..../...................../.....................................................................



 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Dunney H

Invité

avatar


MessageSujet: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Ven 12 Aoû - 20:16

Los Angeles, un matin, dans un quartier chic. Il sera une heure de l'après-midi dans quelques minutes. Et d'ici-là, rien. Ainsi attendait Holster, sans trop savoir exactement ce qu'il espérait lorsqu'à cette heure arriverait la personne qu'il attendait. Sa femme de ménage. La nouvelle, pas celle qui avait trouvé le moyen de faire gober à ses voisins qu'il était blond. Il l'avait recrutée presque sans y penser, mais surtout sans s'assurer qu'elle n'était pas mutante. Or, il s'avérait aujourd'hui qu'elle l'était peut-être. Misère. Il avait en ce jour d'excellentes raisons de regretter l'impulsion qui l'avait poussé à recruter dans une filiale d'une groupe concurrent. Pas moyen d'avoir la moindre information à son sujet. Il avait essayé quand même de demander des renseignements mais on l'avait envoyé sur les roses. Très poliment. Et de façon très imagée.

Bref, il attendait en maudissant le jour de sa décision. Changer de femme de ménage, une idée de génie vraiment. Maintenant il avait une mutante potentielle avec les clefs de l'appart' et qui pouvait devenir terroriste à tout moment. En plus, sa capacité - si c'en était bien une, mais à ce sujet il avait peu de doutes - n'avait rien de diplomate ou d'inoffensif. C'était le genre de talent qui pouvait vous laisser des séquelles. Comme pour cet innocent lampadaire, froidement transformé en arme le temps de quelques minutes. Quelques minutes. C'était le temps qu'il lui avait fallu pour venir à bout de sept voyous qui, s'ils n'avaient jusque là jamais envisagé de faire carrière dans la boxe, auraient été bien avisés d'y songer au vu de leur carrure. La précision de ses gestes lui avait rappelé Taylor, la tueuse dangereusement manipulatrice qui avait obtenu de lui du travail non-sécurisé et très -trop ? - bien payé par le passé. Elle avait disparu depuis. Qu'elle ait ou non cessé ses activités, Holster était certain qu'elle n'était pas morte. Ce n'était pas le genre de femme pouvant se laisser éliminer sans laisser derrière elle de gros, de très gros dégâts.

Il ne la comparait pas à Gabrielle Taylor. Mais la jeune Francine lui avait indéniablement ressemblé, ce soir-là. À ceci près que Taylor était bien plus subtile, plus rapide, et plus adroite aussi. C'était une tueuse professionnelle, chacun de ses mouvements était calculé; tandis que la performance de Francine semblait plutôt tenir de la force brute. C'était pour cela qu'il soupçonnait une mutation : si elle avait été sportive, ou entraînée physiquement d'une quelconque manière, c'eut été visible. Pensait-il. Il n'était pas non plus un expert en la matière, rompu à tous les arts du combat et capable de distinguer au premier coup d’œil une brute d'une championne première classe. Il avait simplement eu la possibilité autrefois d'assister à une démonstration aussi imprévue que grandiose des talents de son employée d'une semaine et-demi. C'était son seul point de comparaison pour juger de ce qu'il avait vu ce soir là.

Encore deux minutes. Il ne savait toujours pas comment aborder le sujet. Qu'elle soit sa femme de ménage le mettait dans une situation délicate, il ne pouvait pas se permettre de commettre un impair. Au final, c'était plus facile d'aborder les inconnus en feignant avoir personnellement vu la manifestation de leur pouvoir. Il était un excellent menteur, c'était pour lui un simple exercice. Or, cette fois-ci, il allait devoir dire la vérité. C'était dérangeant.

Si seulement il avait réfléchi avant d'embaucher chez ces tâches d'huile. Enfin après la sombre histoire du yacht, on pouvait bien lui excuser quelques erreurs... Il était resté à moitié sonné pendant une semaine, au point un jour de se rendre à son bureau du deuxième étage. Du coup, depuis un moment, il y allait plus souvent. Il y avait quelque chose d'amusant à prendre un ascenseur sécurisé pour se rendre dans des locaux calmes. Peut être que c'était ce dont il avait besoin à ce moment-là. Du calme. De quoi récupérer de ses déboires loufoques. De quoi oublier peu à peu l'odeur salée de la mer. Les secours envoyés par Ross l'avaient trouvé recroquevillé au fond de la cale, trempé de sueur. Il délirait, lui avait-on dit, au sujet de démons et d'esprits de l'eau. Curieusement, il ne gardait aucun souvenir du temps qu'il avait passé là, depuis le départ de son mari.

Elle était en retard.

Peut-être cette absence de souvenir était-elle préférable. S'il délirait... Mieux valait ne pas y penser. Il gardait suffisamment d'impressions de ces tristes évènements. Toutes malsaines. C'était une mauvaise idée de remuer tout ça.

Enfin. Il venait d'entendre le déclic de la porte qui s'ouvrait. Et il ne savait toujours pas quoi dire. Assis sur l'inconfortable fauteuil de la salle de séjour, il attendit qu'elle refermât la porte. Puis il attendit tout court. Il ne savait toujours pas comment aborder le sujet.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Sam 13 Aoû - 1:03

Les gens n'aimaient pas le changement, et Francine Ford encore moins. Fort de cette angoisse qui bouleversait son emploi du temps, donc sa vie, elle se leva d'humeur maussade. Une boule coincée au fond du ventre, elle scruta son regard dans la glace, sans y trouver la peur d'y apercevoir Anny, elle se donnait simplement du courage pour accomplir cette journée. Il le fallait. Pour pouvoir continuer à vivre à un rythme sain, il fallait qu'elle prenne ce job. Ce n'était qu'une fois par semaine mais c'était tout de même très bien payé. Les temps étaient durs. La jeune femme était passée en temps partiel dans la boîte qui l'employait pour faire le ménage dans de grosses firmes, le contexte économique jouait bien sûr mais Francine savait aussi que si elle n'avait pas été à l'origine d'un malheureux accident il y a quelques mois de cela avec un client qui s'était montré condescendant à son égard. Ça n'avait visiblement pas plus à Anny qui avait dû être maîtrisée par une décharge électrique. Heureusement que la sécurité avait été appelée, sinon, ce pauvre M. Simmons aurait été défenestré pour s'être montré arrogant.
A la suite de quoi Simmons avait consenti à ne pas porter plainte seulement si il ne voyait plus jamais la jeune femme. Francine manqua de peu le licenciement, depuis elle était à l'essai en temps partiel. Ce lourd et amer souvenir lui revint en mémoire, aussitôt elle songea ce jour-là avec son explication avec Anny. Elle qui disait vouloir l'aider et agir pour leur intérêt à toutes les deux. Désormais, lui disait-elle, il fallait montrer de la dignité et un peu plus "de nez" que ça pour obtenir le respect. Francine tâcha de la raisonner mais rien n'y faisait, Anny avait toujours le dernier mot.

La jeune fille attacha ses cheveux et sortit au début de l'après-midi. Elle quitta Downtown pour les beaux quartiers de LA, naturellement. Il fallait un certain capital pour pouvoir s'offrir une femme de ménage deux fois par semaine. Francine n'était pas impressionnée ni par ce genre de quartier ni par ce genre de personnes. Elle les connaissait bien ceux-là qui justement avaient "du nez". Un peu perdue avec les noms de rues avec lesquelles elle n'était pas familière, elle déplia un papier sur lequel elle avait noté les coordonnés de son employeur. Elle trouva sans grand mal la rue en question et la sublime résidence où logeait son client.


Elle respira une grande bouffée avant de s'engouffrer dans le vestibule, ses angoisses pas tout à fait apaisées. Elle consulta sa montre en montant lentement les marches pleine d'appréhension; pile à l'heure. A l'étage dit, elle s'assied sur les marches pour reprendre son souffle déjà court. Il lui fallait se calmer pour donner la meilleure impression possible sur sa personne. Oui, mais voilà depuis quelques jours déjà, quasiment deux semaines, elle faisait des cauchemars récurrents qui non contents de gâcher ses nuits, la tracassait le jour. De ces cauchemars qui paraissent plus vrais que nature et qui ne partent qu'après nous avoir longuement pourchassé. Les cauchemars persistants de Francine. Où il était question de la défigurer. Qui? Elle ne voyait pas leur tête, c'était comme si elle était ivre. Elle ne voyait pas les têtes, elle entendait les voix comme des échos et elle sentait surtout son sang, chaud et rapide dans ses veines à chaque fois que son cœur martelait les parois de sa poitrine, comme s'il voulait sortir. Elle parût étouffer, prise d'une brusque et violent bouffée de chaleur, haletante, elle plaqua une main sur son cœur qui s'était emballé comme si elle venait de faire un grand huit. Elle se raccrocha à la rambarde de l'escalier et se releva. Diable que lui était-il arrivé?

Elle allait être en retard, il fallait arrêter les enfantillages, elle avait besoin de ce travail. C'était l'angoisse simplement, aller, elle n'allait pas devenir hypocondriaque pour une petite crise de stress. D'un geste pressé mais méticuleux, elle sortit la clé de l'appartement de son client, l'introduit dans la serrure et ouvrit la porte dans cliquetis. Arrivée dans un hall somptueux, elle ignora dédaigneusement les ornements et les autres décors de la pièce pour refermer soigneusement la porte derrière elle. Puis, elle se dirigea vers le salon où elle tomba nez à nez avec son employeur.

Assis dans un fauteuil, il la regardait fixement dans les yeux. Visiblement, il l'attendait. Physiquement, il était atypique. Sérieux comme les autres, ça s'attendait mais il possédait autre chose. Ses cheveux par exemple, laissé sur la nuque négligemment comme un intellectuel trop occupé à passer ses journées à réfléchir pour aller chez le coiffeur qu'il devait être. Et ses lunettes aussi de première de la classe. Cette expression de jugement sur la face comme si il occupait le poste de première ministre du monde avec à la fois cette façon d'être négligemment assis, décontracté. Francine resta impassible et n'était pas impressionnée.

Bonjour. Je m'appelle Francine Ford, vous m'avez engagé pour assurer les services d'entretien de votre maison deux fois par semaine.

Elle fronça les sourcils. Pourquoi lui semblait-il si familier? Sa figure se décomposa quand l'image lui revint en tête.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 28 Aoû - 18:30

Quand la jeune femme se présenta, il fut trop surpris pour se lever et lui retourner la politesse. Il n'avait même pas envisagé qu'elle se présente. Pourtant, c'était extrêmement logique : bien qu'elle ait été embauchée pour s'occuper de son appartement, il ne s'était jamais attardé à discuter avec elle et donc pouvait très bien ne pas la reconnaître. Probablement, beaucoup ne gens prenaient même pas la peine de se rappeler à quoi ressemblait la personne qui faisait le ménage chez eux. C'était un souci secondaire. Holster, lui, était habitué à se souvenirs d'un grand nombre de visages, alors un de plus ou de moins... Tout au plus aurait-il pu oublier le nom exact de son employée, mais dès le départ il n'était pas du genre à s'enquérir d'un ton agressif de son identité. Comme il n'avait initialement pas réagi, il se trouvait assis alors qu'elle était debout. Et il aurait été maladroit de se lever avec un temps de retard. Il resta donc "confortablement" installé dans son fauteuil et se décida à prendre la parole.

- " Je dois avouer que votre identité me préoccupe assez peu pour le moment. Je sais qui vous êtes, ou du moins qui vous êtes sensé être. "

Peut être que le fait d'être assis lui donnait un avantage finalement. C'était un moyen qu'il utilisait dans les entretiens d'embauche pour déstabiliser les candidats : ne pas laisser de chaises à disposition. Sauf que là, il ne cherchait pas à déstabiliser qui que ce soit. Pire, il était sensé tout faire pour la rassurer s'il ne voulait pas qu'elle parte en courant. Il se leva donc, ne sachant trop s'il préférait ou non agir de cette façon. Bah, cela les mettait sur un pied d'égalité : c'était tout ce dont il avait besoin pour le moment. Et puis, il était tout de même plus agréable pour lui aussi de regarder ses interlocuteurs en face. Cela ne lui arrivait pas assez souvent d'ailleurs.

- " Ce qui me préoccupe, c'est de vous avoir vue user de talents au combat très avancés... et ce talent ne semblait pas du à votre seule habileté, sans vouloir vous offenser."

Bon, il avait abordé le sujet qui fâche. C'était à la fois un bon et un mauvais point. Bon point parce que c'était dit, mauvais parce qu'il ne pouvait pas savoir ce que ça allait donner. En même temps, quoi que ça donne, il parviendrait à se débrouiller. Il se débrouillait toujours à la seule condition de savoir exactement ce qu'il voulait. Et que voulait-il au juste ? La recruter ? Pour ça, il était plutôt mal parti. La protéger, certainement pas : elle était dangereuse. La capturer alors ? Pour le moment, il ne pouvait pas. Et puis il n'avait pas envie de donner l'alerte. C'était puéril mais il n'avait pas envie qu'on le prenne pour un paranoïaque qui forme de graves soupçons sur sa femme de ménage. En plus il y aurait forcément un ou deux débiles qui, s'il réclamait une intervention d'urgence, en profiteraient pour lancer de nouveaux bruits de couloir. Et en ce moment, il supportait de plus en plus difficilement ces diverses rumeurs courant sur son compte.

Et puis quoi, depuis quand avait-il besoin d'aide pour se défendre ? Il lui arrivait aujourd'hui encore de recruter pour Genetic, seul, et cela ne se passait pas si mal que ça. Il avait, encore assez récemment, rallié une mutante capable de faire léviter les objets. La jeune Rider s'était très bien adapté à Genetic. Il était parfaitement capable de mener à bien cet interrogatoire, qui n'était au fond qu'une simple formalité. Voilà, c'était un interrogatoire. L'objectif était d'en savoir le plus possible. Seulement il ne pouvait pas se permettre de commencer directement à lui poser des questions. Il fallait être, ou en tout cas paraître très franc, et surtout lui donner le choix, au moins en apparence.

- " Je fais des recherches sur des talents de ce genre, enfin je pense savoir ce que c'est, je ne peux pas être sûr. Si vous ne souhaitez pas en parler je respecterai votre décision, mais cela pourrait beaucoup m'aider. "

Et là, si elle refusait, il faudrait qu'il revoie toutes ses méthodes de recrutement et autres techniques de manipulation. Enfin, au pire, il pouvait utiliser sa capacité pour obtenir des informations, mais c'était tout de même plus gratifiant de les obtenir sans ce qu'il considérait plus ou moins comme une influence extérieure.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 28 Aoû - 20:25

Francine réalisait à qui elle avait affaire. Tout se bousculait dans sa tête. Son sang bouillonnait, une tornade semblait avoir dévasté la moindre de ses pensées au point que plus rien ne cohérait. La présence menaçante de Anny pesa en son âme et de façon trouble, floue et lente, les souvenirs remontèrent. La chaleur, la vitesse, la précipitation des corps, les gestes, le sang, les odeurs, les sons, les os. La vie. Sa fin. Chaque battement de cœur s'éteignant sous ses doigts, chaque dernier souffle. Sept fois, quelque chose comme ça. Elle avait mit fin à sept vies. Elle déglutit avec difficulté. Encore agressée...elle s'en rappelait désormais. Cela faisait la seconde fois en à peine un mois, encore un fait inquiétant à consigner dans le registre des étrangetés qui avaient bousculées son quotidien à Los Angeles ces six derniers mois.

Son regard heurta le sien, froid et impassible, la perçant à jour de ses yeux sérieux et graves. Il la connaissait. Il savait ce qu'elle était, ce qu'elle cachait. Elle s'en souvenait...mais quant était-il de lui? Cette homme, Holster, qui allait justement l'employer; le hasard ou une savante machination? Elle se souvenait douloureusement. Le moment où la frénésie de Anny s'acharnait sur les cadavres méconnaissables de ses agresseurs qu'elle réduisait en charpie afin d'en laisser le moins de traces possibles. Il était arrivé. Il avait déboulé comme ça dans l'allée déserte. Elle allait le réduire au silence et là, son regard avait pour la première fois croisé le sien et là...même Anny s'était échappée de son corps. Son âme était possédée. Elle ne contrôlait définitivement plus rien et il n'y avait plus que lui qui la faisait encore danser. La suite était moins claire. Francine s'était réveillée, croyant vivre un rêve réel au possible mais qui n'était qu'un rêve à premier abord.

Ses premiers mots furent pour le moins inquiétants au vue de ce que réalisait la jeune femme. Il dit ignorer délibérément la présentation qu'elle venait de lui faire, comme s'il y avait eu lieu de se présenter en de telles circonstances et affirma la connaître. « Bordel, il sait. » elle se dit, prise d'une bouffée de chaleur alors que son sang bouillonnait d'ors et déjà. Complètement déstabilisée, elle voulu répondre mais aucun mot ne sortit de sa bouche. Ce n'était pas fini. Son sang ne fit qu'un tour lorsqu'il poursuivit la chargeant d'une terrible révélation.

...

Il l'avait vu se battre...se battre? C'était insensé. Il avait donc définitivement vu Anny. Francine peinait à le croire. La seule personne qui l'avait entrevue c'était son oncle et bien sûr ce policier l'autre soir qui promettait de se taire de toutes façons. Mais cet homme. Personne ne lui avait jamais parlé de cette façon. Jamais elle n'avait eu ce dialogue, ni cette sensation d'être percée à jour alors qu'elle menait un plan secret. Comme une sorte d'humiliation publique. D'être enfin toute nue devant lui.

Pardon...? elle finit par articuler faiblement.

Il lui était toujours impossible à croire. Dans son esprit, le désordre de ses idées et de ses pensées prit fin par l'emboîtement de nombreux scénarios pour expliquer la scène qu'elle était en train de vivre, et justifier le fait que son chemin ait croisé celui de cet homme inquiétant dont elle ne savait et qui lui semblait tout savoir. Elle expira lourdement. La paranoïa s'invita dans sa tête lentement et douloureusement la contraignant à imaginer que sans doute, ce soir fatidique ça aurait pu être cet homme qui aurait cherché à lui vouloir du mal en envoyant ces hommes, ou peut être lui avait-il fait du mal après qu'il l'ait appréhendé...elle ne s'en souvenait plus. Toutes ces idées saugrenues se bousculaient et la perturbaient. Mais le seul son de la voix de Holster arrivait à taire l'amas de pensées hurlantes dans son cerveau.

Sur ses intentions, il s'exprima:

Je fais des recherches sur des talents de ce genre, enfin je pense savoir ce que c'est, je ne peux pas être sûr. Si vous ne souhaitez pas en parler je respecterai votre décision, mais cela pourrait beaucoup m'aider, il dit.

