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 It's time to stop running bro' [Terminé]

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Bobby

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MessageSujet: It's time to stop running bro' [Terminé]   Jeu 5 Mai - 18:01

    Les bras croisés sur sa poitrine, adossée au mur dans l’un des couloirs de Génome, Bobby poussa un long soupir dépité. La patience n’avait jamais été son fort et Wayne mettait encore une fois ses nerfs à rude épreuve. Pas directement, puisqu’il n’était même pas là, mais en l’obligeant à attendre devant le bureau d’Aaron, il contribuait à sa mauvaise humeur.
    La rouquine n’approuvait pas le plan de son petit ami pour couronner le tout. Le savoir seul avec son ami au beau milieu de l’océan la contrariait vraiment. Est-ce qu’Aaron saurait se contrôler ? Est-ce qu’il saurait gérer Wayne s’il avait une de ses crises ?
    Il avait plutôt intérêt. S’il arrivait le moindre souci à son bébé, elle le tuerait elle-même.

    Au moment où cette pensée la traversait pour la centième fois au moins, la porte du bureau d’Aaron s’ouvrit. Une mutante blonde en sortit la première. Une nouvelle venue qui s’appelait Kelly ou quelque chose du genre et avec qui Wayne avait bien entendu sympathisé tout de suite. Parce que son empathe de petit ami sympathisait avec tout le monde, pour son plus grand déplaisir…
    Enfin bref, la fille passa devant elle en lui adressant un sourire poli, pendant que Bobby se décollait du mur, décroisant ses longues jambes fines découvertes. La rouquine la suivit du regard un instant, à travers ses verres de lunettes, et lorsqu’elle se retourna vers la porte du bureau, Aahron était en train de la fermer prestement.
    Ce gros lâche l’avait bien entendue repérée mais, depuis sa dernière beuverie avec Esteban, il la fuyait comme la peste. Il la connaissait pourtant assez bien pour savoir qu’elle n’hésiterait pas une seconde à défoncer la porte s’il le fallait… Ah les hommes !

    La jeune femme s’approcha d’un pas décidé du bureau et frappa quelques coups rapides, la main déjà sur la poignée qu’elle fit tourner avant d’obtenir une réponse.
    Elle pénétra dans le bureau d’un pas conquérant, roulant des mécaniques dans son petit short en jean moulant. Elle s’immobilisa au milieu de la pièce, la tête légèrement penchée, le regard inquisiteur et les mains sur ses hanches fines.

    Il lui jeta un rapide regard et bafouilla un genre de : ah tiens Bobby, j’t’avais pas vu, avant de se détourner, échappant ainsi au regard courroucé de la grande rousse. Elle le laissa s’installer derrière son bureau et faire mine de trier quelques papiers sans un mot. Après un moment, clairement mal à l’aise mais essayant de garder toute sa dignité, il releva la tête vers elle, les sourcils froncés par un mélange d’agacement, de curiosité et d’appréhension.

    « Salut, Aaron » sourit-elle faussement « Tu passes une bonne journée, tout va bien pour toi ? »

    Le jeune homme ouvrit la bouche pour répondre mais elle le coupa, s’approchant d’un bon pas du large bureau qui trônait au milieu de la pièce.

    « Moi je vais passer une journée assez stressante pendant que tu seras en train de faire bronzette au milieu de l’océan avec mon homme. Je crois qu’il t’as pris une bouteille de vin pour te détendre ou un truc comme ça » ajouta Bobby distraitement, s’asseyant sur le bord du bureau à côté d’Aaron « Bref, j’espère que t’avais rien prévu d’important parce que je suis censé te kidnapper et c’est aujourd’hui où jamais ! Wayne a mis toutes ses économies dans la location de ce bateau alors… t’aurais plutôt intérêt à pas refuser, ce serait vraiment pas cool. Il prépare cette journée depuis au moins une semaine »

    Il continuait de la fixer sans comprendre et Bobby se résigna enfin à être plus claire, après un soupir un peu las. Son regard se fit plus fuyant et sa colère la quitta bientôt, pour ne laisser que l’anxiété.

    « Tu sais qu’il n’arrive pas à venir te parler alors on s’est dit que ça marcherait peut-être si c’était toi qui venait jusqu’à lui. Mais avec tout ce monde et tous leurs problèmes existentiels, c’était pas envisageable… » expliqua-t-elle calmement « Alors il a pensé au bateau et je dois te conduire là-bas. Voilà ! Alors prend un chapeau, tes lunettes de soleil, et en route ! »
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mer 11 Mai - 18:57

    « Humpfr... J'ai du boulot tu sais... »

    C'était peine perdue de toute façon. Je savais qu'avec Bobby, il vallait mieux la fermer et suivre. Bien sûr, elle restait totalement professionnelle quand il s'agissait de missions, de Genome et de tout ce qui impliquait un travail d'équipe sans faille, mais lorsqu'il s'agissait du reste... Il fallait se méfier du bobbiesque. Une sorte de guide dont le nom si subtil venait de ce cher Esteban. Depuis cette nuit de beuverie au bar irlandais, nous avions commencé une sorte de recueil dans nos petites têtes en tentant de récapituler toutes les choses à faire ou à ne surtout pas faire lorsque Bobby était dans le coin. Malheureusement, cette liste était très longue et il fallait se souvenir d'absolument tout pour espérer avoir la vie sauve. Le pire ? Aucune garantie parce qu'en plus, elle cachait toujours dans son placard cérébral des choses qui l'horripilaient au plus haut point. En gros, vous étiez foutus quoi qu'il arrive. La véritable porte de sortie était d'être d'accord avec elle...

    « ... d'accord... laisse-moi le temps de prendre ma crème solaire : mon teint de pêche n'est pas du au hasard, tu sais ? »

    Raté. Faire diversion n'était pas l'idée du siècle. Je pris rapidement mon téléphone, mes lunettes et mon thermos de café que je justifiai à Bobby d'un haussement d'épaule : j'avais besoin de carburant, voilà tout. Je la suivis alors dans les couloirs de Genome.
    Wayne était un très bon ami qui malheureusement avait un pouvoir aussi utile que difficile à gérer. Empathe : un réel fardeau que Wayne qui était aussi le copain de Bobby avait du mal à supporter lorsque les choses devenaient trop importantes. Qui pouvait lui en vouloir ? Personne. Au plus profond de moi, j'étais certains qu'il était le seul à pouvoir gérer au mieux ce pouvoir, personne n'était plus qualifié que lui. Personne. Le problème venait des moments de surcharge émotionnelle : là, il pétait les plombs et tentait de mettre fin à son calvaire...
    Il m'était arrivé une fois de le retrouver après l'une de ses tentatives et ça m'avait beaucoup affecté. Aussi, je le surveillais. Trop même. Il m'envoyait souvent chier quand j'étais trop sur son dos mais je ne lui en voulais pas. Le réel problème venait de la mort d'Aby : il avait du partir à cause de moi. A cause de nos émotions à tous : peut-être n'avait-il même pas pu faire son propre deuil d'ailleurs. Je n'osais même pas imaginer ce qu'il se passait dans sa tête.

    « Il aurait pas pu choisir la forêt ? Parce que bon.. on sait jamais... si l'un de nous passe par-dessus bord... »

    Je la fermai. Et puis en forêt, c'était aussi très facile d'enterrer un corps... Je savais où Bobby enterrerait ses futures victimes... Enfin, j'avais un périmètre d'environ une dizaine de bois, sous-bois et forêts... C'était mieux que rien après tout : mais si j'étais la victime, ça compliquait sérieusement les choses...
    Je redoutais cette rencontre. La mort d'Aby était bien trop récente à mes yeux, j'avais trpo peur de ne pas réussi à me contenir et de faire basculer les choses et bien sûr, pas du bon côté... C'était tout le drame de ma vie. C'était un peu comme avec Adam : des non-dits, de la crainte, une envie de ne pas tout faire foirer... Mais Bobby avait raison sur ce point : il était temps qu'on parle et qu'on mette toute cette histoire à plat une bonne fois pour toute.

    « Comment il va ? »

    C'était bête comme question mais en même temps tellement important aussi... Wayne me manquait de toute façon et le voir mal me rendait malade...

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mer 11 Mai - 20:35

    Bobby haussa simplement les épaules à la dernière question d’Aaron.

    « Il va bien. Un peu stressé à cause d’aujourd’hui mais si tu y mets un peu du tien, ça devrait bien se passer » répondit la rouquine avant de se mettre en route maintenant que Monsieur avait tout ce dont il avait besoin « Oh et pour ton histoire de passer par-dessus le bord… je lui ai déjà fait jurer sur notre amour inconditionnel que c’était toi qui y passerait si les choses devaient dégénérer » sourit-elle avant de lui servir un clin d’œil mutin

    Elle lui tourna le dos dans un virevoltement de cheveux flamboyants pour ouvrir la marche et s’éloigner dans le couloir qu’elle avait emprunté précédemment. Ils échangèrent quelques banalités sur le trajet jusqu’à la voiture de la jeune femme, garée un peu plus loin dans la rue qui abritait le QG de Génome.

    Bobby n’avait jamais été vraiment proche d’Aaron et elle le réalisait maintenant qu’ils étaient tous les deux, seuls dans son 4X4. C’était la première fois qu’une telle chose se produisait. D’habitude, Wayne ou Esteban étaient toujours du voyage et, généralement, l’un d’entre eux avait un taux d’alcoolémie assez élevé pour faire tomber la gêne.
    Mais ce matin, Bobby n’avait que son autoradio pour faire la conversation et meubler les silences pesants. Un CD appartenant à Wayne et destiné aux enfants de moins de six ans… Bien entendu.

    « Désolée pour ça » rougit-elle en mettant en marche la radio dans un raclement de gorge nerveux

    Aaron ne semblait pas plus à l’aise et ne chercha qu’une ou deux fois à papoter avec elle, sans y mettre beaucoup plus de conviction qu’elle-même.
    Heureusement, la circulation n’était pas mauvaise et ils furent vite rendus à la marina où Bobby gara son engin de mort (comme le surnommait Wayne). Ils en descendirent et Bobby incita Aaron à la suivre sur les quais pour rejoindre le petit bateau à moteur que son petit ami avait loué également.

