..../...................../.....................................................................



 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Are you okay ? [TERMINE]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Aaron O'Hara

Superman au rabais

avatar

Messages : 11417

All about you
Your secret life:
Disponibilité: indisponible

MessageSujet: Are you okay ? [TERMINE]   Dim 20 Nov - 19:37


tumblr

30 août - 11 heures

Arrivé devant la porte de Kensie, je m'arrêtai...
Elle ne savait pas que je venais, peut-être n'était-elle pas là, peut-être n'allait-elle pas non plus apprécier cette visite surprise. Mais en même temps, je ne pouvais pas rester là sans rien faire : depuis notre petite aventure sur les quais, nous n'avions pas pu discuter et je sentais bien que ce qu'il s'était passé l'avait profondément marquée...
Seulement, je n'étais pas certain d'avoir le droit de venir ici pour voir comment elle allait. J'avais cette horrible impression que tout était de ma faute : je lui avais promis une petite mission de routine et elle avait eu droit à une peur bleue, à un moment désagréable. Elle avait failli y rester et elle avait même perdu le contrôle de son pouvoir : elle avait largement de quoi m'en vouloir, largement de quoi vouloir rester cloitrée chez elle plutôt que de venir à Genome pour voir du monde et se remettre lentement.

Elle n'avait pas assisté à la réunion du 28 et c'était tant mieux : je ne voulais pas qu'elle se force à participer à l'échange, elle n'était pas prête à revivre un désastre. Elle n'était pas prête à se remettre en danger pour quelque chose qui ne la concerne pas personnellement. Beaucoup avaient décidé de me rejoindre mais ça ne me plaisait pas : voir des personnes qui m'étaient chère se mettre leur vie en jeu pour sauver Shannon c'était dur.
Eleanor, elle, avait finalement préféré partir : c'était pour le mieux. Elle était enceinte, elle n'avait plus personne ici à part Genome et surtout, elle était recherchée par Genetic. Elle prendrait un avion ce soir, j'irais lui acheter un cadeau plus tard, une fois avoir discuté avec Kensie...

Je frappai doucement à la porte, espérant qu'elle serait là et surtout, qu'elle n'allait pas se renfermer encore une fois. Je savais à quel point perdre le contrôle était dur, je savais que se rendre compte de la portée de son pouvoir mais surtout de l'incapacité à gérer était horrible. J'en avais fait les frais au gymnase et j'avais mis un temps fou à m'en remettre. Seulement, j'avais compris pas mal de choses grâce à mes proches, à toutes ces personnes qui m'avaient soutenu et je pensais pouvoir aider Kensie à mon tour. Elle n'était pas seule, elle devait le savoir, c'était important pour elle et rien que pour elle.
J'entendis des pas se rapprocher de la porte, j'entendis sa voix. J'inspirai profondément pour pouvoir lui sourire franchement quand elle ouvrirait la porte. Je voulais qu'elle sache que tout pouvait aller bien et que cette histoire était à mettre derrière elle. Je me souvenais encore de son état lorsque nous avions quitté le port : elle avait tremblé de tout son être et elle n'avait pu décrocher un mot.

Elle ouvrit la porte et je lui souris. J'aimais bien cette fille en plus de tout ça : elle était naturelle, elle ne se prenait pas la tête et elle avait cette capacité à rire de tout qui était communicative. Seulement, là, aujourd'hui, je pouvais voir sur son visage que ça n'allait... « Alors miss, on hiberne ? On ne t'a pas vu depuis un bail il me semble. Et ton entrainement alors ? Tout ça va se ramollir ! » Je me sentais vraiment naze là...

_______________________________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Kensie F. Lockwood

Sexy Naughty Bitchy Me

avatar

Messages : 3408

All about you
Your secret life:
Disponibilité: Réservations ouvertes

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Dim 20 Nov - 21:12


    C'est dingue ce que les oeufs pourris ça peut puer. Sérieusement. On ne s'en rend jamais compte, parce que la plupart du commun des mortels à la présence d'esprit de les manger avant qu'ils ne pourrissent, mais moi ... moi je savais à quel point ça puait parce que l'odeur embaumait ma chambre. Véritablement infect. A gerber. Je vous dis pas l'état du frigo. En fait ... les dégâts étaient limités parce que mis à part les oeufs et le jus d'orange, il n'y a pas grand-chose. Cela faisait bien dix jours que je n'étais pas sortie. Les courses en règle général, c'est pas très motivant, vous êtes d'accord ? Alors imaginez en plus votre motivation si vous avez manqué de crever à cause d'un pourri - excusez le mauvais jeu de mot - qui peut vous brûler vif à chaque fois qu'il le désir. Ouais, pas top.

    Mon ventre gargouillait, c'était ça le problème. J'avais plus rien à bouffer, je n'avais pas manger depuis trois jours, mis à part les paquets de bonbons qui jonchaient le sol. Pas la peine d'aller les chercher, ils sont vide. J'ai vérifié. Grimace de dégoût bien en place, je prenais la boîte des œufs et la jetai à la poubelle. Soupir. Il faudrait aussi aller jeter la poubelle. Les œufs pourris, c'est comme les crevettes, ça pue et ça laisse des traces de son passage : le parfum super agréable qui donnait envie d'aller recracher son estomac dans les chiottes. Mais là n'était pas mon problème existentiel. Ce serait plutôt : devrai-je prendre ma douche, m'habiller - pour éviter de sortir à poil quand même - et profiter du fait que je descendrai jeter les poubelles pour aller à l'épicerie du coin ? Ou bien devais-je jouer la flemme attitude, aller jeter les poubelles en pyjama - débardeur et short oui c'est un pyjama - et crever la dalle comme la loque que j'étais ?

    Trop épuisée pour réfléchir plus longtemps sur ce problème, je me laissais tomber sur mon lit, en prenant soin de m'éclater le nez contre le matelas et grognais comme une possédée. Si seulement je pouvais être Superman et me déplacer à la vitesse de la lumière ... mais noooon il avait fallu que je tombe sur Pyro. Je suis aussi fan des X-Men que le prochain geek que vous croiserez, sérieusement, mais dans les cas de grande nécessitée, genre quand je crève de faim, contrôler le feu me sert légèrement à rien. Et mon grognement se transformait en cri. Fallait-il vraiment que je me torture moi-même ? Je savais très bien que penser à mon don me faisait penser à cette putain de mission de merde où j'avais tout fait foirer avec ce pouvoir de médeuh et j'en avais marre, marre, marre. Je frappais le matelas du poing et maugréais comme une folle furieuse. Plus maso que moi ça n'existait pas. Et puis comme ça, d'un coup, je me levais, décision prise. Il était temps que je sorte. Ça ne servait à rien que je m'enfonce dans ma misère. Personne n'était mort, du moins, pas du côté de Genome ... pas cette fois-ci et je devrais en être contente.