Francine écarquilla ses yeux. Des recherches? Alors il y avait beaucoup de gens comme elle? Comme Jack, le policier ou sa famille...ou lui-même. Et des gens, des gens comme lui faisaient des recherches à ce sujet. Donc, ce n'était pas vraiment un secret...Pourquoi alors n'en avait-elle jamais entendu parlé?

Des recherches? elle répéta, incrédule. Qu...qu'est ce que vous savez sur moi au juste? elle se défendit aussitôt se rappelant des mots de ses oncles au sujet de ses dons qui lorsqu'ils se manifesteraient, au grand jour, jamais il ne fallait révéler. Je ne comprend rien à ce que vous me dites.

Il fallait tenter le tout pour le tout. Même si cet homme détenait une vérité, la vérité sur ce qu'elle était, sur ce qui se produisait, sur Anny, comment l'éliminer,...il ne fallait pas. Il fallait se préserver, se terrer, et ne jamais laisser personne ne savoir la vérité.

Non, elle répéta. Je ne sais pas de quoi vous me parlez. Je suis juste le femme de ménage pour le jeudi et le lundi.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Sam 10 Sep - 18:54

Voilà qu'elle avait peur à présent. Il aurait du s'y attendre, c'était son travail de prévoir rationellement les réactions des gens, et celle de Francine était rationnelle. Elle se savait traquée, elle avait peur. Sauf que c'était peut être la seule et unique fois où une telle réaction n'avait pas lieu d'être. Il voulait la recruter, pas l'enfermer, et il ne savait pas réellement qui elle était. Quelle idée avait-il eu aussi de prétendre qu'il connaissait son identité : s'il l'avait sue il n'aurait peut être pas pris la peine de lui parler. Il lui aurait tendu un piège et il ne lui aurait pas laissé le choix. Mais elle était maligne, suffisamment pour se protéger de gens comme lui. Or, c'était justement cette ruse qu'il recherchait, cette capacité à jouer avec les règles pour ne pas perdre. Certes, il recherchait aussi, et même plus encore, les gens qui savaient s'adapter. Mais il pouvait tolérer de la part de quelqu'un qui n'avait suivi aucune formation des réactions de crainte face à l'imprévu. Même si c'était précisément ce qu'il condamnait habituellement.

*Reconnais-le : dans d'autres circonstances tu ne lui aurais pas accordé la moindre pensée. elle aurait raté le premier test et tu lui aurais fermé la porte au nez, non sans ordonner que quelqu'un la suive et la ramène discrètement à Genetic après qu'elle soit rentrée chez elle.* En effet, il ne lui aurait jamais donné la moindre chance si elle avait laissé la moindre information. Par conséquent, elle aurait pu avoir de sérieux motifs pour se défier de lui et même le craindre. Mais ce n'était pas le cas actuellement. connaissant ses compétences, il avait envie qu'elle travaille pour lui. Elle pouvait apprendre. Et au pire, si elle devenait un agent de Genetic, il pourrait la faire surveiller ; et éliminer dans le cas où elle ne serait pas compétente. Pour toutes ces raisons, il avait intérêt à prendre son mal en patience jusqu'à ce qu'elle accepte de l'aider ; et en attendant, il devait s'efforcer de la calmer. D'ailleurs, même sans prévisions à long terme, il était préférable pour lui et sa santé qu'elle se calme. Il tenait à ce que son squelette reste à sa place.


- " Excusez-moi je crois qu'il y a méprise : mes recherches portent sur les mutations génétiques, et ce que je sais sur vous se limite à ce que m'en a dit la société qui vous emploie. Vous vous appelez Francine et vous êtes femme de ménage. "

S'il avait eu la moindre possibilité de rattraper ses éventuelles erreurs, il aurait ajouté "et vous êtes belle". Juste pour jouer, pour voir comment elle réagirait. Mais il ne pouvait pas se permettre d'effrayer la dangereuse jeune fille qui lui faisait face. Car il était presque sûr qu'elle l'aurait craint s'il lui avait fait un compliment aussi déplacé. En règle générale, les gens n'aimaient pas ce compliment. C'était trop ambigu de l'employer, d'autant que ceux qui n'avaient aucun complexe physique étaient rares. Presque disparus, s'ils avaient jamais existé. Personne n'aimait cette déclaration parce que personne n'y croyait. Personne ne voulait croire que des inconnus puissent vous alpaguer au détour d'une rue animée pour vous dire que vous êtes beau, vous, et pas le top modèle de l'affiche d'à-côté. C'était ridicule mais bon. Il avait testé : le sourire gêné et l'incrédulité étaient presque systématiques. il avait renoncé à se servir de cette gêne-là lors des entretiens d'embauche, mais il lui arrivait encore parfois, dans les rues de Los Angeles, de dire ces trois petits mots. You are beautiful. Il les pensait toujours, la statistique aurait été faussée s'il n'avait pas été franc à chaque fois. Il recevait toujours en retour ce même sourire crispé et en était satisfait. Ça signifiait que le monde tournait rond et que les hommes n'avaient pas changé, tout simplement .

- "Pour tout vous avouer, j'ai bel et bien cherché des informations sur vous, mais je n'en ai pas trouvé une seule. Savoir cacher ce qui doit rester inconnu est une qualité que j'apprécie, et qui m'est bien souvent utile. Je vous expliquerai pourquoi si vous acceptez de m'aider... et bien sûr de vous taire à ce sujet. Si ce que j'ai découvert venait à être connu, je crains que cela ne provoque une vague de violence sans précédent, et ce dans le monde entier. Je préférerais l'éviter. "

Il l'effrayait à présent volontairement. Il était inutile de vouloir la calmer complètement. D'abord, c'était impossible puisqu'à en juger de sa réaction immédiate elle craignait plus que tout qu'on sache qui elle était. Ensuite, ce n'était pas rentable puisque si elle réfléchissait calmement elle risquait de refuser et son aide, et de l'aider. Or, il ne voulait pas cela. Il voulait détourner sa peur de lui, pour qu'elle ait peur sans pour autant se montrer craintive vis-à-vis des propos qu'il tenait, lui. Il fallait qu'elle ait peur des conséquences de ses actes futurs plutôt que de ses actes présents. De plus, l'idée de conséquences éventuelles graves apportait une impression d'urgence injustifiée, mais qui pourrait lui être utile en ceci qu'elle envisagerait peut-être moins facilement de s'en aller et de réfléchir à tout ça chez elle. Il pouvait se permettre de laisser libre cours à une telle hésitation en temps normal. Pas avec une fille qui pouvait lui filer entre les doigts à tout moment .
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 11 Sep - 5:14

C'était comme si on l'avait frappée. Son cerveau avait libéré une quantité impressionnante d'adrénaline, si bien qu'elle était paralysée et ne sentait plus son corps. Holster parlait, ses oreilles l'entendait mais elle n'arrivait pas à y croire. « Mutation Génétique..?» elle répétait dans sa tête. Elle croyait rêver. Qui y croirait ? Quelques fois, elle s'imaginait déjà que toutes les interventions que Anny faisait dans sa vie pour l'aider, la pousser, n'était que le fruit de son imagination et qu'elle ne souffrait que d'une pathologie psychiatrique. Elle priait d'ailleurs pour être folle, pour ne pas que tout ce qu'elle voyait ce trouvât vrai. Comme ses morts, ses individus envoyés anonymement pour "faire passer un message", comme ces gens qu'elle croisait. Actuellement, en fait, c'était pire que tout. Pire que de se réveiller la bouche pâteuse avec un vague souvenir du massacre orchestré la veille avec la seule envie de vomir, non, là c'était bien plus conséquent bien plus lourd bien que beaucoup moins sanglant. Quelqu'un la connaissait, l'avait cherché, l'avait trouvé. Elle l'avait en face d'elle. Que faire ? Fuir ? Ses jambes ne répondaient déjà plus avant qu'elle n'y ait songé.

La détresse s'emparait d'elle à une vitesse folle, elle voulait hurler et quitter cette pièce, cet endroit, cette ville. Tout ça, c'était la faute de cette maudite famille, si seulement elle avait été élevée comme ses frères, elle aurait pu aller à l'école et s'éloigner à tout jamais des Cristiani, aujourd'hui elle occuperait un poste valorisant à New York City ou Washington comme eux. Mais si les choses étaient si différentes, c'était bien parce que c'était eux qui l'avaient décidés. Voilà aujourd'hui où est ce qu'elle se retrouvait. Encore une fois, indépendamment de sa volonté, son destin avait été orienté, car elle en était sûre, de cet entretien avec Holster, elle ne ressortirait jamais plus la même. Mais au regard de cette nouvelle frappe de la destinée qu'elle pouvait imputée encore à sa famille et non à son propre chef...plus rien n'importait, il pouvait bien la tuer, rien ne la retenait. Elle s'était rendue meurtrière et criminelle, et n'avait même pas eu le luxe de le choisir. Qui voudrait de cette vie ? A moitié vécue ? Conséquences engendrées par des choix qui jamais ne furent les siens et animés par des désirs sans aucun rapport avec les siens ? Comme une marionnette. Qui en voudrait ? Qui voudrait aussi de ce corps à moitié le sien, à moitié celui d'une entité assassine ? Une forte chaleur l'envahi, et sa colère se propagea. Elle serra les poings et desserra les dents pour parler enfin.

Qu'est ce que vous êtes en train de me dire ? elle lâcha brutalement. Vous me parlez de génétique ? Si vous savez vraiment ce que j'ai, ce que je suis, vous sauriez pertinemment qu'elle n'a rien à voir avec ça... Vous en parlez comme s'il s'agissait d'une maladie mais c'est bien pire que ça. C'est une malédiction de vivre avec.

Elle se moquait éperdument de lui révéler quoi que ce soit avec le secret qui l'empêchait de vivre : Anny. Plus rien n'avait plus d'importance.
Son regard se durcit. Toute sa vergogne se mutait en haine profonde pour tout ceux qui comme sa famille, prétendaient tout savoir à son sujet. Comme ceux qui l'avaient traînée dans la boue alors qu'ils partageaient son sang avec elle par pure jalousie d'être née dans la famille principale et par mépris de sa faiblesse d'esprit et de corps.

Il reprit la parole calmement à son tour. Lui expliquant qu'il avait effectué des recherches infructueuse à son sujet et qu'il appréciait ceci. Elle ne comprenait pas. Pourquoi est-ce qu'il n'était pas clair ? Qu'est ce qu'il voulait d'elle ? Bordel, elle était juste venue faire le ménage alors c'était quoi son problème ? Il faisait un délire ? Puis il se montra un peu plus bavard à ce sujet, sans pour autant être explicite : il voulait son aide et son silence.

Et si je ne suis qu'une femme de ménage alors pourquoi vous voudriez que je vous aide justement? lança-t-elle sans retenue.

Il ne répondit pas et poursuit en clamant que s'il s'avérait que ses découvertes soient dévoilées au grand jour le monde courrait à sa perte.

Le monde ? Vous rigolez j'espère ? Et vous voulez que j'avale ça ? Non, sérieusement, vous voulez quoi ? Vous travaillez pour qui ? Si vous aussi vous en voulez à ma mère ou aux Cristiani ce n'est pas mon problème, ce n'est pas mes affaires, j'ai plus rien à voir avec eux.

Justement, il répondait qu'il n'en voulait aucunement ni à elle ni à sa famille. Pendant ce temps, la colère de Francine croissait. Elle voulait tout détruire dans cet appartement pour le forcer à réagir, à parler, à se dépêcher.

Expliquez-moi sérieusement ce que vous me voulez, et pourquoi vous voudriez mon aide et je le reconsidérerai, dit-elle. Si vous ne fournissez pas de réponse, vous n'obtiendrez rien de moi. J'étais venue pour faire le ménage... mais si vous le prenez de cette façon, je crois que je n'ai plus rien à faire ici.

Elle fit volte-face, sachant pertinemment qu'il ne la laisserait pas partir, très bien, il voulait qu'elle reste ? Il lui faudrait être plus bavard.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 11 Sep - 13:56

Ah, une malédiction ? Tiens donc. Étrange, comme ce terme avait une forte tendance à se retrouver dans les propos des mutants les plus influencés par leur pouvoir. vtrange aussi cette façon qu'ils avaient parfois de considérer comme une malédiction même un don particulièrement utile. c'était à croire que le seul fait d'être différent suffisait pour qu'ils se sentent affligés par leur don, fut-il la plus bénédiction la plus appréciable dont ils puissent bénéficier. Certes, il n'était au départ pas tout à fait certain qu'elle ait une capacité : après tout ça existait aussi, les brutes. Mais le seul fait qu'elle soit certaine d'être sous le coup d'une de ces malédictions jetées par un dieu facétieux dans le seul but de pourrir la vie vis des pauvres mortels. Elle trouvait ce qui lui arrivait pénible. Bon, d'accord. Mais cela n'excluait pas l'explication génétique. Et si elle estimait que cela ne pouvait pas être génétique parce que le reste de sa famille n'avait pas de tels talents, c'était purement futile : ils avaient dégagé qu'au sein d'une même famille, l'expression du gène pouvait varier. Et il fallait bioen parfois que quelques mutants soient les premiers de leur famille.

Quant à savoir pourquoi il s'intéressait à une femme de ménage, la réponse était simple : parce qu'elle était mutante. Parce qu'elle était douée pour se dissimuler. Parce qu'elle masquait son identité avec une habileté qui pouvait lui conférer un avantage considérable contre ses alliés temporaires. Et c'était tout. C'était déjà beaucoup, quand on savait qu'il en avait recrutés sans être certain qu'ils aient le gène, simplement pour leur ambition, ou leurs capacitsé d'adaptations. Il se souvenait avoir engagé une enfant surdouée qui s'était nonchalament assise, en l'absence de chaise disponible, sur son bureau pour lui expliquer posément que, ses 20 ans étant passés depuis un mois, elle voulait commencer à travailler. Si possible dans cette entreprise qui semblait avoir l'étrange privilège d'un accès aux résultats des tests génétiques effectués par certains médecins. Il en avait fait une espionne compétente. Elle avait la capacité de se faire passer pour n'importe qui, n'importe quoi, sans éveiller le moindre soupçon. Les gens admettaient avec une docilité effrayante tout ce qu'elle pouvait dire à son propre sujet.

Il était resté jusque-là très calme. Qu'elle ne le croie pas quant aux conséquences éventuelles d'une langue trop bien pendue ne l'étonnait guère : c'était une réaction très rationnelle. Cependant, qu'elle perde le contrôle au point de lui donner son identité l'ennuya, et l'ennuya d'autant plus que le nom qu'elle venait de lui avouer ne lui était pas tout à fait inconnu. Elle avait eu affaire aux Cristiani. Peut être faisait-elle partie de leur famille éloignée, de ceux qui étaient sous leur protection sans toujours savoir exactement ce qu'étaient les membres de cette famille. Il y avait des mutants dans le lot, il en était certain. Mais toucher à l'un d'entre eux serait revenu à se mettre la famille à dos. Or, il préférait éviter autant que possible d'affronter des groupes organisés. Il aurait pu, mais... il préférait recenser tous les ennemis potentiellement formés en groupe. Après, il pourrait s'allier aux uns pour détruire les autres, et trahir ensuite ces alliés-là. Mais pour le moment, l'essentiel était de comprendre comment fonctionnait la mutation et de s'allier les mutants les plus puissants. Or, Francine était puissante, même si elle n'en avait présentement pas l'air.

Son expression devint soucieuse. Dans quelle pétrin elle s'était fourrée, là était la question. Si elle fuyait les Cristiani, l'intégrer à Genetic reviendrait à l'envoyer sur le devant de la scènce, ce dont elle n'avait probablement pas envie. C'était toujours plus difficile avec les gens sans ambitions. Et voilà en plus qu'elle voulait partir. Fuir, encore.

Elle voulait des explications qu'elle n'avait visiblement aucune envie d'entendre.


- " Vous est-il seulement venu à l'esprit que ce dont vous êtes capable pourrait être enviable ? Que certains pourraient vouloir votre place, quitte à en subir les désagréments ? Vous est-il venu à l'esprit que les Cristiani eux-mêmes, que vous semblez fuir si vivement, pourraient vouloir se servir de vos dons ? Parce que c'est un don, et pas une malédiction. Je vais vous dire ce qu'est une malédiction. Une malédiction, c'est d'entendre continuellement les flux des pensées d'autrui. Une malédiction, c'est de pousser toux ceux que vous touchez à vouloir vous tuer, à détruire tout ce qui les entoure. Une malédiction, ça vous rend fou, ou bien ça rend fous ceux qui vous adressent la parole. Une malédiction, c'est une capacité qui vous permet de vivre sans respirer et vous rend toute inspiration ou expiration douloureuse au point que vous voudriiez mourir. Une malédiction, c'est quand les gens qui croisent voter regard son changés en pierre, ou pire encore... "

Il parlait d'une voix forte, cette voix qu'utilisait sa mère autrefois pour lui faire sentir qu'il avait commis une faute grave. Cette voix qui l'avait auterfois paralysé tant elle lui semblait effrayante, et qui aujourd'hui encore, lorsqu'il n'était pas celui qui l'employait, le réduisait au silence deux bonnes minutes. Personne ne lui parlait plus comme ça, seuls l'avaient essayé certains concurrents économiques. Et ils n'avaient pas gagné pour autant, car aussitôt qu'ils avaient fini de parler c'était lui qui reprenait le pouvoir. De toutes façons, même s'il n'y arrivait pas, il y arrivait quand même, car dans le pire des cas sa capacité lui permettait de soumettre ses ennemis à ses raisons, ses objectifs. Mais en cet instant précis il se fichait de sa capacité. Il aurait pu s'en servir, mais il aurait fallu pour cela qu'il soit calme... et qu'il veuille, au moins instinctivement, convaincre Francine. Ce qu'il voulait en cet instant, c'était juste lui prouver qu'elle avait tort de se croire maudite. Il voulait lui montrer par l'exemple qu'il y avait bien pire, et aussi la remettre un peu à sa place. Il n'aimait pas vraiment que d'autres que lui se plaignent de façon dramatique de destins peu cruels.

- " Il y a un enfant que deux de mes amis ont voulu aider bien que sa capacité rende sa compagnie fort difficile à la plupart des gens. Ceux qui le regardaient dans les yeux perdaient toute sensation de leur propre corps. En revanche, ils étaient assaillis par ce que ressentait l'enfant. Ils se coyaient victimes d'hallucinations visuelles et auditives, se mettaient à détester ce qu'ils appréciaient l'instant d'avant, ils se voyaient à travers les yeux du garçon. C'était à devenir fou. Et ils sont effectivement devenus fous : ils se sont entretués sous l'influence de l'enfant, qui s'est ensuite suicidé. "

Il n'aurait jamais du accepter que ces deux-là laissent en liberté un mutant aussi dangereux, même s'ils n'allaient le voir qu'avec les yeux bandés. Il les avait laissés s'occuper du gamin parce qu'ils étaient particulièrement efficaces. C'était un couple très apprécié, et assez intelligent pour n'accepter que des missions réellement utiles à Genetic. Leur prudence était exemplaire, aussi leur avait-il concédé ce léger caprice. Belle initiative : on avait ensuite retrouvé trois cadavres, apparemment morts par balle. Elle avait tiré sur son mari, puis l'enfant l'avait tuée avant de se tirer lui même une balle en pleine tête. Il ignorait ce qui s'était exactement passé mais il était évident que la capacité du gamin y était pour quelque chose car jamais elle n'aurait sorti son arme en temps normal. Et puis, leurs bandeaux ayant été enlevés... il n'était pas difficile d'envisager qu'ils avaient fini par avoir envie de le regarder.