    « On dirait un mauvais film de mafia » badina-t-elle en l’entrainant vers l’embarcation « Attends-toi à ce qu’il t’accueil avec une chemise ouverte sur une chaine ridicule, un cigare et un accent italien…ou russe… Non italien, il le maitrise mieux » réfléchit-elle un instant, avant d’adresser un nouveau sourire à Aaron qui le lui rendit gentiment

    Ils s’installèrent dans le bateau et elle fit comprendre à Aaron que s’était à lui de manœuvrer en s’installant à l’avant, troquant ses lunettes de vue contre une paire de solaires encore plus imposantes que sa monture habituelle.

    « Je dois ramener ce bateau, on l’a que pour trois heures » précisa-t-elle au mutant alors qu’il faisait démarrer le moteur « Donc si jamais tu décidais de fausser compagnie à Wayne…eh bien tu devrais le faire à la nage. Mais tu ne le feras pas parce que tu sais que c'est important pour toi comme pour lui »

    Son ton était sans appel, son regard appuyé derrière ses verres teintés.
    A vrai dire, elle en avait certainement autant marre que les garçons de cette situation. Wayne l’avait laissée tomber au moment où elle avait le plus besoin de lui parce qu’il était incapable de gérer le trop plein d’émotions à Génome. Et elle savait que c’était la perte d’Aby ressentie par Aaron qui l’avait le plus affecté. Il avait bien essayé d’aller se confronter à lui plusieurs fois, mais ça n’avait rien donné de bien concluant.
    Elle l’avait encouragé à chaque fois, Wayne avait gonflé sa poitrine d’assurance avant de passer la porte de leur chambre, pour revenir en larmes quelques minutes plus tard, inconsolable ou presque.
    Cette situation avait assez durée.

    Bobby ne blâmait pas consciemment Aaron pour tout cela. Il avait perdu sa sœur jumelle, comment pourrait-elle lui en vouloir ? Mais il était le seul capable d’arranger les choses en se confrontant lui-même à ses sentiments, en essayant de tourner la page plutôt que de tout refouler.
    Wayne était le plus à même de l’aider dans cette tache délicate et non sans risque. Bobby lui faisait confiance. Elle n’avait pas el choix de toute manière… Il fallait qu’elle y croit.

    Après une quinzaine de minutes, ils aperçurent enfin le bateau au loin et, une poignée d’autres plus tard, Aaron manœuvrait pour s’approcher de l’arrière du bateau de 15 m que Wayne avait loué. Il les attendait à l’arrière, un sourire un peu crispé aux lèvres.
    Il ne portait pas de chemise ouverte et aucun cigare n’était visible. En revanche, il avait deux superbes collier hawaïen au cou et Aaron écoperait de l’un d’eux des qu’il débarquerait…

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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Ven 13 Mai - 9:57

    Le trajet avait été un peu bizarre...
    Je connaissais Bobby depuis un bon moment déjà mais c'était avec Wayne qu'elle passait le plus de temps et avec ceux qui géraient la zone soins : nous n'avions jamais réellement eu l'occasion de creuser un peu plus notre relation et c'était dommage parce que c'était une chouette fille. Si on oubliait son côté effrayant et ça tendance à devoir jouer les mamans avec tout Genome, elle pouvait faire ce qu'on appelait couramment une vraie amie. Avec le temps, ça viendrait sûrement...
    Parce que Bobby c'était surtout ça, une sorte de maman aussi à Genome : elle nous rappelait sans cesse à l'ordre quand on partait en vrille, elle savait comment faire pour rattraper nos conneries et elle était toujours là, quelle que soit le problème : elle se vouait corps et âme à tout ça et c'était beau. J'avais perdu Aby, c'était déchirant, c'était insupportable, mais je ne devais pas oublier que j'en avais toujours une de famille : Genome...

    Je regardai au loin, pilotant le bateau (merci papa pour mes premières leçons sur le Lac Michigan), sentant Bobby à mes côtés. Elle profitait du soleil tout en parlant de choses diverses mais ne lâchait pas l'horizon des yeux : elle aussi devait vivre un enfer émotionnel avec toute cette histoire...
    Comme toujours, Wayne avait fait dans le grand et le sensationnel : il n'était pas du genre bling-bling, il aimait juste la mise en scène et les yeux qui pétillaient face à tout un montage théâtral: c'était gagné ! Cet engin était superbe et surtout, l'allure de mon ami était tordante : on se serait crus dans un vieux soap bien pourri avec l'héritier à tendance épicurienne. Du grand art !
    Je mis le bateau près du plus gros pour pouvoir débarquer. Avant de bouger, je me tournai vers Bobby : elle n'avait pas bougé d'un centimètre. Je m'approchai d'elle. Je savais qu'elle ne viendrait pas et que j'allais devoir gérer Wayne seul : j'allais devoir prendre sur moi pour ne pas me lamenter sur mon sort et pour sortir la tête du trou. Je me penchai vers elle et déposai un baiser sur sa joue. C'était bizarre mais ça se rapprochait presque du naturel.

    « Merci. Je vais en prendre soin et te le ramener entier. »

    Après un clin d'oeil, je me dirigeai vers le plus gros bateau. Je sentais l'appréhension m'envahir : et si je n'y arrivais pas ? Je ne voulais prendre le risque de faire du mal à Wayne et je savais que mon état était déjà un vrai problème pour lui. Comment faire pour travailler là-dessus ? J'avais l'impression d'être pris au piège dans un tourbillon de chagrin et je me rendais bien compte que ça allait sûrement bousiller Wayne, comme j'étais bousillé.
    Je montai sur le superbe destrier du jour et saluai mon ami qui me mit un de ses colliers autour du cou avant de descendre pour rejoindre Bobby, restée dans le petit bateau. Elle avait l'air inquiète elle aussi mais je savais qu'elle était bien plus douée que moi pour aider Wayne à ne pas sombrer à cause d'elle : je lui enviais ça.

    J'étais doué pour aider les autres à contrôler leurs pouvoirs, pour les aider à reprendre pied. De mon côté, j'intériorisais sans cesse. Je mettais toujours tout de côté, j'enfouissais tant que possible dans un coin de ma cervelle. Sauf qu'avec Wayne, c'était impossible de faire bonne figure parce que lui, il savait. C'était un peu comme avec Luna. Du coup, il se prenait toutes ces années de rétentions en pleine face et ça lui faisait mal, je le savais. Je devais être fort pour lui aujourd'hui, c'était la promesse que je me faisais.

    Je fis rapidement le tour du pont tandis que Don Juan disait au revoir à sa belle : je l'imaginais bien lui dire de me jeter par-dessus bord; Oui, j'étais sûr qu'elle le lui recommandait. C'était Bobby : un tempérament de feu dans un grand coeurUn très grand coeur même : ces deux-là étaient bien faits l'un pour l'autre, j'en étais certain.
    Je leur jetai un rapide coup d'oeil : ils étaient beaux à voir. Je me sentais coupable pour ça aussi : leur séparation : Wayne ne pouvait plus rester à Genome et ça me tuait. Bobby restait parce qu'elle aidait aux soins et qu'avec le gymnase, il nous fallait du monde. Mais savoir qu'ils étaient séparés à cause de ça...

    J'allais me battre pour lui, pour eux, pour nous tous.
    Peut-être même pour moi...

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Lun 16 Mai - 9:24

Après un dernier geste de la main en direction de Bobby qui s’éloignait en manœuvrant le petit bateau à moteur, l’empathe se détourna pour chercher son ami du regard. Aaron se tenait quelques mètres plus loin, en retrait, mais son regard était braqué sur lui.
Le jeune homme essaya de lui adresser un sourire mais en fut incapable. De toute façon, il se serait sans doute plus approché de la grimace forcée que du sourire franc et détendu qu’il aurait souhaité lui servir.
Wayne prenait sur lui depuis des jours pour que ce tête à tête se passe le mieux possible, mais malgré ses nombreuses heures de méditation et les encouragements de sa petite amie, il ne pouvait s’empêcher d’être stressé. Il savait qu’il prenait la bonne décision et qu’ils en avaient besoin tous les deux, aussi bien lui qu’Aaron, mais le mutant ne pouvait s’empêcher d’appréhender ces retrouvailles.

Wayne expira lentement pour se calmer un peu et chasser les derniers relents d’angoisse que lui avait laissés Bobby avant de s’éloigner, et il se rapprocha d’Aaron. Aaron qui semblait aussi un peu mal à l’aise mais parvenait à se maitriser avec bien plus de facilité que sa petite amie. C’était une bonne chose pour l’empathe mais peut-être un désavantage pour son ami qui était bien trop renfermé au goût de Wayne.

« Si ça peut te rassurer, je lui fais simplement croire qu’elle porte la culotte. C’est moi le cerveau des opérations » plaisanta Wayne avant de désigner les banquettes blanches près de lui « Tu veux t’asseoir ? Tu veux boire quelque chose ? J’ai acheté du vin. Il est sûrement pas aussi bon que celui que tu as l’habitude de consommer mais… enfin voilà… J’ai aussi de l’eau et de la tisane et… du soda » résuma-t-il en fouillant dans sa mémoire

C’était une introduction plutôt chaotique, il devait bien l’avouer, mais il ne savait pas vraiment comment gérer tout cela. Il avait prévu une tonne de discours, les avait même répété devant la glace, demandant l’aide de Bobby de temps à autres, mais tout lui échappait à présent. Il s’y était attendu mais avait espéré que les lignes directrices lui resteraient en tête, ce qui était heureusement le cas.
S’il s’était écouté, il aurait commencé par venir l’étreindre virilement, le gratifier de quelques tapes dans le dos accompagnés de « tu m’as manqué », mais ça lui paraissait un peu trop… trop. Il avait tendance à en faire des tonnes et à sombrer dans le pathétique très rapidement, et savait que s’il se lançait là-dedans, il allait craquer. Il se mettrait à pleurer, à laisser ses émotions l’envahir et c’était la dernière des choses à faire.
Il devait se montrer fort aujourd’hui et ne surtout, surtout pas flancher, quoi qu’il puisse sentir ou entendre. Il devait être un roc pour Aaron qui n’avait pas besoin de l’entendre se lamenter. Son ami devait pouvoir compter sur lui et avoir assez confiance dans la solidité de ses épaules pour pouvoir s’y appuyer et déverser sa peine.
Il ne devait pas être Wayne Gallagher aujourd’hui, il devait être Bruce Wayne ! Un super justicier sans peur et tout le tintouin.
Cette idée lui arracha un vague sourire.

