comme si j'avais la tête à chercher des prénoms potables. Je sais que c'est un fardeau à porter toute sa vie, mais honnêtement un peu plus ou un peu moins ridicule je crois pas que ça change grand chose pour des mômes dont la mère se prendra pour leur meilleure copine. En plus, des prénoms super cools ? Elle a une drôle de définition d'un bon prénom. Moi je serais un des mômes j'essaierais de me suicider en entendant ça au-dessus. Enfin, au moins elle pense à accorder le prénom et le nom. C'est déjà ça. Mais j'ai quand même envie de pleurer. Pour elle, pour moi, pour les mômes.

« Sacha. Sacha Holster, ça va bien. Je vois pas l'intérêt de leur donner mon nom, après tout c'est plus tes mômes que les miens. Je te laisse trouver l'autre prénom vu que c'est toi qui t'occuperas d'eux. »

Et puis Sacha Jayden ça le ferait pas. Ma voix est devenue très douce d'un coup. Calme calme je suis calme, vide j'ai la tête. Connard pour connard, autant l'être jusqu'au bout. J'ai essayé d'être gentil. Je l'ai mise enceinte, et elle a fait fuir mon amant. Même si je sais que c'était parce qu'elle m'aime bien, je commence à en avoir marre. Marre qu'elle cherche à me sauver de tout et de rien, marre qu'elle m'ouvre les yeux sur des trucs que j'ai pas envie de savoir. Mes ongles n'intéressaient personne avant elle, et puis je lui ai fait des gosses et Andy m'a fait la morale à ce sujet. Le seul qui se fichait que je le coupe ou le griffe, ça a été Adam. Owen ? Aden ? Je m'embrouille. Je sais plus son nom. Je crois que j'ai le vertige. Tout ça me prend la tête. Pourquoi j'en suis là ? Je l'ai laissée entrer chez moi, elle était sympa. Faut se méfier des gens sympas. Cette fille, pourquoi elle m'a fait ça ? Quand je repense à ce qu'on a fait j'ai la nausée. J'ai envie de pleurer. Je me lève. Faut que je parte d'ici. Salaud pour salaud, je peux bien la planter là. Faut que je voie Adam, qu'on s'explique. Qu'on se quitte peut-être. Qu'on s'engueule sûrement. N'importe quoi, mais j'ai besoin d'air. Je manque de trébucher.

« Je vais te foutre la paix. Je m'approcherai pas de nos enfants, si c'est ce que tu veux. Je peux disparaître, c'est pas un problème, et t'as pas à te sentir coupable pour ça. Adam... On va pas rester ensemble de toutes façons, donc je te reprocherai pas ça non plus. Mais arrête de m'aider. J’arrête de te rappeler que tu es en train de gâcher ta vie et tu arrêtes de me rappeler que Genetic existe, c'est un bon deal non ? Pour qu'on soit clairs, rappelles-moi si t'as besoin de moi, mais sinon je préfèrerais que tu sortes de ma vie. Maintenant tu peux m'en vouloir. »

Je fuis. J'ai été vache, et je m'en fous. Je lui ai reproché cette histoire avec Adam alors qu'elle y est pour rien. Je loupe une occasion en or de manger à l’œil et je m'en fiche. Je suis en train de me fâcher avec la mère de mes enfants et je m'en fiche. Je me fiche de tout, et de l'univers et du reste. Je veux juste être seul. Seul et anonyme. Mais la deuxième partie j'y crois pas. Seul, ça sera déjà bien. Je manque de me cogner dans le mur en sortant. De l'air. Les gens me regardent. Hors du salon privé, je suis un énergumène comme partout ailleurs. Pas grave, ça leur fera les pieds. Je sais déjà que sortir ne me fera aucun bien, que j'aurais toujours cette impression d'étouffer. Je sais que je vais me sentir encore plus mal une fois dehors. Je sais qu'être seul va me terrifier. Que je n'oublierai rien. Que tout ça va continuer. Mais j'ai envie de croire qu'il me suffit de sortir et de respirer l'air pas frais de la ville pour me sentir un peu moins odieux.