- " Vous n'êtes pas victime d'une malédiction, vous avez simplement activé un gène qui est propre à l'être humain mais n'avait jusqu'ici aucune fonction définie. D'après ce que j'ai pu dégager, ce gène peut s'exprimer de façon extrême, sur tout le corps. Il s'active parfois dès la naissance, parfois en fonction d'une nécessité de survie ou d'une volonté très puissante. Son expression change selon les gens, et il est rare que les membres d'une même famille disposent de capacités similaires, ou même proches les unes des autres. Cela arrive, mais c'est rare. Certains Cristiani ont le même gène que vous, la seule différence est qu'il ne se traduit pas physiquement de la même façon. Il me semble que l'un d'eux est capable de rendre les gens aveugles pour plusieurs heures mais je n'en suis pas sûr. Je n'ai pas vraiment envie de m'opposer à eux, à moins d'y être obligé. À moins qu'ils s'en prennent à ceux que j'aide, je ne souhaite pas m'attirer leurs foudres. Je ne suis qu'un excentrique qui cherche à comprendre ce qui se passe, pas un mafieux et encore moins un guerrier, même si certains de mes amis le sont plus ou moins. "

Il ne voulait pas qu'elle lui demande de la protéger, et elle n'avait pas besoin de lui pour se cacher. Le peu qu'il pouvait lui offrir était de lui expliquer comment fonctionnait sa capacité. Et encore faudrait-il pour cela qu'elle accepte de se soumettre à une étude. Il était peu probable qu'elle accepte de lui offrir ses services sans contrepartie, et l'idée de devoir se frotter aux Cristiani pour les seuls services de Francine ne lui plaisait pas. Ce n'était pas très rentable. D'un autre côté, peut-être pourrait-il la persuader de l'aider sans conterpartie : sa capacité avait trait au combat, elle ne pouvait donc sans doute pas s'immuniser aux pouvoirs d'autrui si ceux-ci étaient d'essence psychique. Il fallait espérer qu'elle ne s'enfuie pas, sinon il pourrait faire une croix et sur l'aide d'une combattante hors-pair, et sur le ménage dans son appartement.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 11 Sep - 16:37

Et ce mot passait encore dans sa tête... "Génétique". Anny ? Génétique ? Alors il était possible de l'éradiquer, elle et ses penchants meurtriers. Peut être que c'était l'explication... ce mot piquait à vif une curiosité qu'elle n'avait pas d'habitude. Tout se passait donc au niveau de ses gènes. Bien sûr, elle savait qu'elle n'était pas seule à posséder un pareil secret. Les Cristiani, surtout la famille principale à laquelle elle appartenait, avaient tous des prédispositions "spéciales" lui avaient expliqué ses tantes au moment où elle apprenait la vérité sur son clan mais personne n'en avait d'aussi dérangeante et d'aussi préjudiciable, elle en était persuadée.
D'ailleurs, les raisons qui l'avaient poussées à prendre des distances avec sa famille avait été cette peur récurrente qu'elle cultivait à l'égard de l'entité qui l'habitait : le risque à tout jamais de perdre le contrôle de son corps et que Anny ne gagne. Cette dernière avait beau dire qu'elle n'agissait que pour ses intérêts — ce qui dans le fond était vrai — il n'en demeurait pas moins que Francine avait peur. C'était pour ça qu'elle avait évité de jouer un rôle pour servir la famille Cristiani et leurs intérêts. C'était trop Anny ça. Traquer, assassiner, brutaliser. Francine était raisonnable.

Les efforts qu'elle mettait en oeuvre pour cacher donc cette profonde nature sauvage avec laquelle elle cohabitait était aussi du au fait qu'elle tenait à tout prix à trouver un équilibre à sa vie à défaut de lui en donner un sens. Combattre Anny pour préserver sa vie, c'était ça le sens même de la vie. Et pourtant...combien de fois n'avait-elle pas été agressée gratuitement ? Simplement parce que ça avait été une Cristiani... au départ, elle réprimait sa détresse, sa peur et se laissait faire mais Anny avait été plus forte les fois d'après. C'était grâce à elle qu'elle était en vie, il fallait le reconnaître. Mais sans elle aussi, elle serait rester au milieu de son cocon familial. Justement, la famille. A chaque fois qu'elle subissait une attaque, elle en avertissait ses cousins et quand elle avait à reconnaître ses agresseurs — ça arrivait — elle communiquait à ceux-ci leurs identités. Ils s'en chargeaient et en même temps prenaient des nouvelles et lui en transmettait. Voilà les échanges, sinon rendez-vous à Noël pour le repas de famille. La cruelle solitude de Francine était triste à voir même lors des rassemblements de famille, certains refusaient de lui parler la jugeant traître au sang.

Du coup, le réconfort de la jeune femme devenait sa vie quotidienne. Seule certes mais pas complètement, il y avait Maggie, cette infirmière qui était sans doute la seule à tout connaître de Anny et qui l'avait déjà vu agir. Elle était aussi la seule personne présente sur Terre à connaître la naissance du double de Francine. Elle était la personne la plus proche de Francine en somme, qui en retour savait qu'elle aussi était exceptionnelle.
Toutefois apprendre de la bouche d'Holster qu'ils n'étaient pas seuls, et qu'ils étaient hypothétiquement très nombreux sonnait très étrange. Parce que pour elle, ce n'était qu'un cercle concentrique de personne autour d'elle et de sa famille comme Maggie qui demeurait une proche même de la famille.

Mais elle ne comprit pas lorsqu'il parla d'un sort enviable auquel elle avait droit, comme s'il s'agissait d'un don de Dieu, comme on disait chez les Cristiani. Le don de Dieu, vous pouvez le croire, elle l'avait pourtant attendu. Ca, c'était l'oeuvre du diable. Puis il parla de sa famille. Elle le trouva très insolent et très impertinent, car oui certes, elle n'était plus un membre à part entière, elle était toujours une fière héritière de la famille principale Cristiani. Puis il cita encore quantité d'exemple de dons qui n'avaient eux non plus rien de très enviable.

Comment ?! Comment pouvez-vous...? elle murmura nullement impressionnée par la voix de Holster qui s'était élevée contre elle. Vous ne savez rien de la famille Cristiani.

Elle le regarda avec une expression dégoûtée. Elle n'aimait pas qu'on lui parle de sa famille pour commencer. De quel doit se permettait-il ? Les Cristiani se doivent de servir les intérêts de la famille et ce depuis des générations. Et depuis toujours, leurs activités bien que secrètes et illégales (comme le meurtre, grand spécialité) étaient justifiée par «les intérêts de la planète toute entière». Intérêt qui avec le temps ne suffisait pas à certains membres de la famille, et qui donc naturellement traduisit celui-ci par «intérêt de la famille». Il y avait un grand paradoxe derrière tout ça, évidemment c'était aussi une des raisons qui poussa à croire que sa famille n'était qu'une grande mafia très bien organisée et qui la poussa à prendre ses distances et ce malgré l'attachement qu'elle éprouvait.

Holster reprit où il s'était arrêté, lui racontant une terrible histoire : un enfant donne la mort à deux adultes avant de retourner l'arme contre sa personne. Francine écarquilla grand les yeux. Des enfants...? Les enfants étaient aussi...? Elle fronça les sourcils. Elle ignorait complètement que ces capacités pouvaient se déclarer dès le plus jeune âge. Elle ne l'avait jamais vu et on ne lui en avait jamais parlé.

Un enfant ? elle répéta incrédule.

C'était insupportable d'imaginer ça s'il y avait quelque part dans le monde quelqu'un comme elle d'une part mais si justement ça avait été un enfant....Quel calvaire devait-il vivre ? Et alors...? Quel était le rôle de Holster ? Que savait-il exactement de ses enfants prodigieux et maudits à la fois ? Elle voulait en savoir plus, elle devait savoir.

Il poursuivit avec gravité la voyant visiblement troublée par la révélation qu'il venait de lui faire, affirmant qu'elle n'était en rien maudite et soutint toujours le contraire. Il lui expliqua ensuite la raison de la présence de telles prédispositions chez certains individus, à tout âge. Elle écouta avec le plus grand intérêt. Il lui expliqua que ce phénomène était tout à fait visible au sein de sa famille : des gens qui développent certaines capacités différemment, à différents âges et que tout était question de gène. Rien de sorcier, rien que de la génétique. Se faisant plus conciliant, il acheva en affirmant ne vouloir en rien s'attirer les foudres du clan Cristiani et qu'au contraire, il ne cherchait pas à leur être hostile, ni à eux, ni à elle et se disait un honnête et simple homme. Elle s'approcha de lui.

Vous ne comprenez pas, elle dit se baissant et approchant son visage à quelques centimètres du sien afin de murmurer. Je vais jouer cartes sur table avec vous, vous l'avez dit, je suis une Cristiani, je ne vous souhaite pas d'être contre nous. Il y a que vous savez justement des choses qui pourraient déplaire aux membres de ma famille. J'en fais fis, et je vous écoute mais vous, écoutez-moi bien. Le personne que vous avez vu l'autre soir faire ces choses, ce n'était pas moi. Elle est là, quelque part en moi, mais elle décide seule de faire ces choses là, elle habite en moi et elle sort quelques fois. C'est une meurtrière. Ce n'est pas moi. Je ne vois qu'à peine ce qu'elle fait et je n'ai aucun moyen de l'arrêter quand elle commence. Alors c'est comme si je me réveillais d'un cauchemar, je trouve des traces de sang séchés dans mon évier et je sais que ça n'avait rien d'un cauchemar mais que tout était vrai. Il ne me reste que des vagues souvenirs...elle ne laisse pas de trace d'ordinaire, elle peut vous faire disparaître de la surface de la terre, elle est propre et minutieuse sur ce point-là croyez-moi. Je ne vis pas ma vie, je ne vois pas ma famille. Elle est toujours présente et peut prendre le pas sur moi si je suis en danger ou en colère, ou si j'ai peur. Mais elle, c'est une inconsciente elle n'a peur de rien ni de personne. Ce n'est pas moi. Elle vit là, mais elle n'est pas moi. Elle n'est pas Francine. Francine c'est la femme de ménage en face de vous.

Elle se releva.

Vous ne comprenez pas les Cristiani, ni ce qui les anime, sinon vous n'auriez pas dit ce que vous avez dit, elle ajouta. Vous ne le comprendrez sans doute jamais, mais chacun de ses membres est à la disposition de la famille, chacun est une marionnette et chacun est utilisé pour le bien commun. Voilà comment fonctionnent les Cristiani. Si Anny ne serait pas là, ça aurait été un honneur d'être à leur disposition.

Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 18 Sep - 9:10

Il n'avait pas tiqué quand elle avait pris la défense des Cristiani. Sans doute ne voyait-il pas assez de logique dans cette prise de parti pour la prendre en compte. En tout cas, il aurait mieux fait de noter ce détail, car il en avait à présent une explication qui faussait la moitié de ses suppositions. Elle appartenait aux Cristiani. Il s'en était plus ou moins douté. Mais comme elle ne semblait pas leur être attachée, il avait bêtement pensé qu'elle les fuyait. Ce qui était loin d'être vrai. En effet, le discours qu'elle lui tenait ne semblait destiné qu'à faire leur apologie. Elle le menaçait presque, prenant leur défense comme s'il avait insulté sa famille proche. *C'est bon, t'as fait le lien ou il faut encore en rajouter une couche ?*

Elle était de la famille des Cristiani. Pas la famille éloignée, plutôt la branche souche. Ceci expliquait cela. Mais en même temps... Dans quel pétrin s'était-il fourré ? En plus, au vu de ce qu'elle lui racontait, elle n'avait pas juste une capacité. Elle avait aussi un grain. Et ce grain était le seul petit obstacle qui empêchait sa femme de ménage d'être une meurtrière dévouée à sa mafia de famille. Quel charmant tableau. Et elle le menaçait encore avec ça. Elle pourrait le faire disparaître de la surface de la terre. Belle performance, ou fallait-il signer ? Parce que là, il avait bel et bien envie de disparaître. De se réfugier dans n'importe quel trou paumé où personne n'aurait l'idée d'aller le chercher et encore moins de lui faire assumer ses responsabilités.

Il ne comprenait pas les Cristiani, la belle affaire. La vérité était qu'il n'avait que faire de comprendre les Cristiani. Il se fichait royalement de ce clan. Ou tout du moins il s'en fichait jusqu'ici, parce que s'il voulait se servir de la capacité de Francine il allait devoir se soucier d'eux. De leurs intérêts. De leurs alliés et ennemis. Or, ça, il n'en avait pas envie. S'il y avait une chose à laquelle il tenait, c'était la loyauté que ses employés lui portaient. L'idée même d'embaucher quelqu'un qui aurait des obligations ailleurs lui était désagréable : ça voulait dire accepter un traître potentiel. Cette trahison était d'autant plus probable que, si Genetic aidait Francine à garder le contrôle de sa capacité, celle-ci accourerait offrir ses talents aux Cristiani. S'il le l'aidait pas, elle ne serait pas utile. Et toujours dévouée à sa famille, bien entendu.


- " Puisque vous êtes franche je vais l'être aussi : je n'ai pas l'intention de vous aider. Vous avez sans doute développé un dédoublement de la personnalité en même temps que votre capacité. Peut être à cause d'un traumatisme, d'un éléctrochoc, d'un complexe ou que sais-je encore : je ne suis pas psy et je ne compte pas le devenir. "

Accessoirement, il n'avait pas non plus l'intention de lui donner l'adresse d'un bon psychiatre. D'abord il n'en cpnnaissait pas, et ensuite il n'aimait pas cette engeance. En avoir poussé deux à la faillite lui suffisait. Quoique, maintenant qu'il y pensait, il en avait épousé un aussi. Mais celui-là le détestait, alors il n'allait pas soigner la jeune mafieuse s'il la lui envoyait. D'ailleurs, peut-être le détestait-il parce qu'il savait ce qui était arrivé à ceux qui avaient tenté de le psychanalyser. C'était à creuser, même s'il pensait avoir été discret.

- "Bref, Genentech n'embauche ni d'aide que des individus indépendants. J'ai cru que vous l'étiez, je me suis trompé. Nous n'avons plus rien à nous dire, vous aviez raison au final. "

Et voilà ou ils en étaient. Il avait essayé de recruter un soldat qui ne lui serait jamais devoué. Et qui ne serait jamais vraiment soldat à moins d'un long travail sur un sofa pas loin d'un bloc-note. Une thérapie qu'il ne pouvait pas fournir et qu'il n'était pas près de prescrire à moins qu'on lui force la main. Francine était un nid à problèmes dont il ne voulait surtout pas s'occuper. Il avait déjà assez d'ennuis avec des agents non-loyaux comme la jeune Jay ou encore le zélé Callahan. Sans compter les éléctons libres qu'étaient encore Harwell ou Reynolds, suffisamment forts pour défendre leurs propres intérêts par delà ceux de Genetic.

- " Vous ne m'en voudrez pas je pense si je vous renvoie ? Je n'ai pas envie que les Cristiani fassent le ménage chez moi, question de vie privée. Si c'est pour être espionné, je préfère m'en charger. "

Il ferait appel à un ou deux employés proches du licenciement pour s'occuper de l'appartement. En attendant, il ne voulait surtout pas que cette folle puisse entrer chez lui et rapporter son mode de vie à sa chère famille. Surtout, il ne voulait pas qu'elle leur parle de sa fille. Elle ne se laissait pas enlever par n'importe qui, mais elle était assez remontée contre lui pour s'allier à ses ennemis. Or, s'ils ne la menaçaient pas d'office, elle verrait dans leurs plans quels qu'ils soient un moyen de plus pour lui rendre la vie dure. Et il préférait ne pas avoir à se préoccuper de la survie de son héritière.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 18 Sep - 13:25

Elle le voyait s'endurcir, son ton changeait complètement et elle réalisait alors qu'il l'impressionnait plus qu'elle ne voulait bien le croire. Il l'était clair. Elle ne l'aiderait pas, bien au contraire. Elle avait manqué une occasion de se taire pour une fois. Mais ça avait été plus fort qu'elle, même si aujourd'hui elle n'avait rien d'une Cristiani si ce n'est le nom et le physique, elle les avait défendu ouvertement, sachant très bien que la moitié de leurs membres la haïssait. Pour la façon dont elle leur avait tourné le dos, pour certains comme Anthony son oncle, par méfiance à son égard et d'autres plus naturellement comme ses frères, surtout les deux aînés : Michael et Patrick. L'un à Washington, l'autre à New York, fort heureusement pour elle.

Francine voyait l'occasion de comprendre ce qui lui arrivait depuis ses seize ans en la personne de Holster. Il pouvait visiblement lui apporter des réponses avec Genentech. Quelque soit le problème, génétique ou non. Mettre simplement un nom sur ce qui lui arrivait et savoir les origines de ses graves troubles apporterait sans doute un début de solution pour éradiquer Anny à tout jamais. Mais si Holster se fermait...il n'y avait plus aucune solution pour elle. C'était très dur à admettre mais avec tout ce qu'il venait de lui apprendre, il s'avérait qu'elle avait besoin de lui. Besoin de ses connaissances et des recherches qu'il menait à Genentech. Il avait apporter justement l'espoir un jour de se défaire d'une vie sans cesse dévorée par une autre brutale et criminelle. Il fallait qu'il l'écoute et qu'il l'aide. Mais il ne semblait enclin du tout à l'écouter, ni même à l'aider comme il le soulignait.

Il parlait d'un trouble de la personnalité concernant Anny mais ce n'était absolument pas ça, Francine en était persuadée. Anny était bien là, elle accomplissait des crimes abominables, elle était capable de chose que physiquement - et non plus psychologiquement - Francine était incapable d'accomplir. C'était quelqu'un avec une force extraordinaire et un esprit de survie extrêmement aiguisé. Francine, elle n'y connaissait pratiquement rien à ses choses-là, elle ne pouvait pas se battre comme elle ou avoir la force et briser un squelette humain avec les mains. C'était plus compliqué que ça.