« C’est quoi dans ton thermos ? » demanda-t-il finalement, désignant l’objet dans les mains de son ami « J’te jure que j’écouterai pas Bobby et je mettrai rien dans ton verre, tu peux m’faire confiance. Tu l'sais hein ? T'as faim ? Tu veux manger ? Non parce que j'ai aussi prévu des trucs à manger. Je savais pas ce que tu voudrai alors j'ai acheté plein de trucs... sans doute trop... Y a du poisson et du poulet de la viande rouge mais moi je mange rien d'animal alors y a aussi des légumes, des fruits, des crudités, des sandwichs, du tofu, des bonbons, du chocolat et de la glace. J'suis un peu stressé je crois alors si tu veux parler, t'as qu'à lever la main et je me tairai, d'accord ? » fit-il avec sérieux, soulagé de voir la main d'Aaron se lever, un sourire amusé peint sur son visage que l'empathe lui rendit « Oui ? »
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mar 24 Mai - 20:23

J'avais laissé toute mon appréhension s'estomper peu à peu au fil des paroles de Wayne. Comme à son habitude, il avait beaucoup parlé, et vite... Je m'étais toujours demandé si parler lui permettait de ne pas sentir les émotions des autres... Si c'était le cas, je comprenais mieux ses excès soudain de paroles de temps en temps... Bref.

Je levai donc la main, comme un élève sage et attentif, prêt à fayotter un peu...
Wayne était ce qu'il était : son métier n'était pas du au hasard. Là, devant lui, la main en l'air, je me sentais bien. Il savait s'y prendre avec les enfants comme avec les grands enfants... Son boulot était celui qui lui correspondait le plus et la détresse des enfants pouvait être vite balayée grâce à lui...
Il me donna la parole et je ne pus m'empêcher de sourire.

« Café. Pour le contenu de mon thermos. What else ? » l'or noir qui devait sûrement couler dans mes veines vu ma consommation excessive... « Et sors tout ce que t'as à manger : on va se faire un festin de roi chef cuistot ! »

J'avais réellement faim et ça, c'était encore un point positif. En général, si j'avais l'appétit coupé, c'était parce que mon état moral était au plus bas. Je n'étais certes pas au meilleur de ma forme mais j'allais bien mieux que les jours précédents. C'était salvateur, divinement salvateur même.

Je pris un sandwich qu'il me tendait, l'ouvris avec un air suspicieux terriblement stéréotypé et souris face aux tranches de tomate, aux feuilles de salade fraîche et à la belle tranche de blanc de dinde qui se logeait entre deux grosses couches de mayonnaise.
J'a-d-o-r-a-i-s ça ! Wayne était décidément un super pote ! Il savait faire la cuisine et se souvenait même de ce que j'aimais.

Je pris pleinement conscience du manque qu'il avait causé dans mon existence. Il était un bon ami et traverser la perte d'Aby sans lui avait été dur, je m'en rendais pleinement compte maintenant. Il avait toujours été là sauf au moment le plus critique.
Bien sûr, je ne lui en voulais pas parce qu'il avait ses raisons que je comprenais parfaitement. N'empêche qu'il m'avait manqué...

« Toujours aussi doué pour la cuisine mon grand. Bravo ! » dis-je en donnant un accent italiennement mauvais à mon "bravo". J'étais si peu doué avec les accents surfaits que j'en étais complètement ridicule mais après tout, ça ne tuait pas alors bon ! Je croquai mon sandwich à pleins dents et laissai exploser verbalement ou plutôt dans un bruitage qui ressemblait à un "huuum" toute mon admiration gustative pour cette oeuvre.

« superbe ! Bon sang ce que tes sandwich m'ont manqué ! »

Je venais de mettre le doigt en plein dedans sans m'en rendre compte. Il m'avait manqué et nous allions devoir aborder le sujet... J'avais peur de déraper et de ne pas réussir à contrôler mon flot d'émotions très peu positives...

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mer 25 Mai - 15:42

Wayne s’autorisa un petit gloussement de jeune fille en fleur quand son ami complimenta sa cuisine. Il retrouva rapidement son sérieux cela dit, se détournant de la silhouette familière du mutant à ses côtés pour qu’il n’en sache rien. C’était le genre de situation gênant qu’il tâchait toujours de fuir ou de détendre en lançant quelques blagues vaseuses qui ne faisaient rire personne d’autre que lui-même. Sauf qu’au final, c’était tellement stupide que tout le monde se mettait à sourire, par pitié au moins.
Mais à cet instant, aucune blague ne lui vint à l’esprit. Et il se serait sentit idiot de toute manière à se lancer dans l’histoire d’un américain, d’un belge et d’un norvégien…
La dernière chose dont avait besoin Aaron, c’était qu’il ait l’air désespéré.

Il profita donc du silence qui venait de tomber entre eux pour ouvrir un Tupperware contenant quelques tomates cerises et s’en enfila quelques unes. L’empathe se laissa aller dans la banquette du bateau en poussant un petit soupir contenté et ôta ses lunettes de soleil du dessus de son crâne pour venir les déposer sur son nez.
C’était le moment idéal pour parler de la chaleur. Peut-être une petite vanne sur la sueur. Non, ce serait sale et ça lui couperait l’appétit en même temps que celui de son ami… Mauvais plan. Il n’avait déjà pas si faim que ça, mieux valait s’arrêter là.
Bon, alors une remarque sur le fait que préparer des sandwichs à son pote lui avait manqué aussi ?
Non, pas après que deux bonnes minutes se soient écoulées, ça aurait sonné bizarre, même à ses oreilles.
Alors quoi ?

La voix de Bobby s’éleva quelque part dans sa tête : le vif du sujet, amour, vas-y ! Rentre dans le lard de cette saloperie de tension et fais-moi l’amour !
Un sourire mutin s’étala sur le visage de Wayne qui se redressa un peu pour observer Aaron qui mangeait son sandwich d’un air faussement serein. Mais le jeune homme n’était pas dupe et percevait ses appréhensions d’ici. Les vagues l’atteignaient comme de l’air brassé par un ventilateur dirigé vers lui…

« Bobby a tenu à ce qu’on couche ensemble sur le bateau » lâcha-t-il soudain

Aaron se figea, la bouche ouverte, le sandwich à quelques centimètres de celle-ci. Il lui jeta un regard en biais, l’air de dire : t’es pas sérieux là ? Tu veux emprunter cette pente ?
Et Wayne ne se démonta pas. C’était chouette de dévaler des pentes à pleine vitesse.

« Elle a dit que ça me permettrait de me raccrocher à des souvenirs heureux quand ça deviendrait trop… trop » reprit Wayne avant de mordre dans une tomate, propulsant son jus frai dans sa bouche fermée « On l’a fait que deux fois, on avait peur de se laisser emporter et de plus avoir le temps de rien faire avec toi alors… En tout cas, j’suis blindé avec toutes les cochonneries qu'on a faites, tu peux y aller »

Il écarta ses bras sur le dossier immaculé de la banquette, arborant une pose décontracté qui ne traduisait pas réellement son état d’esprit. Une de ses mains atteignait le dos de son ami et il lui donna une pichenette sur l’épaule.

« Faut pas qu’ça t’empêche de manger hein, c’était ça ou une histoire de poulet rouler sous…enfin bref… Et alors, sinon, sur une échelle de 1 à 10, ça va mal à quel point ? Et me fais pas l’affront de mentir, sinon je serai obligé d’être 100% honnête avec toi sur l’endroit précis où Bobby et moi l’avons fait et la position dans laquelle on se trouvait. Juste pour t’apprendre comment on fait… Pas pour coucher avec une fille, ça j’sais que tu sais, pour être honnête j’veux dire »
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Lun 6 Juin - 9:53

Je regardai Wayne, puis la banquette, puis le pont complet du bateau, puis mon sandwich... Les informations fusaient dans tous les sens tandis que je restai immobile, le sandwich à deux ridicules centimètres de mon visage... Puis je croquai dedans à pleine bouffe avant de lancer à Wayne, sans même avoir avaler, un clin d'oeil complice.

« Je vais pas m'en faire pour si peu, après tout, la salle où tu fais ta sieste, j'y ai fait la plupart de mes siestes crapuleuses. Bon peut-être pas la plupart, mais elles étaient nombreuses donc c'est tout comme. Et sur chacun des lits en plus. »

J'étais fier de moi parce que tout était vrai. Certes, ça ne datait pas d'hier, mais chaque lit y était passé plus d'une fois. Merci Jordan ! Notre pseudo aventure avait pas mal duré mais ça n'avait été que physique, nos sentiments se cantonnant uniquement à l'amitié. Elle était seule, je l'étais aussi et à l'époque, nous avions décidé de prendre un peu de bon temps. Du très bon temps même : pas de sentiments, certes, mais une putain d'alchimie au lit qui l'avait fait tourner la tête pendant plusieurs mois...

Un grand sourire était affiché sur mon visage tandis que je terminai mon sandwich : après tout, moi, je n'avais pas dormi là où mon pote avait pris son pied et ça, ça donnait un peu plus de couleurs à cette journée... Et j'en avais besoin parce que Wayne avait décidé d'aborder directement le sujet sensible, le sujet principale du jour et celui que j'aurais bien aimé éviter jusqu'à... toujours en fait.