De l'air donc. Et après moi le déluge.
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Jeu 24 Mai - 17:25

Les sourcils de Mary Jane se froncèrent et ses yeux se plissèrent progressivement alors qu’elle parlait à Morgan. Il faisait une de ces têtes ! Il était bizarre aujourd’hui. Ok, il était tombé des nues en apprenant la grossesse gémellaire, mais bon, c’était pas un drame quand même ! Pourtant il était sérieux comme un croquemort. Et encore ! Un croquemort à côté avait une bille de clown. En plus de ça, il lui faisait la morale. C’était la meilleure de l’année celle-là ! Lotus n’esquissa pas le moindre sourire à la suggestion de la chipie de prendre de la MJ. Cette plaisanterie destinée à le détendre était complètement ratée. Il ne releva même pas. Habituellement, il était le premier à déconner et à rebondir sur ce genre de choses. Là rien. Enfin si, une tête de cent pieds de long. Il avait l’air soucieux. Bah ça alors, elle n’aurait jamais pensé qu’il était du genre déprimé. Certes, elle l’avait déjà vu se prendre la tête et se tourmenter avant qu’il n’accepte de la mettre enceinte, mais après, il s’était ressaisi.

Que lui arrivait-il aujourd’hui ? Pour sûr, ses histoires d’amour le travaillaient trop. Il était toujours dingue de son Andy et il était aussi amoureux d’Owen. En y réfléchissant, il y avait de quoi être démoralisé. Oui mais à ce point, c’était pas normal, surtout chez lui. Il avait l’air si triste ; Mary Jane se demandait s’il n’allait pas fondre en larmes comme un gamin. Il ferait mieux de se prendre un troisième amant pour chasser les deux autres de son esprit !


*Pauvre Lololito* Pensa-t-elle avant de passer à autre chose.

Ils avaient déjà abordé le sujet des prénoms une fois, mais ils n’avaient rien décidé. Normal, la conception n’avait pas encore eu lieu à ce moment là. La jeune fille bondit presque de sa place quand Lotus proposa le nom de Sasha.


- Mais ouiiiiiiiii ! J’m’en souviens. Même que t’avais dit que quand t’étais petit tu rêvais de t’appeler Sasha ou Shalin. Bah c’est cool ça ! Ils me plaisent bien ces deux prénoms. Adjugés, vendus !

Morgan avait raison, « Sasha Holster » sonnait bien ; « Shalin Holster » également. Minute. Pourquoi Holster et pas Jayden ou Jayden-Holster ? Son ami lui avait bien fait croire qu’il les reconnaîtrait non ? Il ne l’avait peut-être pas exprimé clairement mais tout ce qu’il avait dit à côté le laissait supposer. Mais pourquoi la regardait-il avec un drôle d’air ? Enfin drôle, façon de parler, il semblait fâché. Pas content après lui et pas content après elle. Mary Jane n’avait rien dit qui puisse le vexer pourtant, si ? Non, au contraire, elle avait essayé de le rassurer. Elle lui avait même dit que s’il ne pouvait pas s’occuper des gosses, elle ne lui en voudrait pas. Elle ne pouvait pas être plus sympa. Il n’avait rien demandé, c’était normal qu’elle ne lui impose rien. Une MJ compréhensive et accommodante, ce n’était pas tous les jours que ça arrivait. Lotus devrait être ravi et sauter de joie après ça. Au lieu de ça, il l’envoya bouler comme une malpropre. Si Mary Jane n’avait pas déjà été assise, elle serait tombée à la renverse. Elle s’était trompée sur son compte alors ? Sympa, drôle, décalé, cool : ces termes ne collaient pas au personnage du jour.

Le temps pour Mary Jane de s’en remettre, le jeune homme manqua d’embrasser le mur en quittant le salon sans plus attendre. L’effet de surprise passé, la jeune fille ne pouvait pas croire que Morgan, son Lololito, était méchant. Quelle mouche l’avait piqué ? Lotus n’allait vraiment pas bien. Elle ne pouvait pas le laisser comme ça. Elle ne comprenait plus rien. Quand Mary Jane ne comprenait pas la réaction d’un ami, elle s’inquiétait. Elle n’aimait pas ce sentiment. Aussi faisait-elle tout pour le chasser. Pour cela, elle devait en connaître les raisons. Elle se lança alors à la poursuite du jeune homme. A peine mit-elle le pied en dehors du Poséidon, qu’elle cria le nom de :

- Lololitooooooooooooooo

Inutile de monter le son de sa voix, Morgan se trouvait à quelques mètres d’elle, sur le côté. Elle ne l’avait pas vu en sortant. Elle s’approcha de lui et le regarda d’un air abasourdi.