Il reprit sans ménagement cette fois encore. Il devait fermement croire qu'elle était encore une vraie Cristiani, le soucis aurait été que si elle l'était restée jamais il n'aurait pu l'employer. Elle aurait vécu une vie singulièrement différente. Loin de la misère du métier de femme de ménage et plus proche de celui de princesse avec tous les moyens que possédait l'illustre clan. Mais sa vie n'était plus ça...vivre dans un cocon toute son enfance avait suffi, il fallait gagner la réalité même si les départs furent très durs. Ça n'était pas d'ailleurs à Los Angeles que la vie de Francine commençait réellement, mais au Texas à Beaumont. Dans la toute petite communauté catholique de la ville. La vie semblait déjà beaucoup plus simple. Anny ne faisait plus partie de sa vie à ce moment-là...du moins au début....mais un an s'écoula et une grave dispute avec celui qu'elle avait connu comme le premier homme faisant d'elle une femme éclata. Il n'avait rien d'un prince, rien d'un homme à vrai dire et elle, avait de profonds regrets. Il voulait l'obliger à revenir et ce soir-là Anny revint. Francine se souvenait de ce soir-là, avec son permis fraîchement en poche, elle avait roulé jusqu'à Galveston pour se débarrasser des restes sans ménagement avant de dire adieu au Texas. Les souvenirs remontaient douloureusement comme un douleur d'estomac. Ça n'avait pas été la première fois, ça n'allait pas être la dernière...
Quoi qu'il en fut, la vie de Los Angeles avait été plus compliquée, plus de communauté pour l'aider cette fois, le vrai plongeon. Dormir dans sa voiture avait été une solution pendant deux jours, même si elle ne dormait pas en ce temps-là, avant que sa mère ne la trouve et lui donne l'appartement qu'elle habitait encore. Ensuite, il avait fallu travailler et là, elle s'était définitivement retrouvée seule avec son loyer et toutes ces obligations que personne ne lui avait expliquée malgré les coups de fils restés lettres mortes auprès de sa famille. Désormais, il avait simplement ses cousins, et Noël qui la liait à sa famille, rien de plus.
Holster pouvait dire ce qu'il voulait, aujourd'hui il n'y avait pas plus indépendante.

Je crois que vous ne m'avez pas compris, elle répondit finalement en ce demandant où est-ce qu'elle avait pu trouver le courage d'enfin ouvrir la bouche. Ça fait des années que je n'ai plus rien à voir avec les Cristiani. Allez donc les voir, si vous un doute à ce sujet, pour un certain nombre d'entre eux je suis morte. Je suis encore très étonnée d'être conviée à Noël. Je ne leur doit rien et ne me doivent rien non plus en retour. Vous parlez d'eux, je vous ai simplement rectifié quant à leurs motivations au vu de mon savoir. Je m'excuse, je n'aurai peut-être pas du vous parlez de la sorte, Monsieur, elle ajouta n'oubliant pas qu'elle travaillait d'ors et déjà pour plus même en temps que femme de ménage.

Là-dessus, il lui demanda si elle ne voyait aucune objection à ce qu'il se sépare d'elle. Ne voulant pas être inquiété de ses liens avec sa famille si encombrante.

Non ! elle s'écria. Vous devez m'aider. Je suis prête à travailler pour vous. Je ne suis pas une espionne de la famille Cristiani. Je n'aurais aucun mal à vous prouvez ma loyauté si vous acceptez de m'aider avec Genentech. Je vous assure, je ne souffre pas d'un dédoublement de personnalité. Je suis incapable de faire la moindre des choses qu'Anny sait faire. Vous l'avez vu de vos propres yeux. Je n'ai aucun pouvoir, je ne peux pas me battre, je ne peux pas tuer quelqu'un à mains nues comme elle. Je suis prête à vous laisser faire n'importe quelle expérience sur moi si vous me débarrassez d'elle. Je vous le jure. Je travaillerais pour vous, je veux juste qu'elle disparaisse.

Rarement elle ne s'était montrée si franche. Elle voulait des réponses, elle voulait donner un sens à tout cela, elle voulait qu'on lui rende une vie, une vraie, elle ne voulait plus vivre dans la crainte qu'un jour on ne la découvre et qu'elle ne soit poursuivie puis jetée en prison ou pire...

Anny, ce n'est pas moi, elle reprit. Je ne suis plus une Cristiani. Anny a essayé d'assassiner Anthony Cristiani, mon oncle. Depuis ce jour, croyez-moi, je n'ai plus été une vraie Cristiani. Il faut que vous m'aidiez. Je dis la vérité, je ferai n'importe quoi pour me débarrasser d'elle.

« Talalalalala...» elle murmura cyniquement au plus profond d'elle-même.

HRP: A la fin, il ne s'agit que de "Anny" qui se manifeste dans l'esprit de Francine, signe qu'elle va peut être réagir ou pire.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Mar 20 Sep - 15:47

Il s'était trompé sur elle à plusieurs niveaux. D'abord, il avait cru qu'elle était indépendante. Or, elle faisait partie de la famille Cristiani et il était probable qu'elle soit encore sous leur influence. Il avait aussi cru qu'elle était discrète. Or, elle avait commencé à lui expliquer le fonctionnement de sa capacité sans même s'interroger sur la nature exacte des recherches qu'il avait dit mener. Enfin, il avait espéré qu'elle fasse preuve d'un minimum d'intelligence, ou même de simple bon sens. Il avait refusé de l'aider, et elle continuait à lui donner des informations. Non pas qu'il crache sur l'opportunité absolument formidable qu'elle lui offrait : il savait reconnaître la providence tout de même. Mais l'imprudence de la jeune fille, qui frisait l'inconscience, était si évidente et si grave qu'il ne pouvait s'empêcher de jurer intérieurement. Machiavel devait se retourner dans sa tombe face à de telles mégardes. Lui, plus sobrement, envisageait de se cogner la tête contre les murs, seule réaction logique devant une absence aussi absolue des principes de sécurité les plus basiques.

Francine était un boulet. Un livre ouvert non-cadenassé. Une arme nucléaire sans mode d'emploi et se trouvant de plus dans le camp adverse. Elle était dangereuse, mais incontrôlable. Elle était prête à s'affilier à toute personne lui proposant de l'aide, mais n'était vraiment loyale qu'aux Cristiani, même si ceux-ci l'avaient reniée. Reniée ! Encore une information qu'elle n'aurait jamais du laisser échapper. Une information parmi d'autres, notamment son identité. On eut dit qu'elle craignait de perdre son identité si elle n'en informait pas un maximum de personnes. Certes, Holster n'était pas n'importe qui. Mais ça, mademoiselle Ford-Cristiani n'en savait rien. Et si elle en avait su quelque chose, il est à espérer qu' elle se serait bien gardé de lui raconter ainsi sa vie, en incluant -comble de l'inattention - des informations qui ne servaient à rien d'autre qu'à lui donner des armes contre elle.

Concrètement, il s'en fichait. Il n'avait plus l'intention de la recruter, quand bien même elle s'accrocherait à ses chaussures pour le supplier de l'embaucher. Elle ne pourrait tout simplement pas devenir une agente de Genetic honorable, et aussi sadique qu'il puisse être parfois il n'avait pas particulièrement envie d'en faire un tête à claques de plus. Les semi-indépendants disposaient de bien assez de jouets pour distraire leurs pulsions destructrice, et ils donnaient ainsi bien assez de travail à divers psychanalystes sans qu'il soit nécessaire d'engraisser plus encore cette profession. Si autrefois la religion avait été l'opium du peuple, c'était aujourd'hui le rôle de cette discipline hasardeuse qui consistait à déduire de comportements anodins des traumatismes passés, présents et à venir liés à la petite enfance. Bref, il n'avait donc fatalement pas besoin d'un poids mort supplémentaire.

Ceci dit, la comportement de cette femme était tout même désespérant. Francine se conduisait de son point de vue d'une façon aberrante que sa capacité et son trouble psychologique n’expliquaient que partiellement et n'excusaient pas du tout. Elle disait qu'elle ne souffrait pas d'un dédoublement de personnalité. Soit. On aurait pu lui objecter que tous les fous disaient ne pas l'être mais là n'était pas le problème. Avait-elle seulement écouté ce qu'il avait dit ? Elle avait une capacité. Cette capacité pouvait se déclencher pour des motifs divers et absolument pas nécessairement corrélés à sa volonté. Ce qui signifiait que ce que faisait "Anny", d'une part c'était elle qui le faisait, et d'autre part elle pourrait le faire elle même si elle connaissait le mécanisme qu'Anny mettait en marche afin de... briser les os puisqu'elle prenait cet exemple.

Un véritable travail de boucher : encore un point sur lequel il s'était fourvoyé puisqu'il avait cru initialement qu'elle maîtrisait au moins en partir le combat à main nue. En fait elle disposait juste d'une force herculéenne lorsque cela s'avérait opportun aux yeux de sa deuxième personnalité. Il n'en démordait pas : c'était la seule explication possible. Il était juste incapable de dire pourquoi. Lui même avait probablement des traumatismes atroces refoulés au fin fond de son soi-disant subconscient et qui l'empêchaient de regarder de trop près les analyses psychiatriques. De tels raisonnement lui donnaient envie de frapper un mur et quand on connaissait la solidité de la plupart d'entre eux, comparée à la fragilité de ses pauvres et misérables phalanges, on comprenait aisément qu'il vaille mieux l'éviter.

Quand finalement elle lui fit part de sa volonté inébranlable de mettre fin de façon définitive à sa capacité, il ne put s'empêcher de crisper la mâchoire et de serrer les points face à une telle absurdité. Il avait envie de la gifler, ou mieux : de la menacer. De lui apprendre par l'exemple ce qu'il en coûtait de faire confiance à ceux qui ne sont pas vos alliés. Mais il ne le fit pas. Il en avait envie pourtant : c'étaient là les réactions les plus logiques qui soient. Mais il avait quelque part au fond de lui un genre de bonne conscience qui le poussait, non pas à de la pitié, et encore moins à de la compassion, ni même à utiliser sans réserve toute aide qui lui serait proposée, mais plutôt à s'assurer que chacun de ses actes ait un effet. Il ne voulait pas faire quelque chose d'inutile. Or, envoyer balader ce fléau stratégique lui aurait certes épargné sa présence au moins pour un temps, mais n'aurait pas été utile par ailleurs. De plus, s'il se contentait de la laisser filer, elle risquait - naïve comme elle l'était - d'aller se faire embaucher ailleurs. En l'état actuel de choses, c'était aussi bien : elle ne ferait que constituer un point faible pour quelqu'un d'autre que lui.

Mais si d'autre parvenaient à en faire un soldat, ce serait à son désavantage. Par conséquent, il était préférable d'essayer de la former. Et s'il s'avérait que c'était impossible, hé bien... Il la renverrait, avec peut être à tout le moins un peu plus de cervelle qu’auparavant, à sa chère famille. Oui, elle n'était plus une Cristiani, et alors ? Il ne cherchait pas son bien, ni même sa survie. Il voulait en faire un bon élément si cela était possible, et s'assurer qu'elle ne devienne pas un point faible pour lui dans le cas contraire. Soit en faire un point faible pour ses ennemis, si c'était encore possible, et se débarrasser d'elle discrètement si elle en savait trop. Que les Cristiani l'accueillent ou non chaleureusement dans le cas ou il la renverrait à eux ne l'importait guère.


- " Je me suis trompé sur un autre point : je vous ai cru discrète et il s'avère que vous êtes d'une imprudence des plus choquantes. Je crois vous avoir déjà dit ne donner d'informations qu'à ceux qui savent tenir leur langue. Or vous m'avez en moins de deux minutes donné assez d'armes pour vous blesser, vous attaquer en justice pour meurtre, et vous faire éventuellement virer. Vous m'avez aussi donné assez d'informations sur les Cristiani pour, sinon les détruire, du moins les désorganiser sérieusement. Ce qui n'est pas pour me déplaire puisque vous n'êtes pas mon alliée. Comprenez-vous seulement ce que ça implique ? "

La notion d'allié et d'ennemi potentiel était une base en matière de prudence. Si elle ne maîtrisait même pas ça, il n'était pas la peine d'essayer d'en faire quoi que ce soit. Pourtant, il voulait espérer qu'elle ne soit pas un cas si désespéré qu'elle en avait l'air. Parce que dans le cas contraire, elle serait définitivement inutile. Elle lui avait déjà donné presque toutes les informations relatives à sa capacité. Sa seule particularité était d'y ajouter un désordre psychiatrique avancé. S'il la livrait à ses médecins, ce qu'il pouvait faire puisqu'elle acceptait de se soumettre à toute expérience de son choix, ceux ci pourraient au mieux ajouter des chiffres à ce qu'elle avait dit. Ils pourraient aussi, bien sûr, analyser les relations entre la capacité physique et la psyché de l'individu. Mais cela, il s'en fichait. Il n'aimait pas la psychanalyse, ne sponsorisait pas la psychanalyse et se moquait éperdument des progrès de la psychanalyse. Freud pouvait aller se faire mixer des ballerines métaphoriques, ça n'était pas son problème. Lui, ce qui lui importait, c'était de comprendre la mutation .Juste la mutation. Et accessoirement de transmettre à ceux qui en étaient dignes un enseignement avancé en manipulation et dissimulation.

Il n'enseignait à Francine que des bases, et ce n'était pas par élection qu'elle en bénéficiait. Elle avait juste un niveau tellement lamentable en la matière qu'il fallait remédier à cela. C'était un genre de devoir : il trouvait désagréable qu'il existe des êtres aussi fâcheusement naïfs et imprudents. Même si ceux-ci devaient devenir un jour ses ennemis, la seule existence de modes de vie aussi francs le démoralisait. Ainsi avait-il voulu essayer de faire faire à son mari un apprentissage par l'expérience des règles de la manipulation. Mais même son cher psy de mari n'était pas aussi stupide.


- " Je ne suis pas responsable de vous, je n'ai aucun devoir de vous aider. Je pourrais essayer de vous faire du mal. Par exemple en vous accusant d'être un monstre sans cœur et de cacher votre absence de sentiments derrière une apparente fragilité. J'aurais tort de le faire parce que cela ne m'apporterait rien, et vous auriez tort de me croire si je le faisais car je ne suis pas votre allié. Tout ce que je dis peut et doit donc être critiqué, et mon jugement ne doit pas vous influencer. Je pourrais vous dire que vous avez actuellement les yeux rouges et la dernière chose à faire serait d'aller le vérifier, même si vous pensez que je dis la vérité, et même si vous penser que le vérifier ne peut pas être dangereux, parce que vous pourriez me donner une information qui, encore une fois, pourrait me servir à vous attaquer."

Après réflexion, il allait quand même l'envoyer passer des examens puisqu'elle le voulait. Mais juste les premiers. Et si elle passait les suivants, ce serait... intéressant. Elle ne pourrait pas dire qu'elle n'avait pas été prévenue qu'il faille se méfier. Et ce serait un exercice pour ses employés d'abaisser les barrières protectrice de la jeune mafieuse jusqu'à ce qu'elle accepte de son plain gré de servir de cobaye. De plus, cela lui servirait de leçon, car il redoutait que ses propos ne tombent dans l'oreille d'une sourde ainsi énoncés : il fallait que cela se rattache à une expérience, le plus souvent à une mésaventure, pour que l'individu développe des automatismes de défense. Ainsi appréhendé, le danger perdait de son intensité. Il se moquait gentiment d'elle, mais ne l'avait pas réellement menacée. Il faudrait plus que ça pour qu'elle se mette à mieux analyser les situations avec ce qu'elles comportent de sauf et de risqué.

- " Si vous voulez toujours comprendre votre capacité, vous pouvez aller à Genentech et demander à faire des tests. Si vous demandez à seulement vérifier la présence ou l'absence du gène muté, et que vous insistez sur ce 'seulement', ce sera sans danger. Pour autant, vous devrez vous méfier car les gens qui travaillent là ne me sont pas tous loyaux. Je saurai fatalement le résultat de ces tests, mais je tiens à ce que vous notiez que je ne suis toujours pas disposé à vous aider, et que donc je ne vous sortirai pas d'affaire si d'aventure vous tombiez dans un piège ou si, comble de la stupidité, vous alliez vous enrôler chez certains terroristes qui se garderont bien de vous dire clairement leurs intérêts."

Et une discrète petite référence à Genome, pour le cas ou elle voudrait passer à l'ennemi. Maintenant il n'avait plus qu'à observer comment elle se débrouillait. Bien sûr il avait menti en disant que tous ses employés ne lui étaient pas loyaux. Ils l'étaient tous plus ou moins, et pour diverses raisons il savait qu'ils ne risquaient pas de le trahir si facilement. Il avait dit ça simplement pour qu'elle se méfie encore plus de ceux à qui elle aurait affaire, et aussi, il fallait l'avouer, pour se donner le beau rôle. Si elle se basait sur la loyauté de ses employés pour juger de la confiance qu'elle pouvait leur accorder, elle le verrait fatalement comme un protecteur bien qu'il lui ait affirmé le contraire. Ainsi, il pourrait plus facilement se servir d'elle si contre toute attente elle devenait un bon élément.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Mar 20 Sep - 19:22

Voilà, elle était là. Elle l'avait bien sentie de plus en pesant dans un coin de son esprit, comme si elle avait mis tout son poids sur son cerveau. Elle allait craquer. C'était la première fois qu'elle la retenait aussi longtemps, la dernière fois, elle avait fini un désordre hormonale et des règles abondantes qui se présentaient alors qu'elles les avaient déjà eu une semaine et demi auparavant. Son estomac galopait, c'était la terreur. Ce qu'il disait elle le comprenait à peine, mais son cerveau (ou ce qu'il en restait) remuait les paroles qu'il avait déjà eu pour elle.