Comment je me sentais ? il le savait sûrement déjà. Mais mettre des mots sur tout ça avait quelque chose de différent et de surtout effrayant. Je savais que j'en avais besoin pour aller de l'avant et tirer un trait sur le passé mais j'avais peur d'oublier mon passé. Et puis accepter et avancer, c'était comme tuer Aby une seconde fois, comme l'enfermer pour de bon dans sa tombe. Au moins, elle n'était pas dans sa tombe, elle n'en avait pas. Elle avait un arbre au coeur de la forêt californienne, un arbre que j'avais planté dans la terre mêlée à ses cendres... Purement symbolique mais j'en avais eu besoin. elle avait aussi sa plaque symbolique dans le cimetière, à côté de celle de mes parents...

Je laissai mon regard vagabonder vers l'horizon, fixant l'ondulation des vagues, écoutant les oiseaux et brûlant au soleil. Un peu de crème peut-être ? Non, je devais me bouger et oser en parler... Je devais être un homme pour une fois, je devais me bouger et en profiter pour aider Xayne qui devait se sentir aussi mal que moi à cause de son putain de pouvoir provoqué par notre putain de gène mutant...

« Je dirai 0.5 parce que je me suis en plus rendu complètement ridicule dans ce pub avec Calloway ce traitre au whisky ! Bobby a du te raconter... »

J'essayai de détourner la conversation parce que j'avais besoin encore de quelques secondes pour être certain de ne pas flancher trop vite, je ne voulais pas me morfondre devant Wayne parce que je savais que ça l'anéantirait bien plus que ça ne devrait. Je baissai alors les yeux vers mes pieds après avoir pris une tomate cerise du tupperware qu'il avait encore à côté de lui.

« Mais c'est vraiment pas la grande forme. Je... je crois que la tristesse, c'est pas le pire... C'est ... ce putain de sentiment de culpabilité qui me bouffe tout entier. » Oui, comme des putains de fourmis ou non, des putains de termites me bouffant de l'intérieur en prenant bien soin de faire mal au passage.

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Lun 6 Juin - 11:19

Wayne se contenta d’hausser une épaule avant de grignoter quelques tomates. Il se doutait que les lits avaient été utilisés de toute manière. Il connaissait Aaron et avait eu vent de ses exploits déjà.
Et puis dormir ou s’ébattre dans des draps propres sur un lit déjà étrenné ne le dégoutait pas le moins du monde. Le sexe était la chose la plus naturelle du monde. Les êtres humains étaient faits pour s’accoupler, se reproduire. Au fond, ils ne servaient même qu’à ça. S’entretenir pour mieux se reproduire puis mourir satisfait de se savoir une descendance.
De toute façon, lui aussi avait couché avec Bobby dans à peu près toutes les pièces de la maison d’Aaron et Aby… Enfin avant que cette dernière décède puisque depuis, il n’avait plus osé.

Mais il s’arracha bien vite à ses pensées et refoula l’idée de proposer un plan à quatre à son ami. Il ne le sentait pas encore prêt. Bobby non plus d’ailleurs. Mais ça pourrait être amusant. A condition qu’Aaron se ramène avec Jordan et personne d’autre.
Wayne avait toujours bien aimé Jordan et c’était probablement la meilleure amie de sa copine alors…

Aaron avait déjà enchainé pour aborder le sujet délicat qu’ils étaient venu traiter ici. L’état psychologique du mutant. Et comme on pouvait l’imaginer dans de telles circonstance et après si peu de temps : son ami n’allait pas bien.
L’empathe s’y était attendu et s’y était préparé, mais maintenant qu’il était placé devant le fait accompli, il ne savait absolument pas comment réagir. Ses discours minutieusement préparés et répétés devant la glace et Bobby s’étaient fait la belle et il était là, une tomate en bouche, paralysé par l’angoisse. Une angoisse qui n’était pas entièrement la sienne.

Le jeune homme prit son temps pour répondre, cherchant quoi dire, pesant ses mots pour ne pas brusquer son ami. Il semblait enfin décidé à parler et s’il s’y prenait mal, il risquait de réunir à néant leurs efforts à tous les deux.

« Y avait rien que tu puisses faire pour elle. Même si j’étais pas là, je le sais parce que j’te connais et je sais jusqu’où tu aurais été capable d’aller pour la sauver » finit-il par lâcher d’un ton prudent « Je sais pas exactement ce qui s’est passé ce soir-là, mais je sais que le ressasser encore et encore te fera pas avancer. Ça n’aidera personne à avancer et on en a tous besoin… Je sais que c’est injuste et je t’autorise à hausser le ton pour ta prochaine réplique, Aaron, mais on compte tous sur toi et aussi longtemps que tu stagneras, on fera pareil. Parce qu’on fonctionne comme ça. On est une équipe et… et si l’un de nous flanche, on tombe tous, tu vois ? »
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Lun 6 Juin - 12:04

Je ne pouvais pas lever le regard, je ne le pouvais pas et je ne le voulais pas. Je savais que j'allais voir dans les yeux de Wayne le reflet de nos émotions réunies et ça, ça serait bien trop dur à supporter. J'étais faible, je l'avais toujours été mais le départ d'Aby avait agrandi a brèche, agrandi à coup de marteau-piqueur diablement efficace. Ça avait laissé comme un gros trou béant là où aurait du se trouver ma force. Plus rien, nada.

J'avais su dès le départ que mon jeu ne pourrait pas être masqué à Wayne : il était le seul capable de mettre pile le doigt sur le problème, il était le seul à trouver où appuyer pour enclencher l'important bouton du déclic. il y avait bien sur sa capacité en cause puisqu'il pouvait aller au coeur de mes émotions, mais il y avait aussi le fait qu'il me connaissait bien. Seuls les amis étaient capables de ça, et Wayne était plus fort que les autres dans le domaine.
C'était là tout le truc de l'histoire : Wayne avait trouvé quoi dire. Il avait vu en moi que si j'avais pu sauver Aby, je l'aurais fait. J'avais tout tenté, c'était certain. Mais même avec ça, je me sentais encore coupable de tout. J'avais passé ces six dernières années à aider les autres à apprendre à se contrôler mais j'en avais été moi-même incapable. Tout ce en quoi j'avais cru avait été remis en cause en une seule nuit : comment pouvais-je prétendre aider les autres ? Je n'étais même plus sûr d'être capable de continuer à guider mes amis ainsi que des inconnus. J'avais perdu toute confiance en moi, toute foi en ma lutte et c'était ça qu'il fallait que je réussisse à surmonter...
J'en étais loin, bien trop loin pour me sentir mieux.

« Le problème Wayne, c'est que je viens de voir tout ce en quoi je croyais s'effondrer... Je..; je ne suis même plus sûr de ce que nous accomplissons... Je... Comment veux-tu que je puisse reprendre mon rôle en sachant que je ne suis même pas capable d'appliquer mes propres conseils ? » dis-je d'un air plus las qu'agressif.

Trop de personne comptait sur moi mais je n'étais plus sur de pouvoir assumer tout ça. J'avais cru pouvoir porter le poids de leurs souffrances et de leurs difficultés sur mes épaules mais celles-ci s'étaient affaissées au pire moment. Je m'étais laissé engloutir sous tout ça sans pouvoir reprendre pied et désormais, j'étais comme coincé, j'agonisais.
J'avais pensé à des vacances mais pour faire quoi ? C'était avec Aby que j'avais l'habitude de passer mon temps libre, c'était ma soeur qui avait représenté la plus grosse partie de ma vie et aujourd'hui, j'avais comme un grand vide. Je n'avais plus de but, plus de raison de continuer et ça, c'était un vrai problème. Comment étais-je censé me remettre avancer si je ne savais pas vers où je souhaitais me diriger ? Avant, je le savais, c'était dans la direction opposée à celle de Genetic, en tenant la main de ma soeur. Mais maintenant... C'était comme si j'étais devenu un homme à l'image de ce que je m'étais évertué à combattre et je refusais d'emprunter cette voie...

« Je... je ne sais plus du tout pourquoi me battre Wayne... J'ai perdu la foi en ce qu'Aby et moi avons fondé et ça me ronge... »

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mar 7 Juin - 12:56

Wayne prit une inspiration et fixa son ami qui, pour sa part, fuyait son regard depuis un peu trop longtemps à son goût.

« Tu sais… si j’étais pas un non violent et que j’avais pas peur de me faire mal, tu serais en train de saigner du nez parce que j’t’aurai mis mon poing dans la figure » dit-il avec calme.

Aaron leva enfin la tête vers lui, ses sourcils bruns crispés dans une expression entre la surprise et l’interrogation. Wayne lui adressa un faible sourire avant de pousser un soupir un peu désabusé en se redressant sur la banquette pour se rapprocher de son ami.

« Tu as autant de raison de te battre qu’il y a de génomiens, Aaron, et tu le sais parfaitement. Tu te bats pour la famille qu’Aby et toi avez fondée et, si tu veux mon avis, c’est une bien belle famille que tu as là. On s’entend pas forcément tous, certains doivent réparer les bêtises d’autres, il y a des tensions, on râle, mais c’est ce que font toutes les familles, pas vrai ? Et tu sais ce qu’elles font aussi les familles ? » demanda-t-il sans vraiment laisser au mutant l’occasion de répondre « Quand ça va mal, elles se serrent les coudes. Quand un des membres souffre, c’est toute la famille qui souffre avec lui. Tout le monde a perdu Aby, Aaron »

Le jeune homme déglutit péniblement. C’était la première fois qu’il parlait d’elle avec Aaron. Avec qui que ce soit d’ailleurs… C’était douloureux à bien des niveaux, aussi bien pour lui que pour son ami. Il tenta de se concentrer sur des sentiments positifs pour être capable de se maitriser et de continuer à parler.