- J’ai jamais dit que je ne voulais pas que tu t’approches des gosses. J’ai jamais demandé à ce que tu me foutes la paix. Pour le peu qu’on se voit ! Et j’me sens pas coupable, j’ai rien fait de mal. Toi non plus d’ailleurs. Mais qu’est-ce que t’as aujourd’hui ? T’es devenu dingue ou quoi ? Demanda-t-elle en mettant ses mains sur ses hanches.

Le ton n’était pas agressif mais plutôt curieux. Elle voulait juste comprendre ce qui n’allait pas chez son ami. S’il croyait qu’elle allait partir et le laisser derrière elle, il se trompait. Mary Jane n’avait pas beaucoup d’amis. Elle tenait au peu qu’elle avait. Elle devenait un vrai pot de colle s’il le fallait. Morgan avait intérêt à lui répondre s’il ne voulait pas l’avoir sur son dos pendant des heures.


- Tiens, d’ailleurs, en parlant de dingue, t’en es où du club de défense des fous dont t’avais parlé une fois ? Tu te rappelles j’espère ? Parce que si tu t’en rappelles pas, là je crois que c’est de début de la fin pour toi. Ajouta-t-elle pour paraître moins envahissante qu’elle ne l’était.
- En tout cas, je ne sortirai pas de ta vie tant que tu ne m’auras pas offert le string que tu m’avais promis.

Même s’il lui faisait ce cadeau qu’elle n’attendait pas vraiment, elle ne laisserait pas tombé. Il était son ami, elle l’aimait comme tel. Tant qu’elle n’aurait pas la certitude que ce n’était pas réciproque, elle ne lâcherait pas.
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Ven 25 Mai - 21:17

Ma gorge se serre. Elle se souvient. Les prénoms que je lui avais sorti, elle s'en souvient. Foutue gamine, pourquoi elle fait tout pour avoir l'air aussi innocente ? Pourquoi t'es un ange My love ? Pourquoi tu veux pas me détester alors que je suis en train de remettre en cause ce que je t'ai promis ? Pourquoi tu veux pas comprendre que j'suis en train de te laisser tomber, même si ça me fait un mal de chien ? Je suis obligé d'être plus clair, j'aime pas ça. Mais tant pis. J'ai besoin d'air. Besoin de partir, d'oublier toute cette sombre histoire. J'essaie de ne pas l'écouter m'appeler, de ne pas l'entendre. Je voudrais lui demander pardon, lui dire que je suis perdu, que je ne l'abandonnerai jamais. Mais c'est pas vrai. J'ai pas envie de ces gosses et je sais au fond de moi que je la lâcherais à la première occasion. J'aime bien My love, mais je n'ai pas envie de passer ma vie avec elle. Je peux m'occuper de nos gamins si elle me demande. Enfin je crois. Je sais pas. J'ai juste pas envie qu'on se revoie plus que nécessaire. Elle fiche ma vie en l'air en plus de la sienne. J'suis sûr que je pourrais vivre peinard même avec des gamins, mais avec elle dans les pattes, non. Je suis de mauvaise foi, je m'en rend compte, un peu. Elle veut juste me protéger, je le sais. J'ai juste pas envie de lui laisser sa chance.