Comment pouvait-il parler de désordre psychologique quand il s'agissait de l'oeuvre du diable ? Son diable. Celui qui s'évertuait à lui pourrir l'existence. Elle avait cherché à se rebeller contre lui, à l'arrêter, mais rien y faisait, Anny était plus forte. Comme ce jour, la fois de trop où elle voyait son reflet lui jouer des tours, elle le martela si fort qu'il se brisa et qu'il se réveilla dans un bar avec une terrible gueule de bois à 200 kilomètres au Sud de Los Angeles avec quelques bribes de souvenirs parmi lesquels une bagarre dans ce bar même et sans doute plus tôt dans la soirée un robe qu'elle avait enfilé et qu'elle se voyait retirer dans une chambre somptueuse. Ce jour-là lorsqu'elle rouvrit douloureusement le coffre de sa voiture, elle trouva un mot avec sa culotte:

« Oui, j'ai pas digéré ce que tu m'as dit, ça m'a blessée j'suis partie me défoulée, Bisous xoxo »

Elle n'avait jamais plus retenté quoi que ce soit contre elle depuis ce jour-là. Elle sentait pourtant Anny affolée, paniquée, déchaînée. Pourquoi ? Elle n'était pas en colère... et pourtant...Il y avait quelque chose chez cet homme. Mais Francine, sentant bien ce fardeau lui peser ne voulait pas lui montrer à nouveau Anny. C'était comme une honte, comme afficher un vice, un vice vivant qui possédait votre visage, votre odeur, vos vêtements, qui dormait dans votre lit, manger dans votre bouche, aimait ce que vous aimiez et le salissait, vous salissait avec ce que vous n'aimiez pas. Le défaut personnalité. La noirceur de l'être en pleine face, à chaque fois. Le passé sous le nez. La vie dévorée doucement. Qu'était-ce le pire ? C'est que Francine avait de moins en moins de souvenirs concernant ses blackouts ou qu'ils lui semblaient de plus en plus longs ? A vrai dire, elle ne savait plus. Pour elle, un jour, elle cesserait d'exister et l'heure d'Anny viendrait, à son tour elle prendrait sans doute sa place dans le miroir et à quelques reprises par ci et par là, elle reprendrait possession de son corps. Cette théorie était folle, bien sûr, elle se refusait à la croire mais quelques soirs, elle l'empêchait de dormir...après tout pourquoi pas, si Anny existait et si elle pouvait aisément broyer une voiture avec ses bras, tout était possible.

Le suicide. Ça, elle y avait pensé plus tôt en quittant la ville pour aller au Texas avant et en entrant dans la communauté catholique aussi. Pour pouvoir se défaire de ses pêchers, connaître l'absolution, ne plus vivre dans la hantise qu'un jour on ne l'attrape et la juge pour le meurtre qu'elle avait commis, pour faire absolution. Puis elle se croyait folle, elle était fatiguée de lutter pour assumer cette responsabilité. Quand vint son second assassinat, la pensée qui la conforta fut ces mots de la part de son double « Il le méritait, ils le méritaient tous les deux et tous les autres qui le mériteront connaîtront le même sort ». Toute la justice du monde n'enlevait pas le sang d'une vie humaine sur les mains, elle le savait et pourtant elle fermait les yeux depuis ce jour-là.

Elle s'écoula alors à genoux devant lui, ne tenant plus.

Ai...aidez-moi, dit-elle d'une voix faible le suppliant presque.

Et elle cracha quelques gouttes de sang comme si elle avait subi un empoisonnement à l'arsenic. Holster reçu l'une d'elle sur le verre gauche de sa paire de lunette. Francine se releva dans un geste lent et morbide, la tête baissée. Elle la relevait elle aussi ensuite très lentement. Son regard avait définitivement changé. Plus la moindre détresse, ni la moindre peur, ni plus rien, plus d'éclat. Son poing s'abattu comme un éclair sur la table basse en verre qui explosa en milliers de morceau, le plancher prit lourd aussi et trembla même tant il avait été secoué même si le pire restait le trou que la jeune femme venait d'y laisser.

Fils de pute, elle dit en se relevant. Je t'oublierai pas. Tu ne nous aura pas.

Anny tourna les talons pleine de haine prête à en découdre avec l'appartement de Holster tout entier. Elle commença avec le meuble devant la porte dont elle balaya d'un revers de main tout ce qu'il contenait avant, du même revers de la main, de l'envoyer lui même s'écraser contre le mur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Ven 23 Sep - 20:17

Il avait espéré, sincèrement espéré qu'elle comprendrait. Mais non, cette femme semblait définitivement hermétique aux bases de la prudence et de la dissimulation. Elle le regardait d'un air absent tandis qu'il lui exposait la différence entre un ennemi, un allié, un allié potentiel et un ennemi potentiel. Rien ne semblait pouvoir la réveiller, pas même les instructions qu'il avait pris la peine de lui donner. C'était à s'en mordre les doigts. Il avait cru qu'au moins, à ce moment là, elle l'écouterai. Peine perdue. C'était tout un schéma manipulatif qu'il allait devoir revoir, pour la seule raison qu'il ne voulait pas se répéter. Même si ça devait tout faire foirer ? *Oui*. Même si ça devait anéantir la moitié de ses plan il préférait toujours essayer quelque chose de nouveau, partant du principe que tôt ou tard, maintenir une ligne de conduite fixe nuit aux capacités d'adaptation. Un prétexte facile pour expliquer sa répugnance à tout recommencer.

Il eut cependant la certitude absolue qu'un changement de conduite s'imposait quand un projectile non-identifié vint s'écraser sur ce qui lui servait de lunettes. Instinctivement il avait fermé les yeux. À présent, il voyait distinctement qu'il s'agissait de... sang peut être ? Misère, avec sa chance habituelle elle avait peut peut être développé une capacité non-viable. Et dans ce cas là, c'était ennuyeux de l'admettre, mais le gène s'apparentait effectivement à une malédiction. De celles qu'on ne peut pas lever. Ils avaient plus de chances de parvenir un jour à éradiquer le cancer que de guérir ceux dont la capacité modifiait l'organisme au point de le rendre inapte à la survie. Ou de développer des maladies mortelles absolument incurables. Certains ne développaient que des symptômes pathologiques constants, gênants mais avec lesquels on pouvait vivre.

Quelque chose qui vous faisait cracher le sang avait un peu moins de chances de vous laisser en vie.

L'aider, elle en avait de bonnes tiens. Déjà qu'il n'avait pas envie de l'aider au départ, alors maintenant... La deviner mourante ne l'attendrissait pas vraiment : cela voulait simplement dire qu'il pouvait faire une croix sur sa force. Obtenir son aide, quand bien même il en aurait voulu, était un objectif de long terme. Il n'avait pas envie de se lancer dans un projet qui risquait d'être interrompu définitivement à plus ou moins court terme. C'était dommage d'ailleurs : elle aurait été passablement utile si elle avait été viable. Enfin, en un sens c'était peut être une bonne chose. Après tout elle n'avait pas eu l'air particulièrement intéressé par un travail de terrain, mais plutôt par de la recherche. Or, il avait justement à sa disposition des chercheurs qui ne rêvaient que de tomber sur ce genre d'anomalie. Encore en vie si possible.

Il dut cependant envisager de renoncer à cette autre éventualité, du moins à court terme, en se retrouvant gratifié d'un insulte à laquelle le comportement précédent de Francine ne l'avait pas vraiment habitué. Fils de pute, vraiment ? De prof eut certes été plus pertinent, mais ce n'était pas vraiment le moment de s'en soucier car sa femme de ménage semblait avoir été... comment le dire avec une élégance teintée d'euphémisme ? Disons qu'elle paraissait comme touchée par la grâce divine. Après lui avoir presque crié une réplique probablement tirée d'un film à sensations, elle avait commencé à attaquer son environnement. À commencer par une pauvre table basse qui avait la malchance d'être en verre. En plus, il avait eu du mal à trouver une plaque de verre sans imperfection : dès qu'il ne s'agissait pas de métaux nobles on essayait toujours de vous refiler de la camelote. La victime suivante de sa femme de ménage fut un pauvre meuble que son bois de chêne ne rendait pas plus coupable que la table basse. Mais mademoiselle je-vais-bientôt-mourir-donnez-moi-des-infos semblait avoir serré la main de Seth, seigneur de la destruction, et était visiblement décidée à pulvériser tout ce qui se trouvait sous sa main.


- " Anny je présume. "

Il voulait à tout prix se tromper mais il y avait malheureusement de fortes chances qu'il ait vu juste. Elle avait une double personnalité, c'était à peu près certain vu la façon dont elle en avait parlé. Ajouté à son changement radical d'attitude et à ce "nous" qui n'augurait rien de train sain, cela faisait un amoncellement de preuves très explicites. Il avait à présent devant lui une toute autre personne, celle qui avait déjà commis des assassinats et ne voyait aucun inconvénient à recommencer. Celle qu'il avait vue en action. Celle qui avait probablement endossé la totalité des actes impulsifs de Francine, ainsi que tout ce dont elle avait pu avoir honte. Ah, Freud, ce cher Freud... Comme il pouvait le détester. C'eut été tellement plus simple de se dire que cette fille était folle, qu'il fallait la fuir, le faire enfermer. Mais non, il fallait encore essayer d'expliquer comment son cerveau était divisé. Discipline inutile parmi toutes les absurdités produites par la science des hommes.

- "Que vous soyez sur le point de mourir ou non, vous me devez pour le moment environ 900 $. A moins que vous ne préfériez vous faire virer pour faute professionnelle. Ou alors je pourrais demander des comptes à votre famille ? "

Sur le coup, il était fier de son initiative. Puis, au bout d'une demi-seconde, il déchanta.* Si tu continues de la provoquer comme ça elle ne va plus s'en tenir à ton misérable logement tu sais * Cet appartement n'était pas si misérable que ça, mais l'idée de l'envisager entièrement détruit lui plaisait toujours plus que celle de se voir devenir la suite du programme des réjouissances. C'était à croire qu'il n'avait aucun instinct de survie. Il aurait du fuir, courir jusqu'à la porte et enfermer à clef chez lui cette femme instable jusqu'à ce qu'elle soit calmée. Et encore eut-il du appeler la police pour vérifier son état de stabilité. Mais non. L'image d'un meuble explosé contre la porte en question lui restait fixée sur la rétine et il n'osait pas bouger. Tout au plus parvenait-il à parler, même si fanfaronner était un terme plus exact pour désigner les stupidités qu'il déblatérait.

C'était le moment de doucement reculer pour s'éloigner du danger. Mais ses jambes refusaient de le porter. C'était bien utile d'être rationnel quand la raison ne parvenait plus à vous faire remuer un orteil. D'une nécessité primordiale même. Vraiment, c'en était risible. Il avait peur de tout. Il ne savait que mimer la témérité.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Ven 30 Sep - 20:32

La rage d'Anny avait enflé jusqu'à presque exploser ce qu'il restait de Francine en elle. Bien sûr, elle était quelque part en elle comme à son habitude mais elle était devenue sourde et aveugle au milieu de son esprit et ne garderait pas le moindre souvenir de ce qui se produisait après les derniers mots de Holster au sujet de Genentech. Et encore, il lui faudrait plusieurs jours pour retrouver ses mots dans sa mémoire. Le reste ? Adviendra ce qu'il pourra, Anny elle seule saura ce qui se serait produit. Généralement, une intervention aussi brutale qui s'est faite dans une lutte tout aussi violente au sein même de l'organisme de la jeune femme aboutissait à des situations extrêmes où Anny ne se montrait pas très conciliante, ni très docile d'ailleurs.
Elle bouillait littéralement. Comment cette idiote de Francine pouvait-elle être aussi ingrate à son égard ? Elle qui avait tout fait pour elles ? Elle qui n'agissait que dans son intérêt. Elle était furieuse. Cette idiote était bien trop mollassonne pour prendre ce qu'elle voulait. D'ailleurs, si elle avait pu, Anny aurait pris définitivement la place de cette stupide Francine, coincée, débile et que sais-je d'autre. Ça ne faisait que l'enrager davantage et c'est ce connard qui prendrait tout dans la gueule. Elle mourrait d'envie de le finir comme son mobilier et elle s'en fichait pas mal de se qui pouvait lui arriver elle n'avait peur de rien. Contrairement à l'autre, qui sursautait à la moindre occasion.

D'ailleurs, elle avait tenté d'empêcher Anny d'intervenir, la garce, elle ne pigeait pas que ce n'était pas en son pouvoir et qu'au contraire ça la desservait gravement d'agir ainsi ? Toutes les conneries qu'elle lui avait débité, c'était quoi ça ? C'était à force de vouloir jouer la maligne et à s'y perdre quand on s'en prend à plus fort que soi. Anny s'en moquait pas mal de se Holster, de son job de boniche, elle n'avait pas besoin de travailler pour vivre, ce qu'elle voulait, elle le prenait. Quand Francine reviendrait à elle, elle s'en mordrait les doigts...encore. Son corps supporterait difficilement le choc à nouveau. Elle s'en foutait, c'était pas son problème, elle était là, elle en profiterait. Même s'il fallait qu'elle vive, bordel, fallait qu'elle retienne la leçon et qu'elle la laisse œuvrer pour toutes les deux.

Le connard visiblement se sentait très malin d'avoir dit sa petite phrase mais en fait il était aussi con que sa table basse et cherchait vraiment à subir le même sort. La jeune femme arracha la poignée de la porte pour ne lui laisser aucune chance si n'est la fenêtre mais en faisant un saut du quatrième étage, s'en sortir indemne tenait du miracle. Elle se délectait de son avantage. Il ne bougeait plus au milieu déjà d'un amoncellement de verre brisé à ses pieds et des vestiges de fut sa jolie commode en bois complètement écrasée contre un mur qui n'avait pas été épargnée non plus. Ça faisait déjà une jolie pagaille. La destruction créatrice. Le plaisir n'était pas encore lisibles dans les yeux d'Anny mais si elle pouvait soulager toute sa colère et sa frustration ici et maintenant ce ne serait plus qu'une question de temps avant qu'elle ne savoure sa domination.

Lentement, elle avança jusqu'au téléphone. Elle posa sa main dessus le plus calmement du monde dans un silence mortuaire où la moindre particule semblait retenir son souffle - aussi tenté que les particules aient un système respiratoire. Puis, elle broya de la même main. Avant de le balayer d'un revers avec la table qui le supportait. Tout deux gagnèrent à subir le même sort que fut la commode en bois et s'écrasèrent donc dans un lourd fracas contre le mur déchirant lourdement le silence. Elle s'approcha de lui pour sentir la peur se glisser subrepticement en lui et la mort déployer son ombre lentement.

Je pourrais tout détruire ici. Rien ne prévaudrait ta vie, n'est ce pas ? C'est marrant, même ceux comme toi qui gagnent à être si parfaits, si intelligents, si riches et puissants, n'est ce pas ? Ne sont plus rien, n'ont plus rien face à la mort et à la fatalité, elle dit durement de sa voix métallique et froide. Tu perds tes moyens, tu ne te rends même pas compte de ce que tu dis. J'aurai été un poil plus éméchée, pour ce que tu as dit, tu serais passé par la fenêtre. Et maintenant tu as peur. Elle va me tuer, elle va pas me tuer ? La vérité, je te le confie, je n'ai pas encore décidé. Peut être que tu es utile, tu as l'important ou peut être est ce que tu te donnes l'apparence de quelqu'un d'important...j'en sais rien Holster, tu es inutile, pire, tu es même dangereux. Mais je n'ai pas peur. Je n'ai peur de rien. Et surtout pas de toi. Alors j'ai rien à y gagner à te tuer mais je le fais pour ma survie. Ce serait plus facile si t'étais mort, pas vrai ? D'un autre côté...je n'ai jamais vu ce que ça faisait de savoir qu'il y a quelqu'un d'autre qui sache que je suis là, que j'existe, que je suis présente en elle, que je contrôle son corps, sa personne en toute impunité et qui puisse s'en servir contre moi. Qui puisse me menacer. La menacer. Mais je ne sais pas si tu en es capable. Oh oui...tu as l'air terriblement ennuyeux et rappelons le, tu es important et occupé.

Elle éclata d'un rire froid, sonore et machiavélique presque dément.

Mais je parle, je parle et toi tu ne dis plus rien, dis moi est-ce que tu aurais avalé ta langue ?... ou aurais-tu peur que je te la coupe? Hein ? Dis moi.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Sam 1 Oct - 13:14

Oui, bon, il le savait qu'elle pouvait tout détruire. Il avait même eu un moment l'impression que c'était son objectif dans la vie, de démolir tout ce avait la malchance de se trouver à sa portée. Mais apparemment ses intentions précédemment évidentes avaient changé : la destruction était passée dans le domaine de l'hypothétique. Et plutôt que d'aller s'attaquer à un autre meuble innocent, la folle s'était mise à philosopher. Ou plus exactement à déblatérer des généralités. * Oui nous sommes tous égaux face à la mort, c'est la traduction interprétative la plus courante du treizième arcane et ça n'empêche personne de dormir tant que ce n'est pas une menace * Parce que c'en était une, de menace. Mais tellement stupidement formulée qu'il avait du mal à réprimer le sourire narquois qui, s'il l'arborait, risquait de le condamner de façon irrémédiable. Et bon, il avait beau ne pas se sentir impressionné par ses propos en eux-même, probablement du fait de leur platitude, il ne fallait pas pour autant oublier qu'elle avait démoli la quasi-totalité de cette pièce à main nue et arraché la poignée pour qu'il ne s'enfuie pas. Elle n'en avait pas l'air mais elle était dangereuse et il ne devait surtout pas se moquer d'elle.

Mais qu'est-ce qui lui prenait aussi de dire autant de bêtises à la suite ? Il savait très bien ce qu'il disait : il avait juste zappé qu'Anny n'avait probablement pas les mêmes intérêts que l'autre. Francine. D'ailleurs, ce double maléfique n'avait peut être aucun intérêt particulier en dehors de l'utilisation de sa capacité. C'était sans doute un concentré d'impulsions violentes, vaguement personnalisé par Francine selon une image d'elle-même indépendante qu'elle aurait voulu être. Et ce genre de construction caricaturale était impossible à manipuler. Essayez donc d'influencer un individu victime d'un dédoublement de personnalité pour voir : si vous avez affaire au n°1, vous trouverez ça presque trop facile et dès que le n°2 intervient, plus moyen de le raisonner, même légitimement. D'ailleurs, c'étaient souvent des gens peu courageux ayant des difficultés à se défendre qui généraient ce type si irritant de pathologie psychiatrique. Dans l'absolu, c'était puissant. Presque de la triche. Mais au final, l'individu n'était pas plus stable ni plus apte à survivre qu'un autre, au contraire.

Il s'était trompé une deuxième fois en voulant manipuler Anny. Il avait cru que le double serait peut être plus intéressant que Francine, qu'Anny lui serait plus utile, qu'elle était plus capable de discrétion, de prudence et de subtilité que l'originale. Stupide espoir : elle avait été créée par Francine. Elle ne pouvait pas avoir des qualités dont Francine elle même ne voyait pas l'intérêt. Et toujours ces stupidités qu'elle lui déblatérait... Oui, il avait peur, il avait toujours peur. Mais ce n'était pas une peur irrationnelle. Il n'était pas paralysé par la peur au point de dire n'importe quoi. Il réfléchissait à un moyen de se sortir de là. Et puisque la demoiselle semblait insensible aux arguments, il préférait se taire plutôt que de sortir une vraie bourde, du genre dont Anny ne rirait pas mais qui la mettrait en colère. Comme par exemple lui dire qu'elle se trompe, ce qu'il avait envie de faire depuis un moment maintenant.

Certes il avait été le premier à monopoliser le temps de parole, mais lui au moins il disait des choses intelligentes.