    Mon passage éclair sous la douche n'aida pas mon humeur. Pourquoi est-ce que je pensais à la mort ? Pourquoi est-ce que je faisais tout, mais absolument tout, pour repenser à Bryton alors qu'il ne servait plus à rien de ruminer sur les choses passées ? Parce que j'étais maudite et que j'entraînais la mort sur mon passage. L'incendie que j'avais déclaré quelques jours auparavant dans ce hangar ... combien avaient péris ? Je n'avais pas cherché à avoir le nombre exact et ce principalement parce que je n'ai pas pu parler pendant un petit bout de temps. Je ne sais pas vous, mais quand quelqu'un essai de vous étrangler, ça passe l'envie de papoter et ça laisse une trace autant physique que mentale. Heureusement pour moi, je cicatrice vite et les traces autour de mon cou ont vite disparues. Je ne suis pas retournée à Genome non plus. A vrai dire, la seule personne que j'ai vue entre ma presque-mort et aujourd'hui, c'est ma soeur. Ce qu'elle fait à Los Angeles je ne sais pas. Je n'ai pas essayé de savoir. Nous nous sommes contentés de parler de papa, de moi, de ce que j'ai appris sur les mutants et peut-être que j'ai mentionné Genetic et Genome à une ou deux reprises. Qui allaient m'en vouloir ?

    Habillée et prête à partir, je l'étais enfin. Mais comme les choses vont rarement comme sur des roulettes, c'est le moment qu'à choisit je-sais-pas-qui pour frapper à ma porte. Quand j'ai dit que j'étais prête à partir, j'ai pas dit que j'étais prête à voir les gens que je connaissais - et je connais très peu de gens. Les cernes sous mes yeux étaient à faire peur et je n'avais pas du sourire depuis des siècles : mon visage était tendu comme un string et pas possible de faire quoique ce soit avec. C'était comme si j'avais osé avoir recours au Botox. Horreur. Tant pis. Au moins si mon visage effrayait mon visiteur je pourrai enfin aller faire mes courses en paix.

    J'ouvrais la fenêtre en priorité, histoire d'aérer la pièce et de faire partir l'odeur de ces foutus oeufs pourris et entre la fenêtre et la porte, trouvais le moyen de me cogner le doigt de pied contre la table. Nom de Dieu ça fait un mal de chien. Je lâchais les pires insultes que je connaissais et sautillais jusqu'à la porte, prête à incendier le con qui avait osé venir me voir. Merde.

    « Alors miss, on hiberne ? On ne t'a pas vu depuis un bail il me semble. Et ton entrainement alors ? Tout ça va se ramollir ! » Sérieux ? Non mais genre ... sérieux ?

    Je roulais des yeux devant l'énormité de la chose. L'univers ne me lâchait jamais la grappe, c'était horrible. La douleur dans mon doigt de pied se fit moins vive et je le posais enfin à terre avant de laisser entrer Aaron.

    « A moins que tu veuilles retrouver le QG en cendres, il vaut mieux pas que j'y mette les pieds. » je fermais la porte derrière lui et le laissais s'asseoir sur la seule chaise qui entourait la table. « Je t'offrirai bien à manger, mais la seule chose que j'ai c'est les oeufs pourris d'il y a deux semaines. » Oui j'étais obsédée par ces foutus oeufs et alors ? J'avais faim et franchement pas envie de le voir lui.
Revenir en haut Aller en bas
Aaron O'Hara

Superman au rabais

avatar

Messages : 11417

All about you
Your secret life:
Disponibilité: indisponible

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Lun 21 Nov - 21:16

Sa réponse aurait pu me faire sourire si je n'avais pas senti la pointe d'amertume qu'elle cachait. C'était bien la perte de contrôle qui l'avait réduite à fuir Genome. Je ne connaissais cette situation que trop bien. Je pris place dans sa chambre d'étudiante. C'était sympa, décoré à l'image de Kensie : coloré, vivant, personnel. Je la regardai elle maintenant : elle avait perdu son sourire et l'éclat naturel dans son regard. Bon, j'exagérais, mais c'était surtout que le contraste avec Kensie telle que je la connaissais était flagrant. Elle me parla d'oeufs pourris, j'y fis à peine attention mais souris quand même : « T'en fais pas, j'ai eu droit à ma dose de bouillie Genome ce matin. » dis-je en agrémentant le tout d'un clin d'oeil complice. Je ne savais pas comment trouver le bouton qui ferait qu'elle lâcherait prise et qu'elle pourrait se détendre.

Je me souvenais de comment j'avais vécu l'après gymnase... J'avais été l'ombre de moi-même durant des semaines. Durant des semaines, j'avais porté sur le dos un fardeau horrible : la mort de ma soeur jumelle ainsi que la mort de presque une vingtaine d'étudiants en plus. J'avais du peu à peu me rendre à l'évidence : je n'avais pas été le seul à perdre le contrôle ce soir-là. Seulement, je me souvenais parfaitement que tout avait commencé dans les vestiaires entre Harwell et moi, puis avec l'autre type que Ross connaissait. Tout s'était enchaîné tellement vite que nous n'avions pu que subir et accepter les conséquences... Abigaël n'aurait pas du mourir : elle était arrivée en retard, elle était arrivée alors que tout avait commencer à mal tourner. Elle était morte parce qu'elle avait voulu aider les autres jusqu'au bout et parce que les structures du bâtiment avaient été défoncées par le monsieur gravité et moi. La culpabilité avait été grande et j'avais eu une peur bleue de réutiliser mon pouvoir après ça. Je l'avais fait pourtant, je l'avais fait durant cette mission avec Kensie et Adam et je l'avais aussi réutilisé durant la mission avec Shannon... D'ailleurs, Kensie n'était sûrement pas au courant de l'enlèvement de Shannon. Elles ne se connaissaient pas mais je lui avais déjà vaguement parlé de ma cousine.

Finalement, je décidai d'employer la tactique frontale : aller droit au but pour en finir une bonne fois pour toute. « Ecoute, je sais comment tu te sens. Je le sais parce que je l'ai vécu. Je ne t'ai jamais vraiment parlé de la mort de ma soeur, n'est-ce pas ? dis-toi que tu as perdu le contrôle dans un lieu où il y avait très peu de personnes et que s'il y a eu des victimes, elles n'étaient pas innocentes puisqu'elles ont tenté de nous tuer. » J'inspirai longuement, ravalant ma salive. « De mon côté, il y a eu une vingtaine de morts dont ma soeur. Que des personnes innocentes qui n'avaient rien demandé à personne. Alors oui, bien sûr, ça a été un gros concours de circonstances mais je garde en mémoire que mon pouvoir a affaibli les fondations du gymnase et que c'est à cause de ça que ma soeur s'est retrouvée ensevelie sous les gravats... » C'était dur de parler de tout ça encore une fois. Tout le monde n'avait pas eu droit à cette version là. Aujourd'hui, j'espérais qu'elle serait utile à Kensie : parfois, voir qu'il y a toujours pire, ça aidait à avancer.