Les gens me regardent. Pas grave. J'ai l'habitude. Une fois dehors, rien n'a changé. Normal. Je m'y attendais. J'espérais quand même, mais faut pas trop en demander aux dieux il paraît. Je respire, ça me fait aucun bien. J'ai besoin d'un canapé. Sauf que ça se trouve pas vraiment à l'état sauvage dans les rues de Los Angeles, donc le mur ira très bien. Flûte. Il est presque confortable le bougre. Je crois que j'arriverai pas à m'en décoller avant demain. My love sortira avant. Tant pis, elle verra que je suis un clochard. Peut-être que ça lui fera comprendre que je suis pas fréquentable. Tiens, elle arrive justement. Je ne suis pas là. Je suis mort. Le malheur, c'est que n'être pas là ne me rend pas invisible. Repéré. Ce sermon, je le mérite, mais j'aurais préféré l'éviter. Parce que c'est le signe qu'elle serait fichue de me pardonner. Et faut pas qu'elle me pardonne. Elle me cherche des excuses. C'est mal parti. C'est tout juste si elle me reproche d'avoir sous-entendu qu'elle puisse être coupable. Mais elle se trompe. Je suis coupable. Elle aussi. Pour les gosses. Pour d'autres trucs sûrement. Si on laisse la liste s'allonger... je sais pas ce qui va arriver, mais je sais que ça sera mal. Elle essaie de me rappeler des trucs sympas. Mais là, maintenant, j'en ai rien à faire. Ce sont de bons souvenirs, mais je préfère mon marasme. Je fais l'effort de faire la gueule. C'est qu'un mauvais moment à passer. Un moment à tout renier. C'est faisable.

« Tu vas devoir pourtant, parce que je veux pas te revoir à moins que t'aies besoin d'un truc. Ton string, tu peux te l'acheter toi-même. J'veux pas qu'on soit un couple, j'veux même pas qu'on soit amis, j'veux juste que tu me fiches la paix. »

J'ai l'impression de me casser en mille morceaux. Waoh. C'est moi qui ai dit ça ? Heureusement que le mur est là, je sais pas si je tiendrais encore sur mes jambes sans lui. La foudre aurait du me tomber sur la tête au premier mot, pourquoi je suis encore en vie ? Nan, c'est pas la bonne question. Pourquoi ça me fait aussi mal de lui dire ça ? Je me souviens, quand on s'est rencontré, je me suis même pas demandé qui elle était. Elle avait besoin d'aide, j'étais là. J'ai toujours fonctionné comme ça : ce qu'on me demande je le donne à moins de ne pas le pouvoir. Comme ça que je me suis porté volontaire pour être un père et un amant exemplaire. J'avais jamais eu de problèmes avec les conséquences de mes décisions arbitraires jusqu'ici, mais je crois que les jumeaux sont la goutte d'eau qui fait déborder le barrage. Et le barrage, c'est moi. J'ai plus de force, j'arrive plus à faire bonne figure. Tandis que mon masque craque, se lézardant de part en part, j'essaie tout de même d'achever ce que j'ai commencé. Une dernière parole dure, juste pour qu'elle s'en aille.

« S'il te plait. »

Ma voix est caverneuse. Je sais que je n'ai plus aucune crédibilité. Je suis misérable. J'ai envie de pleurer. Allez tant pis, je pleure. On dit que ça fait du bien, peut-être que ça m'aidera à me supporter. Ce qui restait de moi-même s'écroule, le mur ne suffit plus à me porter. Mes jambes, tremblantes depuis qu'elle est réapparue, ont cédé. Maintenant j'ai vraiment l'air d'un clochard. Je suis pathétique. La connaissant elle va vouloir me venir en aide. Elle va prendre ma faiblesse pour le signe que j'ai besoin d'être aidé alors que c'est justement son aide qui m'étouffe. Si elle était pas cette fille mystérieusement liée à un foutu club de scienteux bizarre, si elle était pas mineure, si elle portait pas mes enfants, je serais en train de lui demander la couleur qu'elle veut pour son string. Je lui demanderais d'être trésorière pour notre fondation d'aide aux dingues en tous genres. Je lui dirais à quels concerts j'ai l'intention d'aller aux prochaines vacances, je lui demanderais si elle veut m'accompagner. Je lui ferais faire des gages débiles et je lui apprendrais à faire des cocktails sympas. Mais j'suis un connard, elle une aveugle, et on va avoir deux enfants. Replié en position fœtale, je regarde mes poignets. Mon doigt retrace la fine cicatrice du gauche, perceptible uniquement au toucher. Je suis plus un gamin, je sais comment on fait maintenant. Il suffirait de me trancher, vite, dans le sens de la longueur. Je peux le faire. C'est même honteusement facile avec mes ongles actuels. Est-ce que j'ai envie d'être ce genre de connard-là ?