« J’ai perdu une amie qui m’était très chère. Quand… Je n’ai jamais eu de frères et sœurs, j’ai pas connu mon père et je n’me souviens de ma mère qu’en revoyant la scène de son accident. Ma grand-mère s’est très bien occupée de moi mais elle a disparu elle aussi. Je pensais que je finirai ma vie seul et je voyais pas l’intérêt de continuer à vivre si c’était pour terminer comme ça. Et puis je vous ai rencontré, toi et Abigaël et... C’était ma sœur à moi aussi, Aaron » articula-t-il en se refusant à détourner son regard humide du visage de son interlocuteur.

A quoi bon de toute manière ? S’il attendait de l’honnêteté de la part d’Aaron, il se devait de l’être lui aussi. C’était comme ça que ça fonctionnait.

« J’ai pas grandi avec elle, je peux pas me vanter d’avoir eu la même relation que tu as pu avoir la chance d’avoir avec Aby, mais je sais ce que tu ressens. Pas seulement parce que mon pouvoir me l’permet, mais parce que je l’aimais aussi. On l’aimait tous et c’est difficile pour tout le monde. Et te voir dans cet état est pénible aussi. Elle nous manque et on sait par quoi tu passes parce qu’on a tous été ébranlé par sa disparition » lâcha Wayne en reniflant bruyamment « La seule chose qui s’est véritablement effondrée ce jour-là, c’est ce gymnase de merde, d’accord ? On est toujours là. Tu es toujours debout et on est là pour t’aider à retrouver ta place. Mais il faut que tu y mettes du tien. Il faut que tu comprennes que ce qui est arrivé, aussi terrible que ce soit, était un accident. Les accidents arrivent et tu as toujours pardonné les autres pour leurs erreurs. C’est le seul conseil à toi que tu devrais appliquer aujourd’hui. Aby aurait été la première à pardonner, tu le sais parfaitement »

Le jeune homme étendit encore un peu plus son bras dans le dos de son ami et referma sa main sur sa nuque dans un geste réconfortant.

« Moi je te pardonne. On t’a tous absolu mais c’est à toi de faire le dernier pas, tu comprends ? Alors prends ton courage à deux mains et fais-le. Je sais que t’en es capable »
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mer 15 Juin - 13:53

J'étais envahi de secousses ressemblant fort à des sanglots refoulés. Je ne voulais pas craquer trop vite. Je n'avais aucune gêne à pleurer devant Wayne, ça non, c'était plutôt la peur de me laisser alors aller à toute cette vague de sentiments dévastateurs qui me forçait à rester calme, à être fort. Je ne voulais pas que Wayne se retrouve avec mes idées noires dégueulasses qui étaient susceptibles de lui rendre la vie impossible.

Ses paroles me transpercèrent littéralement... Elles me touchaient, me faisaient me sentir égoïste et égocentrique, me rappelaient à quel point j'étais en train de merder. Il avait raison mais malheureusement, ma conscience n'était pas d'accord. J'étais démoli et je ne pouvais plus raisonner correctement, ma seule réflexion tournait autour de mes erreurs, de ma culpabilité.
J'avais envie de hurler pour évacuer tout ça, j'avais besoin de cracher ma rage pour m'exorciser. C'était nécessaire, il fallait que je craque un bon coup, une bonne fois pour toute. Je devais tout laisser aller pour ne plus avoir à en souffrir. Mais j'avais tellement peur de perdre le contrôle sur tout ça, j'avais peur de péter un plomb et de ne plus jamais pouvoir faire machine arrière... Je n'étais pas encore certain de réussir à séparer mon pouvoir de mes émotions. J'avais cru en être capable durant six longues années et toute cette croyance s'était effondrée en une seule nuit, en quelques heures seulement...

La main de Wayne posée sur moi aurait du me calmer, mais au contraire, elle me brûlait. Elle m'était insupportable, j'avais peur de le détruire d'un coup, d'un battement de cil, d'un accès de fureur soudain... Le contact des autres me faisaient bien trop peur pour que je puisse le supporter. Depuis la mort d'Aby, je m'y refusais, sauf avec quelques verres comme cette nuit-là avec Calloway et Bobby... C'était dur et complètement fou mais je ne contrôlais plus rien de tout ça.
Je me levai pour ne pas laisser cette idée m'envahir, cette sensation que je détestais... Non, c'était moi tout entier que je détestais... Je commençais à faire les cent pas, passant ma main dans mes cheveux, puis sur mon visage, puis dans ma nuque et recommençant à l'infini...

« Je sais tout ça Wayne... Mais... Je... »

Je n'y arrivais pas, je ne trouvais pas les mots pour exprimer tout ça, je ne savais pas comment qualifier mes émotions, et surtout, comment les rationaliser car elles étaient tout sauf logiques. Cette culpabilité n'aurait jamais du être aussi grande mais voilà, l'être humain était bien trop complexe pour être régi par des lois psychiques établies.

« Je n'y arrive pas ! Je suis le seul fautif ! Si ce connard d'Harwell n'avait pas été là, ça ne ce serait pas passé, d'accord, mais je n'ai rien contrôlé ! J'ai laissé ma saloperie d'orgueil diriger mon corps, j'avais juste envie de le voir crever et de me venger ! Je dis toujours que ce n'est pas la solution mais je le fais ! »

Ma voix était tremblante, autant que tout mon corps en fait. Je sentais que j'allais exploser et que ça n'était qu'une question de temps, j'étais en ébullition et il fallait que ça sorte. C'était aussi le but de cette rencontre insolite avec Wayne mais j'avais toujours peur de moi...

« Je me déteste ! Tu te rends compte Wayne ? Je me déteste et je voudrais me voir mort ! Mort ! » Essoufflé, je m'arrêtai et le fixai quelques secondes pour lui demander un service. « File-moi un truc à défoncer pour faire passer tout ça ! »

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Ven 17 Juin - 14:56

Bobby nue. Bobby nue à califourchon sur lui. Des petits bébés chiens qui découvraient le monde, un arc en ciel, des abeilles butinant joyeusement. Bobby, les deux jambes posées sur ses épaules pendant qu’il la pénétrait dans la cabine du bateau.

Wayne essayait de faire défiler les images positives pour repousser le plus efficacement les attaques redoutables, sournoises et silencieuses de ses sentiments. Ils arrivaient par vague et venaient s’écraser avec une violence inouïe contre la paroi instable et fragile que l’empathe avec dressée autour de lui pour se préserver, grignotant toujours un peu plus de terrain… Mais il tiendrait bon. Il fallait qu’il tienne bon et qu’il parvienne à faire la part des choses. Sauf que ça n’était pas aussi évident et que, même s’il pouvait délimiter ses sentiments de ceux d’Aaron, il ne pouvait s’empêcher de tout de même ressentir la même chose que lui.
Colère, chagrin, désespoir, solitude, remord et d’autres choses encore qu’il devait tâcher de balayer du pas de sa porte avant de se laisser avoir.

Il ne se vexa pas de voir son ami s’éloigner de lui, comme si le contact de sa main sur lui l’avait brûlé. Il avait hésité à la poser et avait simplement compris que ça n’était pas encore le moment. Aaron avait encore trop de choses à dire et à ressentir avant qu’ils en arrivent à cette étape de réconfort.

Prenant donc sur lui, les poings serrés et les jointures blanchies, Wayne déglutit péniblement en écoutant les paroles de son ami. Il lui était douloureux de l’entendre tenir ce genre de propos et de savoir qu’il ne s’agissait pas seulement de parole en l’air. Aaron était très sérieux quand il lui disait vouloir mourir.
Wayne le savait parce que, présentement, s’il avait pu, il se serrait lui-même enchainé à l’encre du bateau avant de sauter par-dessus bord…

« T’as qu’à…t’as qu’à… » commença-t-il, jetant des coups d’œil autour de lui, à la recherche de quelque chose à donner à Aaron pour qu’il puisse se défouler « Bah en fait, tu peux rien faire au bateau sinon je perds la caution et j’suis à sec, j'ai besoin de cet argent. Puis j’peux pas te laisser gâcher de la nourriture en ma présence alors… Mais tu peux m’cogner si tu veux. Enfin j’dis ça en sachant que tu le feras pas alors… Haem… voilà »

Le jeune homme poussa un soupir contrarié avant de fermer les yeux quelques secondes, visualisant le corps dénudé de sa petite amie, seule image vraiment valable à laquelle se raccrocher présentement.
Il finit par reposer ses yeux verts sur son ami et prendre la parole.

« Tu sais,… les conseils les plus difficiles à suivre sont généralement ceux qu’on donne. J’suis du genre à prôner la beauté de la nature, à souligner l’importance d’une vie humaine. Tu m’as déjà entendu des dizaines de fois parler du fait que chaque vie humaine était inestimable, qu’on est tous des cailloux que les évènements bons et mauvais façonnent pour faire de nous des pierres précieuses uniques mais… tu m’as aussi vu sauter d’un toit, me jeter sous les roues d’une voiture et faire ce genre de conneries » ajouta-t-il en levant ses bras pour montrer les longues cicatrices sur ses avants bras « C’est pas moi qui ai fait tout ça. Enfin c’est moi mais… J’voulais pas vraiment le faire, c’est pas dans ma nature et j’m’en suis voulu à chaque fois à mort » s’expliqua-t-il avec peu d’assurance « Ce que j’veux dire c’est que ce qui s’est passé là-bas ce soir là, c’était pas vraiment toi. C’était… un concours de circonstances affreux. Ce dont on est capable, ce qu’on peut faire n’est pas sans risques et n’est pas contrôlable, on aurait tort d’oser le penser et d’y croire un jour. On a beau essayer de canaliser tout ça, on y arrivera jamais vraiment, Aaron, c’est plus fort que nous. C’est pour ça que tu t’es toujours montré clément envers moi et tous les autres quand on dérape. C’est comme… les chiens par exemple ! On entend tous les jours des histoires comme ça, de chiens adorables qui, un jour, se retournent contre leur maitre sans qu’on sache vraiment pourquoi. C’est juste un concours de circonstances, ça arrive, c’est comme ça. On ne peut jamais vraiment TOUT contrôler et encore moins ses sentiments, j’en sais quelque chose, tu peux me croire »

Il marqua une pause, le temps de se concentrer à nouveau sur des pensées positives pour essayer d’effacer un peu les sentiments qu’Aaron lui envoyaient et rester maitre de lui-même.