C'était le monde à l'envers, vraiment. Voilà qu'Anny Foldingue se demandait si Holster pourrait lui être utile. La bonne blague ! Il n'avait pas envie de l'aider et elle ne pourrait pas l'y forcer pour la simple et bonne raison que le menacer de mort n'y suffisait pas. Il n'y avait rien à craindre après la mort, puisqu'il n'y avait rien après. Et il n'y avait rien non plus à craindre dans la mort elle-même puisque tout avait été organisé afin que son projet ne vole pas en éclat pour une raison aussi bêtement prévisible. Il n'aurait pas dit non à la perspective de parasiter les requins encore longtemps, mais c'était un souhait aussi futile qu'irréalisable. Il s'était fait des ennemis partout, même au sein de ses propres alliés. Un jour ou l'autre, quelqu'un allait bien finir par réussir à le buter, même s'il était protégé. On trouvait toujours plus fort que soi. Il trouvait juste un peu stupide de se faire buter par une folle de passage, mais bon. On ne choisit pas.

Et puis il y avait pire : il aurait pu mourir d'un truc vraiment humiliant, comme... mangé par un SDF affamé ? Ou alors un cancer de l'oreille droite. Ou alors une diarrhée persistante. Une intoxication alimentaire. Il y avait toutes sortes de morts moins dignes encore que celle-ci. Et pourtant, c'était encore celle-là qu'il trouvait la plus stupide de toutes. Parce que c'était sa faute peut être : c'était lui qui avait voulu se servir de la force de Francine. Manque de bol, c'était une personne beaucoup trop instable pour ça.

Elle disait qu'elle n'avait pas peur. Typique des paranoïaque mais il s'efforça de garder un visage neutre, encore une fois. Ce n'était plus un discret sourire moqueur qu'il réprimait mais un énorme fou-rire. Pas peur, pas peur. Elle était terrifiée oui. Pas vraiment par lui, encore qu'elle disait vouloir le tuer pour sa survie : preuve donc qu'elle se sentait menacée. Mais surtout, elle avait peur du monde en général. Pauvre petit scarabée, persécutée et si forte que tout sous tes mains peut se briser. C'était à en pleurer. De rire. Le sentiment de persécution était une calamité, un poisse que personne ne voudrait attraper. Un moyen de survie aussi, chez certains. Mais c'était vraiment trop difficile à prendre au sérieux. D'autant qu'il ne comprenait pas un traître mot de ce qu'elle attendait de lui. Lui prouver qu'elle existe ? La menacer ? Elle ou Francine ? Ou les deux ? Et puis d'abord, pourquoi voulait-elle qu'il soit en mesure de la menacer ? Il pouvait, certes. Mais quel intérêt ? Tout ça n'avait aucun sens.

Enfin, de toutes façons elle le trouvait ennuyeux. Ce qui signifiait, hélas, que bien qu'elle ne veuille pas l'admettre elle espérait toujours qu'il l'aide. Qu'il la menace s'il avait bien compris. Mais c'était quoi le problème de cette fille ? Elle avait le help-syndrome c'était pas possible autrement de demander de l'aide d'autant de façons différentes à la même personne. Et puis, elle avait été présente en même temps que Francine, c'était obligé, sinon elle n'aurait pas été aussi parano... Alors qu'est-ce qu'elle n'avait pas compris dans le "je ne vous aiderai pas" ? Ah, c'était une blague. Au temps pour lui, et tant mieux. Il ne voulait vraiment pas venir en aide à une pauvre demi-personne en pleine crise existentielle.

Ah, enfin, la demoiselle se rendait compte de la taille de son monologue. C'était pas trop tôt il commençait à s'ennuyer lui aussi. Non, il n'avait pas perdu sa langue : il se retenait simplement de lui lancer toutes les remarques sarcastiques qui lui venaient à l'esprit. *C'est bien bonhomme, garde à l'esprit que tu te trouves au milieu de ruines et qu'elle en est la responsable* . Et mince, voilà qu'il était sommé de parler. Rester calme. *Non, elle ne va pas te couper la langue *


- " Que vous me l'arrachiez me paraît plus probable. Vous êtes une brute, vous le saviez ? "

Bon, au moins il avait parlé, et c'était ce qu'elle demandait. D'un autre côté, il était probable qu'elle n'avait pas vraiment envie de se faire insulter. D'autant que dans la bouche d'Holster, le mot brute était teinté d'un mépris plus qu'apparent. Elle avait demandé à Holster de parler, mais ce n'était pas vraiment pour qu'il donne son avis. Elle voulait très probablement juste qu'il la confirme, qu'il admette avoir peur en claquant des dents. Ou un autre truc dans la genre, pour la rassurer et la conforter dans son rôle de jolie méchante très très forte qui fait peur à tout le monde. Ben non. Suffit pas d'être en mesure de tuer les gens pour faire peur. Avec certains, faut un autre moyen de pression. Et comme ni Francine, ni par extension Anny n'avaient deux sous de jugeote en ce qui concernait la manipulation, le temps qu'elle trouve un moyen efficace de le menacer, il aurait eu le temps de mourir. Et de le main de quelqu'un d'autre encore.

Il n'envisageait pas vraiment de mourir de vieillesse.


- " Vous ne savez vraiment pas menacer. "

Il avait commencé à la critiquer, alors autant continuer. De toutes façons, au point ou il en était, il ne serait pas pardonné. Alors autant tenter le tout pour le tout. Sauf que son pouvoir ne pouvait pas la calmer. Il pouvait juste l'inciter à faire quelque chose, et ce à court terme. Donc le simple "immobilisez-vous" ne suffisait pas : elle se serait figée un instant, puis aurait été très fâchée d'avoir obéi et se serait défoulée contre lui. Mauvaise idée. En revanche, il pouvait se servir d'elle pour fuir, ou lui donner des armes. Utiliser son pouvoir était facile, mais pas moins fatiguant pour autant. Il allait donc devoir limiter au maximum les risques de débordement.

- *"* Cette porte est vraiment très laide. Elle vous énerve. Détruisez-là *"*

Bien, cela lui ferait déjà une issue de secours. Mais ce n'était pas suffisant. Il ne courrait pas vite, et son pouvoir était en train de pomper son énergie. Peu importait qu'il ne l'utilise qu'une seule fois : c'était de la solidité de la volonté d'autrui que dépendait la caractère énergivore ou non de la persuasion. Il avait peu de temps. Priant la quasi-totalité des divinités dont il avait connaissance, il se mit à chercher dans les débris de la commode un objet qui, par bonheur, n'avait pas été cassé en deux par le choc. Son portable. Son casse-pieds. Le truc qu'il planquait régulièrement dans n'importe quel meuble pour avoir un prétexte à ne pas le prendre avec lui faute de temps pour le chercher. Le truc qui allait le protéger.

Le choc avait déboîté la batterie, mais il n'y avait pas raison qu'il ne fonctionne pas. Ceci dit, il n'avait vraiment pas le temps. La date. Premier janvier 2000. L'heure. Minuit. *Dépêche, allume-toi !* Code. Et ça y était, il s'allumait. Ce n'est qu'au moment e valider son appel qu'il s'aperçut que Francine... qu'Anny était à côté de lui . Très près de lui même. Il ne savait pas depuis combien de temps elle regardait par-dessus son épaule mais il y avait une certitude : il avait foiré. Il allait mourir. Il avait eu le temps de se faire à l'idée mais même. La poisse. Si au moins elle pouvait éviter de se faire prendre... Mais non, c'était impossible : elle se ferait forcément avoir après l'avoir tué. Et par la police encore, si elle était toujours aussi imprudente.

Un vrai boulet.

- " Vous allez vexer pas mal de gens "

Il venait d'y penser, c'était sorti tout seul. C'était une constatation étrange, mais à y regarder de près, ce serait bel et bien l'effet le plus considérable de sa mort : vexer toux ceux qui rêvaient de le tuer eux même. Et il y en avait un paquet, dont la plupart en était juste incapables.. Sa sœur, par exemple, pour ne nommer qu'elle. Et puis il y avait tous ceux qui auraient pu le tuer, qui avait tout planifié au détail près, et qui s'étaient heurtés à Romanov ou à sa protection classique. Ceux-là seraient sans doute les plus dégoûtés. Ah, il y avait O'Hara aussi. Mais lui il avait peut être besoin de ça. Pour lui mettre un peu de plomb dans la tête. Ce gamin était vraiment trop manichéiste, la mort de son ennemi absolu et unique ne pouvait que lui être bénéfique. Avec un peu de chances il se suiciderait en réalisant sa stupidité.

D'ailleurs, à propos de stupidité... Elle l'avait cassé cette porte ou non finalement ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Jeu 6 Oct - 18:59

L'idée d'un triomphe relatif et même sans doute temporaire sur quelqu'un d'aussi agaçant et énervant que Holster ravissait énormément Anny, déjà pas mégalo pour deux sous. Il était dépossédé, à sa merci et sans ressources : un véritable plaisir. Il ne geignait pas encore mais patience, ça allait arriver, elle avait tout son temps et comptait bien s'en donner à cœur joie. La quintessence de son être était avant tout l'insouciance, il pouvait se passer n'importe quoi, elle s'en fichait éperdument et tout ne tournait qu'autour de ses préoccupations et de ses intérêts. Holster ? Il brassait beaucoup de vent et ne faisait pas grand-chose à son avis. Et puis Francine aurait pu lui dire tout ce qu'elle voulait, ça ne la dérangeait pas, qu'est ce qu'il allait faire ? Lancer le F .B.I. À ses trousses ? Oh mon dieu, elle tremblait de peur. Il pouvait bien se qu'il voulait avec ces infos-là, elle l'attendrait.
Il se sentait si puissant, si supérieur et là il était juste par terre comme un chien paresseux au milieu de ses acquis matériels détruits. Ce que les gens comme lui avaient de si ennuyeux...Anny le trouvait curieux, mal avisé et surtout inconscient – ironique, n'est-ce pas ? - il finirait six pieds sous terre plus vite que prévu à mettre son nez dans les histoires qui ne le regardaient pas. Et pour dire vrai, ce qui avait franchement énervé Anny, c'était qu'un « merdeux » pareil eut mis justement son nez dans ses affaires avec cette demeurée de Francine. De toute façon, il en fallait peu pour se mettre dans tout ses états à celle-là, en plus d'être mégalomane et dégénérée, son ire est prompt et sa présomption sans limite. Ne parlons pas de son insupportable orgueil, ici même à l’œuvre.

La réponse de Holster à sa question l'amusa beaucoup. « Brute » ? Ce terme lui convenait tout à fait, il résumait parfaitement l'expression de sa violence animale et sa manifeste domination physique.

Tu as très bien compris Holster, dit-elle en éclatant de rire.

Le fait qu'il ne sentait absolument pas impressionné visiblement n'inquiétait pas du tout Anny, au contraire même c'était plus amusant ainsi de le voir jouer les braves types fiers. Il l'avait presque insulté en la qualifiant de brute, pour elle, ça n'en avait été que plus valorisant. Elle aimait inspirer ce genre de sentiment aux types comme Holster qui n'avaient pas beaucoup de valeur à ses yeux et qui l'exaspérait, elle aurait lui montrer combien elle aurait pu le dégoûter mais elle n'avait justement pas grand-chose sous la main. Il ajouta une remarque tout à fait pertinente;c'était clair, bon elle n'était pas très douée quand il s'agissait de parler. C'était quelqu'un d'avant tout de démonstratif et elle l'admettait certainement :

Ah oui, tout le monde n'est pas si doué que ça avec les mots, elle répondit dans un rictus. Ce n'est pas ton cas, Holster, pas vrai ? Mais je crois que je n'ai pas besoin de mot pour bien savoir menacer...

Elle s'approcha dangereusement de lui à nouveau et attrapa son auriculaire qu'elle brisa aussi facilement qu'une feuille de papier puis elle haussa les épaules alors qu'il réprimait une grimace de douleur.

Ça, ce n'est rien, je te le concède, elle dit sérieusement. Mais je vais tâcher de ne pas trop d'abîmer, sait-on jamais, hein ?

Elle fit volte-face et fronça les sourcils. Un mal de crâne ? Tiens, ça c'était pas commun, ça n'arrivait quasiment jamais à Anny. Mais si c'était bien ça. Sauf que ça s’amplifiait comme si tout doucement on lui enfonçait un énorme clou dans la tête. Elle commençait à perdre lentement pied avec la réalité...comme si le sol glissait vers le bas et que tout se mettait à bouger autour d'elle. Quelque part, elle entendait un murmure, ailleurs encore, elle sentait quelque chose de désagréable, comme une intrusion, un soupir et puis...le noir complet. Francine s'éveillait quelque part par là comme si elle avait manqué d'oxygène...et elle poussait et poussait encore Anny qui elle se laissait complètement dépasser. Le murmure s'intensifia jusqu'à devenir un cri qui restait toujours aussi incompréhensible. Un liquide froid semblait couler depuis le sommet de son crâne, et Francine sentait encore Anny pour la première fois craintive. Qu'est ce qui se passait ? C'était comme le mal de mer, en pire.

Physiquement, elle vacillait dangereusement les yeux demi-clos et avançant vers la porte comme un zombie, ce qu'elle était en partie devenue. Sa tête penchant brutalement en arrière et de toutes ses forces elle frappa la porte qui éclata en morceaux. Elle répéta l'opération à maintes reprises, frappant si fort que les murs tremblaient et les morceaux de bois volaient à travers la pièce, elle arracha les gonds avec des morceaux de plâtres et quand elle eut fini elle s'effondra au milieu des débris.

Francine se réveilla. Quel jour était-on ? Quelle heure ? Combien de temps elle avait encore dormi aujourd'hui ? Ce ne devait pas être un beau jour, elle ne sentait pas la chaleur du soleil contre son visage qui d'habitude les jours d'été venaient la tirer du sommeil. Elle avait encore les yeux clos mais il régnait une odeur étrange, froide et familière : celle des travaux. Et son lit ? Où était-il ? Son cœur s'emballa. Elle n'était pas dans sa chambre. Elle n'osa ouvrir les yeux. Sa respiration était devenue haletante, les angoisses remontaient.

Douloureusement, elle se releva pleine de courbatures qui d'ailleurs à bien sentir semblaient être des ecchymoses. Elle regarda autour d'elle : c' était un champ de ruine. Elle ne savait même pas comment elle s'était retrouvée là. On ne distinguait plus rien au milieu de cette poussière blanche complètement opaque mais il lui semblait bien qu'elle était dans un appartement sauf qu'elle ne voyait pas du tout lequel, pas le sien a priori car il ne lui semblait pas qu'il était disposé de la main façon. Par terre, c'était une catastrophe : beaucoup de débris, pour la plupart tranchant. Au milieu de la pièce, elle voyait une silhouette à terre. Précautionneusement, elle se fraya un chemin parmi les débris pour la rejoindre, le cœur battant et toujours aussi effrayée. Arrivée à sa hauteur, elle n'osa esquisser un mouvement pour l'interpeller. Mais il se tourna lentement.

Ce visage. Elle le reconnaissait à peine. C'était le nouvel homme pour lequel elle allait travailler. Cette semaine d'ailleurs si ses souvenirs étaient exacts. Il la regarda avec une expression étrange au sujet de laquelle Francine n'aurait pas su poser les mots exacts. Il murmura une phrase incohérente qui ne retint même pas la jeune femme abasourdi de le trouver ici.

Monsieur Holster ? Elle demanda incrédule.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Jeu 13 Oct - 16:31

Ah, tiens, il avait droit au Monsieur à présent. Après les "fils de pute" et autres joyeusetés, c'était agréablement changeant. Au moins autant que c'était inquiétant. Surtout, le décalage entre les injures à peine voilées de Francine et le respect surpris, voire un peu inquiet de Francine était saisissant. Le contraste était tel que, sur le coup, il recula instinctivement. La peur... C'était ce qu'elle semblait rechercher chez ses victimes. Peut-être parce qu'elle était elle-même peureuse ? Ou peut-être parce qu'elle avait une haute idée du courage, il n'en savait trop rien. Et de toutes façons, il s'en fichait. Le fait était qu'elle avait voulu lui faire peur. Paradoxalement, c'était à présent que toute menace, directe ou indirecte, avait totalement disparu qu'il avait effectivement peur. Pas de Francine : elle n'était en soi pas dangereuse. Pas d'Anny non plus, qui qu'elle puisse toujours revenir s'il avais le malheur de menacer d'un façon ou d'une autre son hôte. Ce qui lui faisait peur, c'était la brusque changement, imperceptible physiquement, entre l'une et l'autre. Il avait été menacé, insulté. Elle lui avait tordu un doigts, et avait massacré jusqu'aux miettes de ce qui avait été une porte sous l'effet de la persuasion, lui laissant à peine de temps d'allumer son téléphone.

Et à présent, plus rien.

Un champ de ruines, et une situation totalement différente. L'être humain avait beau être un animal adaptable, il y avait des limites aux revers de fortune. Il avait l'impression d'être un dinosaure, contraint tout d'un coup de s'adapter à un climat trop différent du précédent pour que sa survie puisse se baser sur l'évolution des espèces. Précédemment, il était sur le point de virer Francine, mais il ne pouvait pas simplement poursuivre sur sa lancée. Pas après le dégâts qu'elle avait causé. Pas après ce qu'elle lui avait fait. D'un autre côté, il voyait difficilement une simple mfemme de ménage être en mesure de financer les réparations que son double maléfique à la force surhumaine a eu le temps de rendre absolument nécessaires en quelques minutes. Il était évident qu'elle n'avait pas les fonds nécessaires, surtout vu le prix des meubles, tous en bois sinon rares, du moins précieux.

Ou alors il envoyait la facture ailleurs. Elle avait bien dit qu'elle était invités à Noël chez les Cristiani, non ? C'était bien la preuve qu'ils ne lui étaient pas totalement indifférents. Et puis, même s'ils lui renvoyaient la facture, il n'aurait aucune difficulté à la leur réenvoyer perpétuellement, au moins jusqu'à ce que les réparations soient faites. À charge pour les concernés d'aller réclamer leurs sous où bon leur semblerait.


- " Je vais envoyer la facture à votre famille. Sauf pour la porte, ça c'est de ma faute. Si ça peut vous arranger je ne parlerai pas de notre... discussion. J'écrirai simplement qu'une certaine Anny Cristiani a démoli mon mobilier au prétexte que ma tête ne lui revenait pas. Je doute qu'ils payent mais ça vous apprendra peut-être à assumer un peu vos actes. "

Oui, parce que qu'elle l'admette ou non, c'était bien elle qui avait fait ça. Pas une autre personne, juste elle et son cerveau détraqué. Il y avait un facteur dédoublement de personnalité, certes, mais concrètement parlant elle était quand même coupable. C'était elle qui avait créé Francine, ou tout du moins qui en avait eu besoin au point de muter pour la créer. C'était donc à elle de gérer ce parasite et de s'arranger pour ne faire de mal à personne. Plus spécifiquement à lui. Sérieusement, c'était quoi le problème avec tous ces détraqués pour qu'il les attire ? Il avait déjà des ennemis, merci, et pas envie d'en ajouter d'autres à la liste pour le plaisir. Ses ennemis officiels étaient des plus dangereux. Alors pourquoi fallait-il que s'y ajoutent des allumés comme cette Cristiani aussi naïve que brutale ?