« J'suis désolé. C'est pas un spectacle pour une jeune fille. Rentre chez toi. »

En vrai, je sais pas si j'ai envie de faire ça. C'était une solution possible, avant. Je pensais pas y repenser un jour. C'est pas comme si je l'avais jamais voulu pour de bon. C'est le changement de mes ongles qui a provoqué ça, je pensais pas risquer quoi que ce soit. Je me suis réveillé en très mauvaise forme, et avec la certitude de ne plus jamais, jamais approcher mes ongles de mes veines sous aucun prétexte. J'ai jamais voulu mourir. Pas sérieusement. Pourtant, là, j'y pense. Pas de cette façon magique et idéalisée qui permet aux dépressifs de tenir le coup. Pas de façon effrayée, ou acculée. J'ai l'impression d'avoir le choix. Juste le choix. Souffrir un bon coup, comme un chien, jusqu'à-ce que j'aie perdu assez sang. On continuer à vivre et en baver de façon plus diluée. Je sais pas quelle est l'option de facilité. Les deux m'ont l'air lâches. Je planque mes mains derrière mon dos. Mieux vaut éviter la tentation. J'ai pas de prière pour éloigner de moi les pensées indésirables, alors je me récite les noms des fleuves et de leurs affluents comme un mantra. Doux murmure incompréhensible qui me fait contrôler mon souffle. Puis je passerai aux capitales et aux types de régimes ainsi qu'aux défis majeurs de chaque État. Autant penser à quelque chose d'utile.
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Mary Jane Holster


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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Lun 28 Mai - 0:23

Pourquoi ? Mais pourquoi Morgan faisait-il la tête comme ça ? Pourquoi ?
Mary Jane n’avait rien dit ou fait qui puisse l’offusquer pourtant ! Ah si, peut-être n’avait-il pas apprécié ce qu’elle avait dit sur son Adam à deux balles ? Oui mais non, après il lui avait dit qu’il n’allait pas rester avec ce psychopathe.

Bah alors, pourquoi ne voulait-il plus la voir ? Pourquoi ?
Elle avait toujours respecté son intimité. Elle n’avait jamais débarqué chez lui à l’improviste. Elle ne s’était jamais montrée envahissante avec lui. Bon ok, elle était peut-être un peu trop bavarde, mais Morgan n’était pas en reste non plus lorsqu’il s’y mettait. Elle puait le fromage ou quoi ? La chipie ne comprenait vraiment pas pourquoi son ami la rejetait ainsi.

Le string, elle s’en fichait complètement. C’était simplement pour donner un peu de légèreté à ce face à face qui devenait de plus en plus désagréable. Elle n’avait jamais eu, n’avait pas, et n’aurait jamais, l’intention de former un couple avec lui. Il sortait ça de quel chapeau ? Elle n’avait jamais rien fait pour qu'il puisse penser une telle chose. C’était du grand n’importe quoi !

Jusque là, la jeune fille ne le prenait pas trop mal. Elle se disait que Lotus n’allait vraiment pas bien. C’était un mauvais moment à passer. Il allait se ressaisir. Raté ! En beauté en plus. Il ne voulait plus être son ami. Sbaff ! D’un coup, tout s’effondra. Les amis de Mary Jane se comptaient sur les doigts d’une main et voilà qu’un de ses doigts était subitement bouffé par la gangrène. Elle était en train de le perdre et ça faisait mal. Un mal de chien ! Dans quelques minutes, le doigt se détacherait de sa main. Elle perdrait le père de ses enfants mais surtout un ami. Elle ne pouvait pas l’accepter.

- NON ! Ca ne me plait pas. Protesta-t-elle avec véhémence.