« Ce que j'essaie de te faire comprendre, c’est que ça aurait pu arriver à n’importe lequel d’entre nous. C’est arrivé à Bobby... » articula-t-il, sa gorge se resserrant encore un peu sous l’émotion « Bobby a fait disparaitre ses propres parents. Sa seule famille. Et je sais qu’il ne se passe pas un jour sans qu’elle y pense… Mais elle a fait son deuil. Elle a accepté l’idée que ça n’était pas vraiment de sa faute, même si elle a souhaité leur disparition ce jour-là. Je ne dis pas qu’elle ne s’en veut pas de temps en temps, mais la plupart du temps, elle arrive à se raisonner et à se pardonner ce qui s’est passé. Parce qu’elle sait que ce n’était absolument pas ce qu’elle voulait vraiment… Tu saisis ? »
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mer 22 Juin - 11:53

Wayne avait raison, il avait raison sur toute la ligne mais malheureusement, ma cervelle et toute sa partie consciencieuse n'était pas décidée à vouloir se ranger du côté de la raison. Ma tête ne voulait pas comprendre tout ce que mon ami tentait de m'expliquer. J'avais besoin de me vider de tout ça une bonne fois pour toute mais le hic, c'était que je ne savais pas ce que je devais faire.
Wayne ne voulait pas que je casse quoi que ce soit. Je ne pouvais pas balancer de la nourriture ou encore le frapper lui... Comment alors ? Comment est-ce que j'allais bien pouvoir me démerder pour évacuer tout ça et l'empêcher de revenir ?
Bon, plus qu'une seule solution, plus qu'une seule chose à faire pour évacuer ce trop-plein. Je me plaçai suffisamment loin de mon ami et me mis à hurler.... Un grand « Aaaargh ! » grave et puissant pour me défouler.

Le long discours prenait peut-être un sens après ça. C'était le problème de la rage : elle brouillait les messages pleins de bon sens. Toutes ses paroles avaient du donner du « Aaron tu sais... blablabla... et ... blablabla... » et maintenant, ce blabla avait enfin le droit de devenir un langage acceptable pour ma conscience.
Tout ça grâce à un simple cri ? Non, tout ça grâce à Wayne et ses explications, son aide. Ses paroles avaient fini par former un tout dans ma cervelle et j'en prenais maintenant tout le sens. Ce type était super.
Je me laissai tomber au milieu du bateau, ne cherchant même pas à m'asseoir sur la banquette prévue à cet effet. Non, j'étais au milieu et j'étais bien. J'écoutais les vagues, les mouettes et la respiration de Wayne. Je levai mon regard vers lui.

« Merci... » murmurai-je, le souffle court.

J'étais loin d'aller bien, mais j'avais peut-être découvert un élément déclencheur qui allait me guider tout au long de cette épreuve. J'avais besoin de ça. Je devais me trouver de nouveaux buts dans la vie, dans cette lutte. Mon but premier avait été de lutter aux côté d'Aby mais Aby n'étant plus là, la donne changeait considérablement. Il fallait une nouvelle raison. Lutter pour Aby par exemple...

« Promets-moi que tu me réduiras en poussière si je fais une nouvelle connerie du genre. Promets-le moi ! Je ne veux pas risquer une nouvelle catastrophe ! Promets-moi que si je dérape, tu feras tout pour m'arrêter ! »

C'était donné dans le ton de la simple demande, sans ton supplicateur, mais c'était pleinement sincère et je comptais effectivement sur lui pour ne pas hésiter...

« Je ne veux pas que ça recommence mais comme tu le dis, parfois on perd le contrôle. Si ça se reproduit, tu as carte blanche quant à l'issue de ma gueule... »

J'avais pleinement confiance en Wayne, il saurait quoi faire si ça dérapait...

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mer 22 Juin - 12:47

Wayne haussa les épaules en roulant des yeux, comme si c’était l’idée la plus idiote qu’il ait entendu de sa vie. Ça n’était pas tout à fait exact et ses élèves lui avaient souvent sortis de véritables perles brutes de conneries innocemment prononcés, mais Aaron avait fait fort. Comme s’il pourrait un jour lui faire du mal. Rien que l’idée de s’imaginer essayer de maitriser son ami pendant un de ses accès de colère l’amusait. Bobby avait raison de se méfier, s’ils avaient dû en venir aux mains, le géokinésiste aurait eu le dessus en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « parmesan ». L’empathe n’aurait même pas vraiment cherché à se défendre, c’était un pacifiste.

Avant de répondre quoi que ce soit, le grand brun vint rejoindre son ami au milieu du pont où il s’était installé, poussant un lourd soupir dépité. Il s’agenouilla à ses côtés et avant qu’Aaron ait eu le temps de parer la seule attaque dont était capable Wayne, ce dernier avait passé ses bras autour de ses épaules pour déposer un bécot bruyant sur sa joue.

« Voilà ce que je ferai si tu pètes les plombs mon p’tit. Ni plus, n’insiste pas, ni moins ! » confia-t-il, tout sourire, en se laissant retomber près de lui, gardant un bras passé autour d’Aaron « On sous estime trop le pouvoir des fleurs et de l’amour de nos jours, c’est très mal. Un baiser ça peut résoudre bien des choses, tu sais ? Dans un combat à la loyal, ça peut surprendre ton adversaire et te permettre une ouverture. L’effet de surprise peut calmer le jeu. Ça peut aussi faire taire Bobby quand j’ai fais une grosse ânerie. L’autre jour, elle m’avait ordonné de mettre de la crème solaire et j’ai refusé parce que j’avais l’impression qu’elle se prenait pour ma mère et parfois ça me dérange » expliqua-t-il le plus naturellement du monde. A croire qu’il ne venait pas tout juste d’évoquer la mort de la jumelle de son meilleur ami « Et puis finalement, jme suis endormi dehors et quand j’me suis réveillé évidemment, j’avais un affreux coup de soleil et j’avais très mal. Donc je suis venu la voir la queue entre les jambes pour qu’elle me mette de la crème et elle en a évidemment profité pour me sermonner. Donc je l’ai embrassé et on a couché ensemble. On a écrasé le tube de crème d’ailleurs c’était dégoutant. C’est moi qui ai nettoyé. Pas parce qu’elle me l’avait demandé hein, mais parce que j’en avais envie… Je suis en train de mentir là. Parce qu’elle me fait peur » conclut-il avant de se relever pour retourner vers la table.

Il se sentait encore un peu fébrile après cette conversation et la dose d’énergie qui lui avait été nécessaire pour s’empêcher de se laisser aller et de laisser Aaron faire de même. Il avait déployé des efforts considérable pour rester positif et repousser les assauts répétés et violents de son ami et l’empêcher de l’atteindre de plein fouet… Et même maintenant qu’il avait l’air plus calme, Wayne ne pouvait pas relâcher sa garde et ne comptait pas cesser tout de suite de lui envoyer des vagues sûrement aussi apaisantes que celles qui venaient réellement s’écraser contre le bateau et le faisait tanguer doucement.

« Tu veux de la musique ? Je vais mettre de la musique ! Bob ça te va ? »

Bob allait à tout le monde, évidemment.
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mar 19 Juil - 20:51

Il était fort ce Wayne... Et Bobby était sûrement pire.
A eux deux, avec leurs conneries de couple fusionnel, ils réussissaient à me détendre. Les imaginer dans leurs disputes surréalistes, les imagines dans des situations pas possibles... Bon, je ne les imaginais jamais au dénouement de l'histoire, je ne voulais pas savoir où, quand ni comment il faisait ça : je tenais à ma santé mentale.

Être assis, enlacé par Wayne, n'avait rien de vraiment dérangeant. Ils se connaissaient tellement qu'il n'y avait aucune ambiguïté, aucun accès machiste débile. Bon, s'il y avait eu des spectateurs, j'aurais sûrement fui comme un puceau qui a peur de ses copains, mais là, nous étions seuls et ça allait. Et puis, il avait raison cet andouille : ça faisait un bien fou, le pouvoir des fleurs et de l'amour.

C'était ça qu'il me fallait, remettre un peu d'amour dans ma vie. Aby avait été la dernière personne que j'avais aimé de tout mon coeur. Je l'aimais encore mais le vide était bien présent. J'allais devoir accepter d'aimer à nouveau... Aimer pour mieux souffrir ? Oui, mais souffrir pour se sentir en vie... Seulement, pas tout de suite, je ne voulais pas souffrir trop vite, je devais me réparer d'abord, parce que j'étais tout cassé de l'intérieur. Pour souffrir, il fallait être prêt et je ne l'étais plus. Je ne le serais plus avant un long moment, je le savais.

Bob ? Bob qui ? Aaaaah !
Wayne s'était déjà relevé, sans même que je m'en rende compte. Comme quoi, son étreinte n'avait pas été si virile que ça : un léger besoin de musculation pour mon ami ? J'en toucherais deux mots à Bobby, pas à Wayne, il se vexerait. Seule Bobby pouvait réellement l'enfoncer pour mieux le relever ensuite. Elle avait un don cette petite, un vrai. Comment n'avais-je pas tenté bien plus tôt de la connaître un peu mieux ? Peut-être parce qu'elle avait été très vite avec Wayne, partout, tout le temps, et que j'avais supposé que c'était suffisant.

« Bob, c'est parfait... Et le côté agriculteur de Bob, tu l'as à bord ou pas ? » dis-je en souriant ?

Une petite blague... Ou pas. Quoiqu'il y avait peut-être cette bouteille de vin. Non, le pétard, c'était trop cliché pour se détendre... Comme l'alcool en fait. Il fallait que je me focalise sur le sujet, que je reste concentré : nous étions là pour travailler sur mon état, pas sur comment me détendre artificiellement, le temps d'un petit voyage intellectuel ailleurs... Bref.