Toucher le fond pour mieux remonter, c'était bien, mais encore fallait-il savoir comment prendre cette impulsion nécessaire à la remontée en surface. « Je ne te dis pas ça pour que tu plaignes ou que tu sois rassurée en comparant nos victimes. Je veux juste que tu saches que remonter la pente est possible, même si ce n'est pas facile. Il m'a fallu trois mois et je n'ai pas encore terminé mon ascension... » Et là, je venais même de dévaler quelques marches à cause d'une erreur de débutant. Shannon avait été enlevée à cause de mon manque de prudence vis à vis d'un dossier "facile". Comme ce que j'avais promis à Kensie avant de l'emmener au port pour une mission d'information de "routine". Je mettais facilement en danger toutes les personnes qui m'étaient proches, c'était ça en fait, mon pouvoir...

« Je suis désolé pour ce qu'il s'est passé ce soir-là, c'était ma faute... J'aurais du être plus prudent... » Je baissai les yeux.

_______________________________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Kensie F. Lockwood

Sexy Naughty Bitchy Me

avatar

Messages : 3408

All about you
Your secret life:
Disponibilité: Réservations ouvertes

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Dim 27 Nov - 17:00

    Mon ventre criait famine à présent et mon corps me le faisait sentir. Mon estomac se serrait et je le sentais gargouiller, comme s'il essayait de digérer quelque chose d'inexistant, ma tête commençait à me faire mal et mes membres devenaient douloureux, lourds ... je n'avais jamais été hypoglycémique, ma mère avait toujours fait en sorte que cela n'arrive pas ; que j'ai toujours quelque chose de sucré dans mes poches ou dans mon sac, au cas où. Mon père avait pris la relève à sa mort et cette habitude ne m'avait pas lâchée. Jusqu'à aujourd'hui. Était-ce donc ça, le pouvoir du sucre ?

    Je retenais un soupir tandis qu'il me lançait un clin d'oeil. Croyait-il vraiment que les choses s'arrangeraient à l'aide d'un sourire charmeur ou amical, ou peu importe ses intentions derrière et d'un petit clin d'oeil ? Je lui tournais le dos sans rien répondre, sans même lui donner une expression faciale à déchiffrer. Il faudra faire plus que ça mon coco, si tu veux que je revienne. Non pas que j'ai quitté Genome définitivement. Je ne crois pas que j'en serai réellement capable. Je tenais trop à ma liberté pour ne pas me battre contre Genetic.

    Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais quand Aaron a finalement pris la parole. Mais certainement pas à ça. La mort d'un proche est terrible, elle a été destructrice pour moi, pour ma soeur aussi et mon père ... je pleurais encore pour mon père. Les larmes ne coulaient peut-être pas physiquement, mais elles étaient là. Mon père était un homme bien, un homme de coeur. Mon père avait perdu la femme de sa vie et un fils. Au final, j'en sortais gagnante, je n'avais perdue qu'une mère et un frère. Sortir gagnant d'un drame ... n'est-ce pas ironique ? Non, personne ne sortait jamais gagnant. Ni mon père, ni ma soeur, ni moi, ni Aaron ne sommes sorti gagnants. Nous étions en vie et c'était bien là le problème. Pour les morts, les choses s'arrêtent là. Pour les vivants ... ça continue et le deuil est long ... très long.

    Je calais mes fesses contre le rebord de la table, à côté d'Aaron, les yeux rivés vers le sol, je l'écoutais. Il savait d'où je venais. S'il ne connaissait pas l'histoire de ma vie, il savait qui j'étais. Il comprenait. Mais en quoi cela m'aidait-il ? S'il n'arrivait toujours pas à se remettre de l'évènement, et à raison d'ailleurs, quelle chance avais-je moi, de m'en sortir ? Les victimes potentielles de ma perte de contrôle n'étaient certes pas innocentes, mais moi qui m'étais jurée de ne jamais prendre la vie d'une personne, comme on avait pris la vie de mon frère ... j'étais devenue comme eux et le dégoût m'envahissait, pore par pore et mon sang bouillait dans mes veines. Je me dégoûtais et j'avais envie de pleurer. N'y avait-il pas un moyen de retourner là-bas ? Compter les corps ? Il y en avait-il ? Est-ce que je réagissais pour un rien ?

    « Tu sais que mon frère est mort dans mes bras ? » lui dis-je alors. Peut-être le savait-il, la fusillade avait fait la une des journaux dans ma ville et ma photo avait été prise, pour illustrer la mort de Bryton. Si Genome avait fait des recherches sur moi, il aurait facilement pu trouver l'article et apprendre la nouvelle. « Je ne l'ai pas tué. Je n'ai pas appuyé sur la gâchette, mais je connais déjà ce sentiment de faiblesse, de culpabilité. A chaque fois que je revois à la scène je me dis : j'aurai pu faire quelque chose. Alors que non. A cette époque je n'étais qu'une simple lycéenne excentrique. Si je l'avais poussé, je serai morte à sa place, ou peut-être même que nous serions morts tous les deux. Si j'avais crié, j'aurai effrayé et le flic et le tireur... alors je suis restée immobile, à regarder la scène se dérouler. Bryton est mort, non par ma faute, mais par celle de celui qui a décidé qu'il devait rendre la vie des autres aussi misérable que la sienne. Ma perte de contrôle était inévitable, j'étais sur le point de mourir, je ne pouvais pas faire autrement. J'ai simplement peur de prendre la place du tireur. De prendre la vie des autres, uniquement parce que je ne sais pas faire autrement. Je comprends ce que tu me dis Aaron. Je n'abandonne pas. J'ai simplement besoin de reprendre le contrôle sur moi d'abord. Sur ce que je ressens. Ma soeur est en ville et je n'ai franchement pas envie de me remettre à l'entraînement maintenant. Je n'y arriverai pas. » J'inspirais. « Ne t'excuse pas. Tu ne pouvais pas savoir comment ça finirait. Et j'avais besoin d'un baptême du feu ... littéralement. » ajoutais-je avec un sourire alors que je changeais de position pour me tenir à nouveau droite et sur mes pieds..