La jeune fille s’était montrée extrêmement patiente, chose assez rare chez elle. Elle avait essayé de le comprendre sans y parvenir. Comment le pouvait-elle d’ailleurs, aucune explication ne lui avait été donnée. Morgan avait fait l’impasse sur toutes ses questions. Il s’était replié sur lui-même avant dépassé les bornes. La tristesse fit place à la colère. Il la jetait comme un mouchoir sale et c’était lui qui pleurait. Le monde à l’envers. Elle avait de la peine pour lui, pour elle. Sa tristesse fit place à colère. Poussée par la rage, elle donna un coup de pied dans la jambe de Morgan. Au moins, il pleurerait pour quelque chose ! Pourquoi pleurait-il d’ailleurs ? Il avait pitié d’elle ou quoi ? Mary Jane n’en voulait pas de sa pitié. Il pleurait sur lui ? Il avait raison car il était pitoyable. Même s’il ne l’avait jamais considéré comme une amie, il n’avait pas à la traiter de cette façon. Mary Jane avait son petit caractère mais elle n’était pas profondément méchante. Lui si ! Elle ne demandait qu’un peu d’attention et d’affection, rien de plus. Alors qu’il aille au diable ! Mais quand même, elle aimerait comprendre.


- Pourquoi ? POUR...QUOI ?

Se prendre une claque dans la figure, d’accord. Mais à quoi servirait-elle s’il n’y avait pas de raison ? Une punition sans explication n’avait aucun intérêt !

- Je croyais que t’étais pas comme tout le monde. J’me suis trompée. Pas grave, ce n’est pas la première fois, ce ne sera pas la dernière. J’vais te foutre la paix, mais avant, j’veux savoir pourquoi ?

La tempête s’était levée sur l’océan de l’amitié. Le bateau avait heurté l’énorme rocher de l’incompréhension. II allait bientôt couler en pleine mer de la bêtise humaine. Les secours n’arriveraient sans doute jamais à temps pour sauver les survivants. Ils allaient crever à petit feu, noyés par la cruauté d’un monde pas fait pour eux.
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Lun 28 Mai - 9:51

Rebelle. Rebelle et obstinée. Pourquoi elle me colle pas une ultime baffe afin de sauver sa dignité ? J'ai été aussi méchant que je le pouvais, je lui ai jeté à la figure tout ce que je pouvais trouver de blessant, j'ai rompu mes engagements envers elle, je l'ai accusée d'être responsable d'à peu près tout ce qui m'arrivait, je lui ai refusé jusqu'au droit de me parler, la plantant seule dans un salon privé. Je l'ai obligée à me courir après devant tous les clients réguliers, à exposer en pleine rue tout ce qui aurait du se dire à l'écart des oreilles indiscrètes, à me demander des comptes entre deux poubelles publiques dont l'une va bientôt me servir d'oreiller si je continue comme ça. D'un certain côté, c'est logique qu'elle ne l'admette pas. Mais quelqu'un de normal aurait déjà renoncé, ne serait-ce que pour se préserver. Quand quelqu'un a décidé de vous faire souffrir, rester en sa compagnie est la dernière des choses à faire à moins d'être assez proche pour se sentir relativement en sécurité malgré l'aura meurtrière du ou de la concernée. Elle peut ne pas comprendre, elle peut refuser d'accepter ce qui se passe, mais le dire comme ça est le meilleur moyen de se faire remuer la plaie autours du couteau. Elle me donne la possibilité de la blesser davantage encore. Comme si tout ce que j'avais fait suffisait pas.

Pourquoi ? Pour rien. Absolument rien, My love. Je suis juste mal parce que je viens de réaliser que nos gamins partaient grâce à nous avec un sérieux handicap dans la vie et que je pouvais pas réparer ça à moins de disparaître. C'est fun tu vois, vachement cool. Je sais pas comment je suis passé de là à la volonté de lui faire mal. Je crois que j'en ai simplement eu marre de faire semblant de bien le prendre. On peut me demander beaucoup de trucs, la plupart du temps je bronche pas. Il peut m'arriver un tas de malheurs, je m'efforcerai toujours de plaisanter un peu sur le sujet pour faire passer la pilule. Mais là, c'est pas une question de malheur et de serviabilité. On a fait une connerie tous les deux, et elle veut pas reconnaître que c'en est une. Elle préfère le pays des bisounours, où tout se passe bien et où on se fait tous des bisous. Pourquoi je veux lui faire mal ? Pour qu'elle laisse tomber le masque. On peut jouer avec beaucoup de choses, et la vie humaine n'en fait pas partie. Si elle ne veut pas l'admettre, tant pis : moi je jette l'éponge, et je laisse à sa nourrice le soin d'essayer de raisonner cette future jeune mère.