« Qu'est-ce que tu ressens ? Je veux dire... Venant de moi ? Je n'arrive pas à définir ce que je ressens moi-même. Je crois que... Que la douleur m'a un peu affolé les sens et mon baromètre, tu vois ? »

C'était risqué de demander à Wayne de se laisser envahir par mes émotions mais en même temps, ça me permettrait d'y voir plus clair... C'était à lui de décider s'il acceptait ou non de le faire.

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mar 19 Juil - 21:38

Wayne médita un instant sur la remarque de son ami, la main encore levée et l’index tendu vers le petit boitier d’où s’élevait une chanson déprimante de la BO du film basé sur Jesse James. Il resta figé un moment et finit par se détourner du poste, abandonnant l’idée de farfouiller dans sa bibliothèque musicale pour trouver du Bob Marley. C’était trop cliché de toute manière. Il fallait arrêter avec Bob, Bobby le lui avait dit. Bobby n’aimait pas Bob… un comble !

« Je sais pas trop, mec. J’fais bien attention de pas me laisser envahir et… enfin je sais pas trop si c’est raisonnable » finit-il par répondre en revenant s’installer face à son ami.

Il n’avait pas pour habitude d’abaisser ses barrières et surtout pas quand il savait pertinemment que cette attitude pouvait lui porter préjudice. Il avait juré à sa rouquine qu’il ferait bien attention et qu’elle pouvait faire confiance à Aaron pour qu’il se maitrise.
L’empathe ne savait pas si le jeu en valait réellement la chandelle. Bien sûr, il voulait aider son ami, et mettre des mots sur les maux était important, sa grand-mère le lui avait toujours dit. Mais à quel prix exactement ?
Etait-ce bien le moment ? Le mutant lui avait enfin donné l’impression de se détendre un peu, il ne voulait pas tout gâcher maintenant en se replongeant dans un sujet fâcheux et en confrontant son ami à ses craintes et son chagrin. Ou peut-être que lui-même ne voulait pas vraiment s’y frotter.

« Ma grand-mère disait qu’on devait s’aider soi-même » finit-il par reprendre « Peut-être que c’est un travaille que tu dois faire tout seul. Tu sais faut pas croire, je corrige des copies à mon niveau aussi, donc si tu as besoin d’aide pour ça, je veux bien ! je sais corriger des copies et vérifier le travaille effectué… Mais je ne dois pas te mâcher le boulot, tu saisis ? »

Wayne se sentait lâche. Lâche et impuissant. Mais il sentait aussi qu’il prenait la bonne décision. La plus sage en tout cas et celle qui lui permettrait de rendre sa copine fière de lui quand il lui raconterait tout ça.

« Y a une histoire que j’aime bien et qui vient de la Bible je crois. Tu vas peut-être pas comprendre le rapport mais y en a un je te jure. C’est un type qui marche dans le désert » commença-t-il, sachant pertinemment qu’il n’arriverait pas à retranscrire correctement la parabole qu’il évoquait « et près de ses empreintes de pas, y en a d'autres. C’est Dieu qui chemine avec lui et tout va bien. Et puis ce type -appelons-le Francis- vit des drames et traverse des périodes vraiment difficiles et alors il remarque que les empreintes près de lui ont disparus. Alors Francis est frustré, en colère, chagriné parce que Dieu s’est tiré. Logique ! Pauvre homme… Enfin bref, finalement, i' continue de marcher bravement et après un moment, il finit par se sentir mieux et se rend compte que les empreintes sont réapparues près de lui. Alors Francis se tourne vers Dieu et il lui dit : pourquoi tu m’as abandonné au moment où j’avais le plus besoin d’toi ? Pourquoi tu m’as fais ça hein ? » raconta Wayne en mettant tout son cœur dans son interprétation du type bouleversé « Et alors Dieu lui répond : je ne t’ai pas abandonné. Alors forcément le type il est pas idiot il lui dit : hey arrête hein, sale mytho ! Y avait plus qu’une paire d’empreintes dans l’sable ! J’regarde CSI Las Vegas moi, mon bonhomme, on m’la fait pas ! Et puis alors là, Dieu répond : s’il n’y avait qu’une seule paire d’empreinte, Francis, c’est parce qu’à ce moment-là, j’te portai ! »

Son récit terminer, Wayne guetta la réaction de son ami, les yeux écarquillés, encore tout à son histoire. Puis il finit par soupirer avant qu’Aaron ait pu ouvrir la bouche et reprit.

« Bah ! J’la raconte pas très bien, c’est dommage parce que c’est une jolie parabole... Mais sinon, j’connais une blague qui me fait toujours rire ! C’est un type, il entre dans un bar et il dit : c’est moi ! Puis en fait, c’est pas lui »

Le jeune homme ricana bêtement pendant une minute avant de retrouver son sérieux et de soutenir le regard de son ami.

« Je peux t’aider d’autres manières, Aaron. Mais tu peux pas me demander de faire ça. Tu sais pourquoi et je sais que tu comprendras » conclut-il, un peu gêné pourtant
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Aaron O'Hara

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Jeu 28 Juil - 13:17

Je me sentais con, vraiment trop con même. J'avais légèrement dépassé la limite de base en (presque) âme et conscience. C'était à mon ami que j'avais demandé une telle chose ! Comment ? Je n'en savais rien, sûrement parce que j'étais beaucoup trop mal pour réfléchir convenablement.

« Une personne très sensée ta grand-mère. Et puis même si tu racontes mal, c'est beau quand même ce que tu dis. »

Mais merde à la fin, il fallait que je me bouge ! Elle avait bien raison la grand-mère de Wayne ! Elle en savait des choses sur la vie, c'était elle, la femme sage dans cette histoire ! « J'aurais aimé la connaître. » C'était sorti seul, c'était plus pour moi-même que pour lui. J'avais besoin de trouver un nouveau but, une ligne directrice à suivre. C'était ça : il me fallait mon fil rouge, ce superbe fil rouge qu'un suit lors d'une histoire, celui qui sert à dérouler tout le fil d'un roman, celui qui nous guide tout le long de l'aventure. Ou même un fil d'or : celui qu'avait déroulé Ariane pour son sauveur, dans le triste labyrinthe construit par Dédale. Sage homme ce Dédale, il avait perdu son fils, cet imbécile d'Icare qui avait voulu s'approcher trop près du soleil...

Ils étaient pas con, les ancêtres. Toutes ces histoires mythologiques ne servaient en fait qu'à nous pousser sur la bonne voie. Wayne utilisait les paraboles bibliques, je préférais les anecdotes mythologiques... Chacun son truc, mais ça pouvait fonctionner. Zeus avait foudroyé l'une de ses maîtresses enceinte mais il avait réussi à sauver leur enfant en le mettant dans sa cuisse... Je pouvais peut-être trouver la rédemption à mon tour...
Il me le fallait, ce nouveau but à atteindre.

Je laissai mon regard dériver avec les vagues... Quel but pourrait m'aider ? Me trouver une Ariane avec son fils ? J'en avais une mais je n'avais pas le droit de la mêler à ça. Elle avait vécu des atrocités que je ne connaissais que trop bien, elle méritait mieux. Me trouver un Icare à guider ? J'avais déjà aider Soraya, j'avais Cléophée.

Comment me battre ? Comment racheter ma faute ? Comment faire vivre au mieux le souvenir d'Aby dans tout ça ? « En continuant... » soufflai-je...
C'était la seule chose à faire, continuer à me battre contre eux, contre Holster, contre ses hommes, contre ce que mes parents avaient fait... Et si c'était ça, la suite ? Et si retrouver les victimes de mes parents pouvait être moyen de me sentir mieux ? Nous en avions déjà discuter avec Aby mais nous avions dans l'idée d'attendre... Peut-être que le moment était enfin venu. Tellement d'interrogations...

« Wayne, tu crois qu'on pourra faire plus ? Tu crois qu'on aura les moyens d'agir encore et encore ? Je veux dire, à Genome ? » demandai-je, les yeux dans le vague. « Des fois, je me demande à quoi ça sert... C'est comme de mettre un coup de peid dans une fourmilière : tu tues une fourmi, t'en as des dizaines de milliers qui reviennent... »

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Jeu 28 Juil - 13:47

Comme toujours, Wayne laissa à Aaron le temps de méditer sur ses paroles plus ou moins sages et organisées. Plus ou moins. Un sourire flottant sur ses lèvres, il le fixa sans gêne, appréciant les ondes qui se dégageait de son ami. Depuis qu’il était arrivé sur le bateau, il l’avait sentit passer d’un sentiment à l’autre, d’un extrême à un autre presque, et ils étaient arrivés exactement là où l’empathe le souhaitait. Et il n’avait presque pas eu besoin d’imaginer Bobby toute nue pour réussir à calmer Aaron !
Même s’il sentait encore la détresse du mutant et que son chagrin était encore très présent, il le sentait tranquillisé. Il avait encore du chemin à parcourir et il ne s’était pas encore pardonné pour tout ça, mais il avait commencé à lécher ses plaies pour commencer la phase de cicatrisation. C’était une bonne chose. Une excellente chose pour lui-même et pour tous ceux qui comptaient sur lui et dont Wayne faisait partie.

Il écouta les questions de son ami en leur accordant le crédit qu’elles méritaient. Il se laissa le temps de la réflexion avant de répondre avec le plus grand sérieux, entourant ses genoux de ses bras.

« Eh bien si tu veux mon avis… je pense que tu devrais commencer par arrêter de tuer des fourmis, Aaron. Et pas seulement parce que c’est cruel et stupide et qu’elles ont une âme, mais aussi parce qu’un jour elles prendront possession du monde. Et ce jour-là, crois-moi, tu ne voudras pas qu’elles se souviennent que tu as tué l’une des leurs… »

C’était un de ces pires cauchemars. Cette seule idée lui arracha un frisson qu’il tenta de réprimer.
Ca n’était pas si aberrant que ça après tout ! Si eux pouvaient muter, qu’est-ce qui leur garantissait qu’un jour, les fourmis ne pourraient pas en faire autant ?
Mieux valait jouer la carte de la prudence.