    J'ouvrais le mini-frigo, que j'appelais aussi souvent le mini-bar, pour sortir la bouteille de jus d'orange. A défaut d'avoir à manger, j'avais à boire. Et quoi de mieux que les boissons sucrées pour tenir le coup, en attendant de pouvoir dévaliser le supermarché ? L'idée d'aller dévaliser McDo me plaisait aussi, à méditer. Je sortais un verre, puis en y réfléchissant, deux - il fallait bien faire ressortir mon éducation et être un minimum polie - que je posais ensuite sur la table. « Si tu veux autre chose, y a de l'eau au robinet. » Dis-donc Kensie le balai qu'on t'as enfoncé dans le cul fait-il mal à ce point ? Conter la mort d'un proche était presque pire que de la vivre. Je profitais d'avoir le verre à ma bouche pour reprendre le contrôle de mes pensées, afin de ne pas être envahie par les souvenirs de ma mère, ou même de Bryton.

    Posant le verre sur la table, je regardais à nouveau Aaron. « Tu crois qu'un jour, on gagnera le contrôle total de nos pouvoirs ? Ou bien est-ce que nos pouvoirs finiront par nous contrôler, nous ? » Je n'avais franchement pas envie de finir pyromane. Les pompiers avaient déjà suffisamment à faire sans qu'en plus ils doivent rajouter 'contrôler le feu d'une folle furieuse' à leurs tâches de tous les jours. Surtout que, me connaissant, j'étais capable de faire durer un incendie pendant des jours. A condition que j'ai de l'essence à porter de main. Et quand je dis essence, je veux dire bouffe et boisson. Je ne suis pas encore une voiture.
Revenir en haut Aller en bas
Aaron O'Hara

Superman au rabais

avatar

Messages : 11417

All about you
Your secret life:
Disponibilité: indisponible

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Lun 5 Déc - 16:13

C'était la première fois qu'elle me parlait autant de son frère. Elle n'avait jamais osé se dévoiler ce point sur ce drame. L'histoire dans le hangar du port avait fait ressurgir des tonnes de mauvais souvenirs dans l'esprit de Kensie et je me sentais impuissant face à ça. Pourtant, je comprenais, j'étais même mieux placé que la plupart des gens pour comprendre ce qu'elle ressentait : moi aussi, j'avais ces horribles images en tête qui revenaient dès qu'elle le pouvait pour me hanter encore et encore, pour grignoter la part de bonheur, de bien-être qu'il restait dans mon existence. Heureusement, j'avais réussi à combattre ces horreurs au profit de choses plus belles, plus enrichissantes comme ma relation avec les autres.

Seulement, elle devait comprendre que Genome n'était pas qu'un lieu où l'on apprenait à se battre contre l'oppression, il fallait qu'elle comprenne que c'était un lieu de partage, un lieu où elle pouvait trouver des personnes pour l'écouter, pour l'aider, pour avancer. Elle ne devait pas venir à Genome uniquement pour savoir se contrôler, elle devait venir à Genome parce que c'était un endroit pour nous, un endroit où nous formions une véritable famille avec nos joies, nos peines, nos querelles. Rien n'était tout blanc ou tout noir, c'était vraiment comme une famille.
Alors même si elle avait déjà une famille, il fallait qu'elle sache que Genome pouvait lui offrir tout ce qui pouvait lui manquer dans sa vie. Bien sûr, je ne pouvais la forcer, je savais qu'elle avait sa fierté, son envie de se débrouiller seule. Et puis elle venait de retrouver sa soeur, une soeur à qui elle pouvait peut-être parler, avec qui elle pouvait se sentir mieux, oublier cette triste nuit où elle avait laisser son pouvoir prendre le dessus.

Je me servis un verre d'eau, souriant face au désespoir que criait son frigo vide. Je restai muet face à sa question, baissant une nouvelle fois les yeux au sol en reprenant place sur la seule chaise de la pièce. Je l'espérais... Vraiment, j'espérais qu'un jour, nous puissions être capables de contrôler tout ce pouvoir mis entre nos mains. Seulement, je n'y croyais pas. C'était triste à dire, c'était horrible aussi de comprendre que j'avais laissé mes espoirs sombrer, mais c'était ce que je ressentais : nous ne contrôlerions jamais nos pouvoirs pour la simple et bonne raison qu'en tant qu'êtres humains, il nous était impossible de contrôler à tout moment nos émotions.
Et puis contrôler son pouvoir, c'était aussi en connaître parfaitement le fonctionnement et les limites. Or, à chacun de mes usages poussés, je repoussais les limites que je pensais connaître et ça m'effrayait. Lors de la soirée du gymnase, j'avais repoussé les limites bien plus loin que je n'aurais pu l'imaginer et je ne voulais pas recommencer. Seulement, sans savoir jusqu'où j'étais capable d'aller, je prenais le risque de ne pas pouvoir m'arrêter les fois prochaines... C'était un peu le serpent qui se mordait la queue.

Je bus une gorgée d'eau. Puis deux. Le silence devenait pesant. C'était lourd de sous-entendu, c'était juste la réponse à sa question : NON. « J'aimerais te dire que nous pourrons un jour y arriver seulement... Je n'arrive tout simplement pas à y croire moi-même. Je me dis que nos pouvoirs sont bien trop puissants au fond pour qu'on réussisse à les maîtriser complètement. Ou alors, la maîtrise viendra avec la pratique constante : là, le danger viendra de l'addiction à notre capacité... Alors franchement, je pense que nous ne serons jamais capable d'être plus forts que nous-mêmes. Nous sommes sûrement nos pires ennemis... » Je posai le verre sur la table. « Par contre, j'aime croire que c'est en apprenant à nous comprendre nous-mêmes que nous serons capables de lutter contre nos travers et de vivre aussi sereinement que possible. » Son estomac gargouilla bruyamment comme pour conclure mes paroles. Je me levai de la chaise, posai le verre dans l'évier et tendis une main vers elle. « Allez jeune fille, je t'emmène manger un morceau parce que vois-tu, Genome, ce n'est pas qu'un centre où l'on apprend à se dépasser et à se maîtriser : c'est aussi un lieu où tu rencontres des personnes qui se soucient réellement de toi. Et là, ton estomac m'appelle tellement à l'aide que je ne peux pas te laisser comme ça. » Je lui souris comme pour dépasser le constat pessimiste que je venais de lui servir.
Aller de l'avant encore et encore...

_______________________________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Kensie F. Lockwood

Sexy Naughty Bitchy Me

avatar

Messages : 3408

All about you
Your secret life:
Disponibilité: Réservations ouvertes

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Dim 5 Fév - 22:21

    Je n'aime pas le silence. C'est trop ... silencieux. L'atmosphère devient généralement tendue, des regards sont échangés, les lèvres s'entrouvrent pour parler, puis se ferment parce qu'au final ce que l'on a à dire n'est pas nécessaire, ou pas assez intéressant. Non je n'aime pas le silence. Réfléchir à une blague pour le rompre me prend trop d'énergie et je me prends un bide, la plupart du temps.

    D'aussi loin que je me souvienne, il n'y avait jamais eu un seul moment de silence dans ma famille. Si personne ne parlait, l'un d'entre nous se mettait à chanter ou commençait à raconter n'importe quoi. Personne n'aimait le silence chez les Lockwood. Rire était bien plus apprécié, échanger, parler nous maintenait en vie. C'était peut-être pour cela que je m'étais enfermée dans un mutisme pendant quelques mois. Parce que la famille était à présent détruite, qu'il n'en restait à présent que des souvenirs douloureux. J'ai découvert pendant cette période sans paroles, que le silence nous plonge dans nos pensées et que selon l'ambiance dans laquelle nous étions plongées, nos pensées étaient soit heureuses, soit du genre à plomber notre humeur. Déjà que la mienne n'est pas terrible actuellement, autant vous dire que le silence que vient de m'offrir Aaron ne me fait pas plaisir. Le pire, c'est que je comprenais son silence. Il n'avait pas besoin de parler pour me répondre. S'il était venu pour me sortir de ma déprime, c'était loupé. « Nous sommes sûrement nos pires ennemis... » Putain ce qu'il peut remonter le moral. Je n'avais vraiment pas besoin d'entendre ça.

    J'avais besoin de m'occuper les mains. J'avais pris pour habitude de jouer avec mes briquets lorsque j'étais nerveuse. Dans le genre con, on fait pas mieux, mais que voulez-vous, je suis née blonde. Depuis ma perte de contrôle cependant, j'ai appris à ne plus le faire, à garder les briquets dans mes poches. Cela ne voulait pas dire que l'envie n'était pas là, c'était comme fumer. On essaye d'arrêter, mais c'est tellement dur qu'on finit toujours par replonger au moins une fois. Le seul briquet qui était à portée de main était sur ma table de nuit et je n'avais pas envie d'aller le chercher. Alors, pendant qu'Aaron continuait de parler et pendant que je l'écoutais, je lavais mon verre. Une fois, deux fois, trois fois, sans m'arrêter je frottais avec l'éponge. Apprendre à se connaître ? Et comment on fait ça ? Deux ou trois petits cons m'ont suggéré de faire une thérapie une fois, je leur ai ri au nez. Vous m'imaginez aller voir un psy ? Le pauvre ne se remettrait pas de ma visite. Les introspections, ce n'est pas tellement mon truc non plus. Agir d'abord, réfléchir après, regretter ensuite. Seul problème ? Je n'ai regretté mes actions que deux fois. A la mort de Bryton et lorsque j'ai incendier l'entrepôt. Le reste du temps ... eh bien disons que j'ai tendance à assumer mes actes et mes paroles, pas comme d'autres.

    Intérieurement, je bénissais mon estomac. Pas de silence tendu une fois qu'Aaron eût fini de parler, pas besoin de réfléchir à une blague pourrie. J'avais tout simplement besoin de crever de faim. Alléluia. Pas besoin qu'il me le dise deux fois. Je posais le verre à côté de l'évier, passait celui qu'il avait utilisé sous l'eau, allait chercher mon briquet et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, j'avais la main sur la poignée de la porte. « T'es venue en voiture ? Parce que j'ai vraiment pas envie de prendre le bus et encore moins envie de marcher. » Nope. Même l'idée de manger ne me mettait pas de bonne humeur. Sans le laisser répondre, je sortais de la chambre et à peine m'avait-il rejoint dans le couloir, je fermais la porte à clef et partait en direction des escaliers. Saletés d'ascenseurs réservés aux handicapés. Et puis d'ailleurs, ils font comment pour s'enfuir s'il y a le feu ? Ils doivent attendre qu'un bon samaritain les prennent dans leurs bras ? Je me demande combien sont morts dans un incendie à cause des connards qui préféraient sauver leurs fesses que d'aider à sauver quelqu'un de désavantagé. Et puis merde, pourquoi je pense à ça ?

    Trois étages, je ne sais pas combien de marches – j'arrête toujours de compter au bout de la trentième – et cinq minutes. C'est ce qu'il nous a fallu pour arriver au hall d'entrer de la résidence. Sourcil levé, je me tournais dans sa direction pour lui dire de mener le chemin. C'était lui qui offrait après tout.
Revenir en haut Aller en bas
Aaron O'Hara

Superman au rabais

avatar

Messages : 11417

All about you
Your secret life:
Disponibilité: indisponible

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Dim 12 Fév - 23:44

J'avais tout doucement agité mes clés sous son petit nez pour répondre à sa question... Je préférais aussi la voiture au bus ou au métro, mais je préférais la marche à la voiture... Il devait bien y avoir de quoi manger un truc pas trop mauvais dans le quartier, non ? J'avais envie de quelque chose de bien lourd, je voulais me goinfrer, manger jusqu'à m'en faire péter les boyaux un par un. Est-ce qu'ils avaient ça dans le coin ? Forcément, dans un quartier rempli d'étudiants, on trouvait tout et n'importe quoi ! Je pensais à de bons vieux hot dogs dégoulinants de sauce avec un supplément d'oignons frits ou encore à de bons burgers garnis pile comme il le fallait pour s'assurer d'avoir du mal à avaler la dernière bouchée...
Mais oui ! C'était ça ! Je me tournai vers Kensie, un grand sourire formé par mes lèvres sur le visage. « Ma jolie, je vais te faire goûter au meilleur burger de ta vie, crois-moi ! » J'allais l'emmener dans ce petit restaurant tout discret mais bel et bien efficace dans lequel nous avions pris notre premier repas californien en famille lors de notre arrivée avec Aby et nos parents... Des tas de souvenirs me revenaient en mémoire tandis que nous nous dirigions vers ma voiture. Je n'arrivais même pas à relancer la conversation, j'étais bien trop absorber par ces instants en famille que je n'aurais plus jamais l'occasion de vivre...

Je la fis monter à bord, lui ouvrant la portière en me courbant exagérément pour l'illustration de ma "galanterie" et pris place de l'autre côté. « Je vais t'emmener dans un endroit où il est impossible que tu aies mis les pieds avant... » dis-je en mettant le contact « Et où tu ne pourras plus te passer d'aller désormais. » Je commençai alors à lui raconter comment, le jour de notre arrivée, nous avions complètement oublié de faire des courses pour avoir de quoi manger. Nos parents nous avaient alors emmenés en périphérie de la ville, juste à la sortie du coeur de L.A. et nous avions fait le tour des enseignes sans avoir de vraies envies. Ma mère avait toujours fonctionné au coup de coeur ; il avait fallu qu'elle sente, qu'elle ressente l'endroit. Elle avait souhaité que notre premier repas soit spécial et elle avait suivi son instinct, instinct qui lui avait visiblement suggéré d'aller en centre ville... Nous avions marché une bonne heure, affamés, impatients avant que ma mère ne s'arrête devant un restaurant tout petit, quasiment invisible. Elle nous avait aussitôt dit "c'est là" et nous l'avions cru... A raison.

« Je t'assure que je n'exagère même pas un peu en te racontant ça. Là-bas, la cuisine est faite maison : du bon vieux burger américain, du vrai. De toutes mes tailles, de toutes les sortes, tu trouveras forcément ton bonheur, surtout si tu as très faim. » Je jetai un bref coup d'oeil à son estomac en souriant avant de reporter mon regard sur la route. Je la sentais sceptique mais ça ne pouvait être mieux : elle allait pouvoir comprendre par elle-même de quoi je parlais !
Je me garai rapidement, pensant déjà au menu que j'allais commander... Je la trainai aussi vite que possible jusqu'à la ruelle où se trouvait mon restaurant. Je poussai doucement la porte et me laissai pénétrer par les odeurs... et les souvenirs encore plus nombreux qu'elles ravivaient. Le bacon grillé, le fromage, les tomates fraîches - étrangement bien rares à L.A. en cuisine - et le pain ! J'en avais l'eau à la bouche. Je nous fis asseoir au comptoir, j'étais un peu un habitué. Le serveur du jour était un ancien. « Tiens O'Hara, ça fait un bail ! Tu essaies de stopper ton addiction à nos plats, c'est ça ? N'oublie pas que d'autres avant toi ont essayé... Et n'y sont jamais arrivés ! Je vous sers quoi à toi et à la jolie demoiselle ? » Je regardai Kensie en mimant un fin connaisseur d'art. Ou de carrosserie, au choix. « Je dirais la spécialité du chef, son estomac semble aux abois. » Un clin d'oeil plus tard, le serveur avait filé en cuisine. « Tu ne pourras pas être déçue ! »

Nous laissions de côté les drames, la mission catastrophique pour un moment de détente...

_______________________________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Kensie F. Lockwood

Sexy Naughty Bitchy Me

avatar

Messages : 3408

All about you
Your secret life:
Disponibilité: Réservations ouvertes

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Ven 13 Avr - 21:19

    C'était une histoire touchante. Enfin, une histoire … plutôt un souvenir. Ça me rappelait les moments passés en famille avant que ma mère ne meurt, les disputes incessantes avec Kelly, les moments de tendresses avec mon frère, les blagues de mon père qui nous faisaient partir dans des fous rires interminables, les moments qu'une famille pouvait partager, des souvenirs précieux auxquels je ne voulais pas penser. Pendant qu'il conduisait et me racontait son premier jour à Los Angeles, je ne pouvais que regarder par la fenêtre et essayer de retenir de toutes mes forces le flux de souvenirs qui remontaient, sans que je ne le veuille. Mon estomac affamé ne pouvait même pas me distraire, je ne pouvais que subir les attaques de ma mémoire, en silence.

    J'aimais bien Aaron. Vraiment, ce n'est pas du sarcasme, je l'aime bien. Mais il a cette tendance à mettre les pieds dans le plat sans vraiment s'en rendre compte qui m’exaspérait. Il avait besoin de leçon de tacts, mais je ne lui en voulais pas. Cela devait être dur, pour lui aussi, de parler de ça. On ne se remet pas de la perte d'un membre d'une famille. Surtout lorsqu'il s'agit d'un frère ou d'une soeur. Alors je l'écoutais sans rien dire. Pour une fois, je n'avais absolument rien à dire. Si ce n'est qu'on avait intérêt à arriver rapidement, parce que j'étais au bord de l'évanouissement. J'avais envie de vomir tellement j'avais faim, ma tête grosse comme une pastèque hurlait pour de la nourriture, mais mes yeux ne voyaient toujours que ces scènes familiales, me donnant envie de me les arracher.

    « Je t'assure que je n'exagère même pas un peu en te racontant ça. Là-bas, la cuisine est faite maison : du bon vieux burger américain, du vrai. De toutes mes tailles, de toutes les sortes, tu trouveras forcément ton bonheur, surtout si tu as très faim. » Pour la première fois depuis que nous étions dans la voiture, je tournais le regard vers lui et souriait. Il mettait les pieds dans le plat, mais il savait appâter. Lorsque la voiture s'arrêta, j'ouvris la porte avant même de me détacher. Je me sentais un peu conne en tentant de me relever sans pouvoir le faire. Au moins je savais que les ceintures de sécurité fonctionnaient. Marché fut difficile. Ce n'était pas loin, mais c'était difficile. Mes muscles me suppliaient de les laisser en paix et moi je suppliais pour pouvoir bouffer. Surtout que l'odeur qui embaumait le restaurant n'aidait pas, mais alors pas du tout. J'avais littéralement l'eau à la bouche. La salive envahissait ma bouche et je ne pouvais rien faire d'autre que de la ravaler, en attendant que les burgers arrivent. Assis au comptoir, je laissais Aaron choisir pendant que je regardais le serveur. Et quand je dis « regardais », je veux dire fixais. J'en ai vue des gens dans ma vie, j'en ai jugé, j'en ai noté ... croyez-moi sur parole quand je vous dis que celui-là était un 10 de tous les côtés. De dos, de face, de profil, fiou. J'étais à deux doigts de le demander en mariage lorsque Aaron s'adressa à moi. « Tu ne pourras pas être déçue ! » « Hein ? » Mon cerveau était en plein bug entre la beauté grecque dans la cuisine et mon estomac complètement vide, ne me jugez pas.

    Étonnamment, mais à mon plus grand soulagement, l'attente ne fut pas longue et à l'instant même où je croquais à pleine dents, je poussais un gémissement. LE gémissement qui fout la honte parce que comparable à celui qu'on pousse quand on baise. Pour être honnête, c'était le même, mais personne n'était censé le savoir. À ma plus grande joie, je ne rougis même pas, même lorsque Aaron et le serveur se mirent à éclater de rire. À la place, je prenais le burger qui reposait dans l'assiette de O'Hara pour le lui étaler sur la tronche. Sourire aux lèvres, je sortais mon téléphone de ma poche et prenais une photo, sous les éclats de rire de mon futur mari et de la clientèle. « Je confirme. Meilleur burger de ma vie. » Les tomates et les cornichons s'étaient collés à ses joues et le steak jusque là fixé à son front retomba dans son assiette et j'éclatais de rire. Jusqu'à ce qu'il se tourne vers moi, sourire malicieux aux lèvres. Nerveuse, j'arrêtais de rire et avalais ma salive. Heureusement pour moi, j'avais de bons réflexes et lorsque je vis sa main pioché dans mes frites, j'eus le temps de fermer les yeux avant qu'il ne me les balances à la figure. On dirait pas comme ça, mais ça fait mal quand même. L'hilarité du restaurant sembla se calmer derrière moi et j'attendais de voir si cela allait se transformer une bataille de nourriture générale, ou si le serveur allait nous demander d'arrêter. Je finis mon burger rapidement, afin de rassasié mon estomac, but une gorgée de mon Dr Pepper, puis je lui renversais une carafe d'eau sur la tête ... la guerre était déclarée.

    Une heure plus tard, nous étions de retour à ma résidence, visages lavés à l'eau, mais les cheveux pleins de petits trésors pour les pigeons. Faisant le tour de la voiture, je le rejoignis du côté conducteur. « Merci. » Lui dis-je sincèrement en enfonçant mes mains dans mes poches. « J'y retournerai souvent, je pense. » Et pas que pour les burgers, mais ça, je crois qu'Aaron le savait déjà, je n'avais pas besoin de le préciser. Rougissant un peu sous son regard lourd de sous-entendu, je me mis en marche pour m'arrêter net au bout de trois pas.

    Un groupe d'étudiants s'était réuni en face du bâtiment. En me rapprochant j'aperçus le camion rouge et reconnaissable entre mille, des pompiers. Levant les yeux vers les fenêtres des chambres, j'eus un mouvement de recule un peu stupide, en voyant de la fumée s'échapper de l'une d'elle, des flammes et une silhouette sur le point de sauter. L'échelle des sauveteurs montait lentement, trop lentement à mon goût. Le mec était en train de s'étouffer et de se faire cramer les fesses et le pompier accrocher à l'échelle semblait sur le point de partir en vacances. Le souvenir de ce que j'avais fait à l'entrepôt était la seule chose qui me retenait d'aller trouver la chambre en feu et l'éteindre moi-même. Je n'étais pas capable d'éteindre un incendie, il fallait que je laisse les pros s'en occupés, pourtant ... pourtant quelque chose en moi hurlait de monter les trois étages et d'aller sauver l'étudiant en danger.

    Une partie de moi, celle qui était égoïste et égocentrique remerciait le ciel que ce ne soit pas ma chambre. L'autre, voulait agir.
Revenir en haut Aller en bas
Aaron O'Hara

Superman au rabais

avatar

Messages : 11417

All about you
Your secret life:
Disponibilité: indisponible

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Lun 30 Avr - 22:14

Nous avions passé un excellent moment. La voir sourire, l'entendre rire... Elle s'était détendue et j'osais espérer qu'elle avait oublié pour quelques heures son état de détresse actuel. J'avais de la peine pour elle mais surtout je me sentais fautif et, même si ça ne me faisait pas me sentir moins coupable, l'avoir aidé à penser à autre chose était cool. Kensie était bien compliquée et profonde comme fille pour qu'une simple bataille de nourriture - dont une vengeance s'imposerait sous peu - ait réussi à balayer toutes ses angoisses. J'avais les cheveux collants, le visage sûrement encore crade, mes vêtements puaient la friture à plein nez mais je me sentais bien, plus léger. Les moments simples, comme ça, étaient libérateurs pour moi aussi, ils me permettaient de me séparer du quotidien bien trop dur de Genome... Enfin, l'endroit lui avait plus, mon pote restaurateur aussi et la voir sourire était cool : une Kensie sans le sourire et le sarcasme facile, ça n'était pas une Kensie...

Le sourire n'avait pas duré bien longtemps. Revenus à la résidence, les choses se corsaient... Les flammes avaient pris d'assaut une partie de la structure et l'affolement général régnait autour de nous. Je n'avais pas repéré dans quelle partie du bâtiment elle était vu de l'extérieur et sa réaction me laissa penser que c'était peut-être chez elle aussi que ça brûlait... « Kensie... c'est ton couloir ? » Le bruit des sirènes, l'odeur de fumée, les cris, le grincement de la grande échelle... C'était une cacophonie sans nom qui régnait là et ça fouttait juste en l'air tout ce que nous avions fait pour nous détendre. L'espace de quelques instants, je me demandais si la vision des flammes ne rappelait pas à Kensie le fiasco de la mission du port... C'était naze que tout la ramène à ça, elle n'en avait vraiment pas besoin. J'essayai de la prendre par les épaules« Viens, on reste pas là, on n'a pas besoin de voir comment ça va évoluer... » Mais elle ne bougea pas d'un millimètre. Je crus d'abord qu'elle était tétanisée par la peur mais ça n'était pas ça... Elle regardait l'immeuble avec... envie ? J'écarquillai les yeux, comprenant enfin pourquoi elle réagissait comme ça. « Non Ken, n'y pense même pas. Non. » Je voulais lui prendre le bras fermement et la trainer loin d'ici mais en même temps, je savais pertinemment où ça nous mènerait : une baffe dans les dents et elle courant à perdre haleine vers le feu... Et elle ne devait pas y aller seule.

Est-ce que j'allais vraiment faire ça ? Est-ce que j'allais la laisser m'entrainer dans cet immeuble en feu pour qu'elle puisse renouer avec son pouvoir et voir ce qu'elle était capable de faire ? C'était de la folie. Si elle croyait que maîtriser un feu aussi puissant qu'elle n'avait pas elle-même alimenter allait l'aider, elle se fourrait le doigt dans l'oeil... Mais je ne pouvais pas la laisser faire sans être là, avec elle, au cas où... J'allais le regretter, je le savais, surtout que personnellement, je n'avais absolument rien pour me défendre contre les flammes. « Si c'est vraiment ce que tu veux... » lâchai-je à contre coeur... « Mais je te préviens : si tu me laisses dans les flammes, je crève, tu le sais ça ? si on y va, tu es responsable de ma vie ET de la tienne ! » C'était le genre d'argument qui aurait fait que j'aurais hypothétiquement pu laisser de côté une idée aussi folle... Mais Kensie n'était pas comme moi, elle était plus forte et plus folle surtout !

_______________________________________________________________

Revenir en haut Aller en bas
Kensie F. Lockwood

Sexy Naughty Bitchy Me

avatar

Messages : 3408

All about you
Your secret life:
Disponibilité: Réservations ouvertes

MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   Sam 23 Juin - 12:52

    « Non Ken, n'y pense même pas. Non. » Vraiment, Aaron ? T'avais pas mieux pour m'empêcher de courir dans une chambre étudiante en flammes ? C'est comme me demandé de ne pas penser à un éléphant rose ou à ma soeur toute nue. J'étais prête à lui lancer mon regard le plus noir, celui qui le tuerait sur place, lui donnerait envie d'aller se cacher tellement il aurait honte d'avoir dit une connerie pareille, mais j'étais bien trop obsédée par la fumée qui sortait de la fenêtre ouverte et des flammes visibles d'ici pour pouvoir bouger la tête dans direction. Et bien sûr, je commençais à penser à un éléphant rose et à ma soeur toute nue, en même temps. L'éléphant passe encore, mais ma soeur. Je l'ai vu toute nue tellement de fois que j'aurai besoin de plus de deux mains pour les compter, mais quand on fait l'addition soeur + nue + sexe, on a pas tellement envie de connaître le résultat et le résultat, je l'avais en tête au même moment où le pompier prenait l'étudiant sur son échelle. Restait plus qu'à éteindre le feu. Je savais que si je pouvais contrôler mon pouvoir, ce serait déjà fait. Mais je ne pouvais pas. Aaron le savait autant que moi et je lui pardonnais sa réplique digne d'une blonde, digne de ... moi en fait. « Si c'est vraiment ce que tu veux... » Les yeux arrondis comme des soucoupes, je les détournais enfin du spectacle pour les poser sur O'Hara. « Mais je te préviens : si tu me laisses dans les flammes, je crève, tu le sais ça ? si on y va, tu es responsable de ma vie ET de la tienne ! » Vraiment, Aaron ? « T'as vraiment besoin de bosser sur tes discours d'encouragement. » lui dis-je, les yeux à présent plissés. J'avais envie de voir de quoi j'étais capable. J'avais envie de voir si je pouvais faire du bien, avec ce pouvoir qui quelques fois avait des apparences de malédictions. Sauver des gens d'un élément qui m'était devenu si familier qu'il en était réconfortant pouvait peut-être me repentir de ceux que j'ai tué - peut-être - au hangar. Mais avoir la vie d'Aaron entre les mains, c'était trop de pression. Si par malheur je n'arrivais qu'à empirer les choses, je devrais avoir la mort du chef de Genome sur la conscience et ça ... ce n'est pas possible. Même pour moi. Ils avaient besoin de lui. J'avais besoin de lui.

    Le coeur battant, je regardais l'échelle de pompiers redescendre tandis que les hommes au sol s'activaient avec la lance à eau. Quelque chose me disait que certains devaient aussi être à l'étage. Si je décidais de tenter le coup, je n'avais aucun moyen d'entrer dans la chambre et même si je le pouvais, il me serait impossible de respirer. J'étais peut-être insensible au feu - avec certaines limites - je n'avais pas les poumons faits pour respirer la fumée et mourir asphyxiée n'était pas dans mes plans immédiats. J'inspirais à fond et après avoir jeté un dernier regard à Aaron, courais vers l'entrée du bâtiment qui avait été bouclée par les pompiers. Aucun accès n'était autorisé tant que le feu n'avait pas été contrôlé. C'était stupide de croire que j'aurai pu entrer. Tous n'étaient pas en train de se battre contre le feu, deux d'entre eux s'occupaient de la foule et surveillaient la porte. Ma seule solution était donc d'essayer d'en bas, mais j'avais trop peu de contrôle, trop peu d'assurance avec mon pouvoir pour le faire. J'avais besoin d'être proche des flammes. « Y a pas moyen de voler un uniforme ? Je peux rien faire d'ici. » dis-je dans ma barbe, de façon à ce que seul Aaron m'entende et me comprenne. Ma décision avait été prise inconsciemment, semble-t-il, et alors que je m'en rendais compte, la panique commençait à m'envahir. J'avais une case en moins. J'étais plus blonde que blonde. Complètement inconsciente. Stupide. J'étais stupide de considérer la chose. D'essayer. J'entendais d'ici la voix de ma soeur me faire la morale, mais je savais qu'elle aurait fait pareil si elle l'avait pu. Je savais que mon père, ma mère et mon frère l'auraient fait aussi. Les Lockwood avaient peut-être un don pour réfléchir - don qui avait sauté une génération avec moi - mais nous avions tous en commun le désir d'aider les autres - mon désir à moi était peut-être moindre que celui des autres membres de ma famille, mais quand même. Je blâme les joints que j'ai fumés au lycée.

    Têtue comme j'étais, j'insistais auprès du pompier qui me refusa l'accès une énième fois. Exaspérée, je reculais pour regarder la fenêtre. Il n'y avait absolument rien à faire. J'étais condamnée à regarder les pompiers faire leur boulot. Un boulot qui leur prit vingt minutes. Vingt minutes de plus qu'il ne m'en aurait fallu si j'avais pu monter. La seule chose à faire était pourtant de les remercier pour leur courage. De remercier ceux qui avaient installé les alarmes incendies dans les chambres, de remercier le con qui avait appelé les pompiers, mais qui ne s'était pas enfui de chez lui. Qui fait ça ? Qui pense à appeler les pompiers avant de courir en criant au feu ? Je croyais que les gens plus cons que moi ça n'existait pas. J'étais plutôt contente d'admettre que j'avais tort.

    Il fallut attendre encore vingt minutes, voir plus, pour qu'ils nous autorisent l'accès à la résidence. J'étais prête à demander à Aaron si je pouvais squatter chez lui au moment où ils avaient enlevé la bande de sécurité. Tous les étudiants coincés dehors se ruèrent alors sur les portes, dès l'instant où les pompiers s'étaient écartés. J'aurai presque cru que ces abrutis seraient effrayés à l'idée de rentrer dans la résidence. Faut croire que non. Mains dans les poches, je me tournais vers Aaron. « [color=royalblue]Tu n'es pas obligé de remonter avec moi. » Mon regard se tourna vers le camion rouge qui disparaissait au coin de la rue avant de se reposer sur … je ne sais même pas comment l'appeler. Un ami ? C'était bizarre de le considérer comme tel. Je préférais garder le terme Aaron pour lui. Aaron était Aaron et étonnament, ça ne changerait pas de si tôt. Quelque chose me disait que c'était pareil pour lui. Je n'étais pas une amie à part entière, mais je n'étais pas une connaissance non plus et je n'étais certainement pas une simple membre de Genome. Enfin je l'espérais. J'étais Kensie. Simplement Kensie. Avec tous ses défauts et toutes ses qualités. Toutes ses erreurs et tous ses succès. Et je crois qu'il était temps que je le comprenne. « Je passerai demain. » dis-je avec un sourire avant de lui dire au revoir et de remonter dans ma chambre.

    J'étais déjà au deuxième étage lorsque je réalisais que je n'avais toujours pas fait mes courses.


FIN
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Are you okay ? [TERMINE]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Are you okay ? [TERMINE]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
EVOLUTION :: LOCKWOOD & MORGAN'S PLACES-