Ah tiens, ça y est, elle a craqué. Raté fillette, je suis bel et bien comme tout le monde, quoi que tu veuilles entendre par là. Si tu voulais croire qu'il existait dans le monde quelqu'un qui ne te décevrait jamais, effectivement je suis pas ce gars là. Personne le sera. Mais tu te décourages pas pas vrai ? T'as déjà été déçue, trompée, trahie, et tu continue de chercher. Brave petit ange. Mais être généreux, gentil, patient ne suffit pas. Il faut aussi à un moment ou un autre accepter de souffrir ou de faire souffrir les autres, il faut se retrouver devant le choix difficile de privilégier l'autre ou soi-même, il faut parfois même blesser l'autre consciemment pour son propre bien. Les relations humaines ne sont pas l'océan de tranquillité conviviale dont tu rêves, My love. Ce n'est pas parce que le père de tes enfants est gay qu'il ne te fera jamais souffrir, ni que tu ne le feras jamais souffrir, et tu aurais dû le savoir dès le départ. Mais ce n'est pas ton style pas vrai ? Tu préfères garder tes lunettes de soleil hors de prix et te dire que tout va aller pour le mieux. Et tu oses me demander encore pourquoi ? Je vais te répondre, puisque tu veux bien partir après ça. Je vais même me relever pour le coup. Ah non, manqué. Tant pis, tu entendras mes raisons depuis le sol.

« Pour que tu te réveilles, gamine ! Que tu te réveilles et que tu te prépares à souffrir, et crois moi tu vas souffrir à faire confiance à la nature humaine comme tu le fais. Moi, que je sois là ou pas rien ne changera. Tu as déjà tout planifié, et quand ton plan s'écroulera ma bonne volonté ne suffira pas à te relever. Alors j'aime autant pas être là quand tu va plonger. J'suis gentil, enfin je crois, aider les gens ne me dérange pas. Mais quand y'a pas d'espoir je préfère être un salaud que de me mettre en miettes pour quelqu'un d'autre. Tu vois, j'suis égoïste, comme tout un chacun sur cette planète. Si tu cherches quelqu'un qui ne l'es pas je te souhaite bien du courage. »

J'aurais pu me contenter de dire simplement "pour rien" mais elle aurait été fichue de tempêter et de rester jusqu'à ce que je lui donne une raison qu'elle puisse considérer comme valable. C'est à dire jusqu'à la fin des temps. Or, je voulais qu'elle s'en aille. Maintenant, il ne me reste plus qu'à dormir là, en pleine rue, et demain je me réveillerai en cellule et j'aurai tout oublié. Peut-être. Je voudrais déjà être complètement détaché de cette histoire, mais j'y arrive pas et ça me fait toujours autant mal. Être un salaud, c'est pratique, mais encore faut-il en avoir la force. On peut pas dire que j'appartienne à la race supérieure. Faire souffrir les autres me révulse, même quand c'est pour leur bien ou pour sauver ma tête. C'est à se demander comment je ne suis pas encore mort. Je suppose que ça viendra bien assez vite. J'suis un idéaliste moi aussi. Sauf que moi, quelqu'un m'a piqué mes lunettes roses, et ça fait mal aux yeux. Casse-toi My love. Reprend ton rêve, et profites-en bien jusqu'à ce qu'il se brise. Au moins tu auras eu ça.
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MessageSujet: Re: L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]   Dim 3 Juin - 0:10