« Ensuite, si tu veux que je te fasse la liste de tout ceux à quoi sert notre organisation, il va falloir que tu reprennes un verre de vin et que tu t’installes un peu plus confortablement, mon vieux ! Que serait devenue Bobby sans vous ? Où est-ce qu’elle serait aujourd’hui ? Enfermée dans un asile parce qu’elle aurait assuré à tout le monde qu’elle avait fait disparaitre ses parents par la seule force de son esprit. Non, depuis le temps, elle aurait certainement réussi à s’échapper en faisant disparaitre quelques portes. Et combien de gens avec ça ? Combien d’innocents s’étant simplement trouver sur son passage ? Combien simplement parce qu’elle n’aurait pas trouvé l’aide nécessaire pour apprendre à maitriser son pouvoir ? Peut-être qu’elle aurait basculé du côté obscure et serait devenue un monstre assoiffé de vengeance… Peut-être que quelqu’un aurait fini par l’abattre ? Tu imagines ma Bobby morte ? Moi si j’le fais, je vais me mettre à chialer comme un gosse » assura-t-il à Aaron « Et Adam ? Lui aussi serait encore enfermé, persuadé d’être fou ! Esteban, Soraya, Jo, tous les autres ! Si vous n’aviez pas été là, je serai mort. Point final » s’exclama Wayne dans une grimace qu’il accompagna d’un claquement de doigts « On sauve des vies, mec ! Pt’être qu’on foire par-ci par-là, mais on essaie de faire les choses bien. On est les gentils dans cette histoire et si tu retires les gentils de l’équation, qu’est-ce qu’il nous reste ? Un beau bordel ! »

Il laissa Aaron méditer sur ces paroles quelques secondes avant de reprendre d’un moins emporté.

« Je ne crois pas qu’on doivent faire plus, c’est un fait. On doit avancer et on doit s’étendre parce qu’il y aura certainement de plus en plus de mutants qui apparaitront et seront au moins aussi paumés qu’on a pu l’être au moment de découvrir nos pouvoirs. Il faudra les aider, leur apprendre à s’aider eux-mêmes et à se défendre contre ceux qu’on n’aura pas réussi à sauver. Il faut qu’on y arrive, on n’a pas le choix. Mais j’ai confiance, on peut le faire. On est assez soudés pour y arriver. Tous ce qu’il nous faut, c’est un leader solide et sexy… Tu es sexy, je t’assure » conclut Wayne dans un sourire mutin, donnant un petit coup de poing dans l’épaule de son ami
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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mar 9 Aoû - 12:07

« Je sais que tu as raison mais... » mais je m'arrêtai là.

Wayne était un ami doué de bon sens, de qualités toutes plus extras les unes que les autres. Son seul gros problème, c'était son côté trop compatissant qui mêlé à son empathie en faisant une personne fragile... Il était fragile pour les autres, à cause des autres.
Au fond, il avait raison, c'était pour aider des gens comme lui, comme eux, comme moi que j'avais fait tout ça avec Aby et je ne pouvais pas tout balayer d'un coup. Je n'en avais pas le droit, parce que c'était les abandonner tout en les remettant là où je les avais trouvés. Je me sentais abandonné par ma soeur mais je devais aussi me mettre dans l'autre position : en lâchant tout ça, je les abandonnais eux aussi. Je n'en avais aucun droit, j'étais contraint de continuer à me battre à leurs côtés. Ils donnaient tout depuis des années pour cette cause, je ne pouvais pas tout laisser tomber, tout détruire comme un vulgaire château de cartes.

Encore une fois, je me foutais le poids du monde sur les épaules. Cette brune insupportable avait raison : le syndrome de Superman, voilà ce qui faisait tout mon problème. Je me sentais responsable de tout, je voulais bien faire sans y parvenir et la moindre défaillance me rongeait. Mais que faire d'autre ? Laisser les choses dérailler de temps à autre ? Lâcher prise régulièrement ? C'était prendre trop de risques.
Je devais trouver comment déléguer, comment me détendre... Comment vivre à nouveau en somme.

Wayne savait toujours où il fallait mettre le doigt pour trouver des mots aux maux. Il était doué pour ça, il savait que je lui en étais reconnaissant de toute façon.
Cette sortie m'avait fait du bien tout compte fait, ça m'avait permis de remettre en place ce qui était déglingué dans me cervelle. Tout n'était pas réglé, loin de là, mais je venais de commencer à bricoler mon malêtre. Le temps serait mon meilleur allié, Wayne aussi. Tous les autres aussi d'ailleurs. Il avait raison, nous étions une famille, une famille qui comptait sur moi mais surtout, une famille sur qui je pouvais compter. Je voulais aller de l'avant, c'était décidé. Je ne savais pas trop comment faire mais j'allais me débrouiller et pour une fois, je ne le ferais pas seul... J'allais laisser les autre m'aider : c'était ça, ma véritable avancée dans la vie.

« Mais tu sais quoi ? Je vais y arriver. Je vais y arriver parce que merde, Aby n'est pas morte pour rien, nos amis ne sont pas morts pour rien ces six dernières années et puis on a encore des choses à faire. T'as raison Wayne, t'as entièrement raison. » dis-je. Je me levai en signe de mouvement, pour montrer symboliquement cette résolution. « Et tu sais quoi ? On va avancer ensemble parce que toi aussi, tu vas devoir affronter pas mal de merde, comme moi : va falloir que tu bosses sur celle des autres. Je vais avancer et me relever et toi, tu vas apprendre à lutter contre les sentiments trop envahissants des autres. On va se bouger ensemble, tu verras ! »

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MessageSujet: Re: It's time to stop running bro' [Terminé]   Mar 9 Aoû - 12:55

L’empathe prit une profonde inspiration, sentant son cœur se gonfler de fierté dans sa poitrine Pas forcément parce qu’Aaron venait de lui dire qu’il avait raison, mais parce qu’il était fier de voir son ami bien campé sur ses pattes et plein de bonnes résolution. Il était heureux de le voir se relever dans tous les sens du terme, prêt à affronter l’avenir. Il le sentait prêt et son ami s’était décidé de lui-même.
Voir les autres réussir comblait toujours Wayne, mais c’était encore plu vrai quand s’étaient ses amis qu’il voyait s’épanouir. Son choix de métier n’était pas anodin après tout. C’était parce qu’il aimait voir ses semblables grandir qu’il était devenu maitre d’école…

« OK ! » s’exclama-t-il en bondissant sur ses pieds, affichant une moue résolue à son tour.

Il ferma son poing pour le brandir, arborant une posture de super héros un peu ridicule qui arracha un éclat de rire à son ami. Il le rejoignit bientôt et finit par se laisser tomber dans ses bras. Wayne enserra son ami comme si sa vie en dépendait, ses yeux clairs s’humidifiant. Il avait toujours un peu trop émotif, mais ça n’était pas un défaut selon Bobby alors...
Après quelques instants, Aaron le gratifia de quelques tapes dans le dos, puis attendit qu’il se décolle. Ce qu’il ne fit pas.

« Encore une minute. Ruine pas mon grand moment, tu veux ? » le prévint-il.

Finalement, alors qu’Aaron commençait à frapper du pied avec impatience sur le pont du bateau, Wayne se résigna à le libérer de sa prison d’amour et de réconfort tout à fait virile. Il s’écarta dans un soupir soulagé, se sentant plus léger et ne pouvant empêcher un sourire de flotter sur son visage.

« Bon, mais avant de sauver le monde, il faut qu’on mange. J’ai rien avalé de bien consistant depuis…hier midi je crois » réfléchit-il avant de reprendre avec sérieux « J’arrive pas à savoir si mon ventre papillonne parce que je meurs de faim ou parce que je suis follement amoureux de toi, alors faudrait que je le remplisse un peu histoire de voir si j’dois larguer Bobby ou pas »

Et sans attendre de réponse, il s’éloigna pour aller tout préparer et s’occuper du service. Le reste du repas se passa dans un calme relatif. Les éclats de rire étaient encore un peu retenus, mais après la première bouteille de vin qu’Aaron s’était enfilé tout seul, toute gêne les quitta. Et quelques vêtements aussi.
Ils finirent tous deux à l’eau, malgré les mises en garde de Wayne. Ils barbotèrent en s’éclaboussant et se coulant comme deux gamins idiots, avant de remonter tant bien que mal sur le bateau pour bronzer (ou dessaouler selon le point de vue).

L’un comme l’autre avaient fini par s’endormir et, lorsque Wayne avait rouvert un œil prudent, son portable vibrait près de lui. Bobby, bien entendu. Il décrocha, tout sourire.

« Hey, bébé »
« Tu as vu l’heure qu’il est ? » l’agressa-t-elle « color=darksalmon]Pourquoi tu décrochais pas ? [/color]»
« Bah…je dormais »
« Tu…tu as bu ? » s’indigna Bobby
« Mais…non ! Tu sais bien que j’bois pas » la rassura le jeune homme en se redressant, passant une main dans ses cheveux bruns.

Il donna une petite tape dans l’épaule d’Aaron pour le lever, puis commença à rassembler leurs affaires tout ne continuant de parler avec sa petite amie.

« Tu peux sentir si les gens boivent par téléphone ? »
« Oui ! Alors souviens-t-en bien. Vous faites quoi alors ? »
« On rentrait » mentit-il effrontément.
« Non, tu dormais »
« Oui je dormais… Pourquoi tu demandes si tu sais déjà ? »
« Et pourquoi pas ? »
« …Je t’aime »
« Essaie pas d’m’avoir » répliqua-t-elle en retenant un rire, avant d’enchainer « Alors, ça a fonctionné ? »
« Ouip, très bien ! Aaron veut de nouveau sauver le monde et protéger les bébés phoques. Il a accepté de faire une donation »
« C’est super. Vous rentrez alors ? Parce que si tu es en retard, il va falloir payer… »

Elle continua de lui faire la leçon quelques minutes encore, pendant qu’il se rhabillait et qu’Aaron émergeait.
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