Il soupira, et porta sa main à son regard. Bien que sa paume soit tournée vers son visage, son doigt accusateur pointait actuellement la femme de ménage.


- "Vous auriez pu faire pire, je suppose. Au fait, vous êtes toujours virée et je ne compte toujours pas vous embaucher. Il faudrait des drogues trop fortes pour contrôler ce don, et je n'ai pas d'équipement suffisant pour vous empêcher de tout casser à la première contrariété. "

En agent ou en cobaye, il serait tout simplement impossible de la garder à Genetic. Ou alors en la mettant sous la surveillance exclusive de Romanov, mais celle-ci avait tout de même mieux que ça à faire. Et puis, elle n'était pas douée pour ça. Elle était bien meilleure lorsqu'il s'agissait d'agir, de surprendre, de se battre. Son don avait beau être une bénédiction pour maîtriser les autres mutants dans l'absolu, ce n'était au final jamais qu'une solution temporaire de facilité. Tôt ou tard, il fallait brider les pouvoirs par une autre manière. Il imaginait très facilement Anny détruire tout ce qui se trouvait sur son passage jusqu'à ce qu'elle parvienne à sortir. Il ne savait pas de façon concrète si elle avait réellement une force propre à casser 6 centimètres de fonte, mais il en avait la désagréable impression. Et mieux valait ne pas s'y risquer. Certes, le pouvoir de Francine était dangereux, pire même que dangereux pour la société, et elle faisait partie du genre du mutants qu'il fallait absolument interner. Mais encore fallait-il en avoir la possibilité à long terme.

C'était là qu'il détestait la psychanalyse. Si Anny et Francine avaient effectivement été deux personnes différentes, il aurait pu faire faire des tests simples sur Francine et persuader Anny pour en faire un agent à temps partiel. Et encore, la folle n'avait aucune finesse, donc il n'en aurait eu qu'une utilité relative. De toutes façons, il y avait plus urgent pour le moment. Son doigt, notamment.

- " Il va falloir m'arranger ça avant de partir, fit-il en levant sa main. Sinon je vais devoir demander de l'aide et mes alliés risqueraient de me demander qui a fait ça, ce qui serait passablement fâcheux pour vous y compris dans le cas ou Anny aurait envie de revenir. "

Son ton était lourd de sous-entendus. Dans les faits, c'était une menace qu'il venait de faire : répare ou tu vas t'attirer de gros ennuis. Dans l'absolu, c'était juste une analyse lucide de la situation. Il pouvait, apparemment sans conséquences, demander de l'aide. Mais même s'il ne s'adressait pas à ses employés, ils le sauraient un jour ou l'autre. Oh bien sûr, les meilleurs d'entre eux ne prenaient pas comme un affront personnel le moindre boule de papier envoyée en direction du PDG. Mais avec un doigt dans cet état, Francine avait franchi la barre des violences physiques graves, et risquait donc d'être l'objet de représailles qu'il n'aurait pas la peine de formuler. Et dont il n'aurait peut-être même jamais connaissance, de même que sa fille n'était pas toujours au courant des représailles de complément qu'il infligeait à tout individu manquant de respect à son héritière.

- " Pour le reste, si vous pouviez simplement faire preuve de prudence ça réduirait sans doute vos problèmes de moitié, mais j'ai autre chose à faire que vous apprendre ça. Pour autant ce n'est pas en vous reposant sur la paranoïa confuse de votre parasite que vous serez en sécurité. Au contraire. Alors quand vous serez dehors, arrêtez de raconter votre vie. C'est dangereux. Naïf. Et plus facile à utiliser que vous ne semblez le penser. [suv]Je peux toujours vous accuser de meurtre.[/sub] "

Ce n'était pas par bonté d'âme qu'il lui donnait ces conseils. Il voulait simplement éviter de lâcher dans la nature un danger public complet. Si elle ne se mettait pas en danger, peut-être Anny s'interposerait-elle moins, ce qui en ferait un membre inoffensif de la société. Bien intégré en somme. Peut être même vivrait-elle une vie ordinaire et joyeusement simple si seulement elle avait la présence d'esprit de se taire devant les inconnus. Bref. Il reporta à nouveau son attention sur sa main. La douleur était passée, étrangement, mais elle reviendrait sans nul doute s'il avait le malheur d'y toucher. Il faudrait bien pourtant.

Il espérait sincèrement qu'elle n'avait pas déformé l'os au passage. Parce que dans ce cas-là, ce serait non seulement extrêmement douloureux, et ce à long terme, mais en plus il allait devoir donner des explications à l'hôpital. Ou pire, à ses "alliés" comme il les appelait devant Francine. Or, il n'avait pas vraiment envie de reconnaître s'être laissé piéger comme un bleu. C'était trop stupide.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Mer 19 Oct - 20:40

Et son cœur ne voulait pas ralentir. C'était pourtant un visage vaguement familier ou du moins connu qui lui faisait face, mais la peur, le malaise, la sensation d'oppression, rien ne voulait partir. Au contraire, ça semblait pire, comme si une partie d'elle-même avait la mémoire des événements et ressentait ce que elle, devait légitimement percevoir. La ruine, la destruction et au milieu de tout ça, une figure : Holster. Il n'avait rien à faire ici et elle non plus. C'était quoi d'ailleurs exactement ? Une maison ? Non, plus un appartement. Mais diantre pourquoi l'avait-on mis dans un tel état ? Une explosion ? Elle sentait son sang couler à une vitesse impressionnant dans ses veines et provoquer une vague de chaleur très inconfortable et étouffante. C'était bien pire qu'une explosion et elle le comprenait très lentement mais indubitablement. La destruction c'était son truc, mais voilà, elle avait rarement été mise devant le fait accompli et devant le résultat de sa furie. Son estomac se révulsa et elle retint un haut-le-cœur. Ça ressemblait donc à ça. Qu'advenait-il d'un corps humain si déjà elle était capable de réduire tout une pièce en un tas de débris et de poussières ? Que se passait-il cette fois ? Pourquoi était-elle plongée au cœur de son univers à elle ? Ce monde qui ne comprenait que la brutalité, la violence et qui dépassait complètement Francine.
Pourquoi est ce qu'elle l'avait laissé là ? Ça ne se passait jamais de cette façon. Généralement, la possession durait plusieurs heures. Normalement, elle n'aurait dû reprendre le contrôle de sa personne que dans la nuit, alors à quel moment avait-elle basculé ? De quel façon ? Elle ne se souvenait même pas l'avoir combattu, mais ça c'était naturel. Quand il s'agissait de basculer d'une personnalité à une autre, il lui arrivait de souffrir de très lourdes pertes de conscience et de lucidité. C'était des franges de son humanité qui se perdaient à mi-chemin entre sa profonde nature et l'être vil et étranger qui sommeillait en elle. C'était d'autant plus handicapant que ces ellipses allaient toujours de pair avec sa volonté de lutter contre elle. Le problème était ambivalent : était-ce préférable de s'abandonner à son alter-ego plutôt que de s'engager dans une résistance qui d'une part n'était pas sûre d'aboutir et d'autre avait pour lourd dommage collatéral une presque légère perte de lucidité ?

Elle tremblait et pourtant n'avait pas froid. Il fallait que les souvenirs reviennent. Il le fallait. Il fallait comprendre pourquoi Holster la regardait de cette façon, pourquoi elle avait réduit, indirectement, cet appartement , comment elle était arrivé ici et pourquoi Holster lui aussi était là, que faisaient-ils dans la même pièce.
Quand il ouvrit la bouche, il lui sembla que le monde allait s'écrouler. Les mots « famille », « Anny » et « Cristiani » dans la même phrase. Est-ce qu'elle pouvait sauter par la fenêtre ? Bordel, et rien ne revenait. Rien. Trou noir. Anny l'avait mise dans la merde. Littéralement. Elle était justement CHEZ Holster, et quelque chose c'était produit. Quelque chose qui non seulement avait fait réveillé Anny mais qui l'avait contrarié au point qu'elle s'en prenne au mobilier tout entier. Holster avait eu de la chance de ne pas avoir été réduit en pièce. Ça, par exemple, c'était pas Anny, elle ne laissait pas de traces, ni de témoin, elle agissait dans l'intérêt de Francine et par prolongement dans le sien et là justement, ce n'était ni dans son intérêt ni dans celui de Francine donc, de laisser en vie quelqu'un comme Holster. L'esprit de la jeune femme s'emballa, elle ne répondit rien et écarquilla les yeux en reculant doucement, fixant toujours Holster. Pour la première fois, elle pensait au meurtre et aucune trace d'Anny.

Il poursuivit et parla de son licenciement. Avant même d'avoir commencé à travailler, elle était virée. Misérable, c'était tout ce qu'elle était à cet instant. Et toujours cette idée dans sa tête qui germait : celle de mettre fin à sa vie pour préserver la sienne. Mais comment ? Pour une fois, elle aurait aimer appeler Anny pour qu'elle finisse ce qu'elle avait commencé mais c'était impossible et de surcroît elle semblait avoir complètement disparu, ce qui n'enlevait rien à son tourment. Au contraire, elle n'en était que plus inquiète d'avoir perdu ce point de repère. Et maintenant, au delà de la panique et de la détresse, il lui fallait un solution. Le tuer ? Bien comment s'y prendre ? Il s'agirait d'abord de trouver une arme, dans un premier temps. Puis, tout faire disparaître et efface toute trace de lutte. Tout un programme déjà. Ensuite, trouver un solide alibi. Grandiose, et maintenant ? On passe à la pratique ? Moins évident déjà. Mais il y avait un début de piste. L'appartement était déjà en ruine, il fallait se servir de ça. Prétexter une explosion locale, sans doute de gaz ou quelque chose comme ça et du même coup mettre en scène une mort accidentelle.
Là encore, c'était très facile à imaginer mais beaucoup plus compliqué de sauter le pas et de bien faire les choses. Le gouffre entre le fictif et le concret dans cette situation était un précipice où il était facile de trébucher et tomber.

Elle se demandait comment elle pouvait réfléchir dans une situation pareille tant elle était en proie à l'angoisse. Il lui montra son doigt. Apparemment, il ne s'en était pas sorti indemne mais ce n'était pas grand-chose, vraiment... Et lui présentait ça comme si elle lui avait arraché la jambe. Qu'est ce qu'il entendait par arranger ? Et il parlait d'Anny encore, et c'était comme si ce nom résonnait au creux de son esprit et qu'à chaque fois ça lui assénait un coup de couteau dans l'estomac. Elle aurait voulu hurler.
Holster reprit, se faisant maintenant donneur de leçon. Francine voulait se mettre des coups. Pourquoi elle avait tenté de retenir Anny ? Ça lui apprendra. La prochaine fois, il fallait qu'elle la laisse faire, quitte à faire des victimes, si c'en étaient de ceux comme Holster, fallait pas les manquer. Ce n'est pas qu'elle n'avait plus peur, mais elle ressentait une vive empathie contre cet homme et toute l'arrogance dont il se pâmait.
Elle rassembla le courage et le peu de contenance qui lui restait pour réfléchir à quoi dire pour se défendre, la réponse ne se fit pas attendre mais il lui fallait encore réussir à ne plus trembler.

Je ne sais pas de quoi vous parlez, elle dit, haletante. J'arrive là, je ne sais pas ce que je fais ici, ce que vous faites ici. Vous me parlez de choses que je ne connais pas. Je ne comprend rien. Je suis désolée pour votre doigt, je ne peux rien faire. Je suis femme de ménage, pas infirmière. Ma famille vient du Texas, alors je ne vois pas au nom de quoi vous voudriez qu'ils paient pour votre remue-ménage. Et inutile de me renvoyer. Je refuse de travailler pour vous. Il n'y a rien que je ne puisse faire pour cet endroit.

Elle avait prononcé ces mots avec cohérence et un certain calme. Tout ce qu'elle avait dit était vrai. Elle ne comprenait pas grand chose, elle ne pouvait rien faire pour son doigt, elle était femme de ménage, et elle avait une autre famille au Texas, celle qui l'avait accueillie au sein de la communauté catholique. Elle se leva.
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Sam 22 Oct - 19:53

Je ne sais pas de quoi vous parlez. Bien évidemment. Alors apparemment, Anny avait accès aux souvenirs de Francine mais pas l'inverse, bien sûr. Il avait beau connaître le phénomène, cette configuration lui donnait systématiquement l'impression que c'était l'individu initial, faible et instable, qui était le véritable parasite. Ce qui n'était pas vrai mais, à choisir, il préférait en général avoir affaire aux constructions de l'esprit des malades mentaux plutôt qu'aux malades mentaux eux-mêmes, ceux-ci ayant parfois la bonne idée de s'apercevoir de leurs défaut et de les rectifier dans leur version 2.0 . Dans tous les cas, ce mode de fonctionnement était fâcheux. Pire que fâcheux, Holster devait se rendre à l'évidence qu'il était fort handicapant.

En effet, Francine ne se souvenait pas même ce qu'elle était venue faire ici. Ce qui impliquait malencontreusement leur discussion pré-Anny. Il avait à présent affaire à quelqu'un d'autre. Quelqu'un qui ne s'était jusque là pas sentie menacée, qui n'avait encore rien cassé et n'avait commis aucune erreur de prudence. De fait, elle avait à présent la présence d'esprit de protéger l'identité de sa famille. Peut-être avait-elle intégré sans le savoir son discours sur la notion de prudence, mais il n'en était pas sûr. Pour tout dire, il avait à présent l'impression d'avoir affaire à une troisième personnalité.

Ou alors ç'avait été Anny depuis le début ? En un sens, cela aurait expliqué sa perception continue, à l'opposé de la mémoire fragmentée dont sa femme de ménage semblait à présent victime. D'un autre côté, dans sa précédente version, elle avait parlé d'éliminer Anny. Donc il avait d'abord eu affaire à Francine, et il avait maintenant affaire à Anny. Sauf si Anny avait prétendu être Francine ? Non, décidément, il détestait Freud. Ces problèmes de personnalité lui passaient largement au-dessus de la tête.

En revanche, ce qui ne lui passait pas au-dessus de la tête, c'était que la toute nouvelle prudence de Francine la poussait à lui refuser son aide. Pas infirmière, hein ? Le problème n'était pas là, elle n'avait juste pas envie de s'en occuper. Peur de se rappeler brusquement ce qu'elle avait fait ? Ou peur des blessures en elles-mêmes ? *Freud, barre-toi. Non pas par là. La sortie. Voilà, comme ça. * Quelles que soient ses motivations, il était clair qu'elle était en train d'essayer de se dédouaner de ce qui s'était passé. Son remue-ménage, à lui ? C'était elle qui avait tout cassé, jusqu'à nouvel ordre, et sans raison valable encore. Il était ravi de voir qu'elle commençait à devenir intelligente, mais n'avait toujours pas envie de la lâcher dans la nature sans plus lui retourner ses larges et destructrices politesses.


- " La question n'est pas de savoir si vous êtes infirmière mais si vous avez envie que je devienne votre ennemi. Je n'ai pas pour habitude de laisser passer les affronts qu'on me fait, et c'est vous qui êtes responsable de ce léger désagrément. Quant à votre famille c'est vous qui avez eu l'imprudence de me détailler leurs activités criminelles, ainsi que les votre bien sûr. J'ai suffisamment d'informations pour vous compliquer la vie. Longtemps. "

Il ne se sentait absolument pas coupable de la menacer. Après, tout elle avait apparemment acquis un peu plus de jugeote depuis une minute, et elle s'essayait à l'escroquerie, alors il était dans son bon droit. Parfaitement, de l'escroquerie : elle essayait de ne pas payer les pots cassés alors qu'elle était coupable à cent pour cent du carnage environnant. Et elle le savait. Elle était parfaitement consciente de son problème, puisque les plaintes de son double vis-à-vis d'elle impliquaient une forme d'interaction entre les deux. Et peu lui importait qui était qui. L'important, c'était qu'elle savait très certainement ce qui s'était passé : sans forcément l'avoir vécu, il n'était pas difficile de tirer des conclusions de l'état du décor et de son état à lui.


- "Concernant votre petit problème, à vous, c'est à votre famille qu'il faut vous plaindre pour vous avoir transmis une potentialité héréditaire cancérigène. C'est bien dommage puisque votre capacité était plutôt pratique mais il va de soi que je ne compte pas engager un soldat agonisant. Quant à vous soigner, je l'aurais peut-être envisagé si vous aviez fait preuve d'intelligence, mais comme vous êtes globalement inutile je n'en vois pas l'intérêt. Estimez-vous satisfaite que je ne vous veuille pas plus de mal. "

Ou comment rectifier les faits. Ce n'était pas à elle de refuser quoi que ce soit, c'était lui qui lui interdisait tout travail ayant un rapport avec lui. Elle était un boulet. Peut-être un peu moins à présent, mais dans tous les cas le facteur double-personnalité en faisait quelqu'un de bien trop instable pour être correctement manipulé. Il n'en voulait pas. Mais qu'il n'en veuille pas ne voulait pas dire qu'il tolérait qu'elle lui crache métaphoriquement au visage. Il avait voulu blesser son orgueil au moins autant qu'il était lui-même blessé dans le sien. Qui qu'elle soit, elle l'avait humilié. Elle avait voulu l'effrayer et elle y était parvenue. Elle avait détruit les deux tiers de son mobilier et cassé son doigt. Donc, elle payait.

*"* Vous savez comment soigner ce doigt et vous allez le faire. *"*

Mauvaise idée. Elle avait à présent plus de volonté encore que dans son état précédent où, guidée par sa furie, elle avait accepté assez docilement de s'en prendre à la porte. Et lui, il était déjà épuisé par ses mésaventures récentes. Il sentait son énergie brûler à mesure que la jeune femme résistait à la persuasion. Ce n'était pas juste désagréable : c'était douloureux. Chacun de ses nerfs s'étirait afin de récolter dans son corps la moindre parcelle d'énergie. N'ayant plus aucun nutriment directement disponible, son corps puisait sans sa propre masse corporelle pour produire l'énergie nécessaire. La méthode aurait pu être efficace pour perdre du poids si sa capacité n'avait pas le mauvais goût de vampiriser ses muscles et les couches inférieures de son épiderme. De fait, il sentait distinctement la jonction peau-muscle pour ce qu'elle lui semblait enflammée. Puis il commença à tourner de l'oeil.


Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 23 Oct - 14:00

Elle se demandait quelle sorte de courage l'animait pour qu'elle ait encore le cran d'affirmer de pareils mensonges. D'où venait cet espèce de culot désabusé et ce jeu d'acteur juste et parfait. C'était dans sa nature, tout simplement. La dissimulation, le mensonge et la tromperie faisait partie du jeu de triche auquel se livrait depuis toujours sa famille dans la vie. Il fallait bien qu'un temps soit peu celui-ci s’inscrive dans leurs gènes.
Le désir de taire à tout jamais celui qui l'avait percé à jour ne cessait aussi de grandir. Sa mort réglerait le problème. C'était même la seule issue. Cependant, était-elle capable d'en arriver là aujourd'hui, en pleine possession ou presque de ses moyens puisque Anny n'avait plus le dessus ? La question était là. Serait-elle capable de vivre avec et de l'assumer ? Pourrait-elle aller jusqu'au bout ? Elle continuait à le fixer inlassablement avec une expression dénuée de ressentiment, cherchant à lui arracher l'humanité dont il était pourvu pour se faciliter quelque part la tâche.
Plus que jamais, elle se sentait enfin elle-même, seule et complètement lucide face à une décision aussi lourde de conséquence et une situation plus qu'épineuse. Le premier véritable piège qu'on lu avait tendu et dans lequel elle s'était engouffré. C'était un tournant dans sa vie, un signe que rien ne serait sans doute plus comme avant. Alors quitte à plonger, autant y aller la tête la première. A partir d'ici, il fallait absolument qu'elle sache ce qu'elle allait faire à l'avenir et comment elle aborderait la suite. Ce n'était plus de simples décisions à prendre à la légère, mais des actes lourds de conséquence dans sa vie.

Paradoxalement, prise dans cet étau, Francine commençait à dévaluer complètement le prix de sa vie qu'elle n'estimait plus aussi précieuse qu'elle l'avait toujours cru. C'est vrai, avec le recul, il ne lui restait pas grand-chose de vie puisqu'elle partageait tout avec son alter ego parasite. Elle se restreignait, s'empêchait de vivre pour tout simplement ne pas être mêler à des actes atroces et regrettables engendrés par sa seconde entité instable et fuyait les autres, le monde, la vie simple même si elle se donnait l'illusion du contraire dans sa routine quotidienne. Personne ne voudrait d'une moitié de vie. Personne n'accepterait ça . C'était juste injuste. Voilà, alors peut être que si elle franchissait ce cap qui la séparer de cette seconde personnalité, le meurtre, les choses seraient différentes. C'était la grande inconnue mais ça ne coûtait pas grand-chose d'essayer, enfin pas grand-chose tout était relatif, la vie de Holster était en jeu, mais c'était soit lui, soit Francine.
D'un autre côté, elle était curieuse de savoir ce qu'il pourrait lui faire si elle ne lui obéissait pas. En fait, les menaces ne l'avaient jamais impressionné, ça aussi c'était une truc qu'on lui avait appris très tôt : ne jamais avoir peur de la menace tant qu'elle n'est pas concrètement devant soi. Les mots ne sont que du vent et de l'air. Pas de quoi paniquer en somme. Ça lui était resté, ça. Elle n'était donc pas si impressionnée que ça, au contraire, ça poussait davantage sa curiosité qu'autre chose. Devenir son ennemi, qu'est ce qu'il allait faire ? Piéger sa boîte au lettre ? Lui envoyer des textos malveillants ? Elle ne tressaillirait pas devant des menaces aussi vagues.

Autrement, il lui précisait aussi qu'elle lui avait personnellement lâché des informations sur sa famille, sa véritable famille pas la communauté catholique de Beaumont, non ceux dont justement il ne fallait jamais rien dire ; ce qui confirma ce qu'elle soupçonnait à un moment ou un autre, elle était tombé dans cet entre-deux à mi-chemin avec sa personnalité qui se débattait avec celle de Anny et qui lui avait fait perdre pied. Ça ne lui remuait plus l'estomac désormais, comme si elle avait résolu le problème Holster et que peut importe la quantité d'information qu'il savait à son sujet ou à propos de sa famille, elle allait se débarrasser de lui. Comme s'il s'agissait d'une affaire conclue alors que même dans son esprit elle n'avait pas encore dessiné de plan pour mettre à exécution son ambition. Elle s'en fichait, elle trouverait quelque chose et ça, elle en était persuadée et elle s'interdisait surtout de penser autrement qu'il pourrait s'en sortir puisque si Anny pouvait le faire, elle en était tout à fait capable.

Me compliquer la vie ? Voyez-vous cela des menaces, dit-elle très calmement. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre pour vous que vous poser un pansement. Autrement, je ne comprend pas ce qui vous prend mais ça ne m'incite pas davantage à rester ici faire quoi que ce soit pour vous.

Elle avait bien l'intention de le faire passer pour une excentrique voire pour un fou. Elle ne savait pas grand-chose de se qui s'était produit, pratiquement rien ne lui revenait mais elle savait faire des déductions et ce n'était pas difficile de se figurer la culpabilité d'Anny dans tout ce désordre. Mais ce n'était pas son problème et puis si elle n' était pas familière avec cette seconde part de sa personne, elle n'y comprendrait vraiment rien.

« Satisfaite » ? « Pas plus de mal » ? elle répétait. Ce que vous dites n'a pas beaucoup de sens, j'ai l'impression qu'en plus de vous êtes fait mal au doigt, vous avez reçu un mauvais choc à la tête, Monsieur Holster. Je n'ai pas besoin d'être soignée, je suis en parfaite santé, vous par contre...

Cette insolence lui rappelait celle de son double, indubitablement. Dans une certaine mesure, ça ne lui faisait plus peur, mais ça la rendait confiante et fière. Cette assurance lui donnait du sang-froid et plus de lucidité. Elle voulait calculer son plan, savoir comment placer son coup, en finir et tout faire disparaître. Il lui fallait probablement un objet contondant ou quelque chose de suffisamment lourd pour l'abattre sur sa tête et faire croire un accident provoquée par une explosion de gaz. Oui, le gaz, bonne idée. Elle pourrait tout au plus l'assommer intelligemment et allumer le butane afin de provoquer une intoxication au monoxyde de carbone. Une pratique répugnée par les Cristiani qui préféraient les assassinats plus honorables, mais ça, elle s'en fichait. Elle avait enfin un plan à mettre en exécution. Mais presque instantanément, Francine ressentit une vive lourdeur dans son crâne comme si on y faisait entrer de force du plomb. Elle était nauséeuse et tremblait. La peur à nouveau s'insinua. Et Anny revenait quelque part comme si on l'avait vivement secouée et réveillée brusquement. Elle aussi avait peur. Son esprit ressemblait à un bateau qui tanguait dangereusement pris dans une violente tempête. Elle s'était levée, ne distinguant plus grand-chose et fermant les yeux elle titubait, les mains crispées sur son crâne.

Son corps tomba presque, inanimé et relâche, sa tête vacilla dangereusement en avant et elle se retourna vers Holster qui s'était écroulé, inconscient. Sans ménagement, elle attrapa son bras et sa main surtout. D'un geste brusque, elle saisit son auriculaire complètement des désaxés et le redressa dans un craquement sinistre dans sa position initiale. Elle retomba devant lui à genoux, puis releva lentement la tête et écarta le rideau formé par ses longs cheveux rabattu devant son regard pour y voir. Elle était haletante et ses yeux traduisaient une vive peur et même de l'effroi. Elle balayait les alentours et se tourna ensuite vers la figure inanimée d'Holster puis elle sourit. Anny était revenue. Dans les débris environnants, ses yeux croisèrent ceux d'un éclat de miroir où elle croisa ceux de la véritable Francine à laquelle elle adressa quelques mots.

Ne t'en fais pas, je vais agir au mieux, pour nous deux. Je vais nous sortir de là. J'ai toujours un plan.

Elle se releva ensuite et s'épousseta en regardant l'ampleur des dégâts autour d'elle. Un rapide coup d’œil à son montre lui indiquait qu'elle avait plusieurs heures devant elle. Elle dégaina son téléphone portable dans la poche de Francine et passa plusieurs coups de fils. Elle ne pourrait décidément pas tout faire toute seule même si elle était très douée.

Bien des heures plus tard, il semblait que l'appartement était comme neuf. Tout avait été remis en place, même cette vieille commode qui semblait irremplaçable, même la porte. Tous les cadres, les photos, les vases et les moindres petites bricoles. Même la table de verre était intacte. Holster, lui dormait profondément dans son fauteuil, ses lunettes intactes et parfaitement propres. Anny trônait au dessus de lui attendant son réveil, alors que deux hommes l'attendaient dans encadrement de la porte. Il se décida finalement à ouvrir lentement les yeux devant la jeune femme qui lui offrit encore l'un de ses sourires pleins de mauvaises intentions et de cruauté. Puis elle pressa sur sa bouche un chiffon imbibé de Chloroforme et murmura un « Chhhut » juste avant qu'il ne retombe dans un profond sommeil. Elle glissa le chiffon dans sa poche et rejoint ses complices.

On a fait du bon travail, elle dit en regardant derrière son épaule l'état impeccable de la pièce. On y va, je n'ai plus beaucoup de temps. Je ne veux pas un mot de tout ça à Ornella, entendu ?

Ils acquiescèrent tous deux et ils purent partir en fermant soigneusement la porte derrière eux.
En apparence, l'appartement était le même trait pour trait. Mais Holster s'était endormi de très nombreuses heures, et plusieurs vols avaient été commis çà et là dans la ville durant celles-ci, par quelques rats biens placés et sous la tutelle d'un certain Emilio Cristiani, aussi appelé « maître de la coordination »

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Dunney H

Invité

avatar


MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   Dim 23 Oct - 16:59

Los Angeles, tard, dans un quartier chic. Il sera onze heures du soir dans quelques minutes. Mais ça, Holster ne le savait pas. D'ailleurs, actuellement, il n'avait pas la moindre idée de l'heure. Tout au plus se rendait-il compte qu'il serait peut-être opportun d'allumer la lumière. Affalé fort peu élégamment dans son fauteuil, il reprenait ses esprits. Sans trop savoir pourquoi, il marcha prudemment jusqu'à l'interrupteur, sans rencontrer le moindre débris. Il ne savait plus trop pourquoi il s'attendait à marcher dans un champ de ruines, mais dans tous les cas cette appréhension était injustifiée. La lumière le lui prouva sans que le moindre doute puisse subsister. Tout était en parfait état. Rangé, même. Son portable était sur la table basse en verre. Aucun de ses meubles ne semblait avoir la moindre égratignure.

Pourtant, il était difficile d'imaginer qu'il avait rêvé. Il se souvenait trop clairement de ce qui s'était passé, et il sentait encore une légère raideur dans son auriculaire. Celui qui avait été tordu, et pour lequel il avait pris le risque inconsidéré d'utiliser la persuasion dans une situation tout à fait inadaptée. Pire : dangereuse. Il sentait sa peau tomber un peu, détachée de sa chair par la masse d'énergie qu'il avait dû déployer en dépit de son état. Tout en allant à la cuisine de quoi se baffrer se restaurer afin de ne pas retomber dans les pommes, il réfléchissait.

Son portable n'était jamais posé en évidence. Soit il l'avait avec lui, ce qui était très peu fréquent, soit il était planqué dans un recoin improbable de l'appartement. Et ce, de son propre fait, quoi que sa fille ait probablement eu l'idée un jour. Mais il était bien trop clair que Holster n'aimait pas cet engin pour que sa fille croie utile de le cacher. Peut-être en revanche aurait-elle un jour l'idée de le mettre ainsi en évidence. Peut-être l'avait-elle fait. Mais non, l'appartement était silencieux. Elle n'était pas là. Et elle ne se serait pas limité à une attention aussi mesquine. Elle était encore jeune et avait le goût du grandiose. Aucune de ses désagréables plaisanteries n'avaient jusqu'ici pris effet sur un territoire plus petit que sa chambre. Alors, juste ça... non, ça ne collait pas.

Pourtant, sa femme de ménage ne pouvait pas avoir tout remplacé en un clin d'oeil. Enfin, en un clin d'oeil. Il ne savait toujours pas la date ni l'heure exacte. Avec une humilité forcée, il alla chercher son portable et regarda. Onze heures et trois minutes. Au minimum, elle avait eu dix heures devant elle. Au maximum, un jour et dix heures. Improbable, il se serait réveillé avant. Pas longtemps sans doute, mais il se serait réveillé à moins qu'elle l'ait drogué jusqu'aux limites de la narcolepsie. Dix heures donc. C'était beaucoup trop peu. Soit elle avait été aidée, soit elle avait failli le tuer. Or, vu le soin mis à tout réparer, elle n'avait certainement pas envie de l'achever. Mais de ce qu'elle en avait dit, elle n'avait pas vraiment de soutien à l'extérieur.

Et de toutes façons, ce n'était juste pas possible de tout refaire à l'identique. Ailleurs, peut-être, mais pas chez lui. Tout était beaucoup trop cher. Ou alors ... Ou alors il avait été victime d'un pouvoir illusionnel. Il avait cru qu'elle cassait tout, mais en fait ce n'était qu'un mirage destiné à lui faire peur. Dans ce cas, la démonstration qu'il avait vue tenait également de l'esbroufe. Restait à savoir qui en était le destinataire. Lui, ou un autre ? Et si c'était lui, quel intérêt avait-elle à attirer ainsi son attention, puis à le laisser continuer sa petite vie tranquille ? De son point de vue, c'était un avertissement. Elle avait joué la comédie, depuis le début, pour voir comment il réagissait. Elle n'avait selon toute probabilité jamais été folle. Mais d'un autre côté, elle avait laissé filtrer beaucoup d'information au départ.

Il retourna s'asseoir sur le fauteuil, une sucette à la bouche. Il aurait préféré une pâtisserie mais ça ne se conservait pas et il n'en avait donc pas pour les cas d'urgence. Il détestait l'air profondément stupide que lui donnaient les batonnets de sucette. Pour autant, il préférait tout même manger quelque chose de très sucré plutôt qu'un morceau de brioche ou de chocolat. Et puis, comme ça, il avait les mains libres et pouvait réfléchir sans être parasité par le souci de se nourrir. Son seul indice pour le moment, c'était le portable laissé sur la table basse. Table dont était impossible de trouver un équivalent, car aucun artisan ne prenait plus la peine de fabriquer un objet aussi conséquent dans du verre sans défaut. La preuve par quatre que son mobilier n'avait subi aucun dommage grave. Sauf que.

Sauf qu'il y en avait un, de défaut. Une sorte de tâche sous le verre, ou plutôt dans le verre. Ce n'était pas grand-chose, juste un léger espace du côté de l'angle qui était plus foncé que le reste de la plaque. Mais c'était la preuve que conter toute logique l'autre folle avait réussi à remplacer le mobilier. C'était purement et simplement impossible.

Sauf si elle avait eu quelqu'un pour l'aider. Peut-être avait-elle menti. Peut-être avait-elle encore des contacts dans sa famille. Peut-être avait-elle même assez d'influence parmi eux pour avoir le contrôle d'une branche entière de cette mafia. Peut-être commandait-elle à une majorité de la famille. C'était la seule issue qu'il voyait : le travail était trop bien fait pour être l'oeuvre de quelques amis du bas de l'échelle. Mais quelle que soit la méthode utilisée, elle avait été capable de restaurer de façon presque parfaite son appartement. C'était une performance.

Elle était dangereuse. Bien plus dangereuse qu'il ne l'avait cru au premier abord, au second et au troisième. De plus, il n'avait aucun moyen de l'attaquer. Pas sans s'en prendre aux Cristiani. Et au vu du travail de ceux-ci, si c'était bien eux qui s'étaient chargés de son appartement, il était préférable de ne pas les avoir à dos. Lui qui avait évité autant que possible de s'inscrire dans une logique de clans et de marcher sur les platebandes des mafias, gangs et autres rassemblement plus ou moins efficaces dans l'effacement de casier judiciaire, voilà qu'il avait mis les deux pieds dans un buisson d'épines. Il avait menacé indirectement un membre d'une de ces mafias, et pas des plus faibles apparemment.

Leur message à eux était clair : On peut tout détruire, et tout reconstruire. On peut vous faire souffrir longtemps sans vous donner la moindre possibilité de vous plaindre.

C'était une méthode trop proche de la sienne pour qu'il ne réalise pas à quel point il était piégé. Les informations données par Francine ne devaient pas être facilement utilisables, mais suffisamment inquiétantes pour qu'il ait la vie sauve. En gros, il avait une épée de Damoclès au-dessus de la tête pour le cas où il aurait la mauvaise idée de mettre ses menaces à exécution. Peut-être n'avait-il même la vie sauve que parce que Francine était au même titre que lui une Manipulatrice de Haut Niveau. C'était tellement plus agréable de voir les pions s'agiter frénétiquement pour échapper au piège, puis se croire en sécurité pour retomber au plus profond du cauchemar.

C'était une virtuose. Elle allait revenir. Plusieurs fois peut-être. Il fallait qu'il trouve un moyen pour qu'elle ne s'en prenne pas à Genetic. Si les choses restaient en l'état, elle allait le torturer jusqu'à ce qu'il se suicide, ou peut-être finir par la tuer lui-même. Et elle risquait de s'en prendre ensuite à celui ou celle qui lui succèderait. Implorer sa pitié n'était pas vraiment une idée. Non, le seul moyen pour protéger ses intérêts c'était de la rallier à Genetic. Mais il ne voulait pas. Il ne supportait pas l'idée d'avoir une personne comme elle dans ses rangs. Quelqu'un qui ne lui jurerait fidélité qu'en croisant les doigts. Quelqu'un qui lui planterait un poignard dans le dos à la première occasion et n'aurait aucune difficulté à s'en disculper ensuite, en toute innocence.

Quelqu'un qui se souviendrait toujours de ce qui s'était passé dans cet appartement. Qui pourrait se vanter d'avoir réduit Holster au rang de bestiole couinante qu'on écrase d'un coup de talon. Qui pourrait s'allier au Maire pour détruire tout ce qu'il avait construit. Quelqu'un qui pourrait offrir Genetic aux Cristiani et échapper encore aux requins. Quelqu'un qui était autant que lui capable de diriger Genetic et d'en faire quelque chose. Une rivale.

Et c'était ce genre de personne qu'il allait devoir convaincre de rejoindre Genetic. Autant signer son testament tout de suite. Non, autant se tirer dès maintenant une balle dans la tête. il avait déjà signé son testament.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé





MessageSujet: Re: Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.   

Revenir en haut Aller en bas
 

Vous êtes une brute, vous le saviez ? Bon, bah en fait c'est normal.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
EVOLUTION :: N°36 OVER PLACE-