Mary Jane découvrait Morgan sous un autre angle. Un angle abrupt et acéré. Aïe, ça faisait mal de le percuter. Lui qui était si cool, il ne la faisait plus rire. Il ne délirait plus. Enfin si, il délirait mais pas dans le bon sens. Il était dans un mauvais trip où il se plaisait semblait-il. S’il continuait ainsi, il crèverait sur le trottoir, duquel il ne décollait plus, comme un vieux chien. Que s’était-il passé dans sa vie pour qu’il en arrive à un tel stade ? Ok, l’amour de sa vie ne l'aimait plus depuis longtemps et son Adam s'était moqué de lui, mais ce n’était pas une raison de faire payer ses déboires amoureux à la jeune fille. Qu’il s’en prenne à ceux qui lui faisaient du mal ! Pas à elle. Mary Jane avait toujours été gentille avec lui. Ils s’étaient bien amusés ensemble. Il n’avait pas à être aussi méchant. C’était injuste et injustifié. Elle n’y comprenait plus rien.

N’ayant aucune envie de perdre un de ses rares amis, elle fit preuve d’une certaine patience. Elle mit ses réactions étranges sur le compte de la tristesse d’avoir perdu un être cher. Elle fit même l’effort d’essayer de le comprendre et de savoir ce qui n’allait pas. Il pleurait. Pauvre Lololito ! Pleurait-il sur sa bêtise ou sur lui-même ? Les deux sans doute. Mary Jane était triste pour lui mais il était allé trop loin. Elle était toute retournée. L’effet Lotus s’était évaporé dans l’air vicié de leur relation. Morgan était devenu un être égoïste, cruel et sans pitié. Si on lui avait dit que son Lololito était ainsi, jamais elle ne l’aurait cru… Jusqu’à aujourd’hui où elle se prenait une belle claque dans la gueule.

Il voulait qu’elle se réveille. C’était réussi. Elle était on ne peut plus éveillée. Elle aurait préféré que ce soit un cauchemar pourtant. Se préparer à en baver ? Alors là, il rêvait. Elle était jeune mais pas complètement idiote et encore moins maso. La souffrance n’était pas son but dans la vie. D’ailleurs qui pouvait avoir un tel objectif ? Pas elle en tout cas. Elle ferait tout pour l’éviter. Il pensait être gentil ! La bonne blague. Après ce qu’il venait de balancer à la chipie, il n’était plus possible de le croire. Il la traitait comme une demeurée. Il lui prêtait des intentions qu’elle n’avait jamais eues. Il ne voulait plus être son ami. Il ne voulait plus la voir. Il la rayait de sa vie comme on rayait une faute dans un texte. Mary Jane était réduite à une simple erreur. Alors sa fausse gentillesse, il pouvait se la mettre dans tous les orifices de son anatomie ; elle lui laissait le choix.

Du courage, elle en avait. Si ce n’était pas le cas, il y a longtemps qu’elle ne serait plus de ce monde. Elle s’en était toujours sortie et elle s’en sortirait encore. Elle ne comblerait sans doute pas le vide laissé par la disparation de cette amitié avant longtemps, mais elle n’en serait que plus forte. Elle deviendrait plus méfiante. Elle accorderait son amitié encore moins facilement. Quitte à rester seule avec son chat et à devenir une vieille femme aigrie, elle ne se ferait plus avoir comme une bleue. «Chat échaudé craint l’eau froide ». Aujourd’hui, ce n’était pas de l’eau froide qu’elle se prenait en pleine face, c’était une belle et grandiose douche écossaise. Saisissante au point de vous faire frissonner jusqu’à devenir un glaçon. Ah non, c’était un iceberg que le Poséidon avait percuté. Sauf que là, ce n’était pas le bateau qui coulait à pic mais les illusions de la jeune fille.


- Va te faire foutre, CONNARD ! Hurla-t-elle en donnant un bon coup de poing sur la tête de Morgan avant de tourner les talons et d’héler un taxi qui passait par là.

Plus vite elle s’éloignerait de Lotus, plus vite elle pourrait se laisser aller à ses émotions un peu trop longtemps contenues. C’était rageant de s’être laissée emporter dans cette relation. C’était difficile d’accepter un échec. C’était trop dur de perdre un ami. Mary Jane n’embarquerait plus jamais sur le Poséidon. Le bateau avait coulé, ne laissant derrière lui aucun survivant.

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L'aventure du Poséïdon, nouvelle version [Terminé